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	<title>V.I.N.C.R.E à Nouméa</title>
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	<description>Vie en Nouvelle-Calédonie, Recherche et Enseignement</description>
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		<title>Hayden Gary &amp; Picard Michael &#8211; Ce livre n&#8217;existe pas</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 21:54:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres disséqués]]></category>

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		<description><![CDATA[5/10 Livre azur Se lit avec plaisir si l’on découvre le sujet étonnant des paradoxes, mais est souvent mal écrit — ou mal traduit — et laisse sur sa faim, ne poussant guère les explications sur le pourquoi des paradoxes. Les auteurs sont des compilateurs et n’ont rien introduit d’original. Un livre de gare. Notes de lecture : <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2012/05/12/hayden-gary-picard-michael-ce-livre-nexiste-pas/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2501062388/rhumatologiep-21"><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2012/05/ce-livre-n-existe-pas.jpg" alt="" title="ce-livre-n-existe-pas" width="224" height="343" class="alignright size-full wp-image-1622" /></a> <strong>5/10</strong> <em><a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/troquet/2011/03/26/livres-azur-et-livres-tempete/">Livre azur </a></em><br />
Se lit avec plaisir si l’on découvre le sujet étonnant des paradoxes, mais est souvent mal écrit — ou mal traduit — et laisse sur sa faim, ne poussant guère les explications sur le pourquoi des paradoxes. Les auteurs sont des compilateurs et n’ont rien introduit d’original. Un livre de gare.<br />
<span id="more-1621"></span></p>
<p><strong>Notes de lecture :</strong><br />
<em>En italique : extraits du livre</em>.</p>
<p>p13-<em> Paradoxe du placebo : c’est la croyance et non le placebo qui soigne. Mais si je sais que c’est un placebo je n’y crois plus.</em><br />
En fait les études montrent que l’effet placebo n’est pas entièrement annulé par le fait de savoir qu’on ne prend pas un produit actif.</p>
<p>Jésus et l’effet placebo :<br />
<em>La Bible : Jésus ne fit pas là beaucoup de miracles, parce qu’ils ne croyaient pas.</em></p>
<p>p18- Erreur de raisonnement grossière et double sur la comparaison entre le ticket gagnant de loterie et la probabilité d’être réellement en train de boire du Coca Light :<br />
1) Confusion entre probabilité ouverte et fermée : sur le million de tickets de loterie, il en existe un de gagnant ; c’est avéré. Chaque ticket examiné qui n’est pas gagnant augmente la probabilité des suivants de l’être. Rien à voir avec chaque canette bue, dont la probabilité de ne pas être du Coca Light est à chaque fois d’une chance sur un million, et il n’est pas certain que le premier million (ni le deuxième…) de canettes bues en comporte une qui ne soit pas ce qu’elle dit être.<br />
2) Psychologiquement les 2 probabilités sont gérées de façon extrêmement différente, l’une étant positive et l’autre négative : le ticket gagnant contient un espoir, qui majore considérablement la probabilité réellement perçue, l’autre un danger très hypothétique, qui sera complètement négligé au moment d’avaler la canette de Coca.</p>
<p>p54- <em>La loi de l’éponyme de Stiegler : Les découvertes sont attribuées non à ceux qui les ont trouvées mais à des penseurs plus célèbres quoique moins puissants. Cette tendance est si répandue qu’elle a été formulée comme une loi. Stiegler, qui lui a donné son nom, a eu la perspicacité historique de l’attribuer à quelqu’un d’autre</em>.</p>
<p>p91- <em>Le problème de Monty Hall : dans un jeu télévisé, un candidat se voit proposer de choisir entre 3 portes : 2 cachent une chèvre, la 3ème une voiture flambant neuve. La règle prévoit qu’au moment où le candidat choisit une porte, le présentateur ouvrira l’une des 2 autres portes, qui dissimule une chèvre. Le candidat a-t-il intérêt à maintenir son choix initial ou à choisir la porte restante ? Changer ne semble intuitivement apporter aucun bénéfice à la plupart des gens ; pourtant c’est bien ce qu’il faut faire. La controverse à ce sujet a fait rage pendant l’année 90-91, de nombreux mathématiciens professionnels refusant d’accepter le résultat fourni par l’analyste Marilyn vos Savant</em>.<br />
Au début on demande de choisir l’une des 3 portes. La probabilité de faire le bon choix est 1/3. Que votre choix soit bon ou non, le présentateur peut toujours ouvrir une porte cachant une chèvre. En faisant cela il ne semble pas donner d’indice supplémentaire pour savoir si votre choix initial est correct ou erroné. Vos chances paraissent toujours identiques. Mais en fait il vient d’augmenter la probabilité que la 2ème porte, que vous n’aviez pas choisie, soit la bonne, en éliminant la 3ème. La probabilité que votre choix de départ soit erroné était de 2/3 ; dans ce cas de figure, changer après l’ouverture de la 3è porte vous fait gagner… avec cette probabilité de 2/3.</p>
<p>p116- La relativité générale autorise théoriquement les voyages vers le passé. Mais où sont, alors, les touristes temporels ?</p>
<p>p142- Les avantages de la coopération sont mathématiques. <em>Dilemme du prisonnier : 2 bandits sont arrêtés et interrogés séparément. On leur propose le choix suivant : si l’un avoue mais que l’autre nie, le premier est libéré, l’autre a 5 ans de prison. Si les 2 avouent, ils auront 2 ans de prison. Si aucun n’avoue, le manque de preuves réduira la peine à 6 mois. Que doivent faire chacun des prisonniers ? Interrogés séparément, leur intérêt individuel est d’avouer, risquant au maximum 2 ans et potentiellement libéré si l’autre n’avoue pas. Mais ils se feront ainsi la même réflexion et auront 2 ans, alors qu’ils n’auraient eu que 6 mois s’ils avaient coopéré, attitude clairement la plus avantageuse.</em><br />
<em>Le même phénomène se retrouve chez les banlieusards qui prennent leur voiture personnelle ou les transports en commun : ceux-ci circuleraient bien mieux si les routes étaient vidées des voitures par une bonne coopération à utiliser ces transports, mais alors l’individualiste qui conserverait sa voiture serait celui qui bénéficierait le plus de la situation -&gt; les gens n’abandonnent pas leur voiture</em>…</p>
<p><em>Le dilemme se complique si l’on en fait un jeu où différents prisonniers sont confrontés les uns aux autres et répètent le choix précédent. Plusieurs stratégies deviennent potentiellement meilleures que avouer systématiquement, la coopération peut montrer ses avantages. Les stratégies furent confrontées dans un tournoi organisé par un psychologue social. Certaines étaient très complexes. La grande gagnante fut la plus simple, le « donnant-donnant », avec 2 règles : à la 1ère rencontre avec un joueur, toujours coopérer ; aux rencontres suivantes avec le même joueur, rendre la pareille. « Donnant-donnant » est une stratégie « bienveillante » puisqu’elle commence par coopérer, mais ne continue que si elle y est encouragée. La provocation entraîne une punition. Mais le pardon est possible : la coopération peut reprendre si l’autre joueur le mérite.</em><br />
<em>La stratégie de Jésus, qui tend l’autre joue quand on lui a frappé la première, est bien moins efficace que le donnant-donnant dans le dilemme du prisonnier</em>.</p>
<p>p146- Le paradoxe d’Epicure réécrit par Hume : Si Dieu veut empêcher le mal, mais ne le peut pas, Il est impuissant. S’il peut empêcher le mal, mais ne le veut pas, Il est malveillant. Et s’il peut et veut le faire, d’où vient le mal ?</p>
<p>p148- <em>Jeremy Bentham assimilait, comme Epicure, bonheur et plaisir : une vie heureuse est simplement une vie où le plaisir excède la souffrance. Il a même inventé un calcul félicitique, méthode pour calcule la quantité de plaisir ou de souffrance qu’une action particulière peut apporter. John Stuart Mill, filleul et disciple de Bentham, avait tout pour être heureux : intelligent, cultivé, au fait des principes de Bentham… Mais à 20 ans il traversa 6 mois de dépression. L’approche de Bentham ne lui permit pas de sortir de sa tristesse, c’est la poésie de Wordsworth qui le secourut. Après cet épisode, Mill ajouta une idée nouvelle : ne sont heureux que les hommes qui ont l’esprit fixé sur autre chose que leur propre bonheur : le bonheur des autres, le progrès de l’humanité, l’art… C’est en visant autre chose que les hommes trouvent le bonheur</em>.</p>
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		<title>Incinération</title>
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		<pubDate>Sat, 05 May 2012 10:23:54 +0000</pubDate>
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		<title>Condition vache</title>
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		<pubDate>Sat, 05 May 2012 01:32:59 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2012/05/condition-vache.jpg" alt="" title="condition-vache" width="600" height="492" class="alignnone size-full wp-image-1616" /></p>
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		<title>Le moustique n&#8217;est pas au sommet de son évolution</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Apr 2012 03:45:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Délirium]]></category>

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		<description><![CDATA[L’évolution ne trouve pas toujours les meilleures solutions. Sinon les moustiques n&#8217;agresseraient les mammifères que pendant leurs ébats sexuels, instant où ils sont totalement indifférents à l’insignifiant picotement du larcin globulaire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2012/04/moustique.jpg" alt="" title="moustique" width="113" height="102" class="alignright size-full wp-image-1612" /> L’évolution ne trouve pas <em>toujours</em> les meilleures solutions. Sinon les moustiques n&#8217;agresseraient les mammifères que pendant leurs ébats sexuels, instant où ils sont totalement indifférents à l’insignifiant picotement du larcin globulaire.</p>
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		<title>L&#8217;Homme Polyconscient</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Apr 2012 02:37:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Kanakie]]></category>
		<category><![CDATA[Livres disséqués]]></category>

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		<description><![CDATA[Livre tempête Blogs au ralenti ces derniers temps pour finir cet ouvrage, « L’Homme polyconscient », qui paraît aujourd’hui. Si, malgré la variété des loisirs que propose la société contemporaine, il vous reste une pensée assez libre pour quelques questions existentielles, ce livre devrait vous accrocher. C’est une nouvelle théorie de la conscience, aux prolongements étonnants vers <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2012/04/16/l-homme-polyconscient/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lulu.com/shop/tome-fringant/lhomme-polyconscient/paperback/product-20061332.html"><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2012/04/homme-polyconscient.jpg" alt="" title="homme-polyconscient" width="300" height="479" class="alignright size-full wp-image-1603" /></a> <em><a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/troquet/2011/03/26/livres-azur-et-livres-tempete/">Livre tempête </a></em> Blogs au ralenti ces derniers temps pour finir cet ouvrage, <a href="http://www.lulu.com/shop/tome-fringant/lhomme-polyconscient/paperback/product-20061332.html">« L’Homme polyconscient »</a>, qui paraît aujourd’hui.<br />
Si, malgré la variété des loisirs que propose la société contemporaine, il vous reste une pensée assez libre pour quelques questions existentielles, ce livre devrait vous accrocher. C’est une nouvelle théorie de la conscience, aux prolongements étonnants vers la philosophie, la sociologie, l’épistémologie, le traitement des maladies mentales mais aussi la résolution des conflits du quotidien — dont vous découvrirez au passage la nécessité. C’est un creuset capable de refondre certitudes et inquiétudes en une vision véritablement innovante. Un livre difficile, voire dangereux, pour ceux qui se contentent d’éprouver la vie, mais palpitant pour celui qui, en plus d’éprouver, se regarde vivre.<br />
L’ouvrage aborde les friches qui séparent la neurophysiologie de nos comportements conscients avec des objectifs précis : rester en contact avec la vraisemblance scientifique mais s’affranchir de ses effets réducteurs ; déconstruire avant de tenter un réenchantement de notre existence ; amener à un palier maximal de conscience — avec nos moyens actuels — appelé la polyconscience.<br />
D’une façon sans doute étonnante pour les calédoniens, nombre de conclusions du livre, qui démarrent du champ matérialiste, rejoignent les concepts de la culture kanak sur les ancêtres et la définition de l’individu au sein de ses congénères. Science et spiritualité convergeant vers les mêmes conclusions ? Voici qui incite à les renifler de près…<br />
<a href="http://www.lulu.com/shop/tome-fringant/lhomme-polyconscient/paperback/product-20061332.html">Version livre couverture souple, 202 pages</a><br />
<a href="http://www.lulu.com/shop/tome-fringant/lhomme-polyconscient/ebook/product-20062541.html">Version eBook format epub (Kobo FNAC, iPad…)</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Rovelli Carlo &#8211; Et si le temps n&#8217;existait pas ?</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Apr 2012 11:32:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres disséqués]]></category>

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		<description><![CDATA[7/10 Livre tempête « Un peu de science subversive » est un sous-titre accrocheur mais ne reflète pas le ton général du bouquin. La subversion s’étale sur une demi-page et concerne effectivement une vision du temps fort originale que l’on aurait aimé voir développer davantage. Le livre de CR, pas très long et facile à lire, arrive <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2012/04/05/rovelli-carlo-et-si-le-temps-nexistait-pas/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2100572733/rhumatologiep-21"><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2012/04/et-si-le-temps.jpg" alt="" title="et-si-le-temps" width="200" height="319" class="alignright size-full wp-image-1596" /></a> <strong>7/10</strong> <em><a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/troquet/2011/03/26/livres-azur-et-livres-tempete/">Livre tempête </a></em><br />
« Un peu de science subversive » est un sous-titre accrocheur mais ne reflète pas le ton général du bouquin. La subversion s’étale sur une demi-page et concerne effectivement une vision du temps fort originale que l’on aurait aimé voir développer davantage. Le livre de CR, pas très long et facile à lire, arrive encore à diluer ses passages passionnants, avec un si faible nombre de pages, dans la biographie de son auteur, pas très palpitante et surtout constituée de remerciements aux collègues. 2 « sorties » intéressantes : l’allusion — pas trop saignante — aux vols d’idées entre scientifiques, et surtout la description très juste de la culture américaine d’un point de vue européen qui a amené CR à préférer revenir travailler en France.</p>
<p>Mais que ma tiède introduction ne masque pas les points très forts de ce livre, qui justifient, pour chacun d’entre eux, son achat :<br />
-La théorie de la gravitation quantique à boucles est exposée de façon très claire pour les non-initiés. Cette rivale de la théorie des cordes pour relier la gravitation et la relativité générale au monde quantique est particulièrement simple et novatrice. Elle a davantage de chances de sortir du champ spéculatif pur que la théorie des cordes, sans doute parce qu’elle est moins ambitieuse.<br />
-CR est d’une honnêteté scrupuleuse que l’on ne rencontre dans aucun ouvrage du même type. Il précise soigneusement la frontière entre théorie démontrée par l’expérience et théorie spéculative, et n’hésite pas à avouer que tout son travail est spéculatif et pourrait s’avérer inutile.<br />
-Sa vision d’un temps purement créé par notre niveau d’appréhension superficiel des phénomènes de transformation de la matière, est tout simplement lumineuse pour le néophyte en physique, mais bon connaisseur des mécanismes de la conscience, que je suis.<br />
-Le travestissement de l’esprit scientifique par le mode d’enseignement scolaire, enfin, est argumenté avec justesse et sans emphase inutile.<br />
<span id="more-1595"></span><br />
<strong>Notes de lecture :</strong><br />
<em>En italique : extraits du livre</em>.</p>
<p>p60- L’histoire d’Anaximandre, qui a transformé la vision d’une Terre plate plafonnée d’un Ciel en celle d’un caillou flottant dans l’espace. Un bel exemple d’ascension de niveau de conscience, échappant au postulat régentant le reste de l’humanité.</p>
<p>p104- La gravitation quantique à boucles a deux caractéristiques essentielles : 1) Les boucles <em>sont</em> l’espace — elles ne flottent pas dans un espace indéterminé comme les cordes —, c’est-à-dire que se retrouve supprimé la notion d’espace « boîte » chère à Newton. 2) Le temps n’est pas présent dans les équations de la théorie ; on peut l’introduire, mais il n’est pas nécessaire — d’où le titre du livre — ; les particules matérielles interagissent et le temps n’est que cette suite d’interactions. Cette hypothèse m’est extraordinaire car c’est exactement ainsi que je décrivais le temps dans <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2011/09/03/les-norns-au-chomage-technique/">cet article</a>, sans jamais avoir rien lu sur la gravitation quantique et les boucles.</p>
<p>Voici la contribution géniale de Carlo Rovelli :<br />
<em>L’idée qui nous permet de retrouver un temps macroscopique à partir d’une théorie fondamentale atemporelle est que le temps apparaît seulement dans ce contexte statistique thermodynamique. Une autre façon de le dire est que le temps est un effet de notre ignorance des détails du monde. Si nous connaissions parfaitement tous les détails du monde, nous n’aurions pas la sensation de l’écoulement du temps.</em></p>
<p>p109- USA vs Europe : points forts et points noirs exposés de façon remarquablement objective.</p>
<p>p139- Les défauts de l’enseignement scolaire : la connaissance scientifique signifie être ouvert au révolutionnaire, au subversif. Or, à l’école, au contraire, la science est enseignée comme une liste de « faits vrais » indéboulonnables. Cela trahit la nature même de la pensée scientifique et participe certainement à l’apparition, parmi ces élèves, de futurs détracteurs, qui auraient pu devenir de bons scientifiques « subversifs ».</p>
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		<title>Le monde s&#8217;est-il créé tout seul ? &#8211; Collectif</title>
		<link>http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2012/03/31/le-monde-s-est-il-cree-tout-seul/</link>
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		<pubDate>Sat, 31 Mar 2012 09:14:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres disséqués]]></category>

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		<description><![CDATA[7/10 Livre tempête Idée essentielle : Débat sur l’origine de l’Univers, avec six scientifiques éclectiques, qui indiquent leurs positions sans les confronter vraiment puisqu’il s’agit d’une série d’interviews. L’éclectisme est garanti par le fait que deux d’entre eux ne font pas mystère de leur croyance en Dieu. Ils traitent cependant leur foi de façon très différente. <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2012/03/31/le-monde-s-est-il-cree-tout-seul/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2253128260/rhumatologiep-21"><img class="alignleft size-full wp-image-1592" title="le-monde-s-est-il-cree" src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2012/03/le-monde-s-est-il-cree.jpeg" alt="" width="176" height="286" /></a> <strong>7/10</strong> <em><a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/troquet/2011/03/26/livres-azur-et-livres-tempete/">Livre tempête </a></em><br />
<strong>Idée essentielle</strong> :<br />
Débat sur l’origine de l’Univers, avec six scientifiques éclectiques, qui indiquent leurs positions sans les confronter vraiment puisqu’il s’agit d’une série d’interviews. L’éclectisme est garanti par le fait que deux d’entre eux ne font pas mystère de leur croyance en Dieu. Ils traitent cependant leur foi de façon très différente. L’exercice est parfaitement réussi : chaque lecteur peut se faire sa propre idée, sans bien sûr pouvoir éplucher la validité des théories énoncées, qui ne sont que résumées, suffisamment bien cependant pour ne pas laisser sur sa faim en refermant cet ouvrage de vulgarisation.<br />
<span id="more-1591"></span></p>
<p><strong>Notes de lecture :</strong><br />
<em>En italique : extraits du livre</em>.</p>
<p><strong>Trinh Xuan Thuan</strong> : enthousiaste jusqu’à céder à la pensée magique<br />
Sa défense du principe anthropique fort, dont il est le seul soldat dans ce livre, ne tient pas la route. L’idée que les paramètres extraordinairement précis de l’Univers, seuls possibles pour l’émergence de la conscience humaine, soient la preuve d’une Volonté Créatrice, n’est pas seulement anthropique, mais anthropomorphique. Elle boîte sur deux erreurs :<br />
-Personne n’a testé d’autres paramètres pour voir si émergeait une conscience non humaine.<br />
-Elle postule que l’Homme doit exister de toute façon, alors que l’on peut imaginer des billiards d’univers où personne n’est là pour se poser la question. Cette crainte de disparaître s’insinue jusqu’en physique fondamentale…<br />
Nous pourrions, pour montrer où mène le concept, dire que s’il y avait 1 chance sur 10 puissance 43 que l’Homme apparaisse dans l’univers, il y en avait 1 sur 10 puissance 90 — approximativement — que je mange un croissant avec un café chaud au petit déjeuner ce matin : ainsi la preuve est considérablement plus élevée que l’Univers a été conçu dès le départ précisément pour que j’ingère un croissant et un café ce matin… C’est un grand honneur !<br />
*<br />
<strong>Ilya Prigogine</strong>: une valeur sûre, classique.<br />
p89- <em>la création est un phénomène fluctuant, probabiliste et mathématiquement non réversible, avec des points de bifurcation […] Il n’est pas possible de faire des modèles quantitatifs vraiment détaillés de la source, de l’origine, même si, en biologie, nous voyons des phénomènes qui correspondent à ces créations d’information</em>.</p>
<p>p92- <em>la nature ne prévoit pas plus que nous. Comme nous, elle improvise […] La créativité de la nature  et celle de l’homme sont très fortement liées</em>.</p>
<p>p102- <em>J’adhère à une vision probabiliste non linéaire, qui nous donne une responsabilité grandissante. Hegel disait : « Il est plus facile d’être esclave que maître. » Plus nous comprenons l’univers, plus nous avons de responsabilités — vis à vis de l’homme, mais aussi vis à vis de la nature, de la végétation, des animaux… —</em><br />
*<br />
<strong>Albert Jacquard</strong> : le plus pétulant<br />
p111- <em>Qu’est qu’il y avait avant le Big Bang ? […] Il n’y avait pas de « il y avait » car il n’y avait pas de Temps […] pas d’avant donc il n’y a pas eu de création et donc il n’existe pas de créateur.</em><br />
<em>« Voilà de quoi inquiéter les théologiens ! »</em><br />
<em>Pensez-vous ! Certains sont très contents, au contraire, que l’on débarrasse enfin Dieu de ce rôle stupide et ridicule de bricoleur qui, pour ne plus s’ennuyer dans le néant, décide de faire des quarks, des neutrons, des protons, des Big Bang. C’est un blasphème, pensent ces théologiens, que de ramener Dieu au niveau du petit crétin qui fait des expériences dans son labo — lesquelles dérapent d’ailleurs de temps en temps —. […] Dieu est innocent de la toute-puissance dont certains veulent l’accabler.</em></p>
<p>p112- <em>la sensation est proportionnelle au logarithme de l’excitation. Si vous avez cent grammes dans une main et que vous en ajoutez dix, vous obtenez une certaine sensation d’augmentation de poids. Mais il vous faudra ajouter vingt grammes et non pas dix pour avoir la même sensation si vous avez en main un poids de deux cent grammes. Car on perçoit la variation proportionnelle et non pas la variation absolue. Ainsi pour avoir la même sensation de durée qu’entre dix et onze ans, il passer de soixante à soixante-six ans […] Par conséquent mon âge jacquardien est le logarithme du nombre de mes années. Et je retrouve l’affaire de mon origine : tout d’un coup j’existais, c’est un évènement qui a eu lieu dans le temps cosmique. Mais pour mon temps jacquardien ? Cet évènement n’a pas pu avoir lieu. Car à l’instant zéro, le logarithme de mon âge, ce n’est pas zéro ; le logarithme de zéro, c’est moins l’infini. Et mevoici, ayant retrouvé l’éternité, dans le passé ! C’est bien plus beau que dans l’avenir ! Vous avez devant vous quelqu’un qui sort de l’éternité ! Moi j’aime bien me noyer dans l’infini de mon logarithme. On voit les choses autrement, et ce n’est pas plus bête. Il n’y a pas de début d’Albert Jacquard</em>.<br />
Il faut toujours s’illusionner sur son existence, et sans Dieu c’est beaucoup moins simple. Albert étend son passé d’une façon simpliste avec une fonction mathématique, et occulte visiblement un vide de conception pour l’avenir. Radotage…</p>
<p>p121- Péguy : <em>O Dieu qui les avez pétris de cette terre, ne vous étonnez pas de les trouver terreux !</em><br />
<em>La barrière supposé entre animé et inanimé saute à partir du moment où l’on comprend que tout être vivant fonctionne avec de l’ADN, et que l’ADN n’est pas une molécule mystérieuse : c’est une molécule comme le benzène — plus complexe, mais il y a une continuité —. Non la frontière, selon moi, est l’apparition de la conscience</em>.<br />
Complètement : déplaçons le sacré du vivant sur la conscience.<br />
*<br />
<strong>Joêl de Rosnay</strong> : à la pointe de la perspective, le plus cohérent dans cet ouvrage avec Atlan<br />
p141- Ecologie comme économie sont des écosystèmes : l’économie constitue une écologie du système sociétal et l’écologie, une économie de la nature. Les mêmes principes symbionomiques y entrent en jeu […] La relation parasitaire doit devenir une relation symbiotique.</p>
<p>p144- <em>la recherche sur l’intelligence artificielle, tant qu’elle a cherché à imiter l’intelligence humaine via des ordinateurs, n’a rien donné. Tout a changé quand elle s’est transformée en recherche sur la vie artificielle : puisqu’un insecte comme la mouche réagit aux sollicitations de l’environnement, apprend et se régule, il doit être possible de copier son comportement et de le faire imiter par des systèmes très simples, en construisant de l’intelligence artificielle du bas vers le haut plutôt qu’en sens contraire.</em><br />
Idem pour comprendre le fonctionnement de notre conscience.<br />
*<br />
<strong>Jean-Marie Pelt</strong> : la foi déconnectée de la science<br />
p155- <em>Je reçois le Livre de la Génèse comme ce qu’il est, c’est-à-dire comme un texte écrit par des hommes exilés en Mésopotamie, six siècles avant Jésus-Christ, et très malheureux de ne pas être à Jérusalem. Dans ce contexte-là, ils décident de rédiger un morceau de bravoure en l’honneur de leur Dieu, qu’ils hissent tout de suite au sommet pour en faire le chef suprême !</em><br />
JMP est parfaitement cohérent dans sa croyance en Dieu émancipée du monde matériel et des indices qu’il pourrait en donner. En même temps, cela balaye tout ce qui est d’essence humaine dans l’histoire des religions… ce qui ne laisse pas grand chose. Je pense qu’au contraire la plupart des gens ont besoin de voir Dieu autour d’eux, et qu’il faut s’appeler JMP pour en faire un concept aussi impondérable, devenu extérieur à tout ce que nous pouvons contempler de l’univers. Au final, on ne peut même plus faire de Dieu un concept, mais une juxtaposition des innombrables représentations présentes dans les polyconsciences.<br />
*<br />
<strong>Henri Atlan</strong> : Le déterministe résistant. Plus engagé que De Rosnay, avec la belle performance de rester tout aussi cohérent.<br />
p188- <em>« Que faites-vous de l’idée d’incomplétude, selon laquelle la réalité est finalement, dans son essence même, à jamais inconnaissable à 100% ? […] Aucun système de pensée ne peut « épuiser le réel ». Ainsi les mots ont la capacité de décrire tout ce qui existe, sans jamais parvenir à s’en emparer ! »</em><br />
<em>Oui, mais l’incomplétude, tout comme le hasard, peut être interprétée soit comme une propriété de la réalité en soi, soit comme une propriété de nos connaissances et du pouvoir que nous avons sur la réalité. « La réalité dans son essence même », comme vous dites, personne ne peut rien en dire, ni qu’elle est connaissable, ni qu’elle est inconnaissable à 1 ou 100%. Et les mots n’ont probablement pas la capacité de décrire tout ce qui existe. J’aurais tendance à considérer l’incomplétude dont vous parlez comme une limitation de la connaissance humaine, qui nous oblige à recourir à des calculs de probabilité, mais qui ne prouve pas l’inexistence d’un déterminisme absolu</em>.</p>
<p>p199- Contre le sacré du « naturel » : <em>L’artificiel est du naturel suscité, non du faux ou de l’humain pris pour du naturel</em>.</p>
<p>p201- La fausse rationalité du principe de précaution : <em>cette idée qu’en appliquant quelques principes rationnels nous serions à l’abri de tous les dangers est elle-même un fantasme de maîtrise totale et de toute-puissance de la Raison. Un fantasme qui fait croire que les progrès des techno-sciences nous donneront une maîtrise absolue sur nous-mêmes et sur les choses de la nature</em>.</p>
<p>p212- <em>Plus la science avance, plus s’accroît le nombre des déterminismes qu’elle découvre — et qui nous meuvent de l’extérieur —. Plutôt que de s’accrocher aux trous du déterminisme, comportements que l’on croit librement choisis parce qu’on n’en a pas (pas encore ?) découvert les causes, autant renoncer à la croyance au libre arbitre, ne pas se faire d’illusions, et accepter que nous sommes déterminés… C’est alors seulement que peut émerger une « libre nécessité », qui est en fait la vraie liberté — qu’il ne faut pas confondre avec le libre-arbitre — quand nous connaissons, comprenons et intériorisons de plus en plus ces déterminismes et y adhérons de façon active, aussi joyeuse que possible, du fait même de notre connaissance. Cette liberté est asymptotique : il s’agit, grâce à la connaissance, de se percevoir comme une partie de la nature, qui se cause elle-même de façon nécessaire. En se causant elle-même, elle n’est pas contrainte</em>.</p>
<p>p216- <em>certains grands biologistes ont préconisé de faire une carte génétique pour chaque bébé qui naît, afin de pouvoir décider qui aura le droit de vivre et qui, au contraire, devra être tué. Autrement dit il y a toujours un danger de totalitarisme sur la base d’une nouvelle connaissance. Et ce danger est d’autant plus grand que cette connaissance est puissante et efficace</em>…</p>
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		<title>Musil Robert &#8211; L&#8217;homme sans qualités T2</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Mar 2012 00:12:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres disséqués]]></category>

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		<description><![CDATA[9/10 Livre tempête Suite de la digestion de ce livre inclassable, entre essai philosophique et psychologique, roman, poésie. Jamais achevé, difficile, et incontournable. Notes de lecture : En italique : extraits du livre. p79- Il semble que les hommes qui ne font pas beaucoup de bien soient seuls en mesure de garder leur bonté. (Il semble que <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2012/03/14/musil-robert-lhomme-sans-qualites-t2/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2757803697/rhumatologiep-21"><img class="alignleft size-full wp-image-1586" title="homme-sans-qualites2" src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2012/03/homme-sans-qualites2.jpg" alt="" width="400" height="657" /></a> <strong>9/10</strong> <em><a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/troquet/2011/03/26/livres-azur-et-livres-tempete/">Livre tempête </a></em><br />
Suite de la digestion de ce livre inclassable, entre essai philosophique et psychologique, roman, poésie. Jamais achevé, difficile, et incontournable.<br />
<span id="more-1585"></span></p>
<p><strong>Notes de lecture :</strong><br />
<em>En italique : extraits du livre</em>.</p>
<p>p79- <em>Il semble que les hommes qui ne font pas beaucoup de bien soient seuls en mesure de garder leur bonté.</em><br />
<em>(Il semble que la bonté déserte l’homme dans la mesure où elle devient bonne volonté et bonnes actions. Une rivière qui alimente des fabriques perd sa pente)</em>.</p>
<p>p85- <em>Dans toute mauvaise chose, quelque chose de bon. […] Quand tu regrettes quelque chose, tu peux trouver dans l’acte même du regret la force de faire quelque chose de bien dont tu n’aurais pas été capable autrement. Ce n’est jamais ce qu’on fait qui est décisif, mais toujours ce qu’on fait après !</em></p>
<p>p122- <em>[Les églises] n’ont jamais reconnu cette expérience exaltée sans restriction [commune], tout au contraire, elles ont fait de grands efforts pour la remplacer par une morale compréhensible et bien réglée. Ainsi l’histoire de cet état est l’histoire d’une négation et d’une raréfaction progressives qui évoquent l’assèchement d’un marais.</em><br />
Belle sortie de RM sur la ferveur envers un plus grand que soi, retrouvée dans toutes les religions si l’on outrepasse leurs différences culturelles. Mais c’est méconnaître le rôle de la religion, un outil de contrôle social des masses populaires. Pour les autres, l’accès à cette ferveur n’a aucune obligation de passage par la religion.</p>
<p>p126- <em>Je crois que toutes les prescriptions de notre morale sont des concessions à une société de sauvages.</em><br />
<em>[…] Si tu retires de notre vie ce qui est sans équivoque, il ne reste plus qu’une bergerie sans loup.</em><br />
<em>Je crois même que l’abjection est notre ange gardien !</em><br />
<em>Donc je ne crois pas !</em></p>
<p>p142- (A propos de Meingast, le prophète hébergé et vanté par Clarisse et Walter) <em>Il y a des boucs émissaires pour les vertus comme pour les péchés; et il y a des moutons qui ont besoin d’eux !</em></p>
<p>p169- <em>D’ordinaire, la vie, en nous, ressemble au passage perpétuel d’une eau qui afflue et s’écoule. Les excitations que nous subissons proviennent de l’extérieur et s’écoulent à nouveau vers l’extérieur sous forme de paroles ou d’actions. Imaginez une sorte de mécanisme. Puis imaginez qu’il se détraque : il doit se produire alors un barrage, une accumulation d’eau. Ou quelque inondation. Ou, dans certaines circonstances, une simple crue […]</em><br />
<em>Les physiologistes disent que ce que nous appelons acte conscient provient de ce que l’excitation, loin de traverser simplement l’arc diastaltique, est obligée de faire un détour : le monde où nous ressentons et le monde où nous agissons ressemblerait donc, bien qu’ils nous semblent une seule et même chose, au niveau supérieur et inférieur d’un bief, reliés par une sorte de bassin d’accumulation de la conscience ; de la hauteur, de la force et d’autres qualités analogues de ce bassin dépend la régularisation du débit de l’eau. Autrement dit : quand un trouble se produit d’un côté (indifférence au monde, dégoût de l’action), on pourrait parfaitement admettre qu’une deuxième conscience, plus haute, se constitue de la sorte ?</em></p>
<p>p188- <em>Agathe et lui s’opposaient à Hagauer à peu près comme deux êtres mauvais-de-la-bonne-manière à un homme bon-de-la-mauvaise-manière. Quand on fait abstraction du bon gros milieu de la vie, occupé à juste titre par des gens dans la pensée de qui les mots de bon et de mauvais n’apparaissent plus dès qu’ils ont lâché les jupes de leur mère, les bords, les marges (où apparaissent encore des efforts volontairement moraux) sont abandonnés aujourd’hui à ces êtres mal-bons ou bien-mauvais : les uns, n’ayant jamais vu voler ni entendu chanter le bien, exigent de leurs contemporains qu’ils s’enthousiasment pour un paysage d’oiseaux empaillés et d’arbres morts ; alors que les autres, les mauvais par bonté, exaspérés par leurs rivaux, manifestent au moins en pensée une tendance ardente au mal, comme s’ils étaient persuadés que les actes mauvais, moins usés que les bons, sont seuls à contenir encore une étincelle de vie morale. Ainsi le monde avait alors le choix entre périr de sa morale paralysée ou de ses vifs immoralistes</em>.</p>
<p>p192- <em>Sa dévotion la plus totale à la science n’était pas parvenue à lui faire oublier que la beauté et la bonté des hommes proviennent de ce qu’ils croient, et non point de ce qu’ils savent. Mais la croyance avait toujours été liée à la science, dès les premiers jours de sa magique naissance, même s’il s’agissait d’une science imaginée. Cette antique part de la science est pourrie depuis longtemps, elle a entraîné la croyance dans la même décomposition : il s’agit aujourd’hui de rétablir leur alliance. Non pas, bien entendu, en amenant simplement la croyance « à la hauteur de la science » ; mais en faisant en sorte que la croyance prenne son vol de cette hauteur. Il faut réexercer l’art de s’élever au-dessus de la science</em>.</p>
<p>p200- <em>Le prophète, irrité, avait ouvert une noix, l’avait épluchée et en portait les morceaux à sa bouche. Personne ne l’avait compris. Il interrompit son discours au profit d’un lent mouvement masticatoire auquel participa aussi la grande pointe légèrement relevée de son nez, tandis que le reste du visage gardait une immobilité ascétique, sans que son regard quitta la gorge de Clarisse. Involontairement, les yeux des deux autres hommes abandonnèrent aussi le visage du maître et en suivirent le regard absent. Clarisse sentit une sorte de succion, comme si elle risquait, regardée plus longtemps de la sorte, d’être aspirée par ces six yeux</em>.</p>
<p>p249- <em>Quand l’amoureux retrouve tout son sang-froid, il voit alors « toute la vérité », mais quelque chose de plus vaste a été détruit, et la vérité n’est plus qu’un reste recousu tant bien que mal.</em><br />
Voilà une merveilleuse expression de la polyconscience, et même plus précisément du concept de conscience esclavagiste : des personae sont glorifiées par l’expression de la vérité tandis que d’autres sont repoussées dans l’ombre. Cela peut être vu comme un progrès d’organisation ou une perte pour l’imagination. Le compromis est justement, en polyconscience, de ne reléguer personne définitivement dans l’ombre, car la vérité ne peut être que temporaire. Elle est une célébrité, parfois brève, des personae qui ont abouti à sa conception.</p>
<p>p251- <em>Le désir de vivre pour un autre, ce n’est que la faillite de l’égoïsme qui, aussitôt, prend un associé et ouvre un nouveau commerce à côté de l’ancien !</em></p>
<p>p258- <em>Dans ces livres qui parlent, avec la candeur loyale d’un maître de gymnastique, des « révolutions de la vie sexuelle », l’homme et la femme ne s’appellent plus autrement que « porteurs de germes mâle ou femelle » ou encore « partenaires sexuels », et on baptise « problème sexuel » l’ennui, qu’il s’agit de bannir de leurs rapports par toute espèce de variantes physiques ou psychiques</em>. Excellent !!</p>
<p>p260 &#8211; S’il doit vraiment y avoir des mariages pour la vie, ils ont au moins l’avantage d’enlever au partenaire tout son potentiel érotique.</p>
<p>Ici le livre bascule de façon étonnante dans une très savoureuse et intelligente défense de la cause féminine. A lire jusqu’à la p264.<br />
L’infériorité physique de l’homme ou la théorie du fiasco :<br />
<em>« Contrairement à la femme qui est toujours disponible au plaisir, l’homme, ou, en un mot, la part la plus virile de l’homme, est très facilement intimidée.</em><br />
<em>Le porteur de germe mâle étant très exposé au fiasco, il ne se sent sexuellement sûr que s’il n’a pas à redouter une quelconque supériorité psychique de la femme. C’est pourquoi les hommes n’ont presque jamais le courage de lutter avec une femme qui est humainement leur égale. Du moins essaient-ils aussitôt de la rabaisser. Diotime dit que le leitmotiv de toutes les entreprises amoureuses des hommes, et particulièrement de leur présomption, est l’angoisse. Les grands hommes ne la cachent pas […] Les plus petits la dissimulent sous une prétention physique brutale et abusent de la vie intérieure de la femme […] Cette façon que vous avez de nous déshonorer </em>tout de suite !… ou jamais ! <em>n’est qu’une sur… » Elle allait dire compresse, mais Ulrich lui souffla : « Compensation ! »</em><br />
<em>—Oui. Ainsi vous évitez de penser à votre infériorité physique !</em><br />
<em>—Qu’avez-vous donc résolu ? demanda courtoisement Ulrich.</em><br />
<em>—Il faut s’efforcer d’être gentille envers les hommes !</em></p>
<p>Je regrette que la vie ne m’ait pas laissé l’espace d’écrire un livre comme celui de Musil, dont la conscience libérée de toute entrave par l’oisiveté est allée fureter sous tous les tapis des ballets de la société humaine.<br />
Mais ce livre laisse simultanément un malaise, celui que l’auteur n’en ait jamais trouvé la porte de sortie, parce que les connaissances de l’époque sur l’homme et sa physiologie étaient insuffisantes.<br />
Actuellement il est sans doute possible de trouver une réponse à la question existentielle en bien moins de pages. Un avantage… ou un recul pour les perspectives offertes à l’imagination ?</p>
<p>p274- <em>il est un cercle de questions dont la circonférence est partout et le centre nulle-part</em>.<br />
Dommage l’effet est réduit par la 2ème partie de la phrase : <em>ces questions se ramènent toute à une seule : comment dois-je vivre ?</em></p>
<p>(L’installation d’Agathe chez Ulrich)<br />
<em>Il vida des armoires comme un chasseur étripe du gibier […] Vivement, il déplaça les objets d’usage quotidien qui avaient vécu jusqu’alors à leur place avec la tranquillité des fleurs d’un jardin d’agrément […] Lorsque tout l’ordre d’Ulrich eut été plus ou moins complètement changé en désordre, il ne resta plus par terre que ses pantoufles de cuir luisantes, abandonnées, tel un bichon humilié parce qu’on l’a jeté hors de sa corbeille […] Déjà c’était le tour des bagages d’Agathe. Autant ils étaient apparus modestes, autant ils se révélèrent riches en petites choses finement pliées qui se déployaient lorsqu’on les sortait et ne s’épanouissaient pas autrement à l’air que les centaines de roses tirées de son chapeau par un illusionniste</em>.</p>
<p>Celui qui ressent un malaise devant les entreprises d’Ulrich envers sa soeur n’a forcément fait que côtoyer le fleuve tumultueux de l’esprit de Robert Musil jusque là, et reste prudemment sur la berge de ses conventions habituelles en regardant cette chute sauvage.</p>
<p>p286- […] <em>le pourcentage, extrêmement bas pour chacun, de participation de l’être humain à ses actes. En rêve il semble que ce soit cent pour cent, mais dans l’état de veille ce n’est même pas un demi pour cent !</em><br />
Ce n’est surtout pas la même configuration de personae qui s’exprime.<br />
<em>Tu l’as remarqué tout de suite, aujourd’hui, à mon logement ; il en va de même pour mes relations avec les personnes dont tu feras bientôt la connaissance. J’ai nommé cela « l’acoustique du vide ». Quand une épingle tombe sur le parquet dans une chambre vide, le bruit en semble disproportionné, démesuré : il en va de même quand le vide règne entre les êtres. On ne sait plus si l’on crie ou si plane un silence de mort.</em><br />
<em>[…]</em><br />
<em>Quand j’étais plus jeune, j’ai tenté de voir dans ce vide même une force. On n’a rien à opposer à la vie ? Tant mieux : la vie quittera l’homme pour se réfugier dans ses oeuvres !</em><br />
<em>[…]</em><br />
<em>Te rappelles-tu que nous avons parlé de la </em>morale de productivité <em>? C’est là l’image innée sur laquelle nous nous guidons. Mais plus on vieillit, plus clairement on se rend compte que cette apparente démesure, cette indépendance et cette mobilité en toutes choses […] ne sont au fond qu’une faiblesse du tout à l’égard de ses parties. […] A peine désires-tu être tout entier au centre de quelque chose que tu te vois rejeté sur les bords.</em></p>
<p>De cette tirade surgit le thème de l’oeuvre, un homme sans qualités, plus précisément méfiant vis à vis de toute décision et simultanément déçu de ne pas trouver motif à s’engager pleinement, piétinant sur les bords de tous les projets sans trouver de centre pour l’accueillir. La question existentielle reste sans réponse. RM irrite son lecteur en faisant mine de s’approcher de révélations, par des questions étonnamment clairvoyantes, mais il reflue chaque fois devant une quelconque fermeté de réponse.<br />
La « faiblesse du tout à l’égard de ses parties » illustre la conception classique d’un Moi idéal qui serait bridé par des rouages imposés par la société. En polyconscience c’est le contraire : il faudrait parler de « tyrannie du tout  à l’égard de ses parties », c’est-à-dire la panconscience sociale occultant le reste de la polyconscience.</p>
<p>p293- <em>Walter sentit qu’aucun bonheur avec une autre femme ne pourrait remplacer son malheur avec Clarisse</em>.<br />
Ce n’est pourtant pas le genre de RM de tomber dans la grandiloquence, parce qu’il ne s’avance jamais assez loin dans une conviction.</p>
<p>p300- <em>Les êtres qui se vantent d’expliquer et de comprendre le monde sont à jamais incapables d’y rien changer […] Le Vrai et le Faux sont les échappatoires de ceux qui refusent toujours la décision. Car la vérité est une chose sans fin</em>.<br />
Particulièrement juste. RM a l’habileté de mettre ces mots dans la bouche de Meingast plutôt que chez Ulrich, dont le défaut de convictions est douloureusement pointé par ces mots.<br />
On n’imagine pas le monde avancer aussi vite sans des intentions puissantes, assorties de décisions, et protégées par des oeillères. Mais le monde a-t-il déjà expérimenté leur absence ? Ulrich ne fait pas l’effet d’un impuissant.</p>
<p>p323- <em>Aujourd’hui que la silhouette féminine évoque un poulet passé à la flamme, il est difficile d’imaginer sa silhouette de jadis avec tout le charme, ridiculisé depuis lors, de ce qui aiguise longuement l’appétit</em>…<br />
Que ne dirait-on pas maintenant avec tout ce nu à disposition…</p>
<p>p348- <em>Les crimes sont la réunion chez messieurs les pécheurs de toutes les petites irrégularités que les autres hommes laissent passer. Je veux dire dans leurs rêveries et dans les mille méchancetés et gredineries quotidiennes de la pensée. On pourrait dire aussi que les crimes sont dans l’air et qu’ils cherchent simplement la voie de la moindre résistance qui les entraîne vers des individus déterminés. On pourrait même dire que, s’ils sont sans doute l’acte d’individus incapables de moralité, ils n’en sont pas moins essentiellement l’expression condensée d’une erreur générale des hommes dans la distinction entre le bien et le mal</em>.</p>
<p>p352- <em>Ne pas pouvoir s’entendre avec son voisin mène souvent à se dévouer à l’humanité</em>.</p>
<p>p355- <em>Il est plutôt dangereux de rêver au-delà de son expérience.</em><br />
Plus exactement le rêve sert à — et doit — tirer l’expérience en avant, mais sans la laisser à la traîne, au risque de la rendre tellement éloignée que le rêve est alors rebaptisé délire.</p>
<p>p403- <em>Rien n’est plus dangereux, en diplomatie, que de parler de la paix en amateur ! Chaque fois que le désir de paix a atteint une certaine intensité et n’a pu être contenu, on a eu la guerre !</em></p>
<p>p420- <em>Ce qui distingue un homme sain d’un aliéné, c’est précisément que l’homme sain a toutes les maladies mentales, et que l’aliéné n’en a qu’une. […]</em><br />
<em>Voilà ce que cela signifie. Si je puis entendre par morale la régulation de toutes les relations qui comprennent, entre autres, le sentiment, l’imagination, etc, je vois que l’individu, en morale, se règle sur les autres et semble ainsi acquérir quelque solidité, mais que l’ensemble de ces individus ne sort pas d’un état de délire</em>.<br />
RM a en première partie raison. Par contre l’appréciation du « délire » de la société globale ne peut être qu’en référence à un avis particulier, et n’a donc aucune portée. C’est comme si l’on demande à un citoyen ce qu’il pense du Président. Certaines choses vont et d’autres ne vont pas. On ne peut jamais se retrouver entièrement en lui, et pourtant il a été <em>choisi</em>. Comment se retrouver alors dans un amalgame tel que la société ?</p>
<p>p438- <em>Le sentiment constitue une unique et séculaire fermentation sans résultat. L’homme est une créature qui ne peut vivre sans enthousiasme. L’enthousiasme est l’état où tous ses sentiments et toutes ses pensées coïncident dans un même esprit […] Mais la force de cet enthousiasme manque d’appui. Les sentiments et les pensées n’acquièrent une continuité qu’en s’étayant les uns les autres, en formant un tout, il faut qu’ils soient, en quelque sorte, orientés dans le même sens, qu’ils s’entraînent mutuellement.  Par tous les moyens, les stupéfiants, les illusions, la suggestion, la foi, la conviction, quelquefois simplement grâce au pouvoir simplificateur de la bêtise, l’homme s’efforce de créer un état qui ressemble à celui-là. Il croit aux idées non pas parce qu’il leur arrive d’être vraies, mais parce qu’il </em>doit<em> croire. Parce qu’il </em>doit<em> faire régner l’ordre dans son coeur. Parce qu’il doit boucher au moyen d’une illusion ce trou dans les parois de sa vie par lequel ses sentiments ne demandent qu’à fuir à tous les vents</em>.</p>
<p>p458- <em>Il souriait […] lorsqu’il voyait de jeunes créatures des deux sexes, le feu aux joues, idolâtrer la culture. Ils ne savaient pas que la force vitale s’accroît par la limitation, non dans la dispersion. Ils souffraient tous de la crainte de n’avoir pas de temps pour </em>tout<em>, ignorant qu’avoir du temps, c’est n’avoir </em>pas<em> de temps pour tout. Lindner avait compris qu’une mauvaise constitution nerveuse ne provenait pas du travail et de son rythme trop rapide, selon les accusations de l’époque, mais tout au contraire de la culture, de l’humanisme, des récréations, de l’interruption du travail, de ces minutes de liberté où l’homme voudrait vivre pour soi et cherche quelque chose qu’il puisse juger beau, divertissant ou important : minutes d’où montent les miasmes de l’impatience, du malheur et de l’absurde</em>.</p>
<p>p478- <em>Jamais un homme ne se juge absolument lâche : quand quelque chose l’effraie, il se sauve juste assez loin pour se retrouver héros !</em></p>
<p>p481- <em>il était rare qu’il vit un beau visage sans éprouver un peu de compassion. Selon ses convictions, les êtres ainsi distingués étaient presque toujours les martyrs de leur brillante apparence qui les poussait à la présomption, avec son sournois cortège, la froideur du coeur et la superficialité</em>.<br />
Musil est habile : Quand l’une de ses provocations lui semble moins assurée, il la met dans la bouche d’un Lindner coincé.</p>
<p>p504- <em>Le sentiment du temps avait subi la même altération que le sentiment de l’espace ; ce ruban d’eau courante, cet escalier roulant avec son sinistre arrière-plan de mort semblait souvent s’immobiliser, et souvent s’écouler sans aucun lien avec le reste</em>.</p>
<p>p512- <em>le problème fondamental de l’essence du probable semble de plus en plus vouloir se substituer au problème de l’essence de la vérité, bien qu’il n’ait été d’abord qu’un outil pour résoudre des problèmes déterminés.</em><br />
<em>On aurait pu dire aussi bien que, peu à peu, « l’homme probable » et la « vie probable » prenaient la place de « l’homme vrai », de la « vie vraie » qui n’avait été qu’imagination et duperie.</em><br />
Quelle prescience de Musil dans ce passage !</p>
<p>p516- <em>Dieu a prudemment agi en s’arrangeant pour qu’un éléphant donne toujours un éléphant, et un chat un chat : d’un philosophe, il naît un perroquet et un contre-philosophe !</em></p>
<p>p529- (à propos des dandys de l’esprit) <em>Quelqu’un qui se bourre de tout ce qu’il trouve ne peut qu’être informe comme un sac</em>.</p>
<p>p532- <em>Agathe demanda ce qu’on entendait par esprit objectif : c’était une notion que les gens plus scientifiques qu’elle faisaient tournoyer autour d’eux comme une fronde au point qu’elle en rentrait la tête dans les épaules.</em></p>
<p>p534- <em>Comme il arrive souvent quand une pensée gagne en exactitude, la réflexion, si elle renonce à certaines réponses erronées, renonce aussi à quelques questions plus profondes.</em></p>
<p>p535- <em>L’empirisme : ce qui se reproduit assez fréquemment doit continuer à se reproduire ainsi […]</em><br />
<em>L’empiriste […], capable de tirer de cent expériences dépassées mille expériences nouvelles, mais qui demeurent toujours dans le même cercle : l’homme qui a produit ainsi l’uniformité gigantesque, apparemment profitable, de l’âge technique. L’empirisme comme philosophie pourrait passer pour la maladie infantile de cette nouvelle espèce humaine…</em><br />
RM dépeint avec beaucoup d’avance, et une merveilleuse ironie, la médecine moderne.</p>
<p>p547- <em>N’être pas aimé selon son mérite, c’est la tristesse de toutes les vieilles filles des deux sexes</em>.</p>
<p>p552- <em>Lorsque la psychanalyse (parce qu’une époque qui fuit la profondeur intellectuelle ne peut qu’apprendre avec étonnement qu’elle possède une psychologie des profondeurs) commença à devenir une philosophie à la mode et vint rompre la monotonie de la vie bourgeoise, tout s’expliqua par la libido, au point qu’en fin de compte, il est aussi malaisé de dire de cette clef (ou fausse clef) ce qu’elle pourrait être que ce qu’elle n’est pas</em>.</p>
<p>p554- De la naissance du sentiment : Voici le revers de la désaffection de Musil pour la psychanalyse, et par ricochet pour la source de nos intentions — car si RM a senti immédiatement les failles et excès de la discipline, il rate son aspect révolutionnaire qui est de se pencher pour la première fois sur un niveau bien plus intime de nos intentions —. Il se retrouve à tenter d’en comprendre les effets, sans posséder le plan de conception, et semble gloser en pure perte.<br />
Par contre l’articulation <em>dispositions élaboration cristallisation</em>, dans la construction du sentiment, est très pertinente.</p>
<p>p556- …<em>l’expérience que l’on fait en examinant ses propres sentiments, surtout quand on le fait </em>à la loupe<em>. Ils deviennent imprécis et difficiles à distinguer. Ce qu’ils perdent alors en netteté du à l’intensité, il semble qu’ils devraient le regagner par l’attention ; mais non</em>.<em> […]</em><br />
<em>Ce n’était pas par hasard qu’il associait l’abolition du sentiment dans l’analyse et celle qui se produit au plus haut degré de l’excitation. Dans les deux cas, il s’agit d’états où l’action est suspendue ou gênée. Comme le rapport entre agir et sentir est intime au point que beaucoup le tiennent pour une unité, ces deux exemples ne se complétaient pas sans raison</em>.<br />
Les pages suivantes sont une réflexion également intéressante sur l’amour et le sentiment.</p>
<p>p560- …<em>idée tacite, à savoir qu’il est infiniment moins simple d’aimer que ne voudrait le faire croire la nature en en confiant les outils au premier bousilleur venu</em>.</p>
<p>p564- Les 2 manières de vivre passionnément : la très visible, qui <em>évoque l’agitation qui règne dans une cage de fauve à l’heure du repas</em>, l’autre qui <em>refuse absolument de s’engager dans les actes auxquels les moindres sentiments vous poussent. Dans ce cas, la vie devient pareille à un rêve étrange où le sentiment monte jusqu’à la cime des arbres…</em><br />
RM appelle le premier modèle « appétitif » et le second « non appétitif » ou contemplatif.<br />
<em>Les hommes de la première espèce portent la main sur tout et besognent partout ; ils passent par-dessus les obstacles comme les torrents ou se ruent dans d’autres lits en écumant ; leurs passions sont fortes et changeantes, le résultat en est une carrière fortement articulée qui ne laisse derrière elle que le bruit de son passage.</em></p>
<p>p575- (à propos des reproductions) <em>Comment peut-on parler de fidélité à la nature et de ressemblance là où l’espace est remplacé par une surface, les couleurs de la vie par le métal et la pierre ? C’est pourquoi les artistes qui condamnent comme photographiques ces notions d’imitation concrète et de ressemblance et qui ne reconnaissent, en dehors de quelques lois transmises en même temps que matière et instruments, que l’inspiration ou telle ou telle théorie à eux révélée, n’ont pas entièrement tort ; mais les clients portraiturés qui se jugent, après application de ces lois, des victimes d’une sorte d’erreur judiciaire, la plupart du temps n’ont pas tort non plus.</em></p>
<p>p597- <em>Bien que l’extase soit apparemment une excroissance de la vie saine, on peut dire aussi que les notions morales de la vie saine ne sont que le ratatinement de notions extatiques à l’origine</em>.</p>
<p>p602- <em>agir comme celui qui lit ses opinions imprimées et se trouve persuadé, dès lors, qu’elles sont irréfutables</em>.</p>
<p>p604- <em>le souci de voir la morale ayant une morale ou l’espoir qu’elle en ait une en secret, au lieu d’être simplement des commérages tournant autour d’eux-mêmes sur une planète roulant à la destruction</em>.</p>
<p>p633- <em>Le langage des animaux est constitué par des manifestations d’affect qui provoquent les mêmes affects chez ses congénères. Il y a des cris différents pour l’avertissement, la faim et l’amour. Je puis ajouter qu’ils éveillent non seulement le même affect, mais encore, immédiatement, l’action correspondante. La peur, le cri amoureux… glace les membres ! Ta parole est en moi et me touche : si l’animal était un être humain, il aurait le sentiment d’une mystérieuse union physique ! Mais cette suggestibilité par l’affect doit demeurer intacte chez l’homme malgré le développement du langage intellectuel. L’affect est contagieux : panique, baîllement. Il provoque facilement les représentations qui lui correspondent : un homme gai rend gai. Il s’étend aussi à des objets mal choisis : cela arrive à tous les niveaux, de la niaiserie du gage d’amour aux inventions de la grande folie amoureuse, digne de l’asile. Mais l’affect sait aussi exclure ce qui ne lui agrée pas. D’une façon comme de l’autre, il entraîne ce comportement uniforme et persistant qui donne à l’état de suggestion la force des idées fixes</em>.</p>
<p>p676- <em>Une ville comme la nôtre, vieille et belle, avec ce cachet architectural qu’entraînent les changements périodiques du goût, est un vaste témoignage de la capacité d’aimer et de l’impossibilité de le faire durablement. La fière succession de ses bâtiments ne dessine pas seulement une grande histoire, mais un perpétuel changement des directions de l’opinion. Considérée sous cet angle, elle est une versatilité pétrifiée qui, tous les quarts de siècle, se vanterait autrement d’avoir raison pour toujours</em>.</p>
<p><em>Nous nous sommes demandés à quoi le fronton grec du Parlement, avec ses jambes écartées, voulait en venir : faire le grand écart, comme seuls peuvent le faire une danseuse ou un compas, ou répandre l’idéal classique ? Quand on se replace ainsi dans un état premier d’insensibilité où l’on refuse aux choses les sentiments qu’elles attendent complaisamment, on ruine la fidélité et la foi de l’existence. C’est comme quand on regarde quelqu’un manger muettement sans partager son appétit : on ne remarque bientôt plus que des mouvements masticatoires qui n’apparaissent rien moins qu’enviables</em>.</p>
<p>p705- <em>L’esprit est inséparable de la vie comme d’une roue qu’il fait rouler et qui le </em>roue.</p>
<p>La longue étude d’Ulrich sur les sentiments a mal vieilli. Peut être sautée sans encombre.</p>
<p>p773- <em>la majorité des gens cultivés considérait la politique comme un atavisme plutôt que comme une chose importante. […] Ainsi Ulrich avait-il été habitué toute sa vie à ne pas espérer que la politique fit jamais ce qui devait se produire, mais seulement, dans les meilleurs cas, ce qui aurait du se produire depuis longtemps. Ce qu’il voyait le plus souvent en elle, c’était l’image d’une criminelle négligence. Même la question sociale, qui était tout l’univers de Schmeisser, lui semblait moins une question qu’une réponse différée. Mais il aurait pu citer une centaine d’autres « questions » de ce genre sur lesquelles l’esprit avait terminé ses enquêtes et qui n’attendaient plus, si l’on peut ainsi parler, que de ne pas croupir au bureau des Expéditions. […] ce que j’affirme n’est pas du tout exact. Presque tous les intellectuels ont ce préjugé de croire que les questions pratiques, auxquelles ils ne connaissent rien, sont faciles à résoudre : à la réalisation, on voit simplement qu’ils n’avaient pas songé à tout. D’autre part, si l’homme politique voulait penser à tout, il n’agirait jamais. C’est pourquoi la politique participe peut-être autant de la richesse du réel que de la pauvreté de l’esprit (ou du manque de représentations)</em>…</p>
<p><em>nous sommes capables de traiter quelqu’un de chien alors même que nous préférons notre chien à notre prochain</em>.</p>
<p>p799- <em>Nos contemporains sont toujours ravis quand les tâches morales semblent se ramener à des tâches médicales</em>.</p>
<p>p801- <em>Quand on longeait les parois en regardant ces images, l’accumulation de vêtements boursouflés, de visages vides, ovales levés vers le ciel et de corps suavement nus oppressait. Agathe dit : « Il y a tant d’âme là-dedans que l’ensemble agit comme une abolition de l’âme. Voyez vous-même : le mouvement vers le haut est devenu conventionnel à tel point que la vivacité irrépressible de l’être humain s’est réfugiée dans les détails moins visibles pour s’y dissimuler. Ne trouvez-vous pas que ces bas de robe, ces souliers, ces positions de la jambe, ces bras, ces plis et ces nuages débordent de la sexualité refoulée ailleurs ? On n’est pas loin du fétichisme ! ».</em><br />
<em>[Lindner] fut effrayé par le reproche et s’efforça d’abord de parler avec dédain de la beauté</em>.</p>
<p>p805- <em>C’était la capricieuse technique du pensionnat de jeunes filles avec ses passions entre grandes admirées et petites enamourées qu’Agathe appliquait contre Lindner : tantôt elle semblait accepter et comprendre ses paroles, tantôt elle l’attaquait froidement et l’effrayait, lorsqu’il se croyait en sécurité dans la réciprocité des sentiments</em>.</p>
<p>p808-<em> identifier Dieu avec la morale humaine est un blasphèm</em>e.</p>
<p>p816- <em>Il lui semblait excellent de vivre quelque temps sans femme […] Ainsi Hagauer affronta-t-il énergiquement son infortune et eut-il la satisfaction de constater que non seulement le temps, mais encore le manque de temps pouvait guérir les blessures</em>.</p>
<p>p818- <em>L’incertitude ressemblait maintenant à un filet où s’étaient prises toutes les paroles non dites encore : sans doute le tissu pouvait-il s’étendre, mais ils ne parvenaient pas à passer au travers, et dans ce manque de vocabulaire les regards et les mouvements paraissaient aller plus loin que d’habitude</em>.</p>
<p>p839- <em>Ses lèvres continuaient encore à laisser échapper des murmures comme deux petites soeurs qui parlent entre elles d’un évènement extraordinaire : elle les en empêcha en les fermant</em>.</p>
<p>p886- <em>Que tous nos idéaux seraient sots, puisque chacun d’eux, si on le prend au sérieux, en contredit un autre : tu ne tueras point, tu périras donc ? Tu ne convoiteras pas le bien de ton prochain, donc tu vivras pauvre ?… si leur sens ne résidait pas précisément dans leur caractère inaccessible, qui enflamme l’âme ! Et quelle chance pour la religion que l’on ne puisse ni voir, ni saisir Dieu</em>.</p>
<p>p888- <em>Les femmes sont là pour nous faire rêver ; elles sont une ruse de la nature pour féconder l’esprit des hommes</em>.<br />
Quand Musil a une tournure bonne, mais moins originale, à placer, il la met dans la bouche d’un moyennement original.</p>
<p>p900- <em>Peux-tu te représenter Jésus en directeur de mines ?</em><br />
<em>L&#8217;homme aux dons multiples qu&#8217;il était savait que le génie tenait moins au don qu&#8217;à la volonté.</em></p>
<p>p908- <em>Walter avait l&#8217;impression qu&#8217;on avait vidé un seau dans l&#8217;escalier, les propos d&#8217;Ulrich se répandaient et finiraient bien par se tarir.</em></p>
<p>p917- <em>Léon Fischel était las de ne trouver chez lui que du dépit. […] on peut dire que Fischel, depuis des années, était lentement assassiné par ces deux femmes. […] Une femme, dès qu&#8217;on reste quelque temps sans lui dire qu&#8217;elle est belle, perd sa beauté, et un esprit qui n&#8217;obtient aucun succès se déssèche</em>.</p>
<p>p928- <em>Il pensait rarement à lui-même comme à une « personne ». D&#8217;ordinaire il agissait en pensant que ce que l&#8217;on sent, veut, imagine, pense et crée peut être selon les circonstances un enrichissement de la vie ; mais ce que l&#8217;on est ne représente jamais, quelles que soient les circonstances, qu&#8217;une production accessoire de ce travail.[…] Naturellement, Walter était tout le contraire de lui. Il pensait beaucoup et passionnément à lui-même. Tout ce qu&#8217;il lui arrivait, il le prenait au sérieux. Parce que ça lui arrivait : comme si c&#8217;était une élection capable de métamorphoser une chose. A tout moment, il était une personne, un être complet, et parce qu&#8217;il l&#8217;était, il ne devenait rien</em>.</p>
<p>p940- <em>Nous vivons avec un pourcentage annuellement prévisible de meurtres que nous préférons commettre plutôt que de changer de mode de vie ou de dévier de la ligne d&#8217;évolution que nous espérons maintenir</em>.</p>
<p>p989- <em>Si l&#8217;homme sain est un phénomène social, le malade en est un aussi.</em><br />
<em>Il n&#8217;est pas exclu que ce qui ne conduit aujourd&#8217;hui qu&#8217;à la destruction intérieure retrouve un jour une valeur constructive</em>.</p>
<p>p1010- <em>Qu’est-ce donc que nos actes, sinon une terreur nerveuse de n’être rien : à commencer par les divertissements qui n’en sont pas, qui ne sont que du vacarme, un caquetage encourageant pour tuer le temps parce qu’une obscure certitude nous dit qu’il finira par nous tuer, pour aboutir aux inventions enchérissant l’une sur l’autre,  aux absurdes montagnes d’argent qui tuent l’esprit (qu’on soit écrasé ou porté par elles), aux modes anxieusement changeantes de l’esprit, aux vêtements sans cesse modifiés, au meurtre, à l’assassinat, à la guerre, en quoi se décharge une profonde méfiance à l’égard de ce qui dure et du créé : qu’est-ce que tout cela, sinon l’agitation d’un homme empêtré jusqu’aux genoux dans une tombe dont il essaie de se dégager mais à laquelle il n’échappera jamais, d’un être qui ne dérobe jamais au néant, qui, se précipitant avec angoisse dans toutes sortes de figures, n’en demeure pas moins, en quelque point secret de lui-même à peine deviné, caducité et néant ?</em></p>
<p>p1042- <em>(le grec) sa biographie était comme une loterie de tous les numéros de chambres d’hôtel où il avait été invité</em>.</p>
<p>p1058- « <em>Non ! On ne se comprend pas mieux avec le temps : c’est juste le contraire, je te dis ! Quand tu fais la connaissance d’un être qui te plaît, il peut te sembler que tu le comprends ; mais quand tu as eu affaire à lui pendant vingt-cinq ans, tu n’y comprends plus rien ! »</em></p>
<p><em>« Quand tu excites ou quand tu brimes par la terreur les convoitises d’un homme, tu peux le mener où tu veux. Quiconque veut bâtir sur le roc doit recourir à la violence et à la convoitise. Alors, d’un coup, l’homme devient calculable, solide, sans équivoque, et les expériences que tu fais avec lui se répètent uniformément partout. Tu ne peux pas compter avec la bonté. Tu peux compter avec les qualités négatives. Dieu est merveilleux, mon enfant, il nous a donné nos qualités négatives pour nous permettre d’atteindre à l’ordre. »</em><br />
<em>« En ce cas, l’ordre du monde ne serait que de la bassesse disciplinée ! »</em></p>
<p><strong>Au final :</strong><br />
<strong></strong>Musil a tourné autour de la polyconscience sans comprendre ce qu&#8217;il recherchait.<br />
*<br />
Il existe une dure invraisemblance dans la relation entre Ulrich et Agathe. Agathe devrait, en toute logique, ne pas comprendre le dixième de ce que raconte Ulrich. Alors ? Simule-t-elle ? Cela ne concorderait pas avec la fusion que Musil décrit entre eux. Dilemme insoluble. Agathe semble le pendant d’Ulrich quant aux capacités de compréhension, mais pas quant à celles de <em>génération</em>. Il manque la moitié du moteur !<br />
En fait, doit-on conclure, Ulrich rêve devant son miroir, et ce miroir est Agathe.</p>
<p>Musil tente d’élever la passion entre Ulrich et Agathe dans un éther poétique inconcevable parce qu’aussi intense que diaphane. Mais Ulrich et Agathe sont beaux. Il n’arrive pas, malgré ses efforts, à détacher cette passion de l’animalité physique, qui l’englue comme le goudron empêche un goëland de s’envoler à nouveau. Dans quelle nécessité a démarré la partie intellectualisée de la passion qu’ils ont l’un pour l’autre ? La poésie est une fille effarouchée de l’instinct.<br />
*<br />
Il n’est pas étonnant que Musil se soit délité dans sa propre pensée, au point de n’avoir pas pu terminer le livre de toute une vie. A force de s’immerger dans un univers où plus aucune décision n’a de fondements solides, la conduite même de cet univers devenait impossible, et peut-être aurait-il mieux valu la laisser au hasard. C’est ainsi qu’il faut considérer l’ouvrage inachevé non comme n’ayant pas de fin possible, mais où toute fin est possible, un peu comme si, en étudiant un monde quantique, on pouvait le révéler sous n’importe quel aspect souhaité simplement en changeant de méthode pour l’observer. Le livre est ici un support insuffisant. Il aurait fallu que les pages puissent partir dans toutes les directions, où chacun aurait cherché son chemin, plutôt que s’ordonner si sereinement.</p>
<p>Car si le livre comprend les notes de RM pour la fin, fortement déprimante, puisque la chute de l’époque dans la guerre semble se confondre avec l’échec d’Ulrich à vivre un autre état, que les envolées n’ont atteint que du… vide, que la Grande Idée ne prend pas substance, qu’Ulrich et Agathe en apparence si désireux de s’affranchir de la conscience sociale retombent dans les convenances.<br />
Le livre de Musil est un plaisir orgasmique qui, au lieu de refluer en vaguelettes fort plaisantes, donne l’impression que le fermier nous a surpris dans la meule avec sa fille.<br />
Reste que, courant à perdre haleine avec le pantalon et les souliers à la main, nous emplit encore le sentiment d’un moment inoubliable.</p>
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		<title>Gelez le nez des moustiques</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 20:18:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité calédonienne]]></category>

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		<description><![CDATA[En ces temps de prolifération des moustiques et de recrudescence de dengue, les journaux se fendent toujours d&#8217;un article sur les méthodes pour s&#8217;en débarrasser. Je n&#8217;ai jamais vu citer la plus simple et la plus fiable si l&#8217;on dispose du matériel adéquat : mettre en marche une clim sur le réglage le plus glacial et <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2012/02/21/gelez-le-nez-des-moustiques/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2012/02/moustique.jpg" alt="" title="moustique" width="300" height="413" class="alignright size-full wp-image-1583" />En ces temps de prolifération des moustiques et de recrudescence de dengue, les journaux se fendent toujours d&#8217;un article sur les méthodes pour s&#8217;en débarrasser. Je n&#8217;ai jamais vu citer la plus simple et la plus fiable si l&#8217;on dispose du matériel adéquat : mettre en marche une clim sur le réglage le plus glacial et laisser une porte ou une fenêtre ouverte pendant 20 minutes.<br />
Les moustiques détestent les stations de ski et vont fuir la pièce. Il suffit ensuite de refermer la fenêtre et de couper la clim ou la laisser tourner au ralenti selon la chaleur ambiante. Si votre maison est étanche, les bestioles iront servir de repas aux margouillats du jardin.</p>
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		<title>La grève des pharmaciens</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jan 2012 04:58:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité calédonienne]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>

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		<description><![CDATA[L’univers de l’entreprise a mis au point un procédé extraordinairement efficace contre les protestations : il s’agit d’intercaler toute une hiérarchie entre le protestataire et le responsable de l’objet de la protestation. Le protestataire réfrène ainsi l’ardeur de sa protestation, puisque qu’il n’a pas affaire au responsable mais à une fraction déléguée de responsabilité, qui contient <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2012/01/15/la-greve-des-pharmaciens/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’univers de l’entreprise a mis au point un procédé extraordinairement efficace contre les protestations : il s’agit d’intercaler toute une hiérarchie entre le protestataire et le responsable de l’objet de la protestation.<br />
Le protestataire réfrène ainsi l’ardeur de sa protestation, puisque qu’il n’a pas affaire au responsable mais à une fraction déléguée de responsabilité, qui contient également de la sympathie et même souvent un peu d’adhésion à la protestation. Il en résulte une dilution remarquable de la protestation concentrée par le protestataire, qui perd toute salinité.</p>
<p>Dans le monde de la santé, ce procédé est par exemple utilisé dans l’interaction médecins-laboratoires. Les laboratoires communiquent avec les médecins par de charmantes déléguées, emphatiques et capables d’aller jusqu’à épouser les protestations des médecins à qui l’on vend des médicaments moins parfaits qu’annoncé. Les déléguées font ainsi « remonter l’information », c’est-à-dire que la protestation, un torrent fougueux, s’écoule dans la hiérarchie comme au milieu d’un désert baigné par le rude soleil de l’intérêt industriel, et finit par s’assécher misérablement, avant d’avoir atteint la moindre oasis de responsabilité.</p>
<p>Les pharmaciens calédoniens viennent d’adopter une proche version de ce procédé : Face aux mesures gouvernementales iniques — baisse de 9% de leur marge bénéficiaire — ils intercalent leurs salariés. Ceux-ci descendent dans la rue pour défendre les emplois, tandis que les pharmaciens s’affichent victimes impuissantes : ils n’auront d’autre choix que les supprimer.<br />
Par rapport aux exemples précédents, les positions des petits et du gros semblent inversées. L’on peut cependant considérer le gouvernement comme le représentant du peuple, protestataire parce que les dépenses de santé sont trop fortes. Les pharmaciens présentent alors leurs employés en première ligne, avec les pancartes des « jobs menacés », et éviter ainsi de montrer, en toute sincérité, leur propre déclaration de revenus.</p>
<p>Le meilleur argument des pharmaciens est la défense des petites pharmacies, en particulier broussardes, dont la disparition serait malheureuse pour les communautés locales. L’habitude est de songer à leur accorder des subventions spécifiques. Mais si cela commence à coûter très cher, il existe des alternatives :</p>
<p>-La propharmacien : le médecin du dispensaire ou le privé, s’il existe, distribue lui-même ses médicaments. Cela a l’avantage de cumuler deux bénéfices financiers quand l’activité est faible et d’inciter à des installations. Le village peut perdre une pharmacie mais gagner un médecin permanent, sans nécessité d’aller chercher les médicaments plus loin qu’auparavant.</p>
<p>-L’extension des compétences du pharmacien : il est parfaitement envisageable, en sens inverse, à une époque où l&#8217;espèce médicale est menacée, d’attribuer au pharmacien de village des rôles supplémentaires, rémunérés. Ne fait-il pas déjà officieusement de la consultation au comptoir ? On pourrait l’imaginer se déplaçant chez les patients — pour un peu d’intimité — et effectuant des consultations de débrouillage, des vaccinations, les traitements des petites pathologies, la surveillance des traitements au long cours, comme on songe également à le proposer à l’infirmière et la sage-femme.</p>
<p>Là encore, c’est le cumul des compétences qui permet de préserver les implantations, et non leur mise sous perfusion par une subvention, psychologiquement dévalorisante et à l’avenir incertain.</p>
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		<item>
		<title>Du droit de la Justice à l&#8217;indépendance</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 04:29:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>

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		<description><![CDATA[La réclamation d’indépendance de la part des juges pêche sur un point : Toute profession a la « chance » de se voir évaluer par une opinion neutre, qui est celle des juges. Mais quelle instance indépendante évalue l’action des juges ? Aucune, puisque la seule régulation existante se fait en interne. A titre de comparaison, l’opinion accepterait-elle aujourd’hui <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2012/01/12/du-droit-de-la-justice-a-lindependance/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La réclamation d’indépendance de la part des juges pêche sur un point :<br />
Toute profession a la « chance » de se voir évaluer par une opinion neutre, qui est celle des juges. Mais quelle instance indépendante évalue l’action des juges ? Aucune, puisque la seule régulation existante se fait en interne. A titre de comparaison, l’opinion accepterait-elle aujourd’hui que le jugement des erreurs médicales potentielles se fasse uniquement au sein de l’Ordre des médecins ? Certainement pas, et elle n’a pas tort.<br />
Le seul contrôle réel sur la Justice est l’avis global des citoyens, qui se manifeste par leurs choix politiques.<br />
Ainsi, comment pourrait-il être choquant que les politiciens en place cherchent à exercer un pouvoir sur la Justice ?</p>
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		<title>Justice sur Philosophie TV</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Dec 2011 23:05:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ethique et société]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>

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		<description><![CDATA[Débats intéressants sur la justice téléchargeables en vidéo sur Philosophie TV Les passages les plus intéressants : Monique Castillo (De la Justice au sentiment du juste#1) En démocratie toute souffrance devient assimilée à une injustice. La Justice est engorgée par une hypertrophie du Droit. 2 tendances en Justice : -progressiste : le juste doit être pragmatique, <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2011/12/24/justice-sur-philosophie-tv/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Débats intéressants sur la justice <a href="http://philosophies.tv/spip.php?page=recherche&amp;recherche=justice">téléchargeables en vidéo sur Philosophie TV<br />
</a>Les passages les plus intéressants :</p>
<p><em>Monique Castillo (De la Justice au sentiment du juste#1)<br />
</em>En démocratie toute souffrance devient assimilée à une injustice.<br />
La Justice est engorgée par une hypertrophie du Droit.<br />
<span id="more-1548"></span><br />
2 tendances en Justice :<br />
-progressiste : le juste doit être pragmatique, relativiste, utilitariste; le droit doit évoluer en fonction des changements culturels<br />
-conservatrice : le droit doit résister aux changements, indiquer la voie de la position juste, au service d’un idéal auquel devrait se conformer la culture.</p>
<p>On ne voit plus dans la Justice qu’une technique, sans réfléchir à quoi elle sert. Comme l’on voit dans l’éducation seulement un moyen d’obtenir un gagne-pain, et dans la mort d’un soldat un accident de travail.</p>
<p>Les peurs sont alimentées par une sensation d’insécurité culturelle. Ne plus savoir à quoi sert la Justice provient d’un manque de cohésion sociale culturelle. C’est la peur d’être condamné avant d’être compris.</p>
<p>___</p>
<p>La responsabilité sans faute génère de l’insatisfaction chez les victimes, comme si la simple identification d’un coupable, indépendamment de la reconnaissance du préjudice et son indemnisation, avait une valeur rédemptrice.</p>
<p>___</p>
<p>On rencontre plus souvent l’injustice à l’intérieur d’une société policée, et les injustices sont commises par ceux-là même chargés de faire respecter la Justice.<br />
L’activité de justice est considérée comme un travail de faire respecter l’idéal de Justice, sorte de monument menaçant. En réalité la tâche essentielle est de réfléchir sur les injustices qui proviennent de ce travail.<br />
Le point de départ ne doit pas être le sentiment d’injustice, forcément subjectif. Il faut s’attacher à définir ce qu’est l’injustice dans l’absolu.<br />
-Un premier type d’injustice est l’injustice <em>fondée</em> : un droit de la personne, qu’elle réclame, n’est pas respecté. Elle repose sur une justice préalable, qui a attribué ce droit.<br />
-L’autre type d’injustice est l’absence d’un droit qui nous semble juste : injustice sans fondement. Ici l’injustice est première, et conduit généralement à une évolution de la justice</p>
<p>La Justice a un rôle essentiel dans la construction de nos anticipations pour l’avenir.</p>
<p>Séparons 2 types d’évènements à gérer pour la Justice :<br />
-les aléas, dont il faut s’accommoder une fois qu’ils sont survenus ; exemple : une catastrophe naturelle<br />
-les facteurs humains, qui, s’ils doivent être corrigés, demandent un changement d’organisation sociale évitant qu’ils se reproduisent<br />
Dans le premier cas, l’adaptation repose sur une mesure statique, permanente en elle-même. Dans l’autre, il faut une activité sociale permanente pour la conserver, sinon elle peut s’éteindre ou dévier.</p>
<p>___</p>
<p><em>Jean-Louis Lascoux (La justice et ses « milieux »#2)</em> fait l’intervention la plus originale, à écouter entièrement, avec une critique de la Justice institutionnelle comme créatrice de conflits. En 2ème partie, histoire très démonstrative d’un conflit conjugal aggravé par la Justice et résolu par une médiation. Convaincant.</p>
<p>___</p>
<p><em>Pierre Manent<br />
</em>La notion de Justice est confondue avec la notion de Loi.<br />
La règle, matérialisée par la Loi, doit être plus haute que l’Homme.<br />
La Loi divine n’est pas modifiable. Elle est encore en vigueur dans une bonne partie de l’humanité.<br />
Après la loi divine, puis la loi républicaine (qui autorisait la peine de mort et la conscription), et enfin la loi libérale, qui ne cesse de changer. La règle est devenue un instrument. Elle n’est plus supérieure à l’homme. Elle en est issue. Le postulat de la loi libérale est que l’homme vit naturellement sans loi, et que c’est un choix qu’il fait pour améliorer son sort.</p>
<p>L’opposition entre bienveillance envers son semblable et concurrence envers lui ne permet pas d’établir une notion de justice.<br />
Les partisans de la concurrence oublient que participent à la victoire du gagnant les « supporters » que sont les services de la société qui l’a formé.<br />
La justice sociale tend à devenir une transaction entre les vainqueurs et les vaincus. Elle se fait au détriment de la classe moyenne.<br />
La justice n’est pas fondée par les succès des heureux ou les échecs des malheureux. Elle ne se réduit pas à la compassion. L’existence sociale implique une contribution sociale.</p>
<p>La Justice est ce qui limite l’illimité.<br />
Les 3 démesures de l’occident : démesure de la compassion, de la concurrence, de la mondialisation.<br />
L’origine de la règle devient très dispersée. Du coup il devient difficile de se rebeller contre elle car sa source devient difficile à préciser.</p>
<p>___</p>
<p>La peine repose depuis le Moyen-Age sur le postulat du libre-arbitre, c’est-à-dire que quelque soit la situation de misère personnelle, la raison peut s’affranchir de ces conditions et décider de ce qui est bien ou mal.<br />
La peine n’est pas dissuasive. On lui demande pourtant de régler le problème de la délinquance. Quand on pendait les voleurs, la foule assemblée pour l’exécution était le terrain de prédilection des pickpockets.<br />
Pour fonder une sanction, il faut déjà assurer les conditions évitant la nécessité des délits, par exemple que tout le monde mange à sa faim.</p>
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		<item>
		<title>L&#8217;Ordre et la Morale</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Dec 2011 03:49:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité calédonienne]]></category>
		<category><![CDATA[Kanakie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le vrai titre à retenir du film de Kassovitz est « l’Ordre et les morales ». Pourquoi ? Deux morales tout aussi « légitimes » sont dépeintes : celle de la guerre et celle de la vie civile. Si la prise d’otages d’Ouvéa s’était déroulée dans le cadre d’une insurrection kanak pour l’indépendance, elle aurait été considérée comme un épisode de <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2011/12/21/l-ordre-et-la-morale/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=131422.html"><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2011/12/ordre-et-morale.jpg" alt="" title="ordre-et-morale" width="160" height="213" class="alignright size-full wp-image-1545" /></a>Le vrai titre à retenir du <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=131422.html" target="_blank">film de Kassovitz</a> est « l’Ordre et les morales ». Pourquoi ?<br />
Deux morales tout aussi « légitimes » sont dépeintes : celle de la guerre et celle de la vie civile. Si la prise d’otages d’Ouvéa s’était déroulée dans le cadre d’une insurrection kanak pour l’indépendance, elle aurait été considérée comme un épisode de guerre et de l’éthique particulière à celle-ci : le droit de tuer est acquis, la vengeance va de soi, tout est bon pour prendre l’avantage tant que l’on respecte les conventions internationales.<br />
Le drame d’Ouvéa est que le hasard de communications incertaines a fait de cette affaire un débordement isolé dans une action du FLNKS qui se voulait symbolique. Tjibaou ne désirait pas une guerre ouverte avec toutes les souffrances qu’elle impliquait. La prise d’otage devenait, dans ce contexte, un acte terroriste, et justifiait une réponse musclée plutôt qu’une négociation.<br />
Malheureusement le groupe de kanaks concerné n’avait rien de fanatiques religieux. C’étaient des têtes faciles à enflammer menées par un intellectuel kanak, Alphonse, loin d’être un jusqu’au-boutiste et vite catastrophé par la conscience du guêpier où il s’était fourré. Dès lors une issue négociée était certainement possible, et le film montre bien l’abrutissement des décideurs par des codes de conduite, des nécessités politiques, et surtout la méconnaissance de la mentalité kanak, qui a mené à la décision d’un assaut inutile.<br />
Peut-être le film insiste-t-il trop sur cet aspect de l’affaire pour certains, mais il n’a pas passé sous silence les violences initiales, qui ont conduit au décès lui aussi inutile de 4 gendarmes. Quiconque connaît les îles sait bien comment le plus placide des locaux peut se transformer en brute stupide sous l’effet de l’alcool, de l’herbe et de l’excitation, ce qui n’en fait pas un barbare en permanence.</p>
<p>Les assassinats de Tjibaou et de Yeiwene, directement liés au refus de tout soutien du FLNKS aux preneurs d’otages, étaient-ils justifiés ?<br />
Tjibaou a certainement hésité à torpiller ses chances de trouver une solution négociée pour l’ensemble de la kanakie en apportant son soutien à ce qui était à l’évidence une bavure kanak. D’ailleurs les accords de Matignon signés immédiatement après après semblent lui avoir donné raison. Mais pouvait-il se décharger de toute responsabilité ? L’idée d’une occupation « pacifique » des gendarmeries de la côte Est pouvait-il vraiment se faire sans incident ? Sans doute est-ce pour cette raison que toute l’opération a été annulée… sauf à Ouvéa, pas prévenue à temps. Dès lors, ne fallait-il pas être présent dans la médiation, aux côtés des vieux d’Ouvéa, plutôt que jouer les abonnés absents ? L’hésitation lui aura été fatale.</p>
<p>Ouvéa est à classer dans ces évènements de l’Histoire, fort nombreux, qui ne sont qu’une accumulation d’erreurs bien humaines dont il est impossible d’extraire un ordre ou une morale quelconque. Aurait-on pris deux chapeaux, l’un avec les noms des protagonistes, l’autre avec les épithètes — « héros », « pourri », « manipulateur », « sincère », etc… — et aurait-on fait tirer au hasard les petits papiers pour les associer avec le plus abyssal vide d’intentions, on aurait dans chaque tirage abouti à une configuration acceptable pour les uns et grossièrement erronée pour les autres…</p>
<p>L’absence de grand méchant et de super gentil fait de ce film une réussite pour les calédoniens, qu’il soudera plutôt qu’il ne radicalisera.<br />
Par contre je ne suis pas certain qu’il intéresse beaucoup le reste du monde, car très descriptif, et donnant peu d’ouverture sur des réflexions philosophiques comme nous le faisons ici. La réalisation pêche au niveau de la progression de l’histoire : elle devient lassante alors que la tension devrait monter progressivement jusqu’à l’assaut final. Si j’avais été aux commandes, j’aurais traité simultanément à la fin, en flash-back, l’attaque initiale de la gendarmerie et l’assaut de la grotte. Un bon moyen de mettre en parallèle la brutalité inutile des deux actes… ou leur justification respective, selon le point de vue.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Florilège de blagues tirées de &#171;&#160;Platon et son ornithorynque entrent dans un bar&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2011/12/21/florilege-de-blagues-tirees-de-platon-et-son-ornithorynque-entrent-dans-un-bar/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 20:50:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Délirium]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce sont mes principes. Si tu ne les aimes pas&#8230; j&#8217;en ai d&#8217;autres. Groucho Marx * 3 élèves d&#8217;une grande école d&#8217;ingénieurs discutent du pedigree exact de ce Dieu qui a conçu le corps humain: Le premier: &#171;&#160;Dieu doit être ingénieur en mécanique. Regardez toutes ces articulations !&#160;&#187; Le second: &#171;&#160;Je pense que Dieu est <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2011/12/21/florilege-de-blagues-tirees-de-platon-et-son-ornithorynque-entrent-dans-un-bar/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce sont mes principes. Si tu ne les aimes pas&#8230;<br />
j&#8217;en ai d&#8217;autres.<br />
<em>Groucho Marx</em><br />
*<br />
3 élèves d&#8217;une grande école d&#8217;ingénieurs discutent du pedigree exact de ce Dieu qui a conçu le corps humain:<br />
Le premier: &laquo;&nbsp;Dieu doit être ingénieur en mécanique. Regardez toutes ces articulations !&nbsp;&raquo;<br />
Le second: &laquo;&nbsp;Je pense que Dieu est ingénieur en électricité. Le système nerveux a des milliards de connexions électriques.&nbsp;&raquo;<br />
Le troisième: &laquo;&nbsp;En fait Dieu est ingénieur civil. Qui d&#8217;autre aurait fait passer un tuyau d&#8217;évacuation des matières toxiques à travers une aire de loisirs?&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
La secrétaire: Docteur! Il y a un patient invisible dans la salle d&#8217;attente!<br />
Le docteur: Dites-lui que je ne peux pas le voir.<br />
*<span id="more-1541"></span><br />
Un anthropologue occidental écoute un voohooni australien lui dire que 2+2=5. Il lui demande comment il le sait. L&#8217;indigène répond:<br />
&laquo;&nbsp;En comptant bien sûr: D&#8217;abord je fais 2 noeuds à une corde. Puis je fais 2 noeuds à une autre corde. Quand j&#8217;assemble les 2 cordes, ça fait 5 noeuds.&nbsp;&raquo;<br />
<em>Peut-être l&#8217;anthropologue est-il tombé sur le crétin de la tribu?</em><br />
*<br />
<em>Célèbre lapsus en rapport avec les désirs inconscients rapporté par Freud: ce conseiller municipal qui présente la superbe première adjointe au maire comme une &laquo;&nbsp;éminente spécialiste des affaires pubiques&nbsp;&raquo;<br />
</em>Un thérapeute demande à son patient comment s&#8217;est passée sa visite chez sa mère. Le patient répond:<br />
&laquo;&nbsp;Pas bien du tout. J&#8217;ai fait un terrible lapsus freudien.&nbsp;&raquo;<br />
&laquo;&nbsp;Vraiment?&nbsp;&raquo;, dit le thérapeute, &laquo;&nbsp;Qu&#8217;avez-vous dit?&nbsp;&raquo;<br />
&laquo;&nbsp;J&#8217;ai voulu dire &laquo;&nbsp;Passe-moi le sel&nbsp;&raquo;, mais j&#8217;ai dit &laquo;&nbsp;Salope! Tu as ruiné ma vie!&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Un homme se rase avec un rasoir très tranchant. Il lui glisse soudain des mains et lui tranche le pénis. Il ramasse ce dernier, le met dans sa poche, se précipite dans la rue, hèle un taxi, et le supplie de le conduire aux urgences au plus vite.<br />
Arrivé, il explique au chirurgien ce qui s&#8217;est passé. Le chirurgien lui dit:<br />
&laquo;&nbsp;Nous devons faire vite. Donnez le moi.&nbsp;&raquo;<br />
L&#8217;homme plonge la main dans sa poche et en dépose le contenu dans la main du chirurgien.<br />
&laquo;&nbsp;Mais c&#8217;est un cigare&nbsp;&raquo;, dit le chirurgien, &laquo;&nbsp;pas un pénis!&nbsp;&raquo;<br />
L&#8217;homme s&#8217;exclame: &laquo;&nbsp;Oh mon Dieu! J&#8217;ai dû le fumer dans le taxi!&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Il y a un inconvénient à être athée:<br />
Vous n&#8217;avez personne à invoquer dans les affres de l&#8217;orgasme.<br />
*<br />
Il était une fois un prince très gentil, il n&#8217;avait jamais arraché la moindre patte au moindre mille-pattes, mais il était pourtant sous le charme d&#8217;une méchante sorcière.<br />
La malédiction était que le prince n&#8217;avait le droit de prononcer qu&#8217;un seul mot par an. Il pouvait, cependant, accumuler des crédits, c&#8217;est-à-dire que s&#8217;il ne disait rien de tout un an, il avait droit à 2 mots l&#8217;année d&#8217;après.<br />
Un jour, il rencontre une belle princesse dont il tombe éperdument amoureux. Il décide de se retenir de parler pendant 2 ans pour pouvoir lui dire passionnément dans le blanc de ses beaux yeux bleus: &laquo;&nbsp;Ma chérie&nbsp;&raquo;.<br />
Au bout des 2 ans pourtant, il se dit qu&#8217;il voulait également lui déclarer qu&#8217;il l&#8217;aimait, si bien qu&#8217;il décida d&#8217;attendre encore 3 ans de plus, pour dire &laquo;&nbsp;Ma chérie je t&#8217;aime&nbsp;&raquo;, après un total de 5 ans de silence.<br />
Mais au bout des 5 ans, il était arrivé à la certitude qu&#8217;il devait la demander en mariage, et donc qu&#8217;il lui fallait attendre encore 4 ans de plus.<br />
Enfin, quand ses 9 années de silence furent écoulées, il était légitimement fou de joie. Il conduisit la princesse dans les allées les plus romantiques de son château, s&#8217;agenouilla devant elle et lui dit:<br />
&laquo;&nbsp;Ma chérie, je t&#8217;aime. Veux-tu m&#8217;épouser?&nbsp;&raquo;<br />
La princesse répondit: &laquo;&nbsp;Pardon?&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Gérard part à l&#8217;hôpital rendre visite à son ami Roger, qui est à l&#8217;article de la mort. Il se trouve à son chevet, quand soudain la condition fragile du malade empire. Et Roger fait des gestes affolés pour obtenir de quoi écrire. Gérard lui tend un stylo et une feuille de papier, et Roger puise dans ses dernières réserves pour griffonner quelques mots. A peine a-t-il fini de les tracer qu&#8217;il meurt. Gérard met le papier dans sa poche, incapable, dans son chagrin, de le lire séance tenante.<br />
Quelques jours plus tard, Gérard est en train d&#8217;évoquer quelques souvenirs avec la famille de Roger lors de la veillée mortuaire, quand il s&#8217;aperçoit que le papier est dans la poche de la veste qu&#8217;il a sur le dos. Il annonce à la famille:<br />
&laquo;&nbsp;Roger m&#8217;a tendu un billet juste avant de mourir. Je ne l&#8217;ai pas lu encore, mais le connaissant, je suis sûr qu&#8217;il y a une pensée forte pour chacun d&#8217;entre nous.&nbsp;&raquo;<br />
Et il lit tout haut:<br />
&laquo;&nbsp;Tu as les pieds sur mon tube d&#8217;oxygène&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Des touristes visitent le Muséum d&#8217;Histoire Naturelle. Ils s&#8217;émerveillent devant les squelettes de dinosaures. L&#8217;un d&#8217;entre eux demande au gardien:<br />
&laquo;&nbsp;Pouvez-vous me dire l&#8217;âge de ces os?&nbsp;&raquo;<br />
Le gardien répond: &laquo;&nbsp;Ils ont trois millions quatre ans et six mois&nbsp;&raquo;<br />
&laquo;&nbsp;C&#8217;est un chiffre incroyablement précis&nbsp;&raquo;, dit le touriste. &laquo;&nbsp;Comment pouvez-vous savoir si exactement leur âge?&nbsp;&raquo;<br />
Le gardien réplique: &laquo;&nbsp;Eh bien, les squelettes avaient trois millions d&#8217;années quand j&#8217;ai commencé à travailler ici, et c&#8217;était il y a quatre ans et demi.&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Une standardiste des urgences reçoit un appel d&#8217;un chasseur:<br />
&laquo;&nbsp;Je viens juste de tomber sur un corps ensanglanté dans les bois! C&#8217;est un homme, et je pense qu&#8217;il est mort! Que dois-je faire?&nbsp;&raquo;<br />
La standardiste lui répond calmement: &laquo;&nbsp;Tout ira bien, monsieur. Contentez-vous de suivre mes instructions. La première chose à faire est de poser votre téléphone et de vous assurer qu&#8217;il est bien mort.&nbsp;&raquo;<br />
Un silence se fait au bout du fil, suivi d&#8217;une détonation. L&#8217;homme reprend l&#8217;appareil:<br />
&laquo;&nbsp;Voilà. Que dois-je faire maintenant?&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Par le passé, c&#8217;était le plus fort, en tapant sur le crâne du plus faible avec un fémur, qui réglait les divergences sociales.<br />
Mais, après des siècles de progrès philosophique et politique, la société a fini par comprendre que les missiles sont bien plus efficaces.<br />
*<br />
Barbara et Laurence font une excursion en brousse.<br />
Elles plantent la tente dans un coin désert.<br />
En pleine nuit, un kanak entre, saisit Barbara, et l&#8217;emmène en pleine forêt.<br />
Il assouvit tous ses désirs sur elle.<br />
Barbara est retrouvée au matin, seule, et est emmenée à l&#8217;hôpital.<br />
Le lendemain, Laurence vient la voir et la trouve très abattue.<br />
Laurence: &laquo;&nbsp;Tu dois te sentir dans un état terrible, hein?&nbsp;&raquo;<br />
Barbara: &laquo;&nbsp;Ben évidemment, ça fait 24 heures, et pas un mot, pas un bouquet de fleurs&#8230; il n&#8217;a même pas téléphoné!&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Madame Bongrain intente un procès à un homme pour diffamation de sa personne, au motif qu&#8217;il l&#8217;a traitée de truie. L&#8217;homme est jugé coupable et condamné à payer des dommages et intérêts. A l&#8217;issue du procès, il demande au juge:<br />
&laquo;&nbsp;Cela veut-il dire que je ne peux plus traiter Madame Bongrain de truie?&nbsp;&raquo;<br />
Le juge: &laquo;&nbsp;Vous avez parfaitement compris.&nbsp;&raquo;<br />
&laquo;&nbsp;Et cela signifie-t-il que je ne peux pas surnommer une truie madame Bongrain?&nbsp;&raquo;<br />
&laquo;&nbsp;Non&nbsp;&raquo;, dit le juge, &laquo;&nbsp;vous êtes libre de surnommer une truie madame Bongrain. Il n&#8217;y a aucun délit à cela.&nbsp;&raquo;<br />
L&#8217;homme regarde madame Bongrain droit dans les yeux et lui dit:<br />
&laquo;&nbsp;Bonne journée, madame Bongrain.&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Un homme gagne 100.000 € au casino. Pour éviter que cela ne se sache, il emporte l&#8217;argent chez lui et l&#8217;enterre dans son jardin. Mais le lendemain matin, il n&#8217;y a plus qu&#8217;un trou vide. Il voit des empreintes de pas, qui le conduisent tout droit à la maison d&#8217;à côté, qui appartient à un sourd-muet.<br />
Par chance il connaît, à l&#8217;autre bout de la rue, un professeur qui connaît le langage des signes et qui accepte de l&#8217;aider à confondre son voisin. Il prend un pistolet et, accompagné du professeur, entre chez le voisin. Quand il le trouve, il le vise à bout portant et demande au professeur:<br />
&laquo;&nbsp;Dites à ce type que s&#8217;il ne me rend pas mes 100.000 euro, je le tue sur place!&nbsp;&raquo;<br />
Le professeur traduit au voisin, qui répond par le langage des signes qu&#8217;il a enterré l&#8217;argent dans son propre jardin, au pied du cerisier.<br />
Le professeur se tourne vers l&#8217;homme et dit:<br />
&laquo;&nbsp;Il refuse de vous le dire. Il dit qu&#8217;il préférerait mourir plutôt que de parler.&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
2 croupiers s&#8217;ennuient à une table de dés. Une belle blonde très séduisante survient, et parie 20.000 € sur un seul coup de dés. Elle dit:<br />
&laquo;&nbsp;J&#8217;espère que cela ne vous gêne pas, mais je me sens plus en veine quand je suis complètement nue.&nbsp;&raquo;<br />
Sur ces mots, elle se déshabille, lance le dé et crie:<br />
&laquo;&nbsp;Allons, vas-y mon bébé, maman a besoin de nouveaux habits&nbsp;&raquo;<br />
Quand le dé se stabilise, elle hurle en sautant dans tous les sens:<br />
&laquo;&nbsp;OUI! OUI! J&#8217;AI GAGNÉ! J&#8217;AI GAGNÉ!&nbsp;&raquo;<br />
Elle embrasse chacun des 2 croupiers, ramasse ses habits et ses gains, et s&#8217;en va rapidement. Les donneurs se regardent, sidérés. Enfin l&#8217;un demande:<br />
&laquo;&nbsp;Combien de points a-t-elle obtenu?&nbsp;&raquo;<br />
L&#8217;autre: &laquo;&nbsp;Je ne sais pas. Je pensais que tu regardais&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Un homme attend toute la journée dans la salle des pas perdus d&#8217;un tribunal correctionnel qui doit examiner son cas d&#8217;infraction au code de la route. C&#8217;est finalement à son tour de passer devant le juge, mais le juge lui dit qu&#8217;il faudra revenir le lendemain, car le tribunal doit lever la séance. Exaspéré, l&#8217;homme s&#8217;exclame:<br />
&laquo;&nbsp;Bordel de merde, mais pourquoi?&nbsp;&raquo;<br />
Le juge répond d&#8217;une voix glaciale: &laquo;&nbsp;Vingt euros pour outrage à la Cour&nbsp;&raquo;<br />
L&#8217;homme sort son portefeuille. Le juge secoue la tête:<br />
&laquo;&nbsp;Vous n&#8217;êtes pas obligé de payer aujourd&#8217;hui.&nbsp;&raquo;<br />
L&#8217;homme réplique: &laquo;&nbsp;Je vérifie juste que j&#8217;ai assez d&#8217;argent pour m&#8217;offrir deux mots de plus.&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Un américain entre dans un bar. Il a un perroquet en smoking perché sur son épaule. Le barman dit: &laquo;&nbsp;Ouah, il est chouette! Où l&#8217;avez-vous eu?&nbsp;&raquo;<br />
Le perroquet répond: &laquo;&nbsp;En Amérique. Ils ont des millions de types comme celui-là&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Un escargot est agressé par 2 tortues. Quand la police lui demande ce qui s&#8217;est passé, il répond: &laquo;&nbsp;Je ne sais pas. Tout s&#8217;est passé si vite.&nbsp;&raquo;<br />
*<br />
Un couple part en vacances dans un gîte rural. Comme son mari fait la sieste, la femme décide de prendre le bateau, où il a déposé son matériel de pêche, et d&#8217;aller lire sur le lac. Elle est en train de prendre un bain de soleil quand le garde-pêche local s&#8217;approche d&#8217;elle en bateau et lui dit:<br />
&laquo;&nbsp;Il est interdit de pêcher ici, madame, j&#8217;ai le regret de devoir vous mettre une amende.&nbsp;&raquo;<br />
La femme répond: &laquo;&nbsp;Mais monsieur, je ne suis pas en train de pêcher!&nbsp;&raquo;<br />
Le garde-pêche lui rétorque: &laquo;&nbsp;Madame, vous avez tout l&#8217;équipement nécessaire. Je vais devoir rédiger cette amende.&nbsp;&raquo;<br />
Alors la femme: &laquo;&nbsp;Si vous faites cela, monsieur, je vais devoir vous accuser de viol!&nbsp;&raquo;<br />
&laquo;&nbsp;Mais je ne vous ai même pas touchée&nbsp;&raquo;, dit le garde-pêche.<br />
&laquo;&nbsp;Je sais&nbsp;&raquo;, dit-elle, &laquo;&nbsp;mais vous avez tout l&#8217;équipement nécessaire.&nbsp;&raquo;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Faut-il agrandir le Camp Est ?</title>
		<link>http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2011/12/14/faut-il-agrandir-le-camp-est/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 Dec 2011 03:53:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité calédonienne]]></category>
		<category><![CDATA[justice]]></category>

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		<description><![CDATA[Réflexion sur l’extension des prisons appliquée à la Nouvelle-Calédonie. Les calédoniens souhaitent-ils l’augmentation du nombre des prisonniers sans changement des règles judiciaires jusqu’à atteindre, comme aux USA, 10% de la population derrière des barreaux ? Les progrès d’une civilisation ne se mesurent-ils pas au fait que les prisons se vident plutôt qu’elles ne se remplissent ? Le <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2011/12/14/faut-il-agrandir-le-camp-est/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Réflexion sur l’extension des prisons appliquée à la Nouvelle-Calédonie.</p>
<p>Les calédoniens souhaitent-ils l’augmentation du nombre des prisonniers sans changement des règles judiciaires jusqu’à atteindre, comme aux USA, 10% de la population derrière des barreaux ? Les progrès d’une civilisation ne se mesurent-ils pas au fait que les prisons se vident plutôt qu’elles ne se remplissent ?<br />
Le Camp Est n’a pas besoin d’être agrandi pour deux raisons :<br />
-Une bonne proportion de ses pensionnaires devrait être soumis à un suivi psychiatrique plutôt qu’à un enfermement classique.<br />
-Le reste est formé d’irresponsables plutôt que de responsables. Quand on saisit un responsable à Nouméa, il est rare qu’il finisse au Camp Est. C’était même inconcevable il y a une dizaine d’années.</p>
<p>Vider la prison alors que la Justice a un nombre croissant d’affaires à traiter ne laisse qu’une solution : graduer les peines et développer les alternatives à l’emprisonnement. Une prison bondée indique accessoirement qu’elle n’a pas l’effet dissuasif espéré. Un comble pour cette ultime étape du Châtiment.<br />
Les pistes sont connues mais timidement utilisées en Nouvelle-Calédonie : travaux d’intérêt généraux, structures associatives en externat ou internat, périodes probatoires avec entretiens rapprochés, entreprises de resocialisation fournissant du travail aux ex-condamnés.</p>
<p>Le Camp Est devrait avoir un rôle d’isolement et non d’entassement au milieu de ses semblables, qui le transforme en un HLM d’un genre particulier d’où on ne peut sortir et dont les loisirs sont un peu limités.<br />
La véritable punition est de ne plus pouvoir communiquer avec ses semblables, plutôt que renforcer une sensation d’être dans son bon droit en se mélangeant avec des congénères ayant le même déficit de morale. L’isolement provoque une dissolution inquiétante de la personnalité, inquiétante pour l’isolé en premier lieu : S’il n’est pas atteint de trouble psychiatrique, cette perte du soi rend l’endroit bien plus dissuasif que le « salon où l’on cause » entre délinquants.</p>
<p>La prison ainsi mélange sans discernement des personnalités désagrégées qui nécessitent une reconstruction dans un encadrement quasi-militaire, et des rebelles cohérents dans leurs motivations, qui ne peuvent les abandonner que si elles font le vide autour d’eux.</p>
<p>La Camp Est n’est pas en manque de cellules, mais d’une plateforme de tri.</p>
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		<title>Kant et son kangourou franchissent les portes du Paradis &#8211; Cathcart Thomas &amp; Klein Daniel</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Nov 2011 00:39:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres disséqués]]></category>

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		<description><![CDATA[4/10 Livre azur Le 1er opus de la philosophie par les blagues avait une grande fraîcheur et était un véritable attracteur vers cette discipline pour les novices. Les auteurs ont récidivé de façon nettement moins brillante, voire surfent sur le succès du précédent livre. Leur débat entre dualistes et physicalistes sur l&#8217;âme, en particulier, est <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2011/11/06/kant-et-son-kangourou-franchissent-les-portes-du-paradis-cathcart-thomas-klein-daniel/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2021016218/rhumatologiep-21"><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2011/11/Kant-et-son-kangourou.jpg" alt="" title="Kant-et-son-kangourou" width="184" height="262" class="alignleft size-full wp-image-1529" /></a> <strong>4/10</strong> <em><a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/troquet/2011/03/26/livres-azur-et-livres-tempete/">Livre azur </a></em><br />
Le <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2009/04/09/cathcart-thomas-klein-daniel-platon-et-son-ornithorynque-entrent-dans-un-bar/">1er opus</a> de la philosophie par les blagues avait une grande fraîcheur et était un véritable attracteur vers cette discipline pour les novices. Les auteurs ont récidivé de façon  nettement moins brillante, voire surfent sur le succès du précédent livre.<br />
Leur débat entre dualistes et physicalistes sur l&#8217;âme, en particulier, est assez risible, reprenant pour les dualistes des concepts vieux de plus de deux millénaires, comme si la connaissance du corps humain n&#8217;avait pas fait le moindre progrès depuis. Se donnant un air léger et sans parti pris, le texte confronte sans sourciller arguments sophistiques et réalités un peu plus solides.<br />
Les auteurs cherchent ainsi avant tout à ne pas heurter leur lectorat populaire, aux surprenantes croyances, dont ils rendent compte dans le livre : Un sondage sur les américains &#8211; référence non citée &#8211; révèle que 81% d&#8217;entre eux croient en une vie après la mort, 79% que nous avons une âme qui vivra éternellement, et le Ciel existe pour 71%. En Europe de l&#8217;ouest, 49% croient à la vie éternelle, 19% à la réincarnation.<br />
Le décalage des croyances dans les pays occidentaux semble un gouffre du même ordre que celui des revenus.<br />
Quand, enfin, sont passées en revue les expériences de mort imminente et le spiritisme, nous savons que nous avons quitté la philosophie. Les auteurs, certes, ne prétendent aucunement être de grands inventeurs, mais ils n&#8217;ont dans cette suite pas grande nouveauté à dire.</p>
<p>Reste de ce livre une excellente collection de blagues, à intercaler, pour s&#8217;aérer l&#8217;esprit, entre un Hegel et un Musil.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Société biblique américaine</title>
		<link>http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2011/09/28/societe-biblique-americaine/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 Sep 2011 20:36:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Délirium]]></category>
		<category><![CDATA[Ethique et société]]></category>

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		<description><![CDATA[Aux États-Unis, une célèbre animatrice radio US fit remarquer que L&#8217;homosexualité est une perversion. C&#8217;est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chap 18, verset 22 : Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination. La Bible le dit. Un point c&#8217;est <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2011/09/28/societe-biblique-americaine/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Aux États-Unis, une célèbre animatrice radio US fit remarquer que L&#8217;homosexualité est une perversion. <span id="more-1519"></span> C&#8217;est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chap 18, verset 22 : Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination. La Bible le dit. Un point c&#8217;est tout, affirma-t-elle.<br />
Quelques jours plus tard, un auditeur lui adresse une lettre ouverte :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Merci de mettre autant de ferveur à éduquer les gens à la Loi de Dieu. J&#8217;apprends beaucoup à l&#8217;écoute de votre programme et j&#8217;essaie d&#8217;en faire profiter tout le monde. Mais j&#8217;aurais besoin de conseils quant à d&#8217;autres lois bibliques.<br />
Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c&#8217;est indiqué dans le livre de l&#8217;Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix ?<br />
Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu&#8217;ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux mexicains, mais pas aux canadiens. Pourriez-vous m&#8217;éclairer sur ce point ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens ?</p>
<p>J&#8217;ai un voisin qui tient à travailler le dimanche.<br />
L&#8217;Exode, Chapitre 35, verset 2, dit clairement qu&#8217;il doit être condamné à mort. Suis-je obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante d&#8217;une quelconque manière ?<br />
Autre chose : le Lévitique, chapitre 21, verset 18, dit qu&#8217;on ne peut pas s&#8217;approcher de l&#8217;autel de Dieu si on a des problèmes de vue. J&#8217;ai besoin de lunettes pour lire. Mon acuité visuelle doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette exigence à la baisse ?</p>
<p>Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de culture différents dans le même champ, de même que sa femme qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester. De plus, il passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d&#8217;aller jusqu&#8217;au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 ? On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d&#8217;une simple réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, tel qu&#8217;il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14 ?</p>
<p>J&#8217;ai totalement confiance dans votre réponse.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>J&#8217;adore.<br />
C&#8217;est un des symptômes de la démocratie américaine appliquée à la lettre : Tout le monde a de l&#8217;importance, chacun peut clamer ses illusions, fondées ou non, et réclamer n&#8217;importe quoi. L&#8217;avantage de cette politique — que chacun se sente valorisé — surpasse-t-il son inconvénient : que des stupidités soient propagées et favorisent l&#8217;ostracisme ? Difficile à dire.<br />
Le positivisme a cet inconvénient : Quand tout le monde se persuade d&#8217;être le meilleur, il devient difficile de graduer du bon au moins bon, voire reconnaître son ignorance.<br />
La société américaine souffre ainsi d&#8217;une névrose profonde : Sous une apparence d&#8217;ultralibéralisme elle est ultraconservatrice. Le libéralisme est un principe inamovible parmi d&#8217;autres. On peut dire tout ce qu&#8217;on veut… tant qu&#8217;on ne touche pas à la société utilitariste.</p>
<p>Ma propre réponse à cette animatrice aurait été de lui dire qu&#8217;elle a raison en disant que l&#8217;homosexualité est une perversion naturelle…<br />
Mais il se trouve que l&#8217;homme n&#8217;a fait que cela en se civilisant : pervertir les instincts que la Nature lui a donnés.<br />
Par exemple pervertir son instinct de prédateur en ne tuant plus son prochain…</p>
<p>On peut dire par rapport aux autres versets cités que depuis la Bible<br />
il a heureusement continué à faire de grands progrès dans la perversion !</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Primeurs militantes</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Sep 2011 22:31:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Délirium]]></category>
		<category><![CDATA[BD]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2011/09/ananus.jpg" alt="" title="ananus" width="600" height="375" class="alignnone size-full wp-image-1516" /></p>
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		</item>
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		<title>Robert Musil &#8211; L&#8217;homme sans qualités (tome 1)</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 20:02:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres disséqués]]></category>

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		<description><![CDATA[9/10 Livre tempête Vienne juste avant la première guerre mondiale. L’élite intellectuelle se réunit pour mettre au point l’ « Action parallèle », un écrin de belle pensée pour l’anniversaire du vieux souverain. Le livre de Musil est un monument incontournable et, comme tous les grands monuments, son exploration peut devenir fastidieuse. C’est un pavé de philosophie <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2011/09/23/robert-musil-lhomme-sans-qualites-tome-1/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2757803689/rhumatologiep-21"><img class="alignleft size-full wp-image-1513" title="homme-sans-qualites-1" src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2011/09/homme-sans-qualites-1.jpg" alt="" width="400" height="663" /></a> <strong>9/10</strong> <em><a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/troquet/2011/03/26/livres-azur-et-livres-tempete/">Livre tempête </a></em><br />
 Vienne juste avant la première guerre mondiale. L’élite intellectuelle se réunit pour mettre au point l’ « Action parallèle », un écrin de belle pensée pour l’anniversaire du vieux souverain.</p>
<p>Le livre de Musil est un monument incontournable et, comme tous les grands monuments, son exploration peut devenir fastidieuse. C’est un pavé de philosophie déguisé en ouvrage de littérature. Ce gros mensonge peut dérouter plus d’un lecteur. Si l’ouvrage s’était voulu vraiment populaire, il aurait sans doute accordé davantage d’importance à l’histoire et étalé les incessantes parenthèses de l’auteur. Car chaque geste du héros, Ulrich, est lourd de signification dissimulée… à tous sauf aux yeux de Robert Musil. L’intrigue avance ainsi à pas aussi lents que les majestés de l’époque. Elle pourrait être résumée en deux pages et vous n’auriez rien raté… sinon que les développements pointilleux de Musil sont une peinture de toute l’essence d’une société — et l’on pourrait parler de <em>pointillisme littéraire</em> —. « L’homme sans qualités » est à lire comme un Gai Savoir de Nietzsche ou des Syllogismes de Cioran : Venez-y par touches brèves, au milieu d’autres livres. Il n’y a pas tant de personnages et d’évènements que vous risquiez de vous perdre. Au moins finirez-vous probablement le livre, qui a découragé plus d’un acheteur attiré par sa renommée.</p>
<p>Le seul reproche important que je ferais à Musil est l’incohérence entre l’acuité du jugement de son héros, Ulrich, qui désillusionne au fil du livre chaque instant du quotidien, et son implication de premier plan dans une entreprise aussi bornée qu’une grande manifestation nationaliste. L’esprit d’Ulrich semble recéler un mur blindé : D’un côté les certitudes sont dissoutes dans un bain d’acide, de l’autre trônent confortablement des valeurs de droit divin. Est-ce ainsi volontairement ou non qu’il nous fait comprendre la tournure d’esprit de l’aristocratie, ce curieux mélange de libéralisme intellectuel et de portes soigneusement fermées à clef ? On le sent évoluer incertain entre la vanité des qualités et l’élitisme des situations et des personnages qu’il décrit. Le titre évoque faussement une oeuvre nihiliste.</p>
<p>Refermons vite cette critique : Ce livre est celui d’un génie. Sa lecture sera suffisamment décourageante par la densité des idées qu’il renferme, et je ne veux pas vous proposer des échappatoires faciles pour en finir avec cette merveilleuse épreuve.<br />
<span id="more-1512"></span><br />
<strong>Notes de lecture :</strong><br />
<em>En italique : extraits du livre</em>.</p>
<p>p42- Un peu embêtant : La définition de l’homme sans qualités, qui donne son titre au livre, est ici un sophisme.<br />
Un homme pour lequel la chose réelle et la chose pensée ont la même importance peut avoir beaucoup de qualités, sauf une : La capacité de décision, qui se fonde sur une évaluation.<br />
En fait, choses réelles et pensées ont toutes une importance <em>potentielle</em>, qu’elles doivent transmuter en importance <em>gagnée</em>, par les critères totalement égocentriques que fabriquent nos intentions. Celles-ci ne surgissent pas du néant. La plupart proviennent du besoin d’adapter le monde à nos souhaits. Ainsi la valeur de la chose réelle ou pensée provient de son succès à concilier nos univers intérieur et extérieur. L’homme pratique a un système de valeurs très différent du méditatif, mais ils possèdent tous deux un système cohérent : Même quand l’un se rebelle contre la chose réelle, il se réfère au réel par cette répulsion… et agit en conséquence. S’il ne pouvait juger d’une importance, il serait incapable de décision.</p>
<p>p74- <em>Elle n’avait qu’un défaut, c’était que la seule vue d’un homme l’excitât dans des proportions extraordinaires. […] La chose, apparemment, était chez elle congénitale et  jamais elle n’y pouvait résister.</em><br />
Chez un auteur qui s’efforce d’aller systématiquement au fond des choses, ce raccourci montre quelques limites…</p>
<p>p93- <em>Le besoin de luire soi-même chez les jeunes gens, est plus fort que voir dans la lumière</em>.<br />
Ce n’est pas limité aux déclarations d’origine personnelle, ni aux jeunes gens. Quand on cite un auteur en réponse aux arguments personnels d’un interlocuteur, sans forcément réfléchir dessus comme l’aurait fait cet auteur, l’on s’approprie un discours connu et on le brandit comme une extension personnelle, pour faire taire ce contradicteur plus prétentieux que soi, qui serait bien audacieux de remettre en question un savoir si célèbre.</p>
<p>p94- Cette description de Musil pourrait être celle du glissement des hommes de la monoconscience vers la polyconscience, avec des positions qui cessent d’être radicales, une communication qui s’améliore. Sauf que Musil en fait une affaire désolante et nuisible au génie… on ne peut pas dire que l’humanité ait manqué de génies au XXème siècle, et il en existe tant au XXIème qu’on ne peut plus les désigner ainsi. Ce que Musil a perçu sans l’identifier, c’est la montée des digéreurs au détriment des inventeurs.</p>
<p>p142- <em>Ulrich se déroba derrière une plaisanterie</em>.<br />
Musil devait être homme bien sévère si, quand il évoque une plaisanterie, il ne la formule pas.</p>
<p>p153- <em>Qu’est-ce qu’une âme ? Il est facile de la définir négativement : c’est très exactement cela en nous qui se rétracte quand nous entendons parler de séries algébriques. Mais positivement ? Il semble que cela réussisse à échapper à tous les efforts faits pour le saisir.</em></p>
<p>p177- <em>L’humanité aura beau tuer Moosbrugger [un psychopathe], elle n’en a pas moins la faiblesse de vénérer les hommes [le Christ ] qui l’auraient, qui sait ? acquitté</em>. Sommaire… confusion du symbole et de la réalité.</p>
<p>p215- <em>… un certain goût à refuser les obligations avec une mauvaise volonté qui procède de la volonté de se créer ses propres obligations.</em><br />
La description de l’homme sans qualités est surtout attentive… à ne pas lui trouver de défauts. Le livre mériterait plus justement, d’après cette page, le titre « L’homme équivoque »</p>
<p>p288- … <em>il souffrît, fatigué de son travail, d’un sens très marqué de la famille, alors que son épouse dont la seule tâche était de former nuit et jour le centre de cette famille, ne pouvait plus être leurré par aucune image romantique de son destin</em>.</p>
<p>p302- <em>Quand on parle avec un homme avec lequel on peut s’entendre, une force mystérieuse tire les paroles de la poitrine et aucune ne manque son but. Au contraire, quand on parle avec aversion, elles montent comme des brouillards au-dessus d’une surface glacée. […] plus cette conversation avançait, plus elle défigurait ses opinions intimes, mais il en rejetait la faute sur l’autre. Toutes nos pensées sont sympathie ou antipathie</em>.</p>
<p>p312- Tentative piteuse pour défendre la bureaucratie, royaume de la mise en instance, tandis que le concernement réside à l’extérieur, ce qui n’est pas l’avis de Musil.</p>
<p>p331- <em>Les psychiatres lui [Moosbrugger] demandaient très vite : « Combien font quatorze plus quatorze ? » Et il leur répondait, circonspect : « Eh bien ! Entre vingt-huit et quarante… ». Cet « entre » leur créaient des difficultés qui faisaient sourire Moosbrugger. C’est tout simple en effet ; il sait bien, lui aussi, qu’on arrive à vingt-huit quand on va de quatorze en quatorze, mais qui dit qu’on doive s’y arrêter ?</em></p>
<p>p361- <em>Sans doute serait-il plus important d’exterminer un ou deux responsables que de protéger un irresponsable de l’extermination</em>.<br />
A mettre au dossier de la peine de mort.</p>
<p>p407- Concept de la frontière entre la sensation de gloire personnelle aussi éphémère que sa vie, et la participation à la gloire collective, qui peut s’étendre sur une grande partie de l’histoire de l’humanité.<br />
Musil reste à la surface du problème. Je trouve une explication plus précise dans la polyconscience et la survivance à travers les personae implantées dans les esprits de nos proches.</p>
<p>p409- <em>Toutes les idéologies de profession sont évidemment nobles ; les chasseurs, bien loin de s’intituler « bouchers des forêts », se proclament très haut « amis officiels des animaux et de la nature », de même que les commerçants défendent le principe du profit honorable…</em><br />
Les chefs d’entreprise ne sont pas « exploiteurs du petit peuple » mais « gestionnaires de l’outil de travail collectif », les médecins ne sont pas « caution scientifique de l’industrie du médicament » mais « seul rempart contre la maladie et le handicap », les profs ne sont pas « pions d’une éducation normative », mais « guides de l’épanouissement personnel ».</p>
<p>p506- <em>Le meilleur tour que Dieu eût joué à la science consiste en ce qu’il ne se soit montré qu’une seule fois, et encore le jour de la Création, avant qu’on ne disposât d’observateurs entraînés</em>.</p>
<p>p515- L’amour d’Arnheim pour Diotime est tellement sublimé qu’on n’en voit plus, de cette altitude, les connexions physiques. Dénué de toute sexualité, on se demande bien pourquoi il faudrait qu’il soit hétérosexuel.<br />
L’amour demande à chacun de présenter des espaces à combler. Arnheim n’en a guère, Diotime pas beaucoup plus. Ils sont autant rivaux que nécessaires l’un à l’autre, avec l’interdiction de décevoir s’ils signent un contrat plus contraignant.</p>
<p>Qu’est devenue l’hypothèse intéressante racontée par Musil sur l’origine du mythe du déluge ? Un satellite ou astéroïde capturé serait descendu par des orbites rapides jusqu’à s’écraser sur Terre, attirant le long de cette orbite une montagne phénoménale d’eau, qui se serait effondrée lors de l’impact, déclenchant un monstrueux tsunami.<br />
L’autre origine du mythe pourrait être la fin d’une glaciation, mais la montée des eaux aurait été beaucoup plus progressive.</p>
<p>p579- Musil défend l’attitude de Goethe qui n’a pas défendu Fichte et ses théories peu en accord avec les préceptes de l’Eglise, alors qu’il sympathisait avec elles. Goethe critique la défense passionnée de Fichte en disant qu’il aurait du « s’en tirer par la douceur », attitude coulée dans l’époque qui semble emporter l’adhésion de Musil, particulièrement ambivalent dans sa défense des Grandes Choses, dont il semble voir la nécessité comme certaine et en même temps cherche à les égratigner. Déception de ne pas en avoir, de son temps, fait partie ?</p>
<p>p606- <em>Il y avait quelque chose que l’on appelait l’expressionnisme ; on ne pouvait pas expliquer avec précision ce que c’était, mais, le mot lui-même le disait, c’était une manière de faire sortir quelque chose au dehors ; peut-être des visions constructives, si celles-ci, comparées avec la tradition artistique, n’avaient pas été aussi bien destructives, de sorte qu’on pouvait les appeler simplement « structives », cela n’engageait à rien : « une conception du monde structive », la formule ne sonne pas mal</em>.</p>
<p>p631- <em>Le mot séraphique n’est sans doute pas trop gros pour expliquer le fait que l’on supporte son prochain non seulement physiquement, mais encore que l’on puisse, si j’ose ainsi parler, le tâter à travers son pagne psychologique sans frémir !</em></p>
<p>p671- <em>Les grands esprits aboutissent toujours à des principes simples et même, ayons le courage de le dire, à des lieux communs de la morale</em>.</p>
<p>p678- Musil se laisse aller à un vilain sophisme sur l’argent, ce qui n’est pas dans ses habitudes : <em>Cette qualité d’être réitérable, propre à la morale et à la raison, est bien moins séparable encore de l’argent […] C’est pourquoi l’argent est moral et raisonnable</em>.<br />
Evidemment il est possible de se retrancher derrière le fait qu’il le mette dans la tête d’un de ses personnages, Arnheim. C’est pourquoi en fait je trouve la formule du roman philosophique bien moins honnête qu’un livre d’aphorismes où le « je » est le franc sujet, comme dans le Gai Savoir de Nietzsche.</p>
<p>p684- Tentative douteuse de Musil de justifier des comportements de l’Allemagne parce qu’elle aurait été une « tête de turc » de l’Europe, et d’une façon provocatrice en prenant l’exemple des juifs rendus responsables eux aussi de tous les maux. C’est le problème plus général des idées reçues, certes beaucoup trop radicales dans leurs effets, mais dont il serait simpliste de dire qu’elles n’ont jamais aucun support. Ce n’est pas parce que les panconsciences n’ont pas de corps physique qu’on ne peut pas les juger.</p>
<p>p725- Passage erroné : la critique que fait RM de la pureté intellectuelle est celle de l&#8217;intellectualisme et non de la logique de l&#8217;esprit, tandis que la &laquo;&nbsp;grossièreté&nbsp;&raquo; qu&#8217;il vante comme véritable origine de la pureté est en fait le sens du réel qui permet d&#8217;échapper à l&#8217;intellectualisme.</p>
<p>p752- RM, sans montrer qu&#8217;il s&#8217;examine de cette façon, dissipe ses illusions pour en rebâtir de plus merveilleuses, tout cela simultanément, ce qui rend difficile de percevoir la frontière entre déconstruction et construction. J&#8217;ai procédé plus séquentiellement.<br />
Notons le trait d&#8217;esprit peu mal placé ici (en parlant de Diotime) : <em>Les choses en sont au point que cette volaille géante parle exactement comme moi</em>.</p>
<p>p756- <em>Les grandes idées ne sont plus bonnes qu&#8217;à se protéger les unes les autres des abus qu&#8217;on voudrait en faire</em>.</p>
<p>p761- <em>L&#8217;art est une récréation qui doit nous reposer de la réalité et nous permettre d&#8217;y revenir rafraîchi</em>.<br />
La réalité fatigue beaucoup plus certains que d&#8217;autres. Quelle est donc cette vie qu&#8217;il faudrait perforer de loin en loin de récréations ? L&#8217;art ne serait-il qu&#8217;un pansement ?</p>
<p>p785- RM trouve ici dans l&#8217;amour un sens à l&#8217;existence qui est de n&#8217;être satisfait d&#8217;aucun sens de l&#8217;existence, sans oser prétendre qu&#8217;il n&#8217;en existe pas.</p>
<p>p787- <em>On a parfois l’impression très forte que les notions et les règles morales ne sont que des métaphores recuites autour desquelles flottent les intolérables relents de cuisine de l’humanitarisme</em>.</p>
<p>p788- <em>L’accouplement de la philosophie avec des activités qui n’en tolèrent que de faibles doses, comme la politique ; la tendance générale à transformer aussitôt un point de vue en prise de position et à considérer chaque prise de position comme un point de vue ; le besoin qu’éprouvent les fanatiques de toute nuance de reproduire autour d’eux, comme dans un jeu de miroirs, la découverte dont ils ont bénéficié : tous ces phénomènes, si parfaitement banals, ne représentent pas, comme ils le voudraient, un effort, mais un défaut d’humanité.</em></p>
<p>p810- <em>Mais pourquoi donc tuait-il les poissons ? Cela lui procurait une jouissance inexprimable, sacrée ! Il ne voulait pas en savoir la raison : il était l’énigmatique Walter !</em></p>
<p>p843- <em>notre ami Tuzzi donnerait avec la plus grande sérénité de conscience le signal d’un guerre, même s’il est incapable, personnellement, d’abattre un vieux chien […] Le bouton sur lequel on presse est toujours d’une blancheur immaculée et ce qui se passe au bout du fil concerne d’autres gens</em></p>
<p>p844- <em>Je préfère m’imaginer que c’est le diable qui a édifié le monde européen, et que Dieu a voulu permettre à son concurrent de montrer ce qu’il pouvait faire !</em></p>
<p>p857- <em>La condition préalable du bonheur n’est certes pas de résoudre les contradictions, mais de les faire disparaître comme se referment les trouées d’une longue avenue</em>.</p>
<p><strong>Au final </strong>: L’Action Parallèle est-elle là pour montrer que Musil se décrit lui-même dans l’Homme sans qualités ? Aucune grande idée ne vient réellement soutenir la mise en place de cette grand action patriotique, alors que sa description est minutieuse. La célébrité d’Ulrich, de Diotime est mise en avant, mais on ne sait pas du tout pourquoi, puisque l’Action elle-même reste organisées autour d’idées extrêmement vagues et banales. Tout a un parfum d’exceptionnel, mais où est sa source ?</p>
<p>Titre méchant du livre, suggéré par un ami découragé : « La digression sans conclusion ». La tournure d’esprit de Musil, qui se garde des jugements finaux, évoque effectivement un lac du désert, que mille ruisseaux tentent de remplir et qui reste asséché : les digressions ne font pas découvrir de vérités.</p>
<p>Le véritable titre du livre aurait du être « L’homme sans illusions », et c’est en ceci que je me suis senti très proche de Musil, bien que nos méthodes aient été différentes : il déconstruit et reconstruit simultanément les illusions, tandis que je l’ai fait plus séquentiellement, sur de plus longues périodes, ce qui permet peut-être de descendre plus profondément dans le décapage, puis se rhabiller avec suffisamment d’illusions pour paraître… quasi « normal » ?</p>
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		<title>Peter Woit &#8211; Même pas fausse ! (La physique renvoyée dans ses cordes)</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Sep 2011 10:07:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres disséqués]]></category>

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		<description><![CDATA[3/10 Livre azur Ouvrage postérieur à « L’Univers élégant » de Brian Greene et qui en prend le contrepied radical. Greene fait un ouvrage de vulgarisation pro-théorie des cordes, Woit produit un pamphlet visant à démontrer qu’elle n’est d’aucun intérêt. PW prévient que de nombreux passages de son livre sont très techniques. Le lecteur peut manipuler les <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2011/09/21/peter-woit-meme-pas-fausse%c2%a0-la-physique-renvoyee-dans-ses-cordes/'>[...]</a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2100503936/rhumatologiep-21"><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/files/2011/09/meme-pas-fausse.jpg" alt="" title="meme-pas-fausse" width="346" height="550" class="alignright size-full wp-image-1506" /></a> <strong>3/10</strong> <em><a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/troquet/2011/03/26/livres-azur-et-livres-tempete/">Livre azur </a></em><br />
Ouvrage postérieur à <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2010/08/05/greene-brian-lunivers-elegant/">« L’Univers élégant » de Brian Greene</a> et qui en prend le contrepied radical. Greene fait un ouvrage de vulgarisation pro-théorie des cordes, Woit produit un pamphlet visant à démontrer qu’elle n’est d’aucun intérêt.</p>
<p>PW prévient que de nombreux passages de son livre sont très techniques. Le lecteur peut manipuler les objets mathématiques dont il parle sans les connaître en détail, mais le problème est moins de ne pas les comprendre que d’être obligé de faire une confiance intégrale à l’auteur pour ce qu’il en dit, car l’ouvrage n’est pas contradictoire.<br />
Autant le livre de Greene enthousiasmera le néophyte et le fera s’intéresser à la physique fondamentale, autant PW fait avec le sien l’effet d’un coupe-jarret. Il est excusable si, comme il le dit, il existe un impéralisme des théoriciens des cordes au sein de la physique : il lui faut secouer méchamment le cocotier. Lui-même semble s’être trouvé excessif avant publication, puis les réactions peu amènes des « cordistes » l’ont plutôt radicalisé. <span id="more-1505"></span><br />
On reconnaît ainsi dans son ouvrage une certaine dose de frustration et d’auto-conviction :<br />
« La théorie des supercordes n’ayant rien produit, devrait être abandonnée » ignore que, de son propre aveu, la physique piétine, et que la « mode des supercordes » n’aurait pu s’enraciner dans une atmosphère plus dynamique.<br />
Des questions de rivalité et de mépris rampant entre physiciens et mathématiciens sont très présentes dans le livre. Est-ce une exigence de sincérité ou l’exutoire de frustrations personnelles ? La psychobiographie de PW serait nécessaire pour en juger. Les considérations de pouvoir semblent en tout cas bien trop présentes au coeur des recherches fondamentales.<br />
Quand PW critique l’argument que la théorie des cordes soit « belle », au lieu de hausser les épaules il s’engage dans un chapitre pour indiquer que lui-même la trouve laide. Nous sommes dans la cour de récré…</p>
<p>L’épisode Bogdanov rapporté par PW n’est guère convaincant non plus : il indique que les Bogdanov ont publié 3 versions quasi identiques de leur article puis que le contenu n’est que fadaises comme si c’était de même importance. Sa phrase récupérée et déformée par les Bogdanov était « il est possible qu’ils aient trouvé quelque chose ». PW est mécontent de s’être fait avoir. Les Bogdanov sont des rêveurs bien filous, les Bernard-Henri Lévy de la physique, mais pourquoi l’affaire lui semble-t-elle révéler un grave problème au sein des comités de lecture puisque l’esbroufe fut rapidement découverte ?</p>
<p>« Un ouvrage courageux et nécessaire » (Lee Smolin) est finalement la description la plus juste. Il intéressera les professionnels qui s’intéressent aux aspects politiques de la recherche, tandis que le non physicien s’éduquera bien davantage dans <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2010/08/05/greene-brian-lunivers-elegant/">« L’univers élégant »</a>.</p>
<p><strong>Sur le fond</strong>, le sentiment laissé par ces ouvrages accolés l’un à l’autre est que la conception du monde par la physique fondamentale est encore dans un état bien peu satisfaisant.<br />
D’un côté le modèle standard rend compte de l’essentiel des expérimentations réalisées, mais au prix de replâtrages, d’annexions et de « renormalisations » qui en font un bien vilain édifice, fort éloigné de la théorie simple et universelle désirée par les physiciens. De plus elle ignore complètement une force fondamentale telle que la gravité.<br />
De l’autre la théorie des supercordes est un modèle mathématique ambitieux, une sorte de Trinité de la physique fondamentale, mais qui ne fait aucune prédiction vérifiable et n’a aucun espoir proche de le faire. Les travaux qui la concernent peuvent sembler, en termes de rentabilité, complètement vains. Pourtant les idées neuves produites et les mathématiques qui en découlent sont-elles une impasse certaine ? PW décrit lui-même comment des algèbres tombés en désuétude ont refait étonnamment surface pour permettre la mise au point du modèle standard.</p>
<p><strong>Ma conclusion</strong> est que le langage mathématique qui peut décrire précisément l’univers n’a pas été encore trouvé, et que ceux utilisés en sont une approximation dans des aspects fondamentaux particuliers. La solution viendra de celui qui saura inventer ce nouveau langage mathématique. Est-ce celui des supercordes ? Ou se cache-t-il derrière ?<br />
Il ne faut certainement pas fermer la porte aux supercordes ni y consacrer l’essentiel des ressources. L’organisation de la physique fondamentale devrait séparer les budgets qui relèvent de la consolidation des théories existantes, ayant gagné leur statut scientifique par des prédictions vérifiées, et eux qui relèvent de la spéculation pure, dont la réussite tient souvent à des esprits neufs et brillants, auxquels il faut donner leur chance. En clair, un axiome : Plus un théoricien travaille depuis longtemps à une théorie sans progresser davantage, moins il faut le laisser faire.</p>
<p>Car c’est sans doute l’utilité la plus évidente d’un « freineur » comme PW : le « tracteur » attelé au même problème, est terriblement stimulé pour inventer de nouvelles idées et arriver à progresser quand même.</p>
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