La médecine kanak vs occidentale, 8 ans après

8 ans après cet article sur la médecine des deux cultures, l’expérience montre qu’avec leur classification intuitive des maladies en trois catégories, ce sont bien les kanaks qui ont raison.
En effet, les petites affections bénignes (la « bobologie ») se soignent très bien avec les médicaments traditionnels. On ne dispose pas d’études pour savoir s’ils sont seulement symptomatiques ou curatifs. Peu importe, du moment qu’ils ne font pas négliger les précautions d’hygiène (nettoyage des plaies), même un effet placebo pur justifierait leur utilisation (les gens s’auto-améliorent avec un placebo). Pas besoin d’aller voir un médecin pour les plaies courantes, les viroses, les entorses et traumas bénins, les douleurs « attendues » et compréhensibles parce qu’en rapport avec un effort inhabituel, un traumatisme, ou l’âge.

Pas besoin non plus d’aller voir un psychiatre pour les troubles psychologiques purs. Plus efficace d’analyser par le biais du guérisseur pourquoi on a ce problème d’insertion dans l’inconscient collectif. Il aide à trouver une solution identitaire, d’une façon très proche de ce que font les occidentaux avec une psychanalyse. Les uns et les autres reconstruisent leur personnalité au lieu de l’abrutir par des psychotropes. Nous excluons ici les vraies maladies psychiatriques liées à des anomalies biologiques ou très bas situées dans le Stratium (la racine de l’édifice neurologique, il s’agit des neuropathies héréditaires, fréquentes en Calédonie et malheureusement sans traitement efficace la plupart du temps).

Enfin la 3ème catégorie, la seule dans laquelle le médecin blanc est clairement le plus compétent, est celle des maladies graves, les artères bouchées, les fractures, les lésions d’organes, les dérèglements métaboliques chroniques.

Certainement les kanaks perdent-ils quelques années d »espérance de vie dans cette philosophie des soins, car ils sont moins surveillés par tout l’éventail des scopes médicaux. Cependant ils gagnent une vie presqu’intégralement de « bien portance », de confiance corporelle. Tandis que les occidentaux ultra-scannés par la médecine préventive sont des sursitaires, mènent une vie intégralement exposée à une multitude de risques, les plus inquiétants étant ceux que l’on n’a pas encore identifiés…

Chez l’occidental, la mort ne vient pas vous serrer la pince à la fin d’un capital d’existence qu’elle vous a accordé, elle vous suit chaque jour de votre vie pour voir s’il n’existe pas un moyen de la raccourcir. Vous êtes… vulnérable, sous la menace damoclésienne, réduit.
Chez le kanak, la mort pose deux bornes à la vie, début et fin. Deux bornes kilométriques temporelles, sur la route de la filiation ancestrale. La route existait avant, continue après. Les bornes sont indistinctes. Le kanak ne sait pas très bien son âge, ne peut faire aucune prédiction sur ce qui lui reste à vivre. Il vit davantage dans le présent, mais peut anticiper à toute époque de son existence s’il le souhaite.

En conclusion une personne très calme de tempérament (faible « névrosisme ») peut utiliser préférentiellement le petit nombre de médicaments vraiment utiles dans la pharmacopée occidentale, tandis que les anxieux devraient se diriger vers les médecines traditionnelles ou alternatives pour la majorité de leurs maux.
Tous ont intérêt à profiter des avancées « technologiques » de la médecine : remplacement d’artères, d’articulations usées, d’organes défaillants, respirateurs, prothèses, orthèses.
Tous bénéficient également d’un bon diagnosticien disposant de preuves de ses dires, que l’on trouve à l’évidence plus souvent derrière une plaque médicale classique, et qui permet en théorie de s’approprier la compréhension véritable de sa maladie… s’il veut bien vous la transmettre. Et si vous vous arrêtez de temps à autre de parler pour qu’il vous la dise !

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