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Supposons que ce n'est pas certain, sinon voyez Je
viens d'apprendre que j'ai un cancer. Vous avez mal partout,
les médecins
ne trouvent rien, ou ils trouvent trop et vous êtes deux fois
par semaine chez eux, ce qui est pareil. Vous pensez souffrir d'une
maladie rare ou grave, genre cancer des os, d'autant qu'un-tel de
votre connaissance en est mort après des douleurs incompréhensibles
comme les vôtres. Pas beau souvenir. La plupart des gens considèrent comme exacte l'équation: <forte douleur = grosse lésion>. C'est généralement vrai pendant les premières heures ou les premiers jours, cela ne l'est plus au bout de quelques semaines. Les psychothérapeutes disent qu'une douleur, c'est 20% de stimulus par une lésion, 80% d'émotion. C'est en fait une moyenne, qui varie énormément avec la situation et la personne qui souffre. Vous vous coupez un peu la main, vous considérez cette lésion comme bénigne et l'oubliez dès le pansement posé: la douleur est à 100% de lésion et 0% d'émotion. Déjà pour la même coupure chez un petit enfant, c'est différent: le gosse n'est pas habitué à la vue du "saigne" et peut réagir avec beaucoup d'émotion. Vous savez d'ailleurs en tant que parent que si vous y mettez 0% d'émotion comme pour vous-même et lui dîtes que "ce n'est rien", il y a toutes les chances qu'il hurle deux fois plus fort! Toute douleur prolongée se gonfle de contenu émotionnel. Cela explique que la douleur puisse empirer même quand la lésion est stable voire qu'elle est en train de s'améliorer. Viennent se greffer la façon dont vous gérez la douleur dans votre vie quotidienne, les changements qu'elle produit dans vos rapports avec les autres, les idées que vous avez sur son influence sur votre avenir. Dans certains cas, la douleur devient même à 100% émotionnelle et à 0% lésionnelle. En clair, vous êtes physiquement guéri, mais ne le ressentez pas comme tel. Ce sont généralement les douleurs séquellaires d'un accident. Vous avez subi un traumatisme psychologique: vous auriez pu y passer et en avez pleinement conscience. Mais personne n'a réellement reconnu votre préjudice. On a tenté de minimiser l'affaire. Vos proches, l'employeur, même le médecin, aucun ne s'est vraiment rendu compte de ce qui s'est passé, reflet de l'égoïsme général ambiant, et votre problème s'est ensuite noyé dans la paperasserie. Vous ne pouvez pas guérir dans ces conditions. Mais nous vous l'affirmons, il existe des personnes qui peuvent comprendre ce que vous avez subi, et vous saurez que vous êtes guéri sans même qu'on vous l'aie dit. Il existe des méthodes pour rendre cette démarche plus facile, par exemple l'hypnose, qui permet d'accéder à des couches plus profondes de votre conscience. Nous ne pouvons pas y accéder par ce site internet que lit la partie la plus éveillée (nous l'espérons) de vous-même. Des livres sur Amazon
L'émotion que vous portez sur votre douleur conditionne donc en
grande partie son intensité. Si l'on détourne votre attention
d'elle, elle va diminuer de façon tout à fait réelle.
Un exemple classique: vous souffrez régulièrement du dos,
quelqu'un vous marche brutalement sur le pied: cette douleur va "effacer"
la lombalgie tant qu'elle reste vive, comme si votre système nerveux
ne pouvait faire "attention" à toutes vos douleurs en
même temps, en fait plutôt comme si la lésion fraîche
régulait vos sensations, ramenant une vieille cicatrice douloureuse
qui n'a plus lieu d'être à de plus justes proportions. Nous
ne proposons bien sûr pas la douleur comme moyen thérapeutique.
Mais cela explique l'efficacité de la reprise d'activités
physiques malgré la douleur: la douleur de l'effort, compréhensible,
vous redonne des sensations plus normales au repos. Cela explique également
que les douloureux chroniques qui gardent une activité professionnelle
s'en tirent mieux que les autres: les activités obligatoires absorbent
votre esprit et rendent la douleur moins envahissante. Il est préférable
qu'elles soient le plus enthousiasmantes possibles, ce qui n'est pas le
cas dans tous les jobs. Mais si vous n'êtes plus apte à exercer
votre profession, efforcez-vous de vous recycler par tous les moyens possibles
et de garder une activité moins physique mais régulière.
Ne vous laissez pas piéger dans le statut d'handicapé qui
est très protecteur sur le plan social, financier (voir revenu
paradoxal), et vis à vis des proches (ou au contraire source
de grosses difficultés). Sur le moment vous serez comme dans un
cocon (plutôt dans une salade d'orties, de votre point de vue).
Mais ce cocon mettra longtemps à vous libérer, et ce n'est
pas un joli papillon mais une personne très marquée qui
en sortira. Une prise en charge de la douleur est nécessaire bien
avant ce stade. Il ne s'agit pas seulement de trouver les médicaments
adaptés mais d'analyser votre comportement face à cette
douleur, vos idées vis à vis de votre maladie, de votre
avenir (d'autant plus si vous n'y songez pas), souvent intriquées
avec votre passé et vos difficultés antérieures.
C'est particulièrement important chez les personnes au tempérament
dit "nerveux", qui mettent beaucoup d'émotion dans leur
douleur et la ressentent comme extrêmement pénible. Les antalgiques
sont peu efficaces, les psychotropes (décontractants et anti-dépresseurs)
marchent mais à une dose mal tolérée parce que "légumisante".
Ceux qui les refusent sont typiquement des gens qui se savent inconsciemment
en bonne santé mais ne comprennent pas leurs douleurs. Ils ont
tout à fait intérêt à entreprendre une psychothérapie
pour éviter ces médicaments qui atténuent mais ne
guérissent pas leurs symptômes. Une personne hypochondriaque n'est pas comme on
le dit généralement
une personne qui se plaint trop souvent et trop facilement. C'est une
personne qui est convaincue qu'elle est très malade. C'est
complètement
différent. Ce n'est pas l'histoire d'être douillet ou
pas. Par définition un hypochondriaque est persuadé que
ses angoisses vis à vis des maladies sont justifiées,
alors qu'il n'a pas les maladies en question. Un médecin reconnaît
facilement une hypochondrie. Mais il réagit le plus souvent
en tentant de rassurer son patient. Il perd son temps. Même
le fait que plusieurs praticiens tiennent le même discours ne
suffit pas à faire
disparaître les angoisses de l'hypochondriaque, qui continuera à
consulter. Parallèlement, il devient heureusement méfiant
vis à vis des traitements que les médecins peuvent proposer
s'ils croient trop à la réalité des troubles.
Il fait l'expérience de thérapeutiques données
avec optimisme et n'obtenant pas les résultats escomptés.
Il développe une précieuse suspicion vis à vis
des pilules, des aiguilles et des bistouris. Mais reste enclin à subir
moult examens complémentaires qui ne sont pourtant pas si inoffensifs
que ça (rayonnements des radios, scanners...).
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