La tribu est une polyconscience (1) implantée dans un corps multiple. L’interdépendance est étroite. Chacun de ses membres est atome d’une vaste molécule clanique, dont les méandres s’étendent aussi bien sur les terres tribales que dans le Temps, reliant la procession des ancêtres.
Le magnifique avantage de cette structure est que personne n’est abandonné, isolé. Ni le vieux, ni le simple d’esprit, ni le blessé. Il n’est pas nécessaire de gagner son importance pour exister.
L’inconvénient est la lenteur des échanges au sein de cette polyconscience trop éclatée, produisant une société d’apparence statique, vulnérable aux agressions des plus conquérantes : Celles qui favorisent les consciences indépendantes forment des êtres compétitifs, prompts à bousculer les codes sociaux, à s’emparer des terres et des biens.
La tribu est menacée de décomposition par l’éloignement de ses membres. Le bain des jeunes esprits dans l’éducation occidentale libère des atomes libres, réactifs, dont les charges positives séduisent - leur compétence à s’emparer du mode de pensée occidental -, les négatives inquiètent - scindés de la tribu, ils pensent et décident indépendamment, au point d’apparaître étrangers -.
Alors, la kanakie traditionnelle ne devrait-elle pas militer pour le maintien de la dépendance ?
La présence occidentale, elle, assure l’essor de… l’indépendance.
(1) Cf Sous acide filozophique

















