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Douleurs du genou Mise à jour: 5/07

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Genou fléchi de face

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Doc du Pr Berenbaum sur la ponction infiltration du genou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Kyste poplité

Introduction sur le genou

Le genou est une articulation portante. Les extrémités osseuses du fémur et du tibia sont recouvertes par du cartilage, une couche plus élastique que l'os. C'est le "pneu" de l'articulation. Quand il a complètement disparu, dans l'arthrose évoluée, vous roulez sur les "jantes", os contre os, et comme une voiture aux pneus crevés vous n'allez pas bien loin. Le cartilage normal est humecté d'une petite quantité de synovie, un liquide visqueux qui facilite le glissement, fabriqué par la membrane synoviale, la première couche de l'enveloppe articulaire. En cas d'irritation de l'articulation, la membrane synoviale sécrète de grosses quantités supplémentaires de synovie pour mieux "matelasser" l'articulation et diluer la source de l'irritation. C'est "l'épanchement de synovie", qui fait doubler votre genou de volume.
L'extémité du fémur a la forme de 2 sphères accolées (les condyles), tandis que l'extrémité du tibia est un plateau en forme de haricot. Pour mieux articuler ces formes différentes, mère Nature nous a pourvu de 2 ménisques, des croissants de cartilages qui doublent le tour du plateau tibial et dont la partie extérieure est plus relevée: ils rendent ainsi le plateau plus creux et mieux adapté à contenir les condyles schéma.
Le genou reste cependant une articulation moins "encastrée" et plus instable que la hanche. Les ménisques sont soumis à des contraintes importantes lors des mouvements en rotation du genou, ce qui favorise leur fissuration au fil des années. L'instabilité peut être considérablement majorée par la rupture des ligaments croisés, liaison la plus serrée entre fémur et tibia.
La détérioration du genou est aussi favorisée par les anomalies d'axe du membre inférieur. Elles sont de 2 types:


genoux normaux - genuvarum - genuvalgum

1) Le membre n'est pas droit, les genoux sont soit trop écartés (genuvarum, aspect de "jambes de cavalier"), soit trop rapprochés (genuvalgum, les genoux se touchent mais pas les chevilles); normalement chevilles jointes on doit pouvoir passer un ou deux doigts entre les genoux; attention, le surpoids fausse l'appréciation de cet axe, seules les radios sont fiables.
2) Le squelette du membre présente une rotation qui fait regarder la rotule vers l'extérieur ou l'intérieur. De plus, la forme de l'extrémité du fémur peut varier: la "vallée" entre les condyles à l'avant, où glisse la rotule, peut être plus ou moins profonde et la rotule s'engage plus ou moins bien dedans.
En cas de genuvarum ou genuvalgum, la pression sur la partie intérieure ou extérieure du genou augmente, risquant d'user plus rapidement le cartilage et le ménisque de ce côté. En cas de rotation du squelette de la jambe, c'est la rotule qui va subir des contraintes anormales sur sa face intérieure ou extérieure.
Ainsi, le destin d'un genou est déterminé par de nombreux facteurs, que l'on peut classer en:
-ceux sur lesquels on ne peut pas agir (pour l'instant): les gènes qui influencent la résistance du cartilage, les traumatismes du genou et leurs séquelles.
-ceux sur lesquels on peut agir par des moyens simples: le surpoids, la façon dont on se sert de ses genoux dans la journée, les anomalies modérées de position de la rotule (rééducation), les instabilités modérées (genouillère et rééducation).
-ceux sur lesquels on peut agir par des moyens lourds (chirurgie): l'axe des membres inférieurs, l'instabilité par rupture des ligaments croisés, les anomalies marquées de la rotule.
Le cartilage, comme tout tissu de l'organisme, s'auto-répare en permanence. Il n'est pas alimenté par des vaisseaux sanguins et les nutriments nécessaires à son entretien diffusent à partir de l'os sous-jacent. Ce processus se fait essentiellement quand l'articulation n'est pas en charge: la pression sur le cartilage et l'os sous-jacent gène la diffusion. Mais la pression et donc l'activité physique n'est pas que mauvaise: c'est elle qui incite le cartilage à se réparer. Ainsi les douleurs cartilagineuses qui suivent un effort sportif inhabituel ne sont pas forcément inquiétantes: avant 50 ans, c'est en général une réaction normale de votre cartilage, qui active sa réparation avec un afflux sanguin dans la région ressenti comme pénible. N'insistez pas si des douleurs vives reprennent dès que vous insistez trop longtemps. Mais si vous vous "dérouillez" rapidement, c'est bon signe; votre articulation est sans doute en train de s'adapter.
Globalement il vaut mieux pour ses genoux avoir des activités qui stimulent activement le cartilage pendant des durées brèves (marche rapide, sports, efforts physiques ponctuels) et être assis le reste du temps, plutôt que piétiner toute la journée sans faire d'efforts physiques violents
*.


Diagnostic d'une douleur du genou - pour les novices (en cours...)

Chez l'enfant
-Les filles, après 12 ans, font généralement un syndrome rotulien : Les douleurs, assez permanentes, majorées dans les escaliers et à l'accroupissement, sont mal localisées à l'avant du genou. Elles sont causées par une position genou fléchi trop permanente — travail à l'école et à la maison —, une pratique sportive trop modeste ou au contraire trop intensive, parfois favorisé par une anomalie morphologique — arrière de rotule trop plat ou trop pointu, rotule trop haute, anomalie de rotation du fémur ou du tibia —.
-Les garçons font souvent, de 8 à 13 ans, une maladie d'Osgood-Schlatter : La douleur siège quelques centimètres sous la rotule, à l'insertion du tendon rotulien sur la tubérosité tibiale. Cette bosse osseuse n'est pas encore soudée au reste du tibia à cet âge et les efforts intenses de saut, de course, de flexion, de shoot, de ces garçons hyperactifs, peuvent fragiliser le cartilage de conjugaison. Il suffit de réduire significativement les efforts sportifs mais la guérison demande 2 à 3 mois.

Avant 30 ans

Entre 30 et 55 ans

Après 55 ans

 


Arthrose du genou (gonarthrose)

L'arthrose débute quand la capacité de réparation du cartilage est dépassée: sa surface, normalement ferme et élastique, se ramollit. Le poids et les frottements vont arracher des lambeaux de cartilage. Ces débris sont irritants pour l'articulation, ont un effet abrasif surtout quand l'articulation reste sèche (habituellement elle réagit par une poussée de synovite, liquide abondant qui vient diluer tout cela), avec production de nouveaux débris. Parfois ce cercle vicieux va très vite et on assiste à une arthrose destructrice rapide, avec un cartilage complètement raboté en l'espace de quelques mois.
Mais habituellement c'est un processus lent, alternant des phases de destruction et des phases de stabilisation, où le cartilage retrouve sa fermeté. Cela explique l'évolution de l'arthrose par poussées successives. Pour les adhérents: évolution de l'arthrose en arthroscopie.
A la première crise d'arthrose, les radios peuvent être normales: le ramollissement de surface n'a pas encore modifié l'épaisseur du cartilage. Petit à petit un amincissement apparaît, rapprochant les extrémités du fémur et du tibia. Ces rebords osseux sont soumis à des pressions plus importantes, et le tissu osseux est contraint de se renouveler plus rapidement. C'est la congestion des tissus environnants, dont l'os, qui fait souffrir dans l'arthrose car le cartilage lui-même est dépourvu de nerfs. Le renouvellement accéléré de l'os a tendance à être un peu anarchique et produit les rebords osseux épaissis responsables des déformations de l'arthrose. Vous avez ainsi les 3 signes radiologiques classiques enseignés à tous les étudiants en médecine: diminution de l'interligne entre les os, consensation osseuse, et becs osseux déformant les rebords.
La poussée congestive de l'arthrose correspond à une phase de dégradation rapide du cartilage: des débris sont libérés dans l'articulation et l'irritent considérablement. Le genou est enflé, difficile à plier, douloureux en permanence même sans appui. Votre médecin vous prescrira des anti-inflammatoires. Le repos doit être strict. Si le gonflement est net, il est judicieux de ponctionner le liquide. Ces vilaines aiguilles vous semblent bien agressives mais avec une anesthésie locale c'est très supportable. Précisez si vous prenez des anti-coagulants, il faudra les arrêter 2 jours avant la ponction. 3 avantages de la ponction: Elle retire un liquide chargé en débris et en produits de dégradation du cartilage, très irritants pour l'articulation. Si le gonflement se reforme, ce n'est pas grave: reponctionnons. Cela fait un excellent lavage, le liquide de lavage étant fourni par le genou lui-même. La ponction permet aussi d'éviter la distension prolongée des enveloppes articulaires (favorise une instabilité ultérieure du genou). Enfin, plus accessoirement, la ponction permet d'injecter à la fin un dérivé de la cortisone, dont l'effet sur vos douleurs sera nettement supérieur aux comprimés d'anti-inflammatoires. Cette injection n'est pas obligatoire si vous êtes méfiant vis à vis de la cortisone. Elle est surtout conseillée en cas de douleurs importantes, remplaçant un grand nombre de pilules aux effets secondaires potentiellement plus embêtants.
Quand l'arthrose vous donne des douleurs très pénibles dès le moindre appui alors qu'au repos c'est supportable, c'est qu'il existe de véritables microfractures de l'os sous-jacent. Les anti-inflammatoires même en infiltration ne seront pas efficaces. Seule solution: la décharge. Cela ne veut pas dire repos complet car vu la durée nécessaire (4 à 6 semaines comme toute fracture), vous avez le temps de perdre tout votre tonus musculaire. Il faut éviter l'appui, comme pour une petite fracture de l'avant-pied, par 2 cannes anglaises: vous devez bouger, mais sans mettre de poids sur ce genou. Une activité d'entretien conseillée: la natation. Si vous vous déplacez beaucoup avec vos cannes anglaises, méfiez-vous des épaules: une tendinite est facilement déclenchée. Gardez vos épaules en position basse pour l'éviter.
Dans l'arthrose du genou, les médicaments n'ont qu'un rôle de confort. A l'heure actuelle, les nombreux anti-arthrosiques de fond n'ont pas pu démontrer être capables d'éviter une seule prothèse de genou. Il existe pourtant des traitements de fond efficaces, non médicamenteux, moins simples à mettre en oeuvre. Citons-les du plus simple vers le plus lourd:
- L'hygiène de vie du genou, Pour les adhérents: fiche, dont le repos en période de crise, est un véritable traitement de fond. Le soulagement apporté par les médicaments ne peut pas vous permettre d'y échapper. Il est même néfaste d'ignorer la douleur à coup de calmants pour continuer à se servir de son genou au milieu d'une crise.
- Les semelles peuvent être utiles, en particulier le coin talonnier soulevant l'intérieur du talon dans l'arthrose de l'intérieur du genou. Le but est de modifier légèrement l'axe de la jambe pour soulager la partie interne surmenée du genou. L'effet est améliorée par un strapping élastique de la cheville: il empêche celle-ci de basculer trop sous l'effet du coin talonnier, ce qui annulerait l'effet sur le genou. Dans toutes les arthroses du genou, une semelle visco-élastique amortit efficacement les chocs et réduit l'agression du cartilage. Des études n'ont pas montré d'efficacité des semelles. L'effet est sans doute très individuel et dépendant d'autres facteurs d'hygiène de vie. La façon d'utiliser son genou est le plus important.
- Les orthèses correctrices des déviations du genou sont assez contraignantes mais ont démontré leur efficacité. Elles sont très utilisées aux USA, peu en France. Elles sont à conseiller pour les genoux instables et déviés, surtout chez ceux qui n'envisagent pas de se faire opérer.
- Les injections de hyaluronate sont probablement un vrai traitement de fond*. Ce gel injecté dans l'articulation capte les débris, diminue les frottements, nourrit le cartilage. Les études ne permettent pas de juger des résultats à long terme (prothèses évitées?). Mais c'est parce qu'elles ne sont pas réalisées: très coûteuses, les labos hésitent à les réaliser parce que le produit n'est pas brevetable.
Sur le blog: Injection “d’huile” dans le genou: N’attendez pas!

Pour les adhérents: Schéma sur le mode d'action de l'injection de hyaluronate

- La greffe de cartilage consiste à prendre des ronds de cartilage dans une partie saine du genou (à l'arrière, zone beaucoup moins sollicitée) et à les greffer sur la zone abîmée. Séduisante en théorie, ses indications sont en fait très réduites: elle se pratique après traumatisme du cartilage (sportif le plus souvent) chez une personne jeune (avant 45 ans de préférence). Ce n'est pas une solution dans l'arthrose étendue habituellement constatée après 50 ans: la greffe se détériore très vite.
Présentation très complète et très claire de la greffe de cartilage par un kiné.

- La chirurgie de réaxation du membre est beaucoup plus lourde mais est également un traitement de fond en stoppant la dégradation d'un compartiment du genou.
Enfin certains traitements sont à mi-chemin entre le confort et l'effet de fond et ne doivent pas être négligés: ce sont ceux pratiqués chez le kinésithérapeute: physiothérapie (certaines méthodes favorisent peut-être la réparation en activant la circulation locale), étirements, reconditionnement musculaire du genou.
A un stade évolué de l'arthrose (disparition complète du cartilage sur une zone plus ou moins large), aucun traitement de fond n'a d'effet spectaculaire et durable. Il faut discuter le remplacement de votre genou par une prothèse.
Retenez bien que ces traitements sont indiqués à des moments différents: La poussée congestive se traite par repos et ponctions, les injections de hyaluronate n'ont aucun intérêt à ce stade alors qu'elles sont très utiles dans les douleurs chroniques. Si le genou reste enflé mais n'est plus (très) douloureux, ces injections redeviennent possibles. Le médecin vous ponctionnera le liquide résiduel avant la première. Le genou ré-enflera sans doute légèrement mais ce n'est pas grave: la viscosité du liquide sera très amélioré par le hyaluronate et votre articulation va se réparer dans de meilleures conditions.


Ménisques

Le ménisque est un croissant de cartilage dont le bord extérieur est relevé. Chaque genou en comporte deux, un placé à l'intérieur, l'autre à l'extérieur. Ils servent à stabiliser le genou, les extrémités du fémur (2 boules) et du tibia (un plateau en forme de haricot) n'étant pas bien congruentes (elles ne collent pas bien l'une à l'autre). Les ménisques sont donc sollicités en permanence dans les mouvements qui tendraient à "déboîter" le genou: mouvements de rotation et en particulier un mouvement de flexion avec une contrainte en rotation. C'est pourquoi les sports qui "cassent" classiquement du ménisque sont ceux avec fréquents démarrages rapides et changements de direction brutaux: sports de ballons, de raquettes, arts martiaux.
Chez un jeune (avant 40 ans):
Les lésions du ménisque sont généralement traumatiques: fracture plus ou moins étendue d'une corne de ménisque, le plus souvent horizontale dans son épaisseur: l'extrémité du ménisque s'ouvrirait comme une langue fourchue si l'on tirait sur les bords de la fracture. Si la fracture est importante, un morceau du ménisque peut se replier et former un "volet" ou un "clapet" de cartilage: le genou peut être alors complètement bloqué dans son fonctionnement. Ce n'est pas juste la douleur qui vous empêche de fléchir. Vous sentez une véritable opposition au mouvement. Il est peut-être possible de manipuler ces genoux pour les débloquer, mais l'importance de la lésion méniscale rend préférable une arthroscopie d'emblée pour la suturer ou l'enlever.
A une époque les chirurgiens ôtaient facilement de bonnes portions voire la totalité du ménisque: les patients en étaient très satisfaits: aucune douleur résiduelle, les extrémités du fémur et du tibia étant recouvertes de cartilage en bon état, tout refonctionnait très bien. Mais le ménisque n'est pas si inutile: élément de stabilisation important, son absence entraîne ultérieurement une arthrose beaucoup plus rapide que prévu. Quand on s'est aperçu que tous ces footballeurs sans ménisques commençait une gonarthrose à 40 ans, on s'est mis à essayer de les conserver un peu mieux. Actuellement chez un jeune, c'est la suture du ménisque qui est privilégiée: on coud tout bêtement les 2 bords de la fracture. Malheureusement un cartilage ne cicatrise pas aussi vite que la peau et les suites de ces arthroscopies sont nettement plus longues et douloureuses que les classiques ablations du ménisque. Vous en bavez un peu plus, mais vous préservez votre avenir.
Si vous avez déjà perdu un ménisque et que vous commencez à souffrir d'une arthrose avec beaucoup d'années d'avance, il existe une solution: le remplacement du ménisque. 2 techniques:
1) La greffe méniscale, n'est pas pratiquée en France en l'absence de banque de ménisques (nécessaire compatibilité génétique entre le donneur et le receveur).
2) Le ménisque artificiel, est posé en France. Les 2 techniques donnent de très bons résultats pour les ménisques internes remplacés avant 40 ans. Après cet âge il faut juger au cas par cas. Les lésions d'arthrose doivent rester limitées pour espérer un bon résultat.
Mais d'abord, doit-on opérer toutes les lésions méniscales?
Comme n'importe quelle fracture, un ménisque va consolider si on laisse la réparation se faire tranquillement. Le ménisque étant très mal alimenté, elle est très lente. On ne plâtre pas un ménisque abîmé, l'immobilisation devrait durer 2 à 3 mois. C'est encore plus long qu'une fracture osseuse. L'os saigne plus et se répare mieux: le sang apporte les cellules réparatrices et les nutriments en abondance sur le site. Le seul moyen de laisser la lésion méniscale tranquille est d'esquiver soigneusement la douleur. Si elle se déclenche dès les premiers pas, le moindre changement de position, vous avez peu de chances de vous en sortir seul: tous ces mouvements vont mobiliser la lésion et l'empêcher de consolider. Par contre, si la douleur ne survient dans des circonstances évitables (sport, genou gardé fléchi longtemps), vous pouvez faire les compromis nécessaires et espérer éviter une opération. Fréquemment tous les sports ne réveillent pas la douleur. La course à pied est à éviter: chocs répétés sur le genou; le vélo, avec son mouvement de jambe très régulier, est souvent possible. Votre guide principal est toujours la douleur. Elle ne doit pas se réveiller, surtout pendant l'activité, ni de préférence après. Au bout de 2 à 3 mois sans avoir pratiqué les sports qui réveillent votre douleur, vous pouvez les reprendre avec prudence.
Un traitement d'avenir?
Les injections de hyaluronate, sorte de synovie (le liquide qui humecte les surfaces des cartilages) traitée chimiquement pour augmenter sa viscosité, sont essentiellement utilisées dans l'arthrose, mais ont été testées chez l'animal sur des fractures provoquées du ménisque et ont nettement accéléré sa cicatrisation. Affaire à suivre.
De 40 à 60 ans:
Les lésions méniscales sont encore souvent traumatiques, mais commencent aussi à être liées à une usure de l'articulation: ménisque dit "dégénératif". Les examens apprécient la part des choses et permettent de choisir au cas par cas entre réparation et ablation (quand les douleurs traînent bien sûr). Attention à ne pas enlever trop facilement un ménisque dégénératif même s'il semble clairement responsable des douleurs. L'usure se fait par définition sur la partie la plus sollicitée du genou, et quand on enlève un bout de ménisque à cet endroit, les cartilages du fémur et du tibia vont trinquer directement, précipitant parfois une arthrose rapide. La réparation doit être privilégiée en particulier pour les lésions du ménisque externe et pour les genoux laxes (ligaments détendus ou rompus entraînant des mouvements anormaux ou trop amples de l'articulation). Une réparation de ligament croisé rompu sera éventuellement conseillée. Cependant la suture du ménisque ne peut être qu'envisagée avec les examens pré-opératoires. C'est pendant l'intervention que le chirurgien juge des possibilités réelles de réparation. Ne soyez pas trop déçu si votre ménisque subit une classique "régularisation", c'est-à-dire l'ablation de la partie abîmée. Au moins, vous aurez des suites opératoires beaucoup plus faciles.
Après 60 ans:
Les ménisques sont rarement seuls en cause dans les douleurs du genou. L'arthrose est fréquemment associée et il est difficile même avec des examens sophistiqués de préciser la part du ménisque dans le handicap. Or c'est lui seul qui sera amélioré par un traitement arthroscopique. Comme c'est une intervention peu agressive, on peut s'y résoudre en cas de doute, mais il ne faut pas en espérer un résultat garanti. L'arthroscopiste vous annoncera seulement après l'opération quel est l'état exact de votre cartilage et le bénéfice que vous pouvez espérer de ce qu'il a fait. Ne vous désespérez pas: le traitement médical de l'arthrose fait de grands progrès au genou (hyaluronate).


Rotule (syndrome rotulien)


Kyste poplité

Le kyste poplité n'est pas un kyste au sens propre (bulle de liquide fermée et indépendante). C'est une "poche" de l'articulation du genou. L'articulation, rappelons-le, est fermée par une enveloppe assez lache, la membrane synoviale, qui fabrique la synovie. Cette enveloppe se glisse entre des muscles à l'arrière du genou pour former une "annexe", que l'on appelle en temps normal la bourse poplitée. Elle communique avec le reste de l'articulation par l'orifice, assez étroit, entre les muscles. Quand un problème quelconque affecte l'intérieur du genou, arthrose, ménisque, entorse, arthrite rhumatismale, la membrane synoviale réagit par la fabrication de synovie en larges quantités: c'est l'épanchement de synovie. Cet afflux vient remplir tous les recoins de l'articulations, en particulier les plus laches que sont le cul-de-sac sous-quadricipital (au-dessus de la rotule, c'est là que le genou est visiblement le plus empâté) et la bourse poplitée. Si l'épanchement traîne en longueur ou se reproduit, ces culs-de-sac vont finir par se dilater. On parle alors de "kyste" poplité parce que la bourse a une taille augmentée et devient perceptible. Elle entraîne une tension pénible à l'arrière du genou, particulièrement si on le fléchit. Mais la bourse communique généralement encore avec l'articulation. C'est très important. Car le vrai problème n'est pas le traitement du kyste, mais de la maladie du genou qui a abouti à sa formation. Les douleurs sont trop souvent attribuées au kyste alors qu'elles proviennent du ménisque ou de la zone de cartilage lésée. Un bon test pour le vérifier: la tension liée au kyste est rapidement soulagée par la ponction de l'épanchement. Dans la plupart des cas, la ponction par voie habituelle, sur le côté du genou, est suffisante. Parfois, le liquide du kyste a vieilli, est devenu plus épais, ou la paroi du kyste s'est enflammée: la communication avec l'avant de l'articulation s'est obturée. C'est la seule situation où l'on peut vraiment parler de kyste. Le médecin le devine à l'examen car la tension retrouvée en le palpant est nettement plus forte que sur le reste du genou. Le plus souvent la ponction reste efficace, mais il faut la faire directement dans le kyste, et injecter ensuite un anti-inflammatoire.
Les opérations de kyste poplité devraient ainsi rester exceptionnelles. Beaucoup d'opérés sont déçus, avec une amélioration partielle ou temporaire, parce qu'on a pas traité le problème primitif du genou.


Tendinites du genou

Les tendinites du genou sont l'apanage du sportif. Etonnez-vous que l'on vous aie fait ce diagnostic si vous avez passé la cinquantaine et n'avez pas forcé depuis longtemps sur un terrain de sport. Les tendinites habituelles au genou sont:
- La tendinite patellaire (du tendon rotulien, qui va de la rotule à l'avant du tibia)
- La tendinite du fascia lata, ou syndrome de la bandelette ilio-tibiale: c'est une bandelette tendineuse qui balaye l'extérieur du genou lors des mouvements de flexion-extension et qui peut s'irriter des frottements répétés sur l'os.
- La tendinite de la patte d'oie, à l'intérieur du genou.
Le traitement est identique dans les grandes lignes: arrêt du geste sportif responsable ou, mieux accepté, remplacement provisoire par une autre activité sportive, ce qui peut avoir les meilleurs résultats à long terme par une modification des conditions de travail des groupes musculaires locaux. Physiothérapie, étirements. Les tendinites les plus traînantes sont celles du tendon rotulien, surtout quand il s'agit de la zone d'attache du tendon sur la rotule (enthésopathie) car les tissus se renouvellent très lentement à cet endroit. Certaines techniques de rééducation donnent de bons résultats.
Pour les adhérents: Le renforcement excentrique
Il est préférable d'avoir affaire à un kinésithérapeute habitué aux problèmes sportifs.


Entorse du genou

Les entorses regroupent des situations très différentes, avec des degrés de gravité très variables. Prenons 2 situations radicalement opposées:
1) L'entorse sévère en milieu sportif d'un jeune: traumatisme grave, gonflement du genou qui devient impotent immédiatement, la ponction du gonflement ramène du sang. Il s'agit d'une déchirure ligamentaire, probablement touchant les ligaments croisés. L'immobilisation stricte et prolongée (6 semaines) est de rigueur. Chez les grands sportifs se discute une visite d'emblée du genou par arthroscopie pour assurer la meilleure cicatrisation possible des ligaments croisés, essentiels à la stabilité ultérieure de l'articulation.
2) Une torsion banale chez une personne plus âgée, dont les douleurs du genou traînent en longueur: les ligaments n'ont pas été très abîmés et sont probablement déjà cicatrisés, mais l'entorse a décompensé une maladie sous-jacente du genou, arthrose ou lésion méniscale, qui prend le relai. Nous vous renvoyons au traitement de ces affections.
Entre ces 2 âges, il faut se méfier des ruptures de ligament croisé qui ne sont pas toujours très gênantes. La douleur aiguë initiale peut s'être atténuée rapidement et persiste une simple impression de fonctionnement anormal du genou. Ces ruptures entraînent une instabilité qui favorisera ultérieurement une arthrose. Un spécialiste doit examiner votre genou, juger du degré d'instabilité et de son retentissement en fonction de votre activité physique, et vous proposer éventuellement une réparation
Pour les adhérents: réparation chirurgicale d'une rupture du ligament croisé antérieur


 Douleurs irradiées au genou

Nombreuses sont les douleurs du genou qui ne proviennent pas de cette articulation. Le genou est en effet la terminaison d'un gros nerf de la jambe, le nerf crural. Les terminaisons d'un nerf, c'est l'endroit où vous allez ressentir violemment toute irritation de ce nerf en un point quelconque de son trajet. Le crural part des vertèbres lombaires, passe devant la hanche et se termine au genou. Quelques filets nerveux peuvent continuer à la jambe sur le devant du tibia. Une cruralgie et les maladies de la hanche peuvent donner une douleur localisée exclusivement au genou. Ce sont les cas les plus piégeants. Habituellement la douleur irradie davantage sur le territoire du nerf crural: elle prend aussi le devant de la cuisse et la région de l'aine, fait parfois le tour du bassin pour remonter vers son origine vertébrale.
Il est facile de se rendre compte que votre genou n'est pas en cause: alors que la douleur peut être très violente, votre articulation se plie facilement et aucun effort dessus ne réveille spécialement votre gêne. Attention de ne pas bouger la hanche ou les lombaires en même temps! Si un doute persiste, une radio démontrera l'intégrité de votre genou. Le médecin pensera judicieusement à profiter de votre visite au radiologue pour faire vérifier votre hanche et votre colonne lombaire. Vous aurez par exemple la surprise de découvrir que vous avez une arthrose évoluée de la hanche, qui s'est révélée par cette douleur de genou. Le traitement est bien sûr celui de la maladie véritablement en cause.


Algodystrophie

Affection longue et continuellement douloureuse, elle est traitée en détail à algodystrophie du bras. Au genou elle est presque toujours secondaire à un traumatisme, entorse, fracture, intervention chirurgicale. Il y a un intervalle de quelques semaines entre l'algodystrophie et sa cause déclenchante. C'est une des causes principales de résultat médiocre d'une opération. Mais au moins ces douleurs finissent toujours par disparaître complètement.


FAQ genou
Pour les adhérents:
Arthrose du genou: Comment essayer d'éviter la prothèse
Ménisques en mauvais état: Symptômes. Comment se comporter?

Fiche hygiène de vie du genou
Réparation chirurgicale d'une rupture du ligament croisé antérieur

Prothèse inévitable: Comment améliorer le résultat
FAQ genou ménisque viscosupplémentation


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