Pourquoi les sourciers n’ont aucun don magique pour « sentir » l’eau et pourquoi il faut néanmoins avoir recours à eux

Ayant acheté un terrain dans une région plutôt sèche, et ayant l’intention d’y implanter un verger, il était impératif de tenter un forage pour disposer d’une eau moins chère que celle de la commune. Devais-je faire appel à un sourcier ? Les avis sur leur talent sont aussi manichéens que sur l’existence de Dieu. On y croit à fond ou pas du tout. Beaucoup de gens affirment sentir nettement les mouvements de la baguette quand l’eau est dessous, tandis que les enquêtes scientifiques sur le sujet montrent que c’est une affabulation, que les sourciers placés en situation de trouver une nappe avec leur seule baguette ne réussissent pas plus souvent que le prédit le hasard.

J’ai choisi d’embaucher le sourcier plutôt que le cabinet d’études spécialisé pour plusieurs raisons, par ordre d’importance :

—Mon vendeur avait déjà fait venir un sourcier et j’avais envie de confronter l’avis d’un autre, ignorant de ce premier passage.

—Le sourcier est beaucoup moins cher.

—Ma compagne est croyante en la baguette.

—Le vieux renifleur d’eau est plus truculent et haut en couleurs qu’un ingénieur de bureau d’études.

Me voici en train d’arpenter le terrain derrière le vieillard, qui avance difficilement. Il n’y a plus de sourcier jeune. Ils deviennent aussi rares que les curés. La baguette comme le Créateur perd ses croyants fidèles.

Je pose des questions insidieuses : « Est-ce que le type de bois y fait quelque chose ? Est-ce que d’autres matériaux pourraient marcher ? ». En fait la radiesthésie regroupe un grand nombre de croyances divinatoires et il est difficile de savoir s’il y a quelque chose d’utile au milieu. Le vieux se contredit à quelques minutes d’intervalle en disant que seul le bois marche pour l’eau, puis qu’il a trouvé des sources avec un pendule (je lui ai fait préciser ensuite quel est le matériau de la boule et c’est une céramique).

Le sourcier trouve deux emplacements précis où il est certain que nous trouverons de l’eau, en grande quantité pour l’un d’eux. C’est là que nous forerons plus tard et trouverons un débit modeste, 2m3/h, à une profondeur plus grande qu’annoncé (25m). Ces deux emplacements sont éloignés de celui du premier sourcier. Nous avons emmené là le second à la fin de la visite et il a affirmé catégoriquement qu’il n’y avait pas la moindre trace d’eau là-dessous. Est-ce que les sourciers auraient un sens différent d’une personne à l’autre ?

Au final l’observation du vieux, l’auto-suggestion qu’il pratique en permanence pour ses clients et lui-même, les résultats contrastés des forages faits ensuite sur ses recommandations, m’a convaincu qu’il n’existait aucun sens spécifique pour l’eau et aucune action directe de la baguette. Elle est un intermédiaire pour un talent bien réel chez le sourcier : son expérience du terrain, son appréciation de la morphologie des bassins versants, et son intuition sur l’emplacement des nappes en sous-sol.

Si bien qu’il se débrouille au moins aussi bien qu’un bureau d’études, sans les connaissances scientifiques, qui sont de toute façon incomplètes : la configuration du sous-sol n’est pas connue précisément. C’est en forant que l’on saura exactement le type de sol, ce qui explique les résultats aléatoires des forages.

Car l’élément qui assure certainement le mieux leur réussite est très simple : il y a des nappes partout. Si l’on creuse à une profondeur suffisante, avec une bonne connaissance du terrain, il y a plus de chances de trouver de l’eau que n’en pas trouver. Restez donc optimistes. Et prenez le sourcier : il est vraiment meilleur marché. Un peu comme le vieux qui sait deviner le temps : il est terriblement moins cher qu’un service météo 😉

Inégalité de la répartition des richesses

Ci-dessous une présentation juste et effrayante de l’inégalité des richesses aux USA.

Mais le pire est que le journaliste a encore la langue de bois.
Le souci n’est pas la répartition des richesses, puisque l’américain moyen n’est pas pauvre. Il est que les 1% les plus riches mettent en coupe réglée la planète, appauvrissent des pays entiers. C’est pour cela qu’ils sont tolérés par leurs concitoyens. Ce n’est pas réellement l’américain modeste qu’ils dépouillent. Au contraire celui-ci a l’impression de profiter des retombées.
C’est exactement comme du temps de l’aristocratie héréditaire : on acceptait de payer de lourds impôts quand le roi gagnait ses guerres et s’enrichissait.

Un procès Nuremberg de la haute finance ?

Cette conférence est particulièrement utile à écouter pour les calédoniens, traditionnellement pro-américains.
Peu importe à vrai dire qu’elle comporte des erreurs ou des exagérations : si seulement 10% de ce discours est exact, cela justifie amplement un Nuremberg de la haute finance.
Notons une ironie amère : ceux qui épargnent favorisent la création de ces monstres financiers de spéculation, capables ensuite de les réduire en quelques minutes à la misère !
«L’État et les banques, les dessous d’un hold-up historique» par Myret Zaki et Etienne Chouard
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Crise d’anxiété

La panconscience sociale est devenue une grande anxieuse. Alors qu’elle n’a jamais été aussi étendue et stable, la moindre irrégularité lui fait croire que tout va éclater. De plus en plus réactive et connectée, ses crises d’angoisse nécessiteraient des dizaines de milliers de tonnes de benzodiazépines, dont la simple production mettrait fin à la crise économique.
Car l’économie est en crise, oui. Une crise essentiellement psychologique. Quand un secteur ne punit pas ses charlatans et continue à les laisser jouer avec nos économies, il est raisonnable de croire que tout va de nouveau éclater, et cette croyance y parviendra.