Les signes identitaires?
Une étape importante.
Mais la Calédonie manque de citoyens du Monde plus que d’identité.

Nord-Sud: Le fossé se creuse, par ES
nord-sud

 

En Calédonie voisinent des français aux attitudes contrastées:

Le néo-colonial juge la culture des îles retardée
et tente de transposer sa société sans beaucoup l’adapter.
Il tend à s’enfermer dans Nouméa sud
et un transfert de compétence flirtant avec l’indépendance
le rend pessimiste sur l’avenir du pays.

A l’autre extrême, le décolonisateur est un rejet de la génération 68,
parvenu en Calédonie en surfant sur une vague de répulsion
contre le conformisme métropolitain et ses excès.
Il a vécu les Evènements et en est resté profondément marqué:
Il a vu l’orée de la guerre, lui qui ne cherchait si loin qu’une meilleure tolérance.
Sa méthode de défense a été une acceptation de toutes les doléances:
Le droit du premier arrivant est irréductible. La dette est lourde.
Il s’estime simplement toléré sur une terre qu’il juge entièrement mélanésienne.

Que sera le calédonien de demain?
caledonien-demain
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Les faces à faces raciaux en Nouvelle-Calédonie ne sont pas seulement un handicap pour la vie locale,
mais en sont aussi un pour l’économie extérieure du territoire:
La tolérance raciale et culturelle des Calédoniens s’améliore à l’étranger,
mais reste médiocre.
Leurs réussites, à ces étudiants, hommes d’affaires, politiciens,
en sont altérées,
qu’ils soient européens ou mélanésiens.

Le caractère multi-ethnique de la Calédonie devrait être un avantage compétitif.
C’est un boulet,
d’autant plus malheureux que les pays les plus développés ont enfin pris la mesure
des avantages de leur population immigrante enfin intégrée.

anti-racisme

 

Enfoui sous le défilé d’horreurs,
pointe un unique aspect positif aux anciennes guerres de religion:
C’est la première fois que les masses populaires se mobilisaient autour d’une idée,
du moins une idée autre que celle de posséder les biens du voisin…

La grande marche de Nouméa est, à la méthode Pacifique, un signe du même ordre:
Après l’invasion coloniale, les rebellions, les pacifications forcées et,
toujours dans la même logique d’appropriation, ceux qui tirent le steak à eux…,
la Grande Marche est le battement vigoureux d’un coeur populaire calédonien mobilisé
autour du concept d’une culture commune pour le pays.
grande-marche

 

Le mode d’alimentation est bien sûr un attribut de la culture,
mais dans quelle mesure, à l’inverse, influence-t-il la mentalité de ses adeptes?

Jusqu’au milieu du 20ème siècle, les savants croyaient fermement que le type de nourriture consommée influence le caractère:
Ainsi, la place prépondérante du riz pour les Indiens explique « l’amollissement général qu’il entraîne », voire l’expansion du bouddhisme, religion contemplative (Nietzsche).

Des études ont montré certes que la richesse en protéines du régime influence l’humeur.
Mais, alors que le mode de production de la nourriture (culture, pêche, élevage..) a un fort impact,
l’hypothèse d’une culture modelée par sa chimie alimentaire reste incertaine.

nourriture-et-culture

Songeons pourtant aux applications potentielles:

L’agressivité de certains membres des tribus viendrait des vaches volées aux éleveurs: trop de protéines!
Solution: traiter les troupeaux aux benzodiazépines. Effet secondaire minime: ralentit la vitesse de rumination de 5%… Effet visé: Le boeuf volé endort son consommateur en plein milieu de la route…

Un moyen plus radical d’influencer la culture locale serait la création d’un phylloxéra du cannabis…
Qu’en diraient les écologistes?

Mais il y a toujours des idées plus sérieuses et déjà réalisables,
comme supprimer les taxes sur le kava et les multiplier par 10 sur l’alcool (pur).
Voilà qui limiterait les incertitudes routières de finir…
… dans les cultures.

 

Après les micro « évènements » de ces dernières semaines,
s’est mis à circuler sur le net un texte « pour réfléchir (!) »
exposant le scénario d’une répétition générale
d’une prise de pouvoir armée par les troupes fanatiques
de l’USTKE-Parti Travailliste.

Cette vision paranoïaque de l’action kanak échoue sur une faille essentielle:
Qui est le Hitler machiavélique organisateur de ce futur coup d’Etat?
La société mélanésienne ne fabrique pas de grandes pointures du Mal,
et si elle produisait un visionnaire génial de la « cause »,
il réaliserait que les manipulations légales offertes par la démocratie
offrent un boulevard bien plus large vers le pouvoir.
Le président de la plus puissante nation du monde est noir.

Je ne voudrais surtout pas diffuser ce texte
qui dressera davantage les gens sur leurs ergots.
Les futurs maîtres du monde sont les asiatiques
sur la placidité desquels s’épuisent les coups de sang latins
…et kanaks (pas la meilleure chose apprise du colonisateur).

Que les mélanésiens luttent contre le barbarisme
(alcool et drogue parsèment les rues de bêtes dangereuses),
que les blancs luttent contre la morgue et l’élitisme
(qui parsème les rues de bêtes prétentieuses),
et nous aurons un grand boulevard de tolérance
de Rivière-Salée à Val Plaisance.

maitre-du-monde

 

L’essentiel:
-L’influence du langage sur la pensée
-Importantes questions connexes

Ne parlez pas Comics, vous penseriez méchant…
bizbatmanjoker
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Aircal ne décolle pas.

L’USTKE, syndicat d’un autre âge… celui des enfants qui n’ont pas grandi?
reste le meilleur militant anti-indépendantiste, et même anti-autonomiste en Calédonie:
Qui, si la France ne prête pas à fonds perdus ses gendarmes,
empêchera le plus fort d’avoir toujours raison?

ustke_reunion

 

Initiative heureuse et pratique: Tatele.nc est une vitrine opportune sur la vie politique calédonienne à 3 semaines des élections.
Le site simple et rapide ne rebutera aucun internaute. Les interviews sont convaincantes, sans langue de bois… la Calédonie n’est vraiment plus une île comme les autres depuis qu’elle a dépoussiéré son passé colonial.
Bémol: Le public de Tatele est constitué en grande partie pour cette première
de gens qui n’iront pas voter.
J’en fais partie.

En ai-je la moindre frustration? Non.
Et par ricochet, voudrais-je voter pour ou contre l’indépendance? Non.
Je suis pourtant depuis 5 ans sur le caillou,
j’ai de bonnes chances d’y finir ma vie.

Néanmoins, je préfère laisser les calédoniens présents depuis 98
décider des rapports du pays avec la France (1).
Voudrais-je en effet que ce soit le poids des immigrés métros récents
qui fasse pencher la balance?
Sûrement pas si l’on veut continuer à vivre ici sans barricader toutes ses fenêtres.
Si les vieux calédoniens se montrent villageois hostiles, mieux vaut partir.
S’ils votent contre la xénophobie, voilà qui fera un bon endroit pour vivre.

Quel équilibre entre les couleurs calédoniennes?
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Film documentaire d’actualité flagrante en Calédonie, Palme d’Or à Cannes

« Vous charriez, m’sieur »
Remarque esquivée par le prof.
Il faut pourtant s’y engouffrer sans hésiter: Sujet central à creuser, aussi bien sur soi-même que sur les élèves.

Charrier, c’est faire passer par un humour négatif et quelque peu cynique l’opinion profonde que l’on a sur le niveau d’un élève. Méthode opposée au renforcement positif, mais plus tolérable que le renforcement négatif dur (« tu es nul et c’est sans espoir ») parce qu’enrobée d’humour, et surtout parce qu’elle ne prédit pas l’avenir: Elle laisse une porte ouverte: « Pas terrible, ton niveau, mais tu peux t’améliorer ».
Cela dépend de la façon dont on charrie, et surtout de sa répétition systématique: Charrier en permanence finit par être perçu comme du renforcement négatif…
force de l’habitude…
mais signale généralement que l’enseignant n’y croit effectivement plus.

La « City » de Nouméa, par Eric Schmidt
city_noumea
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En marge de la journée du Sénat Coutumier sur les difficultés de la jeunesse kanak

Le kanak ne se construit pas différemment de l’occidental.
Il emprunte le même lent chemin d’éveil par les sens,
la mère, le langage, les autres personnes, les groupes.
Mais sa culture le stoppe sur le chemin de l’individualité.
Contrainte évolutive: Il n’y avait pas d’avenir en dehors du clan.

Il est atome d’une vaste molécule humaine,
tellement longue que ses méandres se perdent
dans les générations ancestrales.
Les liaisons sont fortes, toute tentative d’éloignement est difficile,
et, réussie, déclenche de la part des autres,
une répulsion magnétique.

Le contact avec l’individualisme occidental
libère soudainement des atomes libres et réactifs,
dont les charges positives séduisent,
les négatives inquiètent.

Le pire des pièges pour un jeune kanak
est de prendre l’affirmation de la race
comme une affirmation de soi.

 

L’école échoue, en brousse, parce que les enseignants n’ont pas conscience de son double rôle:
-L’apprentissage scolaire, certes, qui culmine sur un joyau:
avoir appris à apprendre*
-Mais aussi l’inculcation d’un enfermement social certain, de codes sans aucun rapport avec les matières enseignées, de la découverte frustrante des échelons de compétence et de leur influence dans une nouvelle hiérarchie sociale:
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La culture kanak, quels que soient ses mérites, a eu une évolution courte et solitaire.
3 motifs pour lui faire des louanges outrancières:
-travail rémunéré pour certains, inclus dans le prix de la décolonisation,
non forcé car ce sont souvent les mêmes qui cherchent leur propre spiritualité à travers les tentatives d’autres cultures,
-snobisme condescendant: « C’est incroyable ce que vous avez réussi à faire… » (… avec vos moyens limités?)
-rejet de sa propre culture, chez ceux qui veulent devenir plus kanak que les kanaks.

Le kanak ne devrait pas exposer sa culture, mais la cacher.
Que ce soient des spécialistes occidentaux qui en connaissent le mieux l’histoire et les méandres
la déconsidère.
Tjibaou, centre culturel, est un odieux microscope qui dévoile les dessous,
abolissant toute puissance initiatique à cette culture,
explication pour que les kanaks, à raison, ne le fréquentent pas.

La quête de spiritualité ne doit pas coûter que le prix d’un ticket d’entrée.
Elle doit être complexe, perdurer,
et que chaque pas gagné soit une fierté.

Kanaks, ne montrez pas votre âme,
vous la perdrez.

Bienvenue en Nouvelle-Katagonie, par Eric Schmidt
bienvenue_en_katagonie

 

…pouvoir éclaté entre coutumiers, syndicalistes et politiciens modernes.

Est-ce aux kanaks de faire évoluer leur pouvoir,
au risque d’en faire des décombres?
Ou au pouvoir kanak d’évoluer,
en se souvenant que l’éducation est une donation,
une transmission sans frais, chaque année, d’une parcelle de pouvoir,
avant qu’il vous soit arraché.
Impossible? Non, difficile, quand l’éducation est figée
par les ancêtres éternels…

 

Article dans les Nouvelles « Pour ou contre la vidéosurveillance »
Pour Yves Daram, ancien policier,
il faut plus d’hommes dans les rues.
Un peu de mauvaise foi:
La vidéosurveillance serait très coûteuse…
…plus qu’une armada de nouveaux fonctionnaires?
Ces nouveaux troupiers seront-ils
les grands psychologues attendus?

La vidéosurveillance n’a pas les mêmes objectifs
que les travailleurs sociaux de proximité,
que les gendarmes.
Il faut la connaissance des faits véritables,
le soutien,
le bâton.

Chacun sait, par l’expérience des disputes familiales,
que le principal ennemi de la justice est la mauvaise foi.
L’auto-persuasion est parfois telle
qu’il faut bien mettre une vidéo sous le nez de coupable
pour lui démontrer la réalité de ses actes.

En ce sens ce n’est pas la surveillance qui pose un problème éthique,
mais l’usage qu’on en fait.
La hantise doit venir de la traque de la moindre déviance.
Le monstre est… le Bien-Pensant.

Une société ouverte et tolérante n’a pas à craindre la surveillance.
Une secte intégriste, si.

 

« Le vol n’est pas dans la culture kanak… » titrait Rêve Calédonien il y a 5 ans.
Le retournement s’est fait à toute vapeur
et montre à quel point les jeunes mélanésiens ont abandonné leur culture.
Vague sans précédent de cambriolages dans Nouméa Sud,
tandis que les Nouvelles Calédoniennes font un reportage bienheureux
sur l’intégration des logements sociaux de la SIC dans les beaux quartiers…

Chien de garde: Choisissez féroce…

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Le capitalisme a créé la pire des injustices:
la création d’une aristocratie de l’argent
qui s’engraisse de primes et prébendes
et s’autoprotège en promettant la misère à tous
si elle disparaît.

Le socialisme a créé la pire des injustices:
celui qui, sans être un génie, tire le maximum de ses capacités,
n’en est pas davantage récompensé
que la limace étalée sur le canapé de l’assistance.

La démocratie a créé la pire des injustices:
jamais les déçus des 2 politiques ne seront assez nombreux
pour faire entendre leur voix
surtout s’ils sont traités d’anarchistes.

Quel système n’ajoutera pas au pire?
Fuyons le conservatisme.

 

Les grands idéalistes sociaux sont dangereux. La politique sociale française, plus encore que d’autres pays, a consisté à étatiser la solidarité par des cotisations forcées, dédouanant implicitement les payeurs de tout souci humain vis à vis des moins favorisés.
La médiation entre contributeur et bénéficiaire est devenue régulée par l’argent, plus complètement encore que celle d’un employeur et ses salariés, qui se rencontrent plus souvent.
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Les allocations familiales, nées du souhait d’égalité des chances,
sont dérivées vers le revenu et le confort parental.
La voiture plus luxueuse sert à tous, certes,
mais des parents plus à l’aise font-ils une meilleure éducation?
Réponse aléatoire.
Le bénéfice des allocations entame une chute libre
quand elles servent à payer les bières du père ou les robes de la mère.

Imaginez-vous coller une assistante sociale derrière chaque foyer?
Délire communiste. Dans ces conditions,
la rentabilité pour l’égalité des chances, de ces allocations, est suspecte.
L’alternative est l’extension des missions scolaires:
L’école, pourvoyeuse de morale, de savoir,
s’est mise à distribuer aussi nourriture et fournitures.
Rien de révolutionnaire à lui confier habillement, matériel sportif, loisirs électroniques et artistiques, voyages initiatiques.

En matière d’argent,
l’éthique des enseignants ne semble-t-elle pas plus fiable
que d’éventuelles frustrations parentales irrésolues?

Une crainte va naître chez les parents:
Si l’on favorise ainsi la prééminence de l’école,
ne va-t-on pas détacher l’enfant du milieu familial?
Ne va-t-on pas faire de l’éducateur un puissant personnage
effaçant père et mère?

A chacun de faire son examen de conscience.
Le rôle du parent est-il de faire des cadeaux, de donner l’argent?
Ou surtout d’apporter empathie, chaleur, soutien,
que l’enfant ne peut trouver dans l’agressif et compétitif milieu scolaire?

Un avantage à égaliser davantage par l’école:
Les enfants de milieu modeste reprocheront moins à leurs parents
de ne pas fournir autant de richesses que ceux des copains nantis.

Quel défi pour le père
de ne plus pouvoir acheter la considération du fils
avec de l’argent gratuit.

 

Replacer la colonisation dans son contexte historique
de moeurs et sensibilités différentes
n’atténuent pas toutes les rancoeurs,
même alors que la vie moderne
n’est devenue qu’une suite de petites colonisations
de parcelles de pouvoir
par des clans, des groupements d’intérêt, des administrations,
chez les ex-colonisés.

La réparation par l’ancienne puissance coloniale peut-elle faire mieux?

Retire-toi! Retire-toi! Tu as piqué dans une subvention!

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