L’émancipation féminine, indirectement responsable d’une maladie douloureuse fréquente, a eu d’autres effets secondaires : Continue reading »

 

La panconscience sociale est devenue une grande anxieuse. Alors qu’elle n’a jamais été aussi étendue et stable, la moindre irrégularité lui fait croire que tout va éclater. De plus en plus réactive et connectée, ses crises d’angoisse nécessiteraient des dizaines de milliers de tonnes de benzodiazépines, dont la simple production mettrait fin à la crise économique.
Car l’économie est en crise, oui. Une crise essentiellement psychologique. Quand un secteur ne punit pas ses charlatans et continue à les laisser jouer avec nos économies, il est raisonnable de croire que tout va de nouveau éclater, et cette croyance y parviendra.

 

Pénurie de médecins en brousse. Ce titre malheureux des Nouvelles masque la présence de nombreux médecins parfaitement adaptés à la brousse et implantés depuis bien des années, peut-être les derniers vrais généralistes, dotés de la polyvalence du médecin de famille et récompensé par la reconnaissance qui accompagne ses efforts constants en ce domaine.
C’est le regard des patients qui fait se hisser le médecin à la hauteur de ses prétentions, et ce regard, dans les grandes villes, devient trop souvent fixé sur les écrans du web, favorisant l’émergence d’un petit fonctionnariat de la médecine.

Puisque nos décideurs ont du mal à faire une publicité suffisante au destin unique du médecin de brousse, voici quelques mesures suggérées : Continue reading »

 

 

Il serait bien cynique de dire que la tuerie fratricide de Maré profite à la position des blancs, seuls médiateurs assez musclés, grâce à leurs gendarmes, pour éviter que cela dégénère.
Maré révèle en réalité le décalage entre les clans traditionnels et la bourgeoisie kanak naissante, qui ne peut plus accepter ces débordements. Continue reading »

 

Le moindre psychologue de niveau élémentaire peut savoir, s’il réussit à extraire un instant son cerveau de la glu de la logique industrielle, que le piratage est le contrepouvoir merveilleusement indispensable aux volcans de frustration élevés en chaînes à travers la planète par cette logique non humaine. Ce psychologue encore en maternelle — moi — pourrait ainsi conseiller de réclamer la taxe sur la propriété intellectuelle, dont personne ne conteste la justification, au reste du monde industriel.

Les cercles de pouvoir, bon nombre d’artistes aussi, ont oublié que la culture a toujours été le lot de consolation des masses laborieuses, auxquelles on adresse beaucoup de tentations et peu de gratifications. S’il était un relaxant universel dont il fallait éviter que le capital ne s’empare…
Peut-être un sujet de philosophie pour les séances de brainstorming de ces messieurs ?

 

 

 

juil 062011
 

 

 

La justice gère la liberté que les citoyens lui ont abandonné… pas de façon volontaire — qui a voté individuellement pour chacune des lois qu’il lui faut respecter ? — et sans grande alternative, quand les espaces hors de la société ne sont plus terrestres. La justice, « contrôle de la liberté », a fort à faire avec un tel paradoxe. Elle n’a pas d’autre choix que de s’illusionner. La vérité empêcherait de dénicher le moindre coupable. La seule solidité de ces illusions est qu’elles s’étendent comme une gigantesque marée morale à travers le temps. Elles existaient avant le juge, ne changeront que bien après sa disparition. Les flux de la morale recouvrent largement une vie. Il est facile d’y faire flotter un Code, qui ne se déplacera guère, et que tous auront bien en vue. Continue reading »

 

 

 

Un lieu commun est de dire, quand on déménage dans un milieu social différent ou un pays lointain, qu’on laisse derrière soi son existence. Niet ! On emporte bien entendu son existence dans ses bagages, avec ses problèmes, qu’il faudra déballer avec le reste à l’arrivée. Cependant il est vrai qu’en réinstallant cette existence dans un décor différent, elle apparaît sous un autre jour. De cet oeil extérieur les questions peinant à trouver leur réponse deviennent clairement insolubles ou faciles à résoudre. L’on est parvenu à la surface de la coquille de son existence, et devenu capable de regarder par les brèches.

 

Protester contre la vie chère masque une autre revendication, moins sociale celle-ci : pouvoir consommer sans frein. L’argent est bien entendu une limitation à la consommation qui n’a aucune moralité, mais la moralité qui fait acheter ce qui est réellement nécessaire est aussi inégalement partagée, et n’est pas corrélée à la fortune.
Les Nouvelles pointent un inconvénient de la lutte contre la vie chère réclamée aux grands distributeurs : L’écart des prix avec les petits commerces va s’amplifier et ceux-ci vont disparaîre. La métropole en a fait l’expérience, avec comme conséquence des achats largement débridés — nous savons tous de quelle séduction sont capables les hypermarchés avec leurs promotions, leurs têtes de gondole attractives, et tous les rayons chargés de produits « indispensables » —.

La politique juste contre la vie chère pourrait être une modulation des taxes en fonction du caractère irremplaçable des produits : Aliments de base, hygiène et vêtements 1er prix, fournitures scolaires, voiture basique… méritent une exonération de taxes voire des subventions — indépendamment du caractère local de la production —, tandis que les produits de luxe ou reconnus désastreux pour la santé — boissons sucrées, alcool, plats riches en graisses, pâtisseries — seront lourdement taxés, restant chers qu’ils soient vendus en grande surface ou en petit commerce.

D’autres voies sont possibles selon les catégories de biens de consommation : Par exemple grouper et subventionner des achats de matériel sportif par le biais d’associations pour des jeunes de milieux défavorisés, favoriser des filières de recyclage en supprimant la patente sur des ateliers de réparation pour des articles qui partent habituellement au rebut… inscrivez en commentaire vos propres idées.

 

La classe moyenne américaine est la pierre angulaire du maintien de l’aristocratie de l’argent, non pas parce qu’elle participe avec son pays et son épargne au pillage des richesses de la planète, mais parce que, toute effrayée à l’idée de perdre les avantages de l’une des classes moyennes les plus favorisées, elle ferme les yeux sur les excès du libéralisme, contraignant aux mêmes excès les autres pays qui suivent cette locomotive économique.

 

Terminons cette série d’articles sur la politique calédonienne par un point sur ses perspectives. Motivation : la perte d’un collègue inquiété par les messages alarmistes qui circulent régulièrement sur le web nouméen. Il déménage à la Réunion. C’est un professionnel très compétent dont le travail ne pourra être exercé par aucun remplaçant local, au détriment des nombreuses personnes dont il s’occupait. Dommage, quand c’est à cause d’une information tronquée. Les épouvantails ? Indépendance sanglante, dévaluation du franc pacifique, effondrement de l’immobilier, goudron et plumes… Continue reading »

 

Une société primitive reste conservatrice essentiellement pour cause d’isolement. Deux circonstances y concourent :
-Soit elle occupe un milieu difficile, qui ne lui est guère disputé. Un tel milieu n’encourage pas l’originalité. La meilleure adaptation a été affinée au fil des générations. Trop de risques pointent à laisser les jeunes la redécouvrir ou la modifier : de nombreuses pertes surviendraient et mettraient la société en danger. La tradition est forte et vitale.
-Soit elle est géographiquement isolée — une île — et malgré l’environnement favorable il existe peu de communications, de conflits, de brassage génétique. La société est conservatrice par défaut. Il n’y a pas grand moteur pour la rendre moins statique.
-Une dernière circonstance est sans doute favorisante : l’absence de saisons dans la zone comprise entre les tropiques, qui réduit la perception du temps qui s’écoule, favorisant un éternel présent au détriment d’une conscience du futur et son anticipation.

L’intégration exceptionnelle d’une société primitive dans son milieu la rend admirable à ceux qui sacralisent la Nature. Elle perturbe en effet très peu l’écologie locale, voire participe à son équilibre, comme les autres espèces animales. Ainsi, pour l’idéaliste, l’homme primitif vit en harmonie avec la Nature. Pour le cynique, le milieu contrôle cette peuplade primitive et lui interdit toute évolution…
Les sociétés occidentales sont au contraire hyper-évolutives, produits de la communication, du conflit, de la prévision. Une invasion de fourmis rouges, toutes étroitement connectées, au cerveau collectif terriblement efficient.
Seul espoir : le projet SETI : Arrivera-t-on à leur trouver un prédateur ?

 

Il me faut parler un peu, bien malgré moi, de la politique calédonienne, car circulent régulièrement dans la belle société blanche des pamphlets dévastateurs pour l’avenir commun. La dernière de ce qu’il faut bien nommer des « masturbations intellectuelles » s’appelle L’enterrement de la démocratie calédonienne.
A chaque fois que vous entendez parler des Accords, n’avez-vous pas l’impression d’entendre se quereller des théologiens sur l’interprétation de la Bible ?
Avec un peu d’altitude, on s’aperçoit qu’il n’y a pas ce clivage entre indépendantistes et loyalistes, mais un besoin de justifier son existence politique.

Pour que les leaders kanaks abandonnent l’étendard indépendantiste, ce que la plupart ont hâte de faire — pour le discours d’interdépendance sans sacrifier à l’autodétermination —, il faut que leurs électeurs se soient suffisamment embourgeoisés pour comprendre le pragmatisme d’une telle position. Ce n’est pas encore le cas… mais on y vient, beaucoup de signes le montrent. La Nouvelle-Calédonie réussit à fonctionner tant bien que mal depuis des années avec un gouvernement collégial, ce qu’aucun grand pays occidental n’est capable de faire ! Et on dit qu’il y a des clivages d’une profondeur croissante ? Je suis d’un avis parfaitement contraire. Où sont passés les grands mouvements sociaux de ces dernières années ? A quand remonte le dernier blocage d’un rond-point ? Les extrémistes sont maintenant bien rangés derrière la bannière de leur parti travailliste, respectueusement démocrates comme tout le monde. Il existe bien sûr quelques paranoïaques pour penser qu’ils profitent du relâchement des tensions pour constituer leur armée décolonisatrice… Je comprends les gens qui n’ont pas vu arriver les Evènements : Ils anticipent la prochaine fois où le ciel va leur tomber sur la tête.
Ce serait dénigrer toute faculté d’évolution aux kanaks et à leurs dirigeants. « La démocratie est bien enterrée en Nouvelle-Calédonie » est une imposture. Les gens n’ont jamais parlé aussi librement, bien davantage qu’à l’époque des accords. Rien ne vaut la communication pour éteindre les ardeurs guerrières.

Le seul intérêt de ce genre de pamphlet partisan et pessimiste est qu’il pourrait faire baisser les prix de l’immobilier dans Nouméa sud…
Si vous voulez vendre votre maison, contactez-moi ;-)

Je vais d’ailleurs m’occuper du département média de la tendance loyaliste extrémiste, qui gagnerait à alléger ses textes de quelques illustrations. Voici Le colonisateur blanc accouchant difficilement du Démon de l’Indépendance

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