Quelle politique publique pour lutter contre l’obésité ?

politique-alimentaireHandicap terrible du politicien : il doit prendre des mesures générales face à une incroyable diversité d’expression de chaque problème chez ses administrés. Le surpoids en est un exemple caricatural. Tout le monde n’est pas en excès de poids. Nous sommes tous, par contre, exposés à l’aliénation du comportement alimentaire par une industrie qui cherche à séduire et non à faire bien manger. Il existe des gens dont les défenses sont déjà effondrées (les obèses), d’autres qui résistent (ceux qui remplissent le caddie avec un oeil critique), quelques-uns dont le rapport à l’alimentation est psychopathique (anorexie, boulimie). Dès lors, quelles mesures généralistes vont bénéficier à tous les comportements alimentaires, corriger les néfastes sans nuire aux bons ?

En matière de comportement, la méthode scientifique hélas la plus répandue attribue aux gens des paradigmes identiques et postule qu’il suffit de quantifier les différents agissements communs pour dépister ceux qui, en moyenne, sont fortement corrélés au surpoids. C’est une approche anti-individuelle, anti-qualitative. Elle ne correspond pas à la réalité. Quelle moyenne peut-on faire, en effet, entre des tempéraments extrêmement méfiants vis à vis de leurs choix alimentaires, voire militants contre la malbouffe, et d’autres qui s’en moquent complètement ?

Les « profils » de comportement sont un progrès. Par contre ils compliquent la tâche d’une politique générale : comment déterminer les mesures profitables à toutes les catégories ?

Il faut redéconstruire ces modèles, découvrir les points-clefs orientant le comportement. Comme les thérapies aujourd’hui les plus avancées en médecine, la lutte contre l’obésité relève de mesures extrêmement bien ciblées, et non de discours généralistes.

Une application immédiate concerne les spots de prévention. Plutôt que dire « il faut maigrir », ils doivent sélectionner des inconvénients précis et méconnus du surpoids, souvent noyés dans la réprobation marécageuse qui entoure l’obésité. Par exemple une caméra peut se promener dans une maison de retraite, parmi les plus âgés encore en bonne forme, et s’arrêter à la fin sur la remarque étonnée : « Mais il n’y a aucun gros parmi vous ! ». A quoi est répondu : « Eh bien non, ils sont tous décédés »…

Notez qu’un tel scénario ne fait pas que pointer l’aspect punitif de l’obésité. Il met l’accent sur la satisfaction des gens normo-pondéraux, leur plaisir à profiter de la vie malgré leur âge. Les clips parlant exclusivement de risques et de complications ne retiennent pas l’attention des gens. Les études en IRM fonctionnelle confirment. Est-ce une surprise ? La société édicte déjà tellement de règles que les nouvelles se mettent à la fin d’une file interminable devant le bureau de l’attention consciente ! Les précédentes n’ont pas encore été gérées.

Beaucoup moins fournie est la file des mimétismes positifs. Surtout au sein de la culture française, particulièrement portée à la critique plutôt que l’encouragement. Un bon clip doit laisser un sentiment d’identification à une personne de poids normal et non un dégoût de soi.

Un préliminaire psychanalysant ? Comprenons pourquoi une campagne doit être centrée sur la personne et non l’obésité elle-même. L’objectif est d’utiliser des méthodes aussi détournées pour changer le goût des gens, que celles populaires chez les publicitaires pour mettre au poignet une montre de luxe ou faire rouler dans une voiture coûteuse. Il faut agir sur l’identité des personnes. La nouvelle image de soi doit être propriétaire, et non appartenir à une CAFAT avide d’économies, ou une société préférant des citoyens dans la norme.

Cette appropriation se fait de manière essentiellement inconsciente, par petites touches, de manière à ne pas détruire l’équilibre de l’identité existante. On ne veut pas des gens qui se détestent, mais qui s’apprécient autrement.

Nous voici arrivés aux décisions pratiques. Le sucre est-il une drogue ? Les avis sont partagés. Peu importe, nous nous cantonnerons à un principe universel : tout ce qui est outrancièrement séduisant doit être délimité par quelques barbelés. Ces protections s’appellent « luxe », « cérémonie », « rite initiatique ». Celui qui baigne dans le plaisir facile n’en voit plus ni les avantages ni les inconvénients. Le « luxe » est une difficulté d’accès au plaisir, qui le raréfie et l’amplifie. De ce point de vue le sucre doit être traité comme une drogue. S’en procurer devrait être plus compliqué. L’espèce humaine est handicapée par un goût féroce pour le sucre, un carburant rapide et très efficace pour l’organisme. C’est l’un des rares aliments qui ne fait pas l’objet d’une programmation dans l’enfance, interaction entre ce qui nous est nécessaire et disponible, et qui fait la variété des goûts individuels. Tout le monde aime le sucre. L’instinct pousse à s’en gaver comme un ours de miel.

Comment transformer le sucre en produit de luxe sans pénaliser le portefeuille des consommateurs ni les entreprises locales du secteur ?

Déplaçons toutes les taxes des produits de première nécessité, comme les « bons » aliments et les produits d’hygiène, sur les produits sucrés. Coup double : l’hygiène s’améliore (1er facteur d’allongement de l’espérance de vie, loin devant tous les traitements médicamenteux), les maladies métaboliques diminuent.

Les bénéfices des producteurs, après un creux, redeviendront identiques. Moins de débit, mais marge adaptée en conséquence. L’industrie du luxe n’est pas la moins rentable.

Le consommateur va-t-il modifier ses habitudes, si son caddie ne coûte pas plus cher, s’il économise sur l’hygiène ce qu’il dépense en plus sur le sucre ? Oui, parce que le statut de l’aliment change. Il devient, comme l’alcool, un produit spécifique. Ce n’est plus quelque chose que l’on prend sans y penser, comme de l’eau versée dans un verre. Il existe un intérêt à l’économiser. Surtout si les plaisirs qu’il apporte apparaissent mièvres face aux risques. De ce point de vue le sucre est beaucoup moins séducteur que l’alcool. Personne ne croise d’obèse en plein trip après avoir englouti une boite de gâteaux. Le malheureux fait même peine à voir, le souffle court, la démarche basculante, le sac de médicaments à la main, raccordé jusqu’à la fin de sa vie à un médecin référent… Bref son corps lui appartient-il encore ?

Le succès dans la lutte contre l’obésité vient d’un déplacement des repères. Pas ceux de la société, qui sont clairs, trop impératifs même. Il s’agit d’une individualisation du problème. Les changements inconscients sont plus efficaces que les conscients. Plus besoin d’y attacher son attention de façon épuisante. C’est l’image personnelle du Soi qui nous dirige, et non les modèles idéaux enseignés par les professeurs du bien-être. Les obèses sont fréquemment ceux dont l’attention avait déjà du mal à se fixer à l’école, ceux qui décident d’après le « j’aime » ou « j’aime pas ». Le statut social est moins en cause que l’aptitude à s’observer vivre, à s’évaluer avec une certaine indépendance devant le miroir, posséder ce que j’appelle un « Observateur » intérieur.

Les futurs obèses sont les personnes les plus vulnérables aux manipulations du sociotope sur l’inconscient. Jusqu’à présent ce sont les publicistes et les industriels qui en profitent. Une réglementation devrait l’interdire pour le sucre comme pour le tabac ou les médicaments. Nos congénères ont un choix énorme d’éléments pour construire leur identité, néanmoins ne faut-il pas exclure les bombes à retardement ?

Alors la politique préventive peut occuper la place, en s’appuyant sur les vraies ficelles de la pub, en abandonnant l’idée fleur bleue que les gens deviennent spontanément responsables quand on leur tend un panneau « Attention ! ». La conscience n’est pas aux commandes du comportement, ce sont les habitudes. La conscience ne peut que constater les dégâts. Ses efforts pour modifier les automatismes de vie sont d’autant plus lents et difficiles que l’âge avance. La cible privilégiée est l’adolescent.

La médecine kanak vs occidentale, 8 ans après

8 ans après cet article sur la médecine des deux cultures, l’expérience montre qu’avec leur classification intuitive des maladies en trois catégories, ce sont bien les kanaks qui ont raison.
En effet, les petites affections bénignes (la « bobologie ») se soignent très bien avec les médicaments traditionnels. On ne dispose pas d’études pour savoir s’ils sont seulement symptomatiques ou curatifs. Peu importe, du moment qu’ils ne font pas négliger les précautions d’hygiène (nettoyage des plaies), même un effet placebo pur justifierait leur utilisation (les gens s’auto-améliorent avec un placebo). Pas besoin d’aller voir un médecin pour les plaies courantes, les viroses, les entorses et traumas bénins, les douleurs « attendues » et compréhensibles parce qu’en rapport avec un effort inhabituel, un traumatisme, ou l’âge.

Pas besoin non plus d’aller voir un psychiatre pour les troubles psychologiques purs. Plus efficace d’analyser par le biais du guérisseur pourquoi on a ce problème d’insertion dans l’inconscient collectif. Il aide à trouver une solution identitaire, d’une façon très proche de ce que font les occidentaux avec une psychanalyse. Les uns et les autres reconstruisent leur personnalité au lieu de l’abrutir par des psychotropes. Nous excluons ici les vraies maladies psychiatriques liées à des anomalies biologiques ou très bas situées dans le Stratium (la racine de l’édifice neurologique, il s’agit des neuropathies héréditaires, fréquentes en Calédonie et malheureusement sans traitement efficace la plupart du temps).

Enfin la 3ème catégorie, la seule dans laquelle le médecin blanc est clairement le plus compétent, est celle des maladies graves, les artères bouchées, les fractures, les lésions d’organes, les dérèglements métaboliques chroniques.

Certainement les kanaks perdent-ils quelques années d »espérance de vie dans cette philosophie des soins, car ils sont moins surveillés par tout l’éventail des scopes médicaux. Cependant ils gagnent une vie presqu’intégralement de « bien portance », de confiance corporelle. Tandis que les occidentaux ultra-scannés par la médecine préventive sont des sursitaires, mènent une vie intégralement exposée à une multitude de risques, les plus inquiétants étant ceux que l’on n’a pas encore identifiés…

Chez l’occidental, la mort ne vient pas vous serrer la pince à la fin d’un capital d’existence qu’elle vous a accordé, elle vous suit chaque jour de votre vie pour voir s’il n’existe pas un moyen de la raccourcir. Vous êtes… vulnérable, sous la menace damoclésienne, réduit.
Chez le kanak, la mort pose deux bornes à la vie, début et fin. Deux bornes kilométriques temporelles, sur la route de la filiation ancestrale. La route existait avant, continue après. Les bornes sont indistinctes. Le kanak ne sait pas très bien son âge, ne peut faire aucune prédiction sur ce qui lui reste à vivre. Il vit davantage dans le présent, mais peut anticiper à toute époque de son existence s’il le souhaite.

En conclusion une personne très calme de tempérament (faible « névrosisme ») peut utiliser préférentiellement le petit nombre de médicaments vraiment utiles dans la pharmacopée occidentale, tandis que les anxieux devraient se diriger vers les médecines traditionnelles ou alternatives pour la majorité de leurs maux.
Tous ont intérêt à profiter des avancées « technologiques » de la médecine : remplacement d’artères, d’articulations usées, d’organes défaillants, respirateurs, prothèses, orthèses.
Tous bénéficient également d’un bon diagnosticien disposant de preuves de ses dires, que l’on trouve à l’évidence plus souvent derrière une plaque médicale classique, et qui permet en théorie de s’approprier la compréhension véritable de sa maladie… s’il veut bien vous la transmettre. Et si vous vous arrêtez de temps à autre de parler pour qu’il vous la dise !

postes-medicaux

Cure thermale à Rotorua

Pour les rhumatisants calédoniens, la cure à l’établissement Queen Elizabeth de Rotorua est un classique. Le service néo-zélandais est irréprochable. Une traductrice est disponible. La CAFAT rembourse un forfait pour la cure, sur entente préalable. Voyage et hôtellerie sont à votre charge.
calloutLa consultation avec le rhumatologue sur place est onéreuse. Elle n’est pas indispensable, en particulier si vous avez déjà effectué une cure et savez comment composer votre « menu » parmi les physiothérapies proposées. Pour les premières fois, cette consultation est de bon conseil.

Téléchargez ici la dernière brochure d’information disponible, en français

Mission solidaire à Ambrym

Compte-rendu en 3 parties de la 2ème mission de l’association Solidarité Tanna à Ambrym : 1) contenu médical de la mission (qui intéressera essentiellement les prochaines expéditions), 2) montée au volcan (nous avons eu des créneaux d’observation exceptionnels), 3) conclusion (avec suggestions d’organisation pour les prochaines missions).
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La grève des pharmaciens

L’univers de l’entreprise a mis au point un procédé extraordinairement efficace contre les protestations : il s’agit d’intercaler toute une hiérarchie entre le protestataire et le responsable de l’objet de la protestation.
Le protestataire réfrène ainsi l’ardeur de sa protestation, puisque qu’il n’a pas affaire au responsable mais à une fraction déléguée de responsabilité, qui contient également de la sympathie et même souvent un peu d’adhésion à la protestation. Il en résulte une dilution remarquable de la protestation concentrée par le protestataire, qui perd toute salinité.

Dans le monde de la santé, ce procédé est par exemple utilisé dans l’interaction médecins-laboratoires. Les laboratoires communiquent avec les médecins par de charmantes déléguées, emphatiques et capables d’aller jusqu’à épouser les protestations des médecins à qui l’on vend des médicaments moins parfaits qu’annoncé. Les déléguées font ainsi « remonter l’information », c’est-à-dire que la protestation, un torrent fougueux, s’écoule dans la hiérarchie comme au milieu d’un désert baigné par le rude soleil de l’intérêt industriel, et finit par s’assécher misérablement, avant d’avoir atteint la moindre oasis de responsabilité.

Les pharmaciens calédoniens viennent d’adopter une proche version de ce procédé : Face aux mesures gouvernementales iniques — baisse de 9% de leur marge bénéficiaire — ils intercalent leurs salariés. Ceux-ci descendent dans la rue pour défendre les emplois, tandis que les pharmaciens s’affichent victimes impuissantes : ils n’auront d’autre choix que les supprimer.
Par rapport aux exemples précédents, les positions des petits et du gros semblent inversées. L’on peut cependant considérer le gouvernement comme le représentant du peuple, protestataire parce que les dépenses de santé sont trop fortes. Les pharmaciens présentent alors leurs employés en première ligne, avec les pancartes des « jobs menacés », et éviter ainsi de montrer, en toute sincérité, leur propre déclaration de revenus.

Le meilleur argument des pharmaciens est la défense des petites pharmacies, en particulier broussardes, dont la disparition serait malheureuse pour les communautés locales. L’habitude est de songer à leur accorder des subventions spécifiques. Mais si cela commence à coûter très cher, il existe des alternatives :

-La propharmacien : le médecin du dispensaire ou le privé, s’il existe, distribue lui-même ses médicaments. Cela a l’avantage de cumuler deux bénéfices financiers quand l’activité est faible et d’inciter à des installations. Le village peut perdre une pharmacie mais gagner un médecin permanent, sans nécessité d’aller chercher les médicaments plus loin qu’auparavant.

-L’extension des compétences du pharmacien : il est parfaitement envisageable, en sens inverse, à une époque où l’espèce médicale est menacée, d’attribuer au pharmacien de village des rôles supplémentaires, rémunérés. Ne fait-il pas déjà officieusement de la consultation au comptoir ? On pourrait l’imaginer se déplaçant chez les patients — pour un peu d’intimité — et effectuant des consultations de débrouillage, des vaccinations, les traitements des petites pathologies, la surveillance des traitements au long cours, comme on songe également à le proposer à l’infirmière et la sage-femme.

Là encore, c’est le cumul des compétences qui permet de préserver les implantations, et non leur mise sous perfusion par une subvention, psychologiquement dévalorisante et à l’avenir incertain.

Les déserts médicaux à la calédonienne

Pénurie de médecins en brousse. Ce titre malheureux des Nouvelles masque la présence de nombreux médecins parfaitement adaptés à la brousse et implantés depuis bien des années, peut-être les derniers vrais généralistes, dotés de la polyvalence du médecin de famille et récompensé par la reconnaissance qui accompagne ses efforts constants en ce domaine.
C’est le regard des patients qui fait se hisser le médecin à la hauteur de ses prétentions, et ce regard, dans les grandes villes, devient trop souvent fixé sur les écrans du web, favorisant l’émergence d’un petit fonctionnariat de la médecine.

Puisque nos décideurs ont du mal à faire une publicité suffisante au destin unique du médecin de brousse, voici quelques mesures suggérées : Continuer la lecture de Les déserts médicaux à la calédonienne

La maladie telle que vous la voyez ou telle que je la vois ?

L’approche ethno-culturelle de la maladie peut être vexante pour celui qui se voit attribuer des concepts traditionnels alors qu’il a élargi ou cherche à élargir son assise de connaissances.
Demandons plutôt que préjugeons, comment le patient lui-même voit sa maladie… à condition que cette question ne le déroute pas davantage qu’elle le rassure : Nombreux sont encore ceux qui transfèrent au médecin tout pouvoir sur leur santé.

Pour ceux très attachés aux conceptions traditionnelles, le discours du médecin occidental est rendu suspect surtout par l’ignorance affichée des autres concepts.
Ce n’est pas un phénomène exclusif au voisinage d’une médecine traditionnelle : Le médecin qui déconseille une médecine alternative en donnant l’impression de la connaître voire de la pratiquer lui-même, est bien plus convaincant que celui qui évacue prestement cette opportunité.

Ainsi, avant de faire une approche ethnique de la maladie, il importe d’une part d’indiquer qu’on la connaît, d’autre part de savoir si le patient la souhaite, ce qui est contenu dans cette simple question :

« Voulez-vous que je vous parle de la maladie telle que vous la voyez ou telle que je la vois ? »

Vaccin contre versé plutôt que contre la grippe

Faut-il se faire vacciner, à l’heure de la campagne calédonienne contre la grippe?
La controverse est vive, dans cette épidémie surinfectée par les intérêts commerciaux…

Le plus navrant dans cet épisode est la perte de confiance prévisible pour l’ensemble des vaccins,
alors qu’on peut les classer en 2 catégories fort différentes:
1) Les vaccins responsables d’un grand bond sanitaire en avant, en ayant fait quasiment disparaître des maladies sévères, difficiles ou impossibles à traiter une fois déclarées: tétanos, poliomyélite, variole.
2) Les vaccins traitant des maladies normalement bénignes et occasionnellement sévères, où le bénéfice d’une vaccination de masse n’est pas démontré, parce que le vaccin peut avoir des effets néfastes, et que les inconvénients sont beaucoup moins systématiquement analysés par les fabricants que les avantages: la grippe est l’exemple typique.

Aucune remise en question pour la catégorie 1: n’oubliez pas vos rappels.
Passez votre chemin pour la catégorie 2: on est dans le bénéfice… fortement maquillé.

Les médecins sont-ils trop payés?

Sujet récurrent,
nourri par des articles fantaisistes
(le Chien Bleu, pour exhorbiter davantage les yeux des lecteurs,
confondait revenu net et chiffre d’affaires du médecin,
du simple au double…)

Le coup de projecteur médiatique
gomme des disparités individuelles contrastées.
Le revenu du médecin est critiquable
parce qu’il n’est pas proportionné au mérite,
à la pénibilité du travail, aux résultats.
Sujet complexe, occulté par les instances professionnelles,
eaux troubles qui favorisent le requin plutôt que le soucieux d’éthique.

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Et la CAFAT?

Avez-vous lu sur Rhumatologie en Pratique
D’où provient le déficit de la sécu?

L’analyse du système métropolitain est-elle transposable en Calédonie?

La CAFAT subit les mêmes tendances.
Elle flirte au bord du déficit sans y tomber,
grâce à la rambarde d’une bonne conjoncture économique.
Plusieurs particularités locales l’avantagent sur la Sécu:
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Prohibition à la française

La MILDT française (Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et Toxicomanies) combat les fabricants de drogues.
Applaudissons en coeur?
Pas si blanc.
Les fabricants ont une large assise de popularité:
Ce sont moins les consommateurs
(vous avez déjà vu un client satisfait?)
que ceux à qui ils fournissent du travail.

Je parle de la Colombie, pensez-vous,
ça ne nous concerne pas…
En France les fabricants d’alcool sont dans la même situation,
au banc des accusés,
avec pas seulement de mauvais arguments,
et dans la salle une foule de supporters.
Peut-être en êtes-vous?
Cette intro fait mieux comprendre ce que les pays occidentaux
imposent aux régions productrices de drogues,
difficultés majorées quand les consommateurs
ne sont pas au même endroit que les cultivateurs.
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Coup double pour la médecine préventive?

L’essentiel:
• Supprimons les taxes sur les produits d’hygiène et reportons-les sur les aliments sucrés

Fautes d’hygiène et excès alimentaires sont au coeur de nombreuses maladies calédoniennes.
Comment corriger les unes et les autres avec une seule mesure?

L’hygiène coûte cher. Si l’on additionne le coût des produits, d’une installation sanitaire fonctionnelle, des vêtements et de leur entretien, des très onéreux médicaments « de confort » comme les produits anti-poux, etc… C’est un budget de quelques dizaines de milliers de francs par mois, hors de portée de nombreuses familles.

De l’autre côté, nous avons l’alimentation sucrée, séductrice des jeunes palais, qui devient chaque année plus abordable et nous promet un avenir de corpulence épanouie identique aux autres pays « industrialisés ». Un avenir de rateliers « touches de piano ». Car les soins dentaires ne sont pas, eux, aussi abordables.

La mesure: Supprimer les taxes sur les produits d’hygiène et les reporter sur les aliments sucrés. Ces derniers garderont le statut de « friandise », c’est-à-dire quelque chose de plaisant, qu’on ne consomme pas tous les jours. L’hygiène, elle, ne sera plus la victime perpétuelle des rognures de budget.

Gare au surpoids
Fuyons le surpoids

Sida

Le SIDA n’a explosé en Nouvelle-Calédonie. Grâce au tissu social serré. Seul avantage de la faible mixité ethnique. Un salaud ne peut pas coucher avec une femme et lui annoncer ensuite son infortune. Il n’y a pas d’inconnues. La rancoeur des malades est atténuée par la disponibilité des traitements. Il n’y a pas non plus de prostitution, comme au Vanuatu. Le niveau de vie n’est pas le même. L’exil reste une solution rare aux difficultés familiales.

SIDA

Alcool en Nouvelle-Calédonie: Etat des lieux

Hommes.
1 buveur sur 3 est invétéré, et va avoir des problèmes sous emprise de l’ébriété.
Alcoolisme de type anglo-saxon: consommation importante de fête, pas quotidienne.
Consommation moyenne = 10 l d’alcool pur / personne / an, chez les plus de 15 ans. Comparable à l’Australie et la Nouvelle-Zélande, 30% inférieure à la France, mais avec des conséquences plus dramatiques: violence conjugale, accidents de la route.
La meilleure protection contre l’alcool dans les îles est la pauvreté… La NC est mal protégée!
20% des femmes sont abusées, 80% des violences sont sous l’emprise de l’alcool.
Pas encore de politique contre l’alcoolisme en NC.
Association avec le cannabis désastreuse.

Prix des médicaments

Il y a trente ans, les pharmaciens vendaient leurs médicaments avec une marge fixe. L’arrivée de médicaments très coûteux, nouveaux antibiotiques, anti-cancéreux, anti-viraux, a créé une situation tendancieuse: il rapportait plus au pharmacien de vendre une boîte de certains médicaments qu’une caisse de certains autres! Basiquement le service est le même et le patient ne passe pas plus de temps au comptoir. Pourquoi les caisses et les mutuelles devraient-elles débourser jusqu’à deux mille fois plus cher pour la distribution d’un médicament que pour un autre? Les pharmaciens insistent sur le fait que leur rôle ne se réduit pas à un simple passage de boîte. Certes, ils ont un rôle de conseil et de vérification. La gestion d’un stock de médicaments coûteux et peu courants est moins simple que celle des boîtes de paracétamol. Mais cela ne justifie pas des écarts pareils.
Une marge glissée a été mise en place pour répondre à ce problème: la marge diminue si le prix du médicament s’élève. Il y a des incitations supplémentaires pour les génériques.
Mais les écarts de prix n’ont fait que se majorer et la marge ne « glisse » pas assez pour les atténuer. Cette marge est nettement supérieure en Nouvelle-Calédonie. Elle est de 50% pour une boîte de paracétamol à 500 FCFP, mais encore de 30% pour les nouveaux traitements des polyarthrites, coût mensuel 180.000 FCFP, prolongé sur des années. Merci CAFAT! Les polyarthritiques n’en ont pas conscience, mais s’ils demandaient du champagne quand ils vont chercher leur boîte, on se précipiterait pour le leur offrir!

Le train fou de la santé

Quelles sont les contraintes imposées au système de santé?

-La pauvreté ne doit pas être un frein à un état de santé acceptable.
•Corollaire immédiat: La société doit prendre en charge une partie suffisante des frais de santé des plus démunis.
•Le terme « état de santé acceptable » peut être discuté à l’infini. Acceptable pour qui? Pour l’intéressé ou pour celui qui juge? La solidarité doit-elle prendre en charge seulement les affections vitales? Ou doit-elle assurer le même degré de confort que pour n’importe quel nanti? 2 options se dégagent:
1) Chacun décide pour lui-même des ennuis de santé qu’il trouve supportables ou non. Chacun prend l’initiative de consulter en fonction du contexte. Comme il ne doit pas y avoir de frein financier à traiter des problèmes vitaux, l’accès doit être facile à un service d’orientation qui jugera de la sévérité de l’affection. La prise en charge financière est complète pour les affections vitales ou susceptibles de l’être. Elle est partielle pour le reste, quand le budget du traitement peut varier énormément selon le degré de confort recherché (mal de dos…). C’est l’option libérale.
2) Tout le monde peut atteindre le même degré de bonne santé et de confort quelles que soient ses ressources. C’est bien sûr beaucoup plus coûteux pour la société. D’autant que celle-ci doit informer les plus démunis des possibilités de soins: les connaissances en matière de santé sont loin d’être uniformes. Cette option « communiste » est la plus généreuse, mais aucun système de santé dans le monde n’a actuellement les moyens de l’offrir. Il faudrait commencer par corriger la surutilisation du système, avant d’en étendre les bénéfices les plus larges à tous.

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Les contraintes imposées au système de santé
Les dérives
Les solutions