Ancre électorale

Initiative heureuse et pratique: Tatele.nc est une vitrine opportune sur la vie politique calédonienne à 3 semaines des élections.
Le site simple et rapide ne rebutera aucun internaute. Les interviews sont convaincantes, sans langue de bois… la Calédonie n’est vraiment plus une île comme les autres depuis qu’elle a dépoussiéré son passé colonial.
Bémol: Le public de Tatele est constitué en grande partie pour cette première
de gens qui n’iront pas voter.
J’en fais partie.

En ai-je la moindre frustration? Non.
Et par ricochet, voudrais-je voter pour ou contre l’indépendance? Non.
Je suis pourtant depuis 5 ans sur le caillou,
j’ai de bonnes chances d’y finir ma vie.

Néanmoins, je préfère laisser les calédoniens présents depuis 98
décider des rapports du pays avec la France (1).
Voudrais-je en effet que ce soit le poids des immigrés métros récents
qui fasse pencher la balance?
Sûrement pas si l’on veut continuer à vivre ici sans barricader toutes ses fenêtres.
Si les vieux calédoniens se montrent villageois hostiles, mieux vaut partir.
S’ils votent contre la xénophobie, voilà qui fera un bon endroit pour vivre.

Quel équilibre entre les couleurs calédoniennes?
piaf_equilibre

Au milieu des gesticulations et des intérêts personnels,
un seul (grand) parti tient sa ligne
en ayant réglé ses comptes avec le racisme,
en ayant tourné le dos au clientélisme.

Calédonie Ensemble.

Gomès se fait reprocher sa rudesse.
Mais c’est le seul entrepreneur en politique calédonienne,
et c’est dans son entourage que se recrutent les bosseurs,
ailleurs s’agitent les publicistes.

Il faut bien un capitaine pour garder un cap
sinon le bateau fait demi-tour à la première volée électorale.
Voici, pour lui, une petite ancre virtuelle de la part de notre asso.

(1) et avec le Monde. Car la métropole est le grand frère,
plus attentif que ne le sera jamais le reste de la famille mondiale…

3 réflexions au sujet de « Ancre électorale »

  1. La présidente:
    -Mais je croyais qu’on ne faisait pas de politique…
    R:
    -C’est vrai, c’est un écart. Mais ce n’est pas pour ouvrir un débat. Nous sommes tous d’accord ici.
    La présidente:
    -Tu veux laisser les calédoniens décider… et en même temps ne tentes-tu pas de les influencer?
    R:
    -Le post n’influencera pas le vote extrémiste, que ce soit le zoreille frileusement barricadé au milieu d’une terre de sauvages ou le kanak coupé du reste du monde.
    J’espère motiver les nombreux modérés pas toujours enclins à voter.
    24 listes, ça crée des indécis…

  2. La critique que l’on peut faire à Philippe Gomès n’est pas tant son caractère que son ambivalence vis à vis de la métropole.
    A propos du transfert de l’enseignement secondaire, il martèle « La France doit payer »,
    épousant ainsi une idée très kanak que la France est toujours très débitrice de sa dette coloniale,
    idée à la moralité suspecte quand le contribuable métropolitain est confronté à ses propres difficultés et ne se préoccupe guère d’affaires remontant à plusieurs générations.

    Heureusement pour l’outremer, on ne demande pas son avis au métro besogneux.
    Mais quels arguments les politiciens calédoniens vont-ils bien pouvoir utiliser pour réclamer davantage d’aide à leurs homologues métropolitains réticents,
    non influencés comme pour d’autres îles par un électorat local conséquent?
    La promesse de marchés?
    Eramet ne se développe pas et fournit peu d’emplois en métropole. Ce sont les compagnies étrangères qui s’attaquent au gâteau minéral calédonien.
    Quant aux futures ressources de la zone maritime, comment une Calédonie indépendante peut-elle garantir à la France qu’elle en sera l’exploitante? Cette carotte hypothétique justifie-t-elle l’investissement annuel d’un quart du budget calédonien?

    On retrouve dans ce discours l’ambivalence de l’assisté qui en veut à l’assisteur,
    mais n’oublie pas, du haut de sa fierté blessée, de réclamer encore plus d’assistance.

    Gomès a sans doute quelques frustrations d’écolier à regarder.
    En même temps le bouledogue aux crocs fermement plantés dans le postérieur de Mère Patrie n’est pas dénué d’intérêt pratique…

  3. La multiplicité des petits partis fait se gausser
    de l’inefficacité politique de la future assemblée.

    Mais c’est aussi la marque d’un peuple très différencié.

    Est-il possible de comparer des assemblées à étiquettes multiples,
    à 2 grands partis ou parti monolithique?
    Il vaut mieux connaître la tolérance de ses membres.

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