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Vocabulaire radiologique: Décryptage des compte-rendus

 

Avertissement: Le but de cette page est de comprendre ce que vous lirez et non pas de faire un auto-diagnostic. Dans la majorité des cas, il est facile de trouver une personne ayant exactement la même radio que vous et ne souffrant pas. Très peu de radios sont strictement normales. Le radiologue s'impose de décrire par le menu tout ce qu'il voit. Beaucoup de ses constatations sont banales à votre âge ou sont des variantes de la normale. C'est au médecin d'établir la concordance entre vos symptômes et les anomalies radiologiques.
De plus le radiologue peut avoir un ratage. Un exemple arrivé à l'une de mes patientes: sa radio cervicale indiquait une "rupture du mur vertébral postérieur". Tapant ces termes sur Google, la malheureuse s'est retrouvée sur des sites de chirurgie orthopédique où on lui indique l'intérêt de remplir sa vertèbre de ciment! En fait sa vertèbre n'était aucunement fracturée. Le radiologue voulait dire "rupture de l'alignement des murs postérieurs vertébraux", qui témoigne d'une usure du disque ou d'une petite entorse cervicale. 48 heures de sueurs froides avant que je lui explique la différence...
Avertissement (2): Ne jetez pas vos vieilles radios! Des anomalies bénignes et des variantes de la normale sont de diagnostic facile si on les voyait déjà sur une radio ancienne. Les vieux clichés font parfois l'objet de campagnes de récupération, pour en retraiter les sels argentiques. Ce n'est pas économiquement rentable par rapport au coût de nouveaux examens que cela peut générer. Bien sûr, si vous avez eu plusieurs radios au même endroit, vous pouvez n'en garder qu'une. Scanners et IRM sont maintenant systématiquement accompagnés d'un CD-ROM: gardez plutôt les clichés si l'examen est ancien: ils ont une meilleure durée de vie que le CD.
Si vous ne trouvez pas le terme recherché, signalez-le au webmaster.

Apophyse (apophysaire) = protubérance de l'os principal formant articulation ou point de départ d'attaches musculaires. Les apophyses articulaires postérieures sont souvent citées sur les radios de colonne, car fréquemment touchées par l'arthrose et éventuellement incriminées dans les douleurs cervicales ou lombaires.
Arthrose = vieillissement articulaire traduit par 3 signes: ostéophytes, pincement du cartilage, condensation osseuse autour de l'articulation. C'est surtout l'importance du pincement qui est péjorative.

Calcification = zone dense (blanche) indépendante des os, fixée sur un tendon ou un ligament, ayant l'allure d'un os surnuméraire mais sans structure osseuse (pas de "grillage" caractéristique de la trame osseuse). Les calcifications se forment sur des plaies traînantes: tendinite chronique, entorse mal cicatrisée, résidu d'injection mal résorbée. Elles peuvent n'entraîner aucun symptôme si elles sont "stables". Mais elles ont une consistance crayeuse et peuvent s'effriter, entraînant une inflammation locale souvent très aiguë.
Carpe = ensemble des petits os formant la paume
Clarté (hyperclarté) = zone moins dense du tissu étudié, en général l'os. La radio étant un négatif, c'est en fait une zone plus noire. C'est un terme descriptif et non une maladie. Une hyperclarté linéaire peut être une fracture. Ronde et nette c'est une géode. Une clarté diffuse de l'os est un signe d'ostéoporose.
Condensation (hypercondensation) = zone plus dense du tissu étudié, en général l'os. La radio étant un négatif, c'est une zone plus blanche. C'est un terme descriptif et non une maladie. Une hypercondensation linéaire peut signaler la réparation osseuse d'une foulure. Autour d'une articulation, c'est un signe d'arthrose. Les condensations bien limitées de la taille d'une lentille sont des ilôts osseux bénins, sorte de "grain de beauté" sur l'os dépourvu de conséquence. D'autres peuvent demander des examens complémentaires.
Coxal (coxo-fémoral) = l'os coxal est l'os iliaque, qui forme la plus grande partie du bassin. L'articulation coxo-fémorale est la hanche. Son usure est la coxarthrose. Son inflammation est la coxite.
Cyphose (hypercyphose) = courbure inclinée vers l'avant, normale à la partie dorsale de la colonne. Peut devenir excessive après des traumatismes, des infections, des tassements liés à l'ostéoporose chez les femmes âgées -> donne un aspect bossu.

Fissure = fissure de fatigue osseuse. La rupture est trop fine pour être visible comme une fracture. Au début la radio est normale. Après plusieurs semaines la fissure se traduit par une condensation linéaire, traduisant la reconstruction osseuse accélérée.
Foramen = voir trou de conjugaison
Fracture = traits foncés séparant 2 ou plusieurs fragments osseux. Facile à voir quand les fragments sont séparés. C'est plus difficile pour les fractures "engrenées" (encastrement des fragments osseux) où les douleurs sont moins aiguës et peuvent évoquer une simple contusion ou entorse.

Géode = trou dans l'os. Se voit dans diverses agressions de l'os, arthrose, arthrite, infections, tumeurs bénignes ou non. L'immense majorité sont sans conséquence. Beaucoup sont découvertes sans qu'on les cherche. Le radiologue arrive généralement à déterminer d'après leur aspect si elles sont "normales" ou pas. Parfois elles peuvent sembler avoir un rapport avec vos sympômes et demander un examen complémentaire. La comparaison avec d'anciennes radios est très utile.

Lombalisation (de S1) = la 1ère vertèbre sacrée (S1) est articulée avec la 2ème par un véritable disque au lieu de lui être soudée. C'est en fait une 6ème vertèbre lombaire. Variante de la normale sans conséquences défavorables démontrées (ce n'est pas une cause de mal de dos).
Lordose (hyperlordose) = courbure inclinée vers l'arrière, normale à la partie cervicale et lombaire de la colonne. Peut devenir excessive au niveau lombaire, associée généralement à un relachement des abdominaux, et provoque des douleurs lombaires chroniques.
Lyse isthmique = défaut de fermeture de l'arc osseux à l'arrière d'une vertèbre, congénital la plupart du temps, rarement déclenché par un excès de flexions en arrière (jeunes gymnastes). La colonne est moins stable à cet endroit et cela favorise la survenue de douleurs, mais ce n'est pas systématique.

Ossification = fragment d'os anormal, relié ou non à l'os principal. Par exemple: ossification dans un muscle après un traumatisme (des cellules de l'os fracturé sont parties dans le muscle et ont fabriqué du tissu osseux à cet endroit), ossification de l'insertion d'un ligament ou d'un tendon soumis à une inflammation rhumatismale ou à des tractions excessives (la fameuse "épine calcanéenne" au talon)
Ostéophyte = déformation d'un rebord osseux (épaississement, collerette, bec osseux). Signe d'arthrose: les sollicitations excessives de l'articulation sur cette zone osseuse ont entraîné un renouvellement important et quelque peu anarchique du tissu osseux. Mais des ostéophytes sans amincissement du cartilage n'ont pas forcément une valeur péjorative. Ils sont banaux sur les articulations des sportifs.
Ostéoporose = os peu minéralisé apparaissant comme trop noir. Attention, un tel aspect peut venir de mauvais réglages lors de la prise de radio. L'ostéoporose n'est évidente sur les radios que lorsqu'elle est importante. Le véritable examen de l'ostéoporose est la densitométrie osseuse.

Patellaire (fémoro-patellaire) = adjectif désignant la rotule (et l'articulation entre fémur et rotule)
Pincement = désigne en général l'amincissement du cartilage articulaire: c'est le signe majeur de l'arthrose. Un pincement débutant, qui peut se stabiliser, n'a pas la même valeur qu'un pincement complet, qui oriente vers des propositions chirurgicales lourdes (prothèse). Le pincement peut être aussi celui d'un espace tendineux, par exemple le pincement sous-acromial à l'épaule, en faveur d'une déchirure du tendon "coiffant" la tête de l'humérus.

Sacralisation (de L5) = la 5ème vertèbre lombaire (L5) est soudée au sacrum. Le disque intervertèbral L5-S1 n'est pas mobile. Variante de la normale sans conséquences défavorables démontrées (ce n'est pas une cause de mal de dos).
Scheuermann (maladie de) = encoches dans les plateaux vertébraux (partie de la vertèbre au contact du disque). C'est un trouble de croissance de la colonne. N'entraîne aucune trouble la plupart du temps, mais peut favoriser une déformation vertébrale et éventuellement des douleurs.
Scoliose = anomalie de courbure vertébrale. Vue de face la colonne est rectiligne. Elle dessine un "C" en cas de scoliose courte ou un "S" dans les grandes scolioses à double courbure. Les scolioses "d'attitude" (causées par la douleur ou par une différence de longueur des jambes) n'ont pas la même valeur que les scolioses "structurales" où la courbe anormale s'accompagne d'une rotation des corps des vertèbres. La plupart des premières sont réductibles, contrairement aux secondes.
Spondylolisthésis (antelisthésis, rétrolisthésis) = décalage anormal d'avant en arrière d'une vertèbre par rapport à l'autre. Peut être congénital par défaut de fermeture de l'arc osseux à l'arrière de la vertèbre (lyse isthmique), ou conséquence d'une usure importante de cet arc par l'arthrose. Un décalage modéré entraîne des douleurs ou rien. Un décalage important peut irriter une racine nerveuse (sciatique, cruralgie, névralgie cervico-brachiale) ou la moelle épinière (faiblesse diffuse des jambes à l'effort)

Tarse = ensemble des petits os formant le milieu du pied
Trou de conjugaison = orifice latéral entre les vertèbres, terme utilisé pour les cervicales, alors que l'on parle de foramen pour les lombaires. Orifice situé à la hauteur du disque, par où sort une grosse racine nerveuse. Chaque articulation entre 2 vertèbres comporte ainsi 2 trous de conjugaison, situés par "n° de la vertèbre supérieure - n° de la vertèbre inférieure - côté droit ou gauche". Par exemple C6-C7 D est le trou entre la 6è et la 7è vertèbre cervicale, à droite, par où sort la 7è racine nerveuse cervicale (C7) droite.
Ces trous sont regardés attentivement par le radiologue car ils peuvent être rétrécis par un bombement ou une hernie du disque à l'avant (vus seulement au scanner ou IRM), par une uncarthrose, ou par une arthrose apophysaire postérieure à l'arrière. Parfois le trou est régulier mais étroit d'origine -> on parle de foramen étroit et de canal étroit (si le canal rachidien où passe la moelle épinière est également congénitalement étroit).
Les rétrécissements des trous sont à l'origine d'irritation voire d'étranglement de la racine nerveuse qui y passe, entraînant une névralgie cervico-brachiale (trous cervicaux), une névralgie intercostale (trous dorsaux, très rare), une cruralgie ou une sciatique (trous lombaires).
Cependant, à partir de la trentaine, la colonne a déjà pas mal travaillé ou encaissé de petits ou moins petits traumatismes -> des anomalies sur ces trous sont très fréquentes, voire quasi-constantes à partir de la cinquantaine, sans qu'elles entraînent de douleurs dans la majorité des cas.
Les examens même sophistiqués comme le scanner et l'IRM ont une valeur limitée: ils ne sont pas dynamiques, c'est-à-dire qu'ils ne montrent pas comment le trou s'ouvre et se ferme pendant les mouvements de la colonne, ni quel en est le retentissement sur le nerf -> aucun parallèle ne peut être fait directement entre un compte-rendu radiologique, purement descriptif, et une douleur. C'est le travail du médecin, par l'interrogatoire (trajet, mode de déclenchement), l'examen des points douloureux, les tests sur le nerf, de faire la relation entre image radiologique et douleur.

Uncarthrose = arthrose de l'uncus, rebord de la vertèbre et jonction avec le disque inter-vertébral. L'uncarthrose est citée sur les vertèbres cervicales. Ce sont des ostéophytes (becs osseux) qui empiètent sur le foramen, trou par où sort la racine nerveuse de la colonne vertébrale. Ils peuvent irriter ce nerf et provoquer une névralgie cervico-brachiale. Mais leur présence est extrêmement banale, même à la trentaine. La plupart ne provoquent aucun trouble. Même ceux qui sont gênants... ne l'étaient pas quelques mois auparavant, car ils mettent des années à pousser. C'est donc la modification des conditions anatomiques locales qui les a rendus irritants: postures, gestes répétés, hernie discale associée. C'est cela qu'il faut traiter. Ne focalisez pas sur ces becs osseux en imaginant que vous ne pourrez pas vous améliorer tant qu'ils seront là. Voir aussi trou de conjugaison.

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