Pourquoi la Nouvelle-Calédonie veut-elle l’indépendance?

(début d’une série de 4 questions posées sur le Quora anglophone, de l’indépendance au référendum de 2020)

Il n’y a pas une Nouvelle-Calédonie mais plusieurs.

Pluralité ethnique : 40% kanaks (indigènes pré-coloniaux), 30% européens, 30% asiatiques et polynésiens.

Pluralité de culture : opposition profonde entre la coutume kanak (communautarisme, chefs héréditaires, pas de propriété foncière) et la culture occidentale.

Pluralité de niveau de vie : écart important de revenu entre riches et pauvres. Moins important cependant que dans la plupart des pays riches. Être pauvre sous le climat calédonien n’a pas les mêmes conséquences qu’en Europe. Pas d’hiver, pas de difficulté à se nourrir.

Pluralité de génération : au sein d’une même ethnie, les aspirations des jeunes et des anciens diffèrent radicalement. Or les jeunes, quelle que soit leur couleur, sont dans une gérontocratie. Et ils ont les mêmes contrastes qu’ailleurs dans leurs parcours scolaires, séparant les élèves brillants des laissés pour compte.

Ces différentes pluralités produisent une grande diversité de ‘pour’ et de ‘contre’ l’indépendance, avec des motivations très variées chez chaque calédonien. Il serait plus judicieux de quantifier ce désir de 0 à 10. La majorité des calédoniens se regrouperait alors autour de 5, c’est-à-dire une indétermination.

Mais ce sont les extrémistes des deux camps qui ont programmé le destin calédonien, avec des référendums où ‘oui’ et ‘non’ à l’indépendance sont les seuls choix. Le vivre ensemble est d’emblée assassiné. Les kanaks votent très majoritairement ‘oui’, les autres majoritairement ‘non’, ce qui fait un avantage modéré au ‘non’.

Les îles sont victimes de la rareté des grands esprits, laissant le champ libre à l’incurie des médiocres élites locales. La Nouvelle-Calédonie est un merveilleux pays qui satisfait les besoins élémentaires de tous ses habitants. Mais c’est aussi un grand jardin d’enfants où il n’y a pas de mamans.

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