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Colonne vertébrale Mise à jour: 10/01

 

 

 

 

 

 


Colonne vue d'ensemble

 

 


Métamères (territoires des nerfs)

La grande histoire naturelle du rachis  Pour les adhérents:

Le mal de dos est une grande populace de problèmes individuels qu'il est difficile de comparer. Ici plus encore que dans d'autres domaines de la santé, gardez-vous de comparaisons avec les histoires des voisins, des amis - même s'ils ont eu eux aussi une Hernie Discale -. Aucun traitement ne marche de façon prédictible. Aucune évolution favorable ou défavorable ne peut être prédite avec certitude.
Nous allons essayer néanmoins de définir de grandes catégories de douleurs du rachis.
Il faut séparer les douleurs cervicales, dorsales et lombaires vue d'ensemble.

Le rachis cervical est soumis à des contraintes de poids relativement modérées mais est très mobile. Les troubles viennent de cette mobilité:
-dysfonctionnements intéressant les enveloppes articulaires très sollicitées: appelés vulgairement "blocages", "dérangements intervertébraux" dans le jargon médical.
-usure rapide des disques intervertébraux pouvant donner des signes radiologiques d'arthrose dès la trentaine.
-mais la vraie hernie discale, généralement liée aux contraintes de poids, est peu fréquente à cet étage de la colonne.

Le rachis dorsal est la partie qui ressemble le plus au mât d'un navire: peu mobile, s'il est correctement étayé, il ne cause aucun souci. Les dérangements sont plus rares mais ont moins tendance à disparaître spontanément. Les hernies discales sont très rares. L'arthrose est tardive, modeste, et peu gênante.
Mais c'est là que l'insuffisance musculaire peut être une cause principale de douleurs: dans les positions longtemps figées (bureau), la protection insuffisance du dos (le mât) par ses muscles (les haubans) peut entraîner des douleurs de posture de plus en plus permanentes sans dégâts réels sur la colonne.

Le rachis lombaire est assez mobile et soumis aux contraintes de poids les plus sévères. C'est le siège le plus fréquent de lésions définitives telles que la hernie discale, auxquelles on ne peut pas toujours s'adapter même avec la meilleure hygiène de vie possible.
Les dérangements sont également fréquents, mais de moins en moins isolés au fur et à mesure que l'on vieillit (de plus en plus associés à des lésions discales et de l'arthrose).

Les douleurs du rachis sont particulières par leur extrême variété.
Ce n'est pas toujours la colonne elle-même qui est la plus douloureuse.
Parfois d'emblée ou plus volontiers quand le trouble vertébral a traîné, la douleur siège principalement sur le territoire du nerf qui est "agressé" au niveau de son départ vertébral: la zone de sensibilité du nerf est une portion de peau (parfois d'autres organes) appelée métamère. Le métamère a la forme d'une bande qui part horizontalement de la colonne. On parle souvent de "trajet du nerf" ressenti au bras ou à la jambe, mais il s'agit en fait de l'irradiation de la douleur à toutes les terminaisons nerveuses de cette bande. Pour comprendre le trajet descendant au bras ou à la jambe, il faut visualiser le corps avec les membres relevés à l'horizontale schéma.
La douleur du nerf (névralgie) étant la plus pénible, elle prend le pas sur la douleur de la colonne proprement dite; pour simplifier, disons que le système nerveux n'est pas capable de faire "attention" à toutes les douleurs simultanément. Vous pouvez le vérifier par exemple quand 2 douleurs aiguës surviennent l'une après l'autre: vous avez une migraine, vous vous faites écraser le pied: la douleur de migraine diminue tant que celle du pied prédomine.
Quand la névralgie disparaît, fréquemment la douleur de colonne semble réaugmenter: elle était en fait toujours là, mais masquée par l'intensité de la névralgie. Elle donne faussement l'impression que la lésion vertébrale s'est aggravée.
Les impressions fausses: c'est une cause essentielle de l'évolution chronique (plus de 6 mois) des douleurs du dos. Vous ne pouvez pas vous fier à ce qu'ils vous indiquent puisqu'ils sont eux-mêmes perturbés.
D'abord ils ne vous renseignent pas sur le véritable endroit de la lésion: dans la sciatique, la jambe souffre, alors qu'elle est intacte, et la région lombaire peut rester indolore, alors qu'elle est l'origine de la lésion. Le fait d'écouter sa douleur devient paradoxalement aggravant: vous vous mettez à boîter pour préserver ce membre malade, et ce faisant imposez des contraintes inhabituelles sur votre colonne en vous déhanchant, ce dont il n'a vraiment pas besoin. Le sujet est traité en détail au chapitre Sciatique.
Le nerf peut assurer une grande variété de sensations: s'il est irrité, il ne s'en prive pas. Ses terminaisons peuvent vous apporter moult impressions désagréables et erronées: fourmillements douloureux, hypersensibilité au contact doublée paradoxalement d'un engourdissement, gonflement qui n'est pas constaté par d'autres (si vous ne cherchez pas à les convaincre à tout prix que c'est enflé), sensation de peau en carton, etc...
La multiplicité des impressions anormales et l'intensité de la douleur ont un effet "inhibant" sur le comportement qui dépasse largement son but. Le repos est efficace sur un certain nombre de douleurs vertébrales, mais pas toutes. Il s'agit généralement des douleurs aiguës déclenchées par un traumatisme ou un surmenage inhabituel. Même alors, les douleurs peuvent inciter à un repos excessif dans sa durée, qui peut déclencher des effets pervers sur la musculature et sur la coordination des mouvements quotidiens (la proprioceptivité).

Dans les douleurs chroniques, le repos a des effets carrément délétères: une réduction permanente et générale des activités physiques affaiblit la musculature protectrice de la colonne et l'on se retrouve à souffrir pour des efforts de plus en plus minimes voire dans certaines postures qui ne sont plus tolérées.
Le point essentiel à garder en mémoire est que la douleur vertébrale n'est pas adaptée aux lésions qu'elle signale: elle est beaucoup trop intense et déborde largement de l'endroit où se situe la lésion. Elle entraîne une appréhension et des conduites inappropriées. On se contracte trop, on fait trop attention, on finit par bousiller tous les automatismes de mouvement au niveau de la colonne et des membres et là on est installé très durablement dans la douleur chronique.
Cette réaction est bien sûr très individuelle. Elle se voit particulièrement souvent chez les gens dits "nerveux". On comprend intuitivement que les gens déjà assez "toniques" par nature vont avoir plus de mal à se décontracter quand surviennent les douleurs pénibles et traînantes de la colonne.
C'est pour cela que les médecins parlent souvent du tempérament individuel dans les douleurs chroniques. Ce sujet est traité en détail au chapitre Douleur et psychisme. Mais il faut se garder de faire des douleurs chroniques un problème psychique. Il s'agit toujours de troubles vertébraux qui ont été conduits dans l'impasse par une conduite physique inappropriée, conduite sur laquelle les facteurs psychiques interviennent.