Paul Itticien 1er

Pourquoi ne m’intéressé-je guère à la politique ?

La politique n’est ni ridicule ni inintéressante. Ce ne sont pas des mots assez forts. Elle est le résultat d’une amputation de la société. Pas d’un simple orteil, mais de sa tête.

La société est un immense corps, que l’on a décapité lors d’une grande intervention esthétique, la chirurgie démocratique, à l’applaudissement de tous ses membres, mains et pieds, les seconds étant moins habiles mais les plus nombreux. On a juché pudiquement sur la gorge tranchée, une grande tête de clown découpée dans du carton, baptisée en grande cérémonie Paul Itticien 1er, nouveau césar… sans épaisseur.

Pour faire plus vrai, on lui a placé des yeux qui bougent, des sourcils qui haussent le ton. Sa bouche est un théâtre : plein de petits personnages viennent s’y produire, se maquillent, s’invectivent, s’arrachent la palme de la grandiloquence ou de la sincérité… affichée, puis regagnent l’hémicycle où ils sont reprogrammés et recyclés.

Personne, dans le corps de la société, ne croit à leur sincérité. Trop évident. « Factice ! » se moquent-ils. « Marionnette ! » invectivent-ils. Et de barbouiller la tête en carton de bombe à tags, de lancer sur les figurines du théâtre des insultes bien faisandées.

Le corps de la société avance, aveugle – ses yeux sont perdus – et indécis – ne cherchez pas derrière la tête en carton une perspective d’avenir, il faudrait un cerveau pour y penser -.
Car les personnages du théâtre ne cherchent qu’à vous faire rire ou pleurer. C’est pour cela qu’on les a engagées. Pas pour vous faire réfléchir, ça risquerait de rendre la plupart moroses. Le théâtre moderne ne vit pas de sa qualité, mais de son audimat.

La démocratie n’est pas un système où chacun peut participer à la décision, mais où chacun a le même poids dans la décision. Son rejeton économique, le capitalisme, a corrigé le poids décisionnel d’un critère unique, pas l’intelligence, pas le degré de conscience, mais l’argent.
Le corps de la société est celui d’un enfant immature et obèse, qui, décérébré, n’est attiré que par sa nourriture, le plaisir facile, armé de sa fourchette aux dents les plus longues, l’argent.

Peut-être les déviants et les ermites sont-ils les derniers philosophes lucides, ayant préféré se faire chier par le grand corps social… et s’ébattre sereinement dans sa merde.

Groupe de politiciens en séminaire de communication

Groupe de politiciens apprenant à parler sous l’eau pour séduire les petits poissons

Politique: La théorie du yoyo

Le parti des Joyeux 68 sur le Tard gagne les élections.
Son gouvernement fait preuve de grandes largesses.
Tout le monde devrait être content.
Niet. D’autres gagnent toujours plus que moi. Radinerie!.. Certains profitent comme moi de ces largesses sans faire grand chose pour les mériter. Gaspillage!.. Je reste mécontent.
Les médias font leurs choux gras du déficit et de la dette. Malaise chez l’électeur. Comme un gamin faisant sa grosse bêtise alors que les parents regardent ailleurs.
Le gouvernement n’est pas réélu. Les Joyeux sont renvoyés à leurs péTards.

Est élu un gouvernement réformiste, la Ligue des Chevaliers Blancs,
qui récupère la grosse ardoise. Pas de choix possible: Faisons des économies.
La rigueur est saupoudrée sur tout le monde.
Ne faisant que des mécontents.
Le sort des Chevaliers Blancs est scellé.
L’alternative politique n’aura guère de mal à reprendre les rênes avec quelques promesses démagogiques.

Vous avez compris. Le yoyo politique se vérifie depuis des années.
Prêterons-nous seulement l’oreille à ce qui adoucit nos frustrations?