Les médecins sont-ils trop payés?

Sujet récurrent,
nourri par des articles fantaisistes
(le Chien Bleu, pour exhorbiter davantage les yeux des lecteurs,
confondait revenu net et chiffre d’affaires du médecin,
du simple au double…)

Le coup de projecteur médiatique
gomme des disparités individuelles contrastées.
Le revenu du médecin est critiquable
parce qu’il n’est pas proportionné au mérite,
à la pénibilité du travail, aux résultats.
Sujet complexe, occulté par les instances professionnelles,
eaux troubles qui favorisent le requin plutôt que le soucieux d’éthique.

Les journaux fustigent qu’un soin
puisse coûter 2 fois plus cher chez un médecin qu’un autre
(en métropole, en secteur 2),
ne réalisant pas que si ce fameux secteur n’était pas bloqué
ils chercheraient en vain le tarif le plus bas.
Scandaleux, les honoraires libres?
S’étonnent-ils de différences sur le prix d’une coupe de cheveux?
Pensent-ils réellement que les soins soient identiques d’un cabinet à l’autre,
comme si les coiffeurs nous mettaient tous la boule à zéro?
Pensent-ils que les différences en santé aient moins de valeur qu’une coiffure séduisante?
Pensent-ils enfin qu’en égalisant tous les tarifs, la qualité de l’acte va grimper?

Non, c’est réclamer d’autant plus la médecine à 2 vitesses,
avec d’un côté les médecins tous rémunérés à l’identique,
moins motivés que des fonctionnaires
(qui commencent à être payés au mérite!),
de l’autre les médecins non conventionnés
qui satisferont de leur mieux leurs clients nantis.

Combien payer un professionnel
à qui l’on demande d’être constamment irréprochable?

Dans une rémunération juste intervient:
-l’investissement initial:
les années d’études, non rémunérées, pourtant contraignantes,
beaucoup s’en sortent seulement par une famille aisée,
consommant en quelque sorte une partie de leur héritage
-le champ de responsabilité
qu’il faut assumer: enrichissement oui,
mais aussi des comptes à rendre
-la pénibilité:
nombre d’heures de travail, joignable au domicile, gardes de nuit
-la qualité de service et la productivité
-un comparatif des retraites…

Le revenu du médecin éveille la frustration chez certains
parce qu’il est au contact de toutes les couches de la société
qu’il est courant de le rendre responsable
quand notre problème intime tourne mal.
Tandis qu’un Bill Gates est un être virtuel:
Que sa fortune, supérieure à celle d’un pays,
ne vienne pas de la moindre vie sauvée
mais d’un pesant monopole:
ça se passe sur une autre planète…

Pas d’injustice dans les dépassements de tarif
s’ils guérissent.
Je milite pour la vraie concurrence
et boycotte Windows.

2 réflexions au sujet de « Les médecins sont-ils trop payés? »

  1. Un ami médecin me confiait récemment que si on lui diminuait encore son salaire de misère, il jetterait l’éponge et irait planter des pommes de terre à Païta

  2. :-)))
    C’est vrai que si les prix du marché augmentent encore un peu,
    ça deviendra attractif de se mettre au potager.
    Tant pis si ça divise par 5 le salaire:
    Même malades,
    tomates et patates se plaignent peu.

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