La science peut-elle expliquer les miracles bibliques ?

L’une des sciences humaines est l’histoire, et ses enquêtes sur les faits historiques. L’étude des documents romains se rapportant à l’époque immédiatement postérieure à la mort de Jésus indique que les chrétiens, à ce moment, étaient une petite secte de personnes ayant bien connu Jésus, peu activiste. C’est le futur St-Paul, ex-pharisien fanatisé, persécuteur repenti des disciples de Jésus, qui entama une interminable vadrouille ponctuée de prêches, et créa la légende du faiseur de miracles. En effet Paul était mythomane et raconta des histoires tellement fantastiques que même les anciens compagnons de Jésus (avec lesquels Paul n’était toujours pas en bons termes) disaient : « Mais d’où sors-tu ces racontars auxquels aucun d’entre nous n’a assisté ? Tu n’étais même pas avec lui… »

Bien sûr il sera certainement impossible de connaître la vérité définitive, tout écrit étant une relation des faits et non les faits eux-mêmes. Néanmoins une chose est certaine : la Bible n’est pas un livre d’histoire, mais une sélection soigneusement réfléchie des textes « recevables » pour la foi chrétienne de l’époque. Nul doute que si elle n’avait pas reçu son statut sacré et n’avait pas été éditée à des millions d’exemplaires, le Vatican serait heureux aujourd’hui de continuer à la remodeler pour en faire un symbole plus contemporain, débarrassé du sexisme et de la violence qui étaient parfaitement assumés à l’époque.

Quelle juste philosophie pour le piratage ?

Pendant des années, j’ai fait partie de ceux qui achetaient sagement leurs DVD. L’évidence, un jour, est devenue insupportable : en respectant les règles, je me faisais emm… par les pubs et les avertissements imposés d’office au spectateur, je mettais parfois 3 minutes pour arriver enfin sur le film, et j’avais rebaptisé le F.B.I Fous-toi ta Bite dans l’Intestin, tandis qu’un banal pirate s’embarquait dans l’action d’une légère pression sur la télécommande de son disque multimédia, détendu et souriant.

Enfin une loi A-dos-pis efficace ! Désormais une agent de l'État bien formée surveille chacun de vos téléchargements sur l'ordinateur…
Enfin une loi A-dos-pis efficace ! Désormais une agent de l’État bien formée surveille chacun de vos téléchargements sur l’ordinateur…

J’ai brutalement boycotté tout achat de média et rejoint les rangs des vilains téléchargeurs.

Cependant quand une oeuvre me plaît particulièrement, j’éprouve la gêne de ne pas pouvoir récompenser l’artiste, surtout que je n’ai pas l’excuse de manquer de moyens.

Les formules d’abonnement sont inadaptées. Comme pour la SACEM, cela ne prend pas en compte la qualité artistique et le plaisir trouvés personnellement dans chaque oeuvre. Cela relève plutôt d’une cotisation de solidarité supplémentaire, aussi aveugle que les autres, à laquelle on peut prétendre simplement en se déclarant « artiste ». Ça m’ennuierait vivement de donner la moindre pièce pour les trucs uniformes et calibrés du Top 50, ou pour des abstractions tellement poussées qu’on imagine réaliser facilement la même performance musicale et visuelle avec son robot-mixeur de cuisine lancé à pleine vitesse.

Quelles contreparties ai-je trouvées ?

Pour les musiciens je vais sur les sites perso des artistes et je commande des tee-shirts ou d’autres articles dérivés. Pas pour tous les disques écoutés, seulement ceux qui m’ont vraiment plu, mais j’en prends pour plusieurs fois la valeur du CD. Les autres… eh bien si je les avais achetés j’aurais pu les revendre, non ?

Pour les BD, je commande pareillement les séries que j’ai beaucoup appréciées et les envoie à mes neveux et nièces, ou les offre à la médiathèque du quartier. Quand même, pas terrible pour le bilan carbone, cette option.

C’est pour les films qu’il existe le moins de solution correcte. J’évite iTunes pour la musique car ils rémunèrent insuffisamment les artistes, mais peut-être ce service est-il le meilleur choix pour un film. L’avantage est qu’on peut acheter sans re-télécharger.

Comment, autrement, récompenser l’immense équipe qui l’a tourné ?

Néanmoins le modèle de marketing officiel n’est pas satisfaisant. Approuvez-vous, dans ce budget, l’énorme cachet que réclame certains acteurs pour être au générique ? Ne voudriez-vous pas parfois donner un bonus au directeur de la photographie, au cascadeur ou à la costumière ?

Si vous avez trouvé d’autres soluces éthiques, n’hésitez pas à les mettre en commentaire.

On m’appelle l’Avalanche, de Francis Masse

On-mappelle-lavalanche 10/10 Acheter sur Amazon

« On m’appelle l’Avalanche » est la virée métaphysico-surréaliste d’un mélanésien urbain et philosophe, se baladant à demi nu avec un guidon de vélo dans le nez, à travers des cités fantômes aux architectures fantastiques. Des dialogues hilarants au décalé vertigineux. Un dessin baroque à la Druillet. Bref, peut-être le plus incroyable O.V.N.I. de la bande dessinée. Vraiment, à ne pas laisser tomber dans l’oubli !

Francis Masse est un artiste français né en 1948 à Gap, connu depuis les années 1970 d’abord par ses sculptures, puis par son travail dans l’animation et la bande dessinée. Son univers poétique est servi par un graphisme étonnant où les scènes sont créées au moyen de trames, ainsi que par un emploi subtil du relief, du cadre et des perspectives. Un auteur magicien.

Carmen McCallum, Tome 11 – Nouméa-Tchamba

noumea-tchamba 6/10 Acheter sur Amazon

Fred Duval a visiblement fait un séjour en Nouvelle-Calédonie suffisamment prolongé pour s’imprégner de la Kanakie. Il avait déjà situé ici un épisode de sa série Hauteville House. Le voici qui récidive avec Carmen McCallum, en mission malgré elle pour une intelligence artificielle qui s’est introduite dans son cerveau.

Comme Carmen vit dans un proche futur, Fred Duval anticipe l’avenir du Caillou. Les kanaks ont conservé leurs racines, tandis que certains caldoches se sont radicalisés en un « white power » à la sud-africaine. Heureusement un aventurier marginal sympa vient prêter la main à Carmen et redorer un peu la réputation de la caldochie.
Pas vraiment le « vivre ensemble » qui nous attend, donc, pour Fred Duval. Sa vision du futur calédonien est plutôt passéiste en fait, rappelant l’époque des évènements. Probablement a-t-il écouté beaucoup d’histoires sur cette période difficile, tandis que le pouls de la Calédonie contemporaine est plus difficile à prendre sans y habiter plusieurs années.

Le rythme de l’histoire pâtit un peu de son souci à décrire de façon détaillée l’histoire calédonienne. Sans doute ce tome aura-t-il moins intéressé les lecteurs métropolitains de la série, mais il mérite complètement sa place dans la bibliothèque du BéDéiste calédonien.

BD calédoniennes

Hauteville_House_5Voici 2 BD dont l’action se situe en Nouvelle-Calédonie. De genre complètement différent, elles sont toutes deux excellentes. Hauteville House est une uchronie:
1864. En marge de ses conquêtes et de l’Histoire officielle, l’Empereur Napoléon III utilise son armée et ses services secrets pour des missions visant à étudier des phénomènes qui relevent de la métaphysique, des sciences occultes, des légendes populaires. Son but : obtenir la suprématie sur ses principaux rivaux, les Anglais et les Prussiens. A Guernesey, dans les profondeurs d’Hauteville House, la demeure de Victor Hugo en exil, une poignée de soldats républicains tentent de contrer les projets impériaux. Gabriel Valentin La Rochelle, Nom de code gavroche. Gavroche est un agent au service secret de la République. Monte-en-l’air, perceur de coffres, expert à la boxe et à la canne, il parcourt le monde pour combattre les sbires de l’Empire avec une désinvolture qui cache probablement quelque lourd secret… Sa mission. Dans sa lutte contre l’oppresseur Napoléon, la République vient de perdre un agent de taille : alors qu’elle était au service du Baron Haussmann, Églantine a été arrêtée et emprisonnée à la Conciergerie, dans l’attente d’une probable exécution. Des lors, Gavroche est dépêché pour solliciter les services d’un tristement célèbre individu : le Fantôme des truands de Paris, prince des ténèbres pour les uns, génie du mal pour les autres. La rencontre a lieu dans les catacombes de Paris… Un pacte est scellé. Gavroche doit retourner sur les traces de son passé, dans le Pacifique Sud, sur la grande terre de Nouvelle-Calédonie.

CannibaleCannibale est historique:
Exposition coloniale de 1931, à Paris… Des dizaines de Kanak, présentés comme des  » Anthropophages « , sont la principale attraction du pavillon de la Nouvelle-Calédonie. Soudain, le directeur de l’exposition décide de les échanger contre des crocodiles allemands… Écrit pour le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, et maintenant adapté en bande dessinée, ce récit, inspiré d’une histoire vraie, montre les dérives d’un système colonial à son apogée.

Le Top 20 Amazon s’achète

Vous trouvez habituellement sur ce blog, quand nous disséquons un livre, son lien vers Amazon au cas où vous souhaiteriez vous procurer l’ouvrage. Nous indiquerons à présent le lien FNAC, car l’affaire du Top 20 du livre électronique magouillé par la société MyKindex donne une vilaine odeur au site Amazon tout entier. Vous trouverez les détails ici. En résumé, si vous êtes auteur, vous pouvez pour la modique somme de 149€ propulser votre livre dans le Top 20 proposé par Amazon, peu importe sa qualité réelle. La méthode est fort simple : une centaine de lecteurs « achètent » rapidement le bouquin et le font bondir au classement. Ils sont remboursés par MyKindex qui a encaissé le chèque de l’auteur. La version contemporaine de « faire la claque »… Piteux.

Clemot Hugo – Le paradoxe de l’horreur épidémique

Tentative d’explication philosophique du film d’horreur et de sa séduction. Mal embarqué, l’article de Clemot démarre en exacerbant un paradoxe inexistant, celui qu’il faudrait voir entre la répulsion naturelle éprouvée par le spectateur d’un film d’horreur et l’attrait qui le conduit malgré tout dans les salles obscures et hurlantes.

Pourquoi n’est-ce pas un paradoxe ? Il n’existe pas réellement de différence entre le film d’horreur et n’importe quelle fiction. Interrogeons les amateurs pour constater qu’ils vont assister aux différents genres dans le même état d’esprit. Pas besoin d’une quelconque préparation ou séparation psychologique. Le seul film qui déclenche une excitation particulière est celui transgressant vicieusement les codes sociaux par une histoire réaliste. Par exemple les « snuff movies ». Ici existe le parfum de l’interdit. Même état d’esprit que si l’on achète de la coke. Le genre sélectionne l’amateur, dans ce cas précis, bien davantage que l’horreur fictive.

Dans le film d’horreur et dans la fiction en général, ce qui attire le spectateur est la réalité alternative. Nous sommes en permanence à la recherche de nouvelles visions du monde. Notre imagination y travaille à plein. Même la nuit, par les rêves. Nous construisons des scénarios fictifs car il est toujours possible qu’un jour ils ne le soient plus, et nous sommes alors mieux préparés à les affronter. Même des monstres dont l’existence semble impossible y contribuent, pour deux raisons : parce que dans notre enfance des anticipations monstrueuses sont devenues bien réelles — et dépourvues de leur caractère inconnu et effrayant grâce à notre anticipation —, et parce que le danger exceptionnel attaché aux histoires fictives donne une importance particulière aux solutions proposées. Notons cependant que le caractère trop improbable de l’horreur finit par perdre son attrait spécifique. Le film gore est regardé comme un spectacle comique et non plus effrayant. L’horreur moins spectaculaire mais étiquetée « histoire vraie », comme Blair Witch, fait de meilleures recettes que la super-fiction.

Nous préférons généralement une fin heureuse ; pourtant l’issue catastrophique, apanage du film d’horreur, ne dérange pas : elle montre ce qu’il ne faut pas faire, scénario plus utile que la fin lénifiante. Le spectateur s’exclame : « Qu’ils sont crétins de s’être conduits ainsi ! ». Le genre prend d’ailleurs soin de distribuer des comportements stupides aux personnages — à l’excès, pourrait-on dire : le spectateur cortiqué souhaiterait voir les conséquences de réactions un peu plus malignes —. Même lorsque aucune solution ne semble possible, que l’histoire conduit à une destruction inéluctable des personnages auxquels on a pu s’identifier, elle apporte encore un profit : celui de savoir que l’histoire n’est pas réelle, que le monde véritable est finalement un paradis. L’on est soulagé de sortir du film comme on est soulagé de réaliser au sortir d’un cauchemar qu’il en est un.

Le film de fiction est tout simplement du lait en tube pour notre imagination. Il décuple ses possibilités par l’image, ce qui fait sa séduction. L’émotion est un bonus. Elle récompense une débauche d’imagination, et contribue ainsi à la reproduire. Mais elle ne devient un but en soi que chez le blasé, comme tout plaisir. Autrement elle est incitative ; elle nous pousse à accumuler toujours plus d’anticipations, de contrastes aptes à recentrer le fil de notre vie.

Ne reste malheureusement de l’article de Clemot, malgré la somme indéniable de travail entrepris, que la baudruche de ce paradoxe crevé.

L’amour dure 3 ans ou le féchisme

Résumé : Marc, lutte contre ses instincts mâles primitifs pour redevenir un « gentil garçon tardif », celui que les mamans espèrent ne jamais voir grandir, et dont l’incomplétude avérée fera le parfait membre dépendant d’un ménage dont l’autre moitié sera dominatrice. Ce film romantique parviendrait à convaincre que, quels que soient les attributs sexuels, seule l’immaturité peut fonder un couple.

Le cinéma parisien fait depuis quelque temps la promotion du « féchisme », l’équivalent féminin du machisme. Il est dans la foulée d’Hollywood, tout en s’autorisant des scénarios plus caricaturaux, car en dépit des apparences, la culture française est nettement plus perméable au féminisme que l’américaine.
Dans « L’amour dure 3 ans », l’intelligent mais inassuré Marc divorce et écrit un pavé négationniste sur l’amour, littérature de bas étage qui rencontre l’injuste succès prévisible. Bien sûr, dit le scénario, Marc n’avait pas rencontré réellement l’amour. Sa rééducation mentale commence. Difficile de s’identifier ou se prendre de sympathie pour ce gamin mal mûri, qui aurait ému s’il avait eu vingt ans de moins. La scène où il ne peut s’empêcher de pourrir le mariage d’un de ses meilleurs amis, est trop réussie dans son caractère désolant. Le désespoir est compréhensible, malheureusement s’il révèle ce que sont les gens en réalité, il n’assure pas qu’un bouleversement de conscience viendra les changer.
En face, la dulcinée fait preuve d’une assurance manichéennement inverse de celle de Marc, et décide de rompre son propre couple avec le minimum syndical d’atermoiements. L’idylle naît. La femme peut commencer à materner le gentil et fragile Marc, tout épanoui dans ses failles que va pouvoir combler sa solide épouse. L’hymen de Marc est enfin déchiré.
Il existe d’ailleurs une ironie au second degré dans ce film : est reprise la ficelle un peu grosse du copain macho basculant soudainement dans la pédérastie au détour d’une initiation au surf. La vague emporte tout ! Mais l’on trouve finalement davantage d’assurance — de virilité ? — chez cet ami résolu à briser les codes de la société que chez Marc, hystérique à l’idée de ne pas y retrouver sa place.

Hollywood, bientôt à court de matériel ?

L’essentiel : Cinéma utilitariste versus intimiste

Hollywood a toujours été une entreprise de formatage psychologique selon les principes utilitaristes de la société américaine. A la génération précédente, le modèle de scénario était l’identification au héros : un thème facile, servi par une histoire manichéenne, ingurgité sans difficulté par le public mâle. Cependant, deux difficultés apparurent : tout le monde ne devenant pas héros réussi, le décalage entre espoir et quotidien généra une dose d’insatisfaction souvent excessive. Les femmes, passées par l’émancipation, trouvèrent le rôle d’héroïne féminine — classiquement entièrement dévoué à illuminer celui de son partenaire masculin — un peu fade.
Le modèle de scénario s’infléchit, sans déroger au positivisme utilitaire précédent. Vous avez une vie de merde — par rapport aux destins exceptionnels que décrivaient les vieux films et que quelques privilégiés prétendent encore vivre — ? Il suffit de la raconter, et de la faire plonger beaucoup, beaucoup plus bas. Tabassons cet insatisfait dans un univers alternatif d’autant plus horrifiant que cette fois, contrairement au scénario du héros, tout est soigneusement vraisemblable. Puisque le positivisme ordinaire ne parvient plus à donner espoir à cet ex-gogo devenu méfiant, faisons-le agir d’un palier où le désespoir est total : cette fois la différence est appréciable puisque l’existence de rêve devient… celle de tous les jours.
La méthode est applicable avec le même succès aux deux sexes. Notons que les vieux films de héros ont été recyclés intelligemment : ils sont devenus positivistes pour les femmes, tellement horrifiées devant la condition féminine de l’époque qu’elles s’enthousiasment toutes de leur vie d’aujourd’hui. Quant aux hommes, ils regardent ces vieilles bobines comme des histoires de science-fiction, créateurs de héros marvelliens avant l’heure.

La manipulation est tellement répétitive dans la production du 7ème art contemporain qu’elle va finir par devenir évidente. Quelle nouvelle technique Hollywood devra-t-il inventer pour continuer à persuader les masses de spectateurs de vendre l’essentiel de leur vie à leur conscience sociale ? Mais surtout, pourquoi cette machine de propagande se croit-elle obligée de contraindre les gens à s’apprécier par l’illusion positiviste ?
Les ressorts en sont culturels et philosophiques. Les européens ont gardé une tradition toute différente. La bifurcation s’est produite au moment de la colonisation du Nouveau-Monde : elle a séparé les insatisfaits, partis émigrer, des « acceptants », menant généralement la même vie de misère. Les colons sont partis avec leurs ambitions, les autres sont restés avec un esprit de clocher. Les premiers ont créé la nation la plus puissante, par la technologie et l’économie, les seconds s’attardent, parce qu’ils n’ont pas abandonné le boulet de leurs basses couches sociales. Au niveau cinématographique, la différence est également frappante : le film européen est dit « intimiste ». Qu’est-ce que cela signifie exactement ?

Le scénario européen décrit les gens tels qu’ils sont. Il profite de la sensibilité locale à de petites différences de caractéristiques sociales et surtout de l’intérêt pour les interactions innombrables qu’elles génèrent. Il oppose la richesse sentimentale à la richesse économique du monde utilitariste. Les deux cibles sont si étrangères l’une à l’autre que les neurosciences ont montré qu’elles « allument » des zones fort différentes de notre cerveau. Les utilitaristes prennent leur plaisir avec un kamasutra mental indépendant de celui des intimistes.
Le désavantage handicapant Hollywood est ceci : le plaisir d’essence utilitaire est matérialiste ; la réalité est difficile à déguiser ; les comparaisons sur les types d’existence donnent les mêmes résultats chez tous, car les échelles de valeur sont communes ; un critère comme l’argent nous place dans une hiérarchie sociale tellement précise que n’importe quel ordinateur sait qui nous sommes.
Bien plus facile est l’enchantement des sentiments. Leurs associations assurent un contraste inépuisable. Mais surtout : qui peut véritablement dire si un sentiment est « plus cher » qu’un autre ? Qui trouve une émotion tellement meilleure qu’il la veut exclusive, et s’en offrir des sommes de plus en plus astronomiques ? Accoutumance. Nous savons, au contraire, que c’est l’oscillation d’un sentiment à l’autre qui fait l’intensité de leurs pointes. La plupart du temps, nous nous protégeons si bien du malheur qu’il faut virtualiser son contraste dans les films pour retrouver un peu de tonus à notre bonheur.

Le cinéma intimiste le fait magnifiquement. Il est une palette de peintre qui rafraîchit la couleur de chacun de nos sentiments, sans chercher à les manipuler. Au contraire, il les décrit avec tant de vérité que nous n’avons aucune peine à nous les réapproprier, même ceux qui nous sont peu connus, et s’en servir pour un travail artistique plus personnel : réécrire le scénario de notre propre vie.

Transformers

Ce qui m’a beaucoup intéressé dans les « Transformers » est que les animaux, à leur façon frustre, doivent nous voir exactement de cette façon : Les machines leur sont des extensions de nos êtres. Le maître, de bipède, devient voiture, puis VTTiste, avaleur d’herbe quand il emmanche sa tondeuse.
Et parmi ces Transformers irascibles et supérieurs existent les bons et méchants. Mais peu importe… seul compte le maître.

Taxe sur la propriété intellectuelle

Le moindre psychologue de niveau élémentaire peut savoir, s’il réussit à extraire un instant son cerveau de la glu de la logique industrielle, que le piratage est le contrepouvoir merveilleusement indispensable aux volcans de frustration élevés en chaînes à travers la planète par cette logique non humaine. Ce psychologue encore en maternelle — moi — pourrait ainsi conseiller de réclamer la taxe sur la propriété intellectuelle, dont personne ne conteste la justification, au reste du monde industriel.

Les cercles de pouvoir, bon nombre d’artistes aussi, ont oublié que la culture a toujours été le lot de consolation des masses laborieuses, auxquelles on adresse beaucoup de tentations et peu de gratifications. S’il était un relaxant universel dont il fallait éviter que le capital ne s’empare…
Peut-être un sujet de philosophie pour les séances de brainstorming de ces messieurs ?

Correcteur de style

Certains livres récents donnent l’impression d’avoir été tous écrits par la même personne : Un style fluide, clair, accessible… standardisé. Il s’agit en général d’auteurs étrangers. Est-ce du à la traduction, par le biais de logiciels qui débrouilleraient l’essentiel du texte, et le traducteur se contentant de vérifier la mise en forme et l’absence de contre-sens ?
Mais combien de temps encore avant le correcteur de style automatique — à l’exemple des correcteurs musicaux qui placent les fausses notes à la bonne tonalité — qui avalera n’importe quel texte pour le régurgiter sous la forme préférée par la majorité des lecteurs ?

Sous acide filozophique… final

Les adhérents de l’association VINCRE peuvent désormais télécharger leur exemplaire final de Sous acide filozophique, un essai de 400 pages sur l’unification des sciences physiques et humaines par leur frontière : le support biologique de la conscience.
Ce livre aborde des domaines aussi divers que la médecine, la sociologie, la psychanalyse, le bonheur et la réalisation personnelle, les addictions, le transhumanisme, la neurophilosophie, la science réhabillée de mysticisme. Ce n’est pas un ouvrage d’initiation ni de référence. Il conviendra à ceux qui ont engrangé déjà beaucoup de certitudes.
Constant Prurit et Pierre Detaille y ajoutent leurs déblatérations humoristiques… Continuer la lecture de Sous acide filozophique… final

Dehors, l’anarchie

Après l’excellente Horde du Contrevent, puissante science-fiction d’aventure, Alain Damasio récidive dans son style inimitable avec La Zone du Dehors, tout en dévoilant bien davantage de sa philosophie personnelle. Après un départ trompeur qui laisse penser que la plus belle part va être faite à l’imaginaire, et qui n’intéressera personne d’autre que les amateurs du genre, l’intrigue nous ramène à une anticipation bien proche de nos réalités quotidiennes, avec la (ré)volte d’un groupe qu’insupporte le conformisme et la manipulation ambiante. Le punch que Damasio place dans les pamphlets de ses héros renvoie le Traité de savoir-vivre de Raoul Vaneigem au rang des poèmes ronsardiens. Mais la parole est donnée, sincèrement, au pouvoir adverse, d’une façon si balancée que l’on devine le chemin personnel suivi par Damasio, qui tient l’équilibre entre ses convictions anarchistes de jeunesse et le réalisme dont la maturité est venue les teinter. Au total un livre incontournable pour les amateurs d’action, d’envolées lyriques et ceux qui s’intéressent aux rouages de notre société… ça doit faire à peu près tout le monde, non ?

Mais que sont devenus les Perfect Lovers ?

Vous vous souvenez certainement (pas) des Perfect Lovers,
ce groupe calédonien célèbre mis en veilleuse après que le chanteur soit devenu fou
sous l’effet de la terrible distorsion des solos du guitariste.

Image du dernier concert

Les voici relancés sous un nouveau nom et un nouveau look !

Les Bêtes Raves
Musiciens : John Lemon, Georges Haricot, Paul Mac Chutney et Ringo Scar

… et le leader, l’incontournable Elvis Presse-les

(sur une idée de Mathis)

Mission Florimont à Nouméa

La compagnie du « Tour du Monde en 80 jours » revient !
avec « Mission Florimont » du 9 au 11 septembre à la FOL
nominée meilleure pièce comique aux Molières 2010, belle unanimité de la critique : Encore un bijou de Sébastien Azzopardi & Co :

L’histoire de France version déjantée : 1534. Le roi de France est acculé de toute part. Son seul espoir : Florimont de la Courneuve, le meilleur de ses agents… enfin de ceux qui lui restent…
… enfin, le seul qui lui reste.
Ses adversaires : des mercenaires plus terrifiants que des compagnies d’assurances, des espions plus sales que des Espagnols et même une femme au bonnet M. Une mission au péril de la vie des autres.
Florimont évitera-t-il tous les dangers ? Réussira-t-il sa mission ?
Pour toute autre demande, ne quittez pas, un opérateur va vous répondre. Un voyage au coeur de la Renaissance. Une mission au péril de la vie des autres. Et surtout, le premier spectacle qui s’est fait flashé à 240. Source

Naissance de l’art

La diversité est la force de la société humaine.
Ce fut pressenti très tôt dans l’histoire de l’humanité
par ceux qui se tirèrent au mieux de la compétition au sein du groupe
au point de s’en affranchir.

A quel moment le désir de protéger le faible se mue-t-il
en reconnaissance de son importance pour élargir sa vision du monde ?
Chaque mécène l’a découvert à un moment de sa vie,
quelle que soit l’époque.
Cette conviction de l’importance de la déviance
fut la naissance de l’art
et l’un des moteurs les plus forts des avancées humaines.

Il y a une parcelle d’autisme dans l’artiste.
La plupart des cultures qui nous ont précédé
ont tenté d’intégrer ces différences en leur sein.
Nous, nous tentons de les soigner…