Le système carcéral

Le système carcéral devrait être plus gradué qu’il ne l’est actuellement. Il a 2 rôles: punition et réinsertion dans la société. Ces rôles sont contradictoires et peuvent difficilement être réalisés au même endroit. Les mentalités civilisées supportent de plus en plus mal les prisons inhumaines, et les moyens manquent pour faire autre chose qu’enfermer une multitude de gens sans vraiment les préparer à leur réinsertion. Aucun des rôles n’est correctement assuré. Commence le cercle vicieux infernal: incarcération, libération, récidive, augmentation de la population carcérale qui dilue encore plus les moyens existants.
La solution est de séparer les rôles.
Il faut une vraie tôle pas sympathique du tout: isolement, absence de tout luxe et loisir sont de rigueur. Pas de visites de la famille. Pas facile sinon d’impressionner des condamnés qui vont en fait retrouver des copains, jouer au foot avec eux et avoir moins de difficulté à manger régulièrement qu’à l’extérieur.
Le séjour en vraie tôle ou « placard » devrait être considérablement plus court que les actuels séjours en prison. Le condamné est rapidement transféré au palier intermédiaire: le camp de travail.
Le camp de travail ne permet pas encore la liberté mais constitue la première étape vers la resocialisation. Pas question d’y jouer les gros durs sinon c’est retour à l’étape précédente. Le condamné y exerce une activité professionnelle, ou en apprend une s’il n’a pas de qualification ou s’il est motivé pour ça. Le produit de son labeur est reversé en grande partie à sa famille, tandis qu’une fraction contribue au financement du système. Une aide morale est proposée. Pas des consultations de psy, ceux-ci n’auront pas l’empathie nécessaire pour pousser des condamnés vers la resocialisation. C’est un travail associatif qui sera réalisé au mieux par d’anciens condamnés. De ce travail peut éventuellement sortir le désir du concerné de voir un psy, préalable indispensable à toute prise en charge de ce type.
Dernière étape après le camp de travail: les fermes en brousse. Il faut multiplier de petites unités, voire utiliser les employeurs existants, que les habitants n’aient pas trop l’impression qu’on leur colle un gros nid à problèmes sur leur paillasson. Chaque « ferme » a sa propre orientation professionnelle. La liberté est surveillée: obligation d’y passer les nuits jusqu’à la fin de la période de condamnation. Gîte et couvert sont fournis en échange d’une quantité de travail obligatoire. Le travail supplémentaire donne droit à une rémunération modeste mais assurée. Son produit sera acheté automatiquement par le gouvernement, mais les tarifs varieront en fonction de l’intérêt et de la qualité de cette production, introduisant une certaine compétition entre les fermes et variant le luxe de leurs prestations. Leur gestion sera attentivement surveillée. Après démarrage du système, les nouvelles seront tenues de préférence par d’anciens condamnés qui auront montré les aptitudes nécessaires.
Cette structure doit permettre à ceux qui le désirent d’y rester. Elle sera donc nettement plus accueillante que les 2 étapes précédentes. Le sursis à condamnation n’est applicable qu’à la phase « placard ». Les 2 autres étapes ont une durée incompressible. Les « cols blancs » ne doivent pas pouvoir y échapper, bien qu’ils bénéficient comme les autres de « fermes » spécialement adaptées à leurs capacités professionnelles.
Un tel système peut être mis en place dans n’importe quel pays. Il peut rencontrer en Calédonie une difficulté particulière: les caldoches ne sont pas encore réconciliés avec leur histoire et en particulier avec le bagne, qui reste un sujet tabou. Seront-ils enclins à voir ces nouveaux « bagnes » s’installer près de chez eux?

Contradictions calédoniennes

La majorité des kanaks souhaite une reconnaissance.
Certains transforment ce souhait, par un raccourci hâtif, en désir d’indépendance.
L’évolution locale leur donne tort: la reconnaissance est réellement en train de se mettre en place et le désir d’indépendance devient moins populaire.

Le conflit inter-ethnique devient un conflit de classes:
Les moins nantis, en majorité kanaks, lorgnent sur les biens que s’octroient les riches métropolitains avec leurs sur-salaires.
Comme en France, le conflit le plus vif est devenu banlieue contre beaux quartiers, le moins vif c’est la province (la brousse calédonienne) contre la capitale (Nouméa).
Ainsi, loin d’un conflit ethnique, on retrouve côte à côte les broussards calédoniens blancs et les kanaks des tribus contre les « technocrates » de Nouméa, ou encore les jeunes kanaks des quartiers défavorisés de la capitale et les blancs en galère contre la société productiviste et inégalitaire héritée du colonialiste occidental.
Pour accroître la rancoeur, circulent chez les kanaks des histoires bien démagogiques comme l’exploitation éhontée des richesses minérales de la Calédonie par l’ogre français, alors que le nickel est bien loin d’atteindre dans le PIB la part représentée par le financement direct ou indirect de la métropole.
Les multinationales hésitent à démarrer de nouvelles usines à minerai sur le territoire, alors qu’elles n’ont pas à payer les salaires des fonctionnaires, les infrastructures et les centres culturels! Mais il y a le racket, les blocages…

Les kanaks fournissent les fonctionnaires, mais pas les cadres et entrepreneurs capables de faire tourner l’économie locale. Un protectionnisme excessif pointe à travers la préférence locale pour l’emploi sans tenir compte du niveau de compétence. Nous détaillons le sujet ici. Inquiétude: non seulement la performance de l’économie va souffrir, mais une telle ambiance fait fuir les gens les plus qualifiés, même ceux à qui l’on demande de rester (médecins, enseignants…).
Des exemples proches, de sociétés mélanésiennes d’histoire et de culture identiques aux kanaks, se sont guère enthousiasmants:

La Papouasie-Nouvelle-Guinée décolonisée par l’Australie il y a une vingtaine d’années a vu s’effondrer le revenu par habitant malgré des richesses minérales équivalentes à celles de la Calédonie. Sa capitale a l’un des taux de violence et d’insécurité records de la planète. Son gouvernement a demandé en 2004 le retour des administrateurs australiens… qui ne feront pas le boulot gracieusement -> la colonisation sera cette fois celle des entreprises australiennes.
Le Vanuatu, ancienne colonie administrée conjointement par les anglais et les français, n’atteint pas de tels sommets de violence. Sans doute parce que plus pauvre, il y a moins à voler et à corrompre. Mais les infrastructures sont inexistantes, les magasins sont vides, il faut prendre l’avion pour se faire soigner des maladies les plus banales, les inconvénients comme les bienfaits de la civilisation moderne y sont très réduits.
Ces exemples font-ils réfléchir? Le propre des civilisations non adultes est-il de n’apprendre qu’en refaisant les mêmes erreurs que les plus anciennes?

Pourtant, la vie traditionnelle des îliens qui ont peu connu le bouleversement de la colonisation, peut suffire à certains. Les seuls indépendantistes sincères et réalistes sont ceux-là: ceux qui refusent que la culture occidentale vienne bousculer et phagocyter la leur. Il est certain qu’on ne peut pas présenter les démocraties occidentales comme des modèles: elles créent les pires inégalités sociales, à l’opposé de ce qu’ont toujours vécu les îliens. Elles donnent l’impression de machines à broyer les inadaptés, hors du contrôle de quiconque et sûrement pas des politiciens, dont c’est pourtant le principal rôle. Certes, ce sont aussi des machines à fabriquer les rêves. Mais pour la plupart, la réalité est bien éloignée du rêve, ainsi que le constatent les jeunes kanaks partis étudier en métropole. Comment s’étonner qu’ils refusent d’adopter cette culture? 

Malheureusement, et c’est là leur principale contradiction, la plupart des jeunes qui se disent indépendantistes ont déjà abandonné leur propre culture. Plutôt que de vivre en tribu, ils viennent à Nouméa. Eblouis par la vitrine occidentale, leurs revendications sont sociales: la fierté ethnique et le discours sur l’autonomie masquent mal le désir de posséder la bagnole, la chaîne hi-fi, et finalement la maison du blanc. Un exemple tellement caricatural qu’il en devient risible: un mélanésien achète une voiture à crédit et refuse ensuite de payer les échéances en se réfugiant derrière la révision de l’article 75 de la Constitution. Celui-ci place le droit coutumier kanak au même niveau que le droit français, or la notion de propriété n’est pas inscrite de la même façon dans la coutume et la voiture devient un bien communautaire…

Les désirs de la jeunesse mélanésienne sont bien compréhensibles. Cette génération est bousculée par un choc de modes de vie: on leur présente des tentations qu’ils n’ont pas été préparés à réclamer. Ce ne sont pas leurs parents, encore très proches de la société traditionnelle, qui pouvaient leur apprendre la compétition et la sélection, notions qui sont à l’opposé du communautarisme kanak. L’individu est au coeur de la démocratie, il s’efface dans la société kanak au profit du clan. La position de la femme ne favorise pas non plus cet esprit de compétition: la femme kanak ne s’oppose pas aux hommes. La situation professionnelle du kanak n’intervient pas comme celle du métropolitain pour trouver l’épouse de son choix. L’élitisme étant étranger à la culture kanak, celle-ci ne fournit pas les commerçants et les entrepreneurs dont l’objectif est l’efficacité brute et non de faire plaisir à tout le monde.
S’est donc implantée dans une génération kanak le désir de posséder les attributs de la civilisation occidentale, sans l’ambition d’accéder à la position sociale qui permet d’endosser ces attributs. Seule issue: le vol et l’économie parallèle, qui explosent à Nouméa.

Les kanaks ne sont pas les seuls à affronter ces problèmes. Tout choc de cultures ayant les mêmes effets, les émigrés installés en France les ont vécus. La différence en Calédonie est que l’émigré, c’est le français. Une solution imaginée par certains kanaks est ainsi de vouloir légaliser le vol par le droit du premier arrivant.
C’est un symptôme éloquent des affres dans lesquels se débat leur société et du chemin qui lui reste à parcourir. Le vrai danger, c’est que la revendication ethnique devient un prétexte pour ne plus avancer. Je suis kanak donc je dois bénéficier d’un traitement privilégié. Est-ce cela, l’accession à l’autonomie? Ou n’est-ce pas plutôt une accession à l’assistance?

Sur ce sujet, les politiques tant kanaks que blancs ont une énorme langue de bois. Comme dans toute démocratie, parler crûment des problèmes est suicidaire électoralement. Ca dérange et il faut un bouc émissaire pour évacuer sa mauvaise humeur. La Calédonie manque de visionnaires, des gens moins fragiles que les élus de la démocratie mais dont l’altitude sociale leur permettrait d’ouvrir et de faire avancer ce débat. Du coup, au lieu d’imaginer la société idéale et de progresser vers ce sommet, le gouvernement se heurte à droite et à gauche aux murailles des réticences et suit le chemin que la rue lui indique.

Le chemin, actuellement, c’est de faire de plus en plus de social et d’assistance. Cela réclame un budget conséquent, que l’économie calédonienne est loin de pouvoir fournir seule. La territoire devient ainsi plus dépendant de la métropole, alors que si l’objectif est réellement la possibilité d’accéder à l’indépendance en 2014, il devrait au contraire se sevrer progressivement de toutes ces aides. La réalité est que si la France retire ses subventions sans qu’il y ait eu au préalable un profond bouleversement de la société calédonienne, l’économie du territoire coulerait rapidement. Dans ce contexte, les inquiétudes des calédoniens devraient plutôt concerner la santé de l’économie française, confrontée depuis des années à une croissance léthargique. La politique de rigueur pourrait bien concerner plus sévèrement l’outre-mer, et ceux qui apprécient leur niveau de vie devraient accueillir plus chaleureusement le président-bailleur de fonds de la France…
Les plus radicaux verront dans l’arrêt des subventions un électro-choc salutaire à la Calédonie, mais c’est jouer à l’apprenti-sorcier si la société locale n’y est pas préparée. La meilleure qualité pour l’affronter, c’est la solidarité. Malheureusement la Calédonie renferme encore beaucoup de rancoeurs, et les rancoeurs sociales prennent la place des rancoeurs ethniques.

C’est bien beau de critiquer. Quelles sont les solutions?
Une solution politiquement tenable est un consensus. Un consensus ne peut venir que de la communication. La communication ne peut se satisfaire des non-dits. La société calédonienne croule sous les non-dits. Elle doit commencer par parler. Tout le monde doit parler, la femme kanak qui n’en a guère le droit, le caldoche à qui l’on fait les gros yeux s’il parle de ses aïeux, le jeune kanak qui voudrait bien qu’on lui propose avenir et défis, le chef d’entreprise qui a peur de se faire traiter d’exploiteur, le zoreille qui subit l’ostracisme calédonien, le médecin qui n’ose pas parler de leur alcoolisme à ses patients…
Ce ne doit pas être un monologue. Le consensus ne peut venir que de la contradiction. Des médiateurs sont nécessaires, de préférence étrangers à la société calédonienne, pour que la critique de leur objectivité ne soit pas une échappatoire pour celui à qui l’on donne tort. Pour s’en convaincre, il suffit de lire la foire d’empoigne que deviennent parfois les forums calédoniens non modérés. Les rancoeurs sont bien là.

Quelles peuvent être ces solutions? Je ne parlerai pas de l’économie, qui n’est pas mon domaine.
Disons que l’ambiance en Calédonie influence fondamentalement le développement du tourisme et la propension des entreprises à investir sur le territoire. Parlons de ce que pourraient être les bases de la solidarité calédonienne.

Les calédoniens doivent se connaître et donc se cotoyer. Il n’est pas possible de connaître l’autre uniquement par des livres ou des spectacles culturels. Quelle meilleure incitation à payer avec enthousiasme ses impôts, ses contributions sociales, que de voir dans la rue des petits enfants de toutes ethnies jouer et aller à l’école? Le compartimentage géographique des classes sociales est le pire fléau des sociétés occidentales inégalitaires. Barrières physiques et psychologiques se renforcent mutuellement d’idées préconcues. Le « mitage » des logements sociaux est la meilleure solution. Les « cités » de Nouméa sont loin de ressembler à leurs homologues parisiennes, mais les responsables calédoniens devraient davantage s’inspirer de l’excellente idée socialiste d’imposer un pourcentage de logements sociaux dans tous les programmes immobiliers neufs, voire de créer le droit de préemption inexistant en Calédonie pour faire également ce « mitage » dans l’ancien.
Le cotoiement, pour ceux que cette idée hérisse, n’impose pas de faire copain-copain. Personne n’a l’obligation de fréquenter des gens avec lesquels il n’a pas d’atomes crochus, ne serait-ce que pour des motifs culturels. Seul est nécessaire le respect mutuel. Il est plus difficile de raconter des âneries sur des gens qu’on a tous les jours sous les yeux, dans le sens « critique du riche » comme « critique du pauvre ».

Les progrès sociaux ne peuvent venir de l’assistance mais de l’égalité des chances. L’accessibilité de l’enseignement et des formations professionnelles est fondamentale pour ceux qui n’ont pas les moyens financiers mais ont les capacités. Accessibilité ne veut pas dire gratuité. La gratuité, ici comme dans le système de santé, dévalorise la prestation fournie. Il faut imaginer un système de gradation du coût en fonction du revenu familial, et définir un complément à payer par l’étudiant en lui donnant la possibilité d’emprunter à taux zéro et de rembourser lors de son arrivée dans la vie active, ou à défaut de rembourser en nature par un service fourni à la société. C’est une incitation raisonnable à se remplir la tête de choses parfois rébarbatives, à un âge où on a bien d’autres désirs.

La loi doit être la même pour tout le monde. Pas question de faire une différence parce que l’un est un « premier arrivant », l’autre est né en Calédonie, le troisième est là depuis 10 ans, le dernier est encore très pâle.
Par contre la loi peut être différente selon l’environnement. C’est l’un des problèmes majeurs en Calédonie: l’intégration de la loi coutumière et de la législation française est loin d’être résolue. A partir du moment où les gens ont la possibilité de vivre où ils le désirent, la loi doit s’inscrire dans l’endroit. La coutume ne doit pas être contestée par le droit français dans la tribu. Elle n’a par contre rien à faire dans la résolution des conflits à Nouméa, qui n’est pas une ville traditionnelle kanak et que personne ne force à habiter.
La société définit la responsabilité de chacun par la majorité. Elle devrait tenir compte de l’avancée séculaire de la précocité des enfants par une avancée tout aussi régulière de l’âge de la majorité. Voir ses 18 ans comme un évènement bien lointain n’encourage pas les adolescents à se prendre en charge, alors qu’ils ont une conscience déjà aiguë de leur individualité.

Avant la majorité de leurs enfants, les parents doivent être incités à assumer leurs responsabilités: condamnation pécuniaire voire pénale quand ils n’ont pas fixé clairement les limites à leurs rejetons. S’ils ne sont visiblement plus aptes à assumer ces responsabilités, ils doivent être déchus de leurs droits parentaux et les enfants placés dans des structures spécifiques, familles d’accueil ou centres tenus de préférence par d’anciens délinquants qui eu le même « cursus » et seront capables de montrer une empathie indispensable.

La politique des sur-salaires métropolitains doit être revue, sous la pression calédonienne, qui n’en a pas directement la maîtrise. Le sujet est discuté en détail ici. En résumé, arrêtons de motiver les bonnes volontés par l’argent. Remplaçons-le par des avantages indirects, avantages retraite, points supplémentaires pour choisir la prochaine mutation, qui n’interféreront pas avec la politique de revenus locale. Incitons les plus compétents à venir partager leurs connaissances en leur prodigant un accueil chaleureux, qui sera payé de retour. La tendance actuelle est plutôt inverse. La méfiance accueille le métropolitain. Les élèves savent pourtant bien (nous l’avons tous été) qu’il vaut largement mieux avoir un prof motivé, conquis par l’accueil calédonien, qu’un prof boulot-boulot même s’il est bardé de diplômes.

Le sport est l’une des meilleures soudures entre individus. C’est la richesse de la société calédonienne de voir ses membres en bonne condition physique et d’avoir les conditions de loisir idéales pour l’entretenir. Il est difficile de se sentir bien dans sa peau, et de résoudre ses problèmes relationnels, sans avoir confiance dans son physique. Bien sûr le revers de la médaille, c’est que certains font trop confiance à leur physique pour résoudre leurs litiges relationnels!
L’encouragement aux activités sportives est important chez les jeunes calédoniens, sans qu’il s’agisse forcément de l’élitisme lié à la compétition, qui fabrique beaucoup de déçus du sport. Equiper des gymnases, créer de nouveaux terrains pour les sports en vogue, distribuer des vélos dans les milieux désargentés, sont d’excellents investissements sociaux. Sans remettre en question l’effet d’entraînement que peut avoir les performances de l’élite sportive, les voyages coûteux devraient être soigneusement considérés, en termes d’investissement. La Calédonie n’a pas les moyens d’une politique sportive internationale. Elle devrait favoriser les échanges à but autant culturel et linguistique que sportif, et intégrer ses éléments les plus prometteurs aux structures de ses grands voisins.

L’alcool, vu les problèmes qu’il pose sur le territoire, devrait être classé dans les drogues dures, et traité comme tel. La tolérance dont il bénéficie est un des plus mauvais héritages de la tradition française.

La loi est la même pour tout le monde. Son respect impose un contrôle énergique. Des policiers de toutes ethnies doivent être sur le terrain. Mauvaise atmosphère quand le gendarme est toujours métropolitain et le délinquant toujours mélanésien ou polynésien. On imagine facilement la corruption qui pourrait gangrener un corps de police local s’il n’est pas formé longuement à l’avance au sein de principes nécessairement rigides.

Le système punitif, lui, est à revoir (suite à système carcéral)

Le caractère institutionnel de l’aide sociale a des effets pervers. Il n’y a plus de lien entre celui qui donne (le contribuable) et celui qui reçoit (l’allocataire). L’aide, quand elle n’est accompagnée d’aucune contrepartie, est assimilable à une aumône. Pour l’allocataire elle devient pourtant un dû. Le contribuable, lui, estime qu’il achète la paix sociale avec sa contribution et se dégage de toute obligation supplémentaire.
L’aide sociale a besoin d’être repersonnalisée. Pourquoi aller parrainer un enfant à l’autre bout du monde, comme le proposent certaines associations caritatives, quand il en existe des familles entières que l’on peut rencontrer à la porte de chez soi? Le bénévolat et le travail associatif sont essentiels dans ce domaine. Mais tout reposant sur l’argent, on pourrait imaginer que les gens bénéficient de réductions d’impôts en donnant quelques heures comme travailleurs sociaux. En remettant donneur et bénéficiaire en contact, le premier saura que ses cotisations ne font pas qu’alimenter le travail de fonctionnaires, le second reconnaîtra que ses allocations ne tombent pas du ciel. La solidarité existe, il faut la faire reconnaître, sinon elle se banalise.

Sur un forum de métropole: « Franchement, si l’on faisait un référendum sur la nécessité de continuer de subventionner des DOM-TOM et autres « possessions » post-coloniales, croyez-vous trouver 10% d’électeurs pour dire « oui »? ou 5%? Arrêtons de rêver et occupons nous de nos véritables priorités nationales ou européennes! Le fait de posséder les 200 miles autour de ces lointaines « isles » ne nous permettra jamais d’exploiter les supposées richesses sous-marines (nodules polymétalliques et autres), cela mettra le temps qu’il faudra, mais le sens de l’histoire fera que, de toute façon, ces îles auront leur indépendance, alors arrêtons les frais tout de suite et souhaitons leur « bon vent ». »
Rien d’erroné malheureusement dans cette opinion, amenée à se généraliser?

Préférence locale pour l'emploi

La préférence locale pour l’emploi est normale à niveau de compétence égal. Elle contient pourtant de forts relents de racisme et de fascisme intellectuel. On en voit facilement les déviances: préférence locale pour les produits de consommation, pour les spectacles culturels, pour les mariages… la grande uniformisation plane.
Mais le pragmastisme l’emporte: pourquoi créer un chômeur sur le territoire s’il peut assurer le même travail qu’un étranger? La grande majorité des pays développés ont une politique identique.
Le critère de compétence égale est néanmoins essentiel. Sinon cela consiste à choisir, parmi 2 candidats, le moins doué. Personne ne peut imaginer que la sélection par la médiocrité soit bonne pour une communauté. Il est vrai que si l’on élimine tous les candidats extérieurs, on peut retrouver une certaine compétition interne. Mais des candidats « extérieurs » il y en a toujours, tout dépend du sens que l’on veut bien donner au mot « étranger ». Quand une entreprise de Nouméa propose un emploi, le gars de la brousse n’est-il pas « extérieur » par rapport à ceux du quartier? Quand un magasin familial cherche des bras supplémentaires, les candidats ne semblent-ils pas tous étrangers par rapport au fils ou au neveu? Nombreux sont les exemples d’échecs voire de catastrophes, quand l’employeur ignore le principe de compétence.
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Le gars qui attend au bord de la route…

… a peu de chances de vous faire arrêter s’il a oublié de mettre un costume. Aux abords des grandes villes françaises, la cause est entendue: ce gars-là est peut-être un tailladeur d’automobiliste naïf. Il ira exercer son art sur quelqu’un d’autre. Le principe de précaution est passé par là.
En Nouvelle-Calédonie, le gars est un brave type qui n’a tout simplement pas les moyens d’une bagnole. Est-ce judicieux de l’ignorer royalement, accentuant son impression de rejet par une partie de la société? Il peut finir par perdre sa gentillesse, il ne pourra en tout cas la transmettre à ses enfants, qui grandiront dans ce climat d’ostracisme. Les protestations viendront, la violence suivra. Il faudra vivre dans un régime policier (solution anglo-saxonne) ou acheter la paix sociale à grands renforts de prélèvements obligatoires (solution française). On est de culture française: le brave type ira finalement s’acheter sa propre voiture avec vos sous, et vous serez encore moins copain avec lui qu’avant! Petites causes, grands effets.

Solutions pour relancer le tourisme (ajoutez la vôtre)

1) Redorer la parure « pays de rêve » de la Calédonie: destination trop méconnue, elle n’a sans doute pas les moyens de grandes campagnes publicitaires sur les TV internationales. Mais il y a d’autres moyens de faire fantasmer les visiteurs potentiels: malgré un éloignement identique, la Nouvelle-Zélande gagne 20% de touristes par an depuis le Seigneur des Anneaux. A quand le projet de film-culte calédonien?

2) Subventionner les billets d’avion dans le cadre d’un package (le reste du package, hôtellerie et animations locales, devant représenter un pourcentage minimal du billet d’avion). Cette formule évite de subventionner le voyage de visite familiale, qui se fait quand même la plupart du temps et rapporte moins au territoire.

Faut-il favoriser le tourisme en Calédonie?
Tourisme
« Maintenant voici l’habitat typique d’une espèce qui…
Hé! Ca tombe bien! Nous avons la chance de trouver la petite créature dans ses pénates… »
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Echanges interdits

A l’école primaire où vont mes deux plus petits, des échanges litigieux entre enfants (boucle d’oreille en or contre un collier de plastique…) ont entrainé une décision radicale, sous la pression de parents à courte vue: interdiction générale de tout échange entre les enfants!

Enseignants et parents enlèvent ainsi à tous les enfants l’apprentissage d’expériences fondamentales: l’appréciation de la valeur des choses et leur intégration dans la relation avec l’autre (un enfant peut donner quelque chose de valeur à un autre parce qu’il veut simplement faire plaisir ou se faire un ami…).

On plaque le monde de lois des adultes sur les enfants, leur « protection » étant un motif suffisant à l’exclusion de toute autre réflexion. Les protectionnistes devraient peut-être se préoccuper davantage de ceux qui, au bout d’une trentaine d’années, se font encore alpaguer par un gourou ou autre vendeur de faux-rêves. Eux ont beaucoup plus de mal à retenir les leçons…

Les lois imposées aux enfants sont bien plus pesantes que celles des adultes. Faut-il s’étonner qu’elles aient fabriqué une génération de Tanguy? L’enfant a pourtant un potentiel d’apprentissage énorme. C’est une argile. Sa confiance naturelle dans son environnement inquiète beaucoup les parents, mais c’est une condition essentielle à l’absorption de connaissances nouvelles. Il faut accepter qu’il prenne quelques claques. A nous d’en limiter les conséquences. Mais pas forcément en lui annonçant après un échange qu’il s’est fait avoir. Il n’y a aucun intérêt à rendre un petit enfant méfiant. Vous allez le refermer comme une huître. Il a bien le temps de rejoindre le grand monde égoiste des adultes.