Infotoxique

Les journaux d’infos sont comme la notice d’un médicament : Ils annoncent les effets indésirables de la société sans préciser leur fréquence par rapport au nombre de personnes qui la consomment. Quand un meurtre crapuleux survient chaque semaine, l’on peut se croire entouré de psychopathes, et tout étranger devient suspect. Pourtant, si les infos couvrent un pays de 300.000 habitants comme la Nouvelle-Calédonie ou de 65 millions comme la France, la fréquence des crimes est loin d’avoir la même signification. Dans le premier, la rareté des évènements graves obligera le journal à remplir ses pages avec une actualité positive voire banale : « Tout va bien ». Dans le second, la pléthore d’affaires de moeurs donnera l’embarras du choix au reporter en quête de sensationnalisme.
Les infos amplifient ainsi exponentiellement la peur des citoyens au fur et à mesure que leur nombre grandit, favorisant des ostracismes à grande échelle, qui prennent le pas sur l’opinion que l’on peut se faire personnellement sur son voisin.
Si vous ne pouvez vous sevrer du journal-médicament, consommez plutôt l’édition locale : C’est la moins toxique.