Le vrai titre à retenir du film de Kassovitz est « l’Ordre et les morales ». Pourquoi ?
Deux morales tout aussi « légitimes » sont dépeintes : celle de la guerre et celle de la vie civile. Si la prise d’otages d’Ouvéa s’était déroulée dans le cadre d’une insurrection kanak pour l’indépendance, elle aurait été considérée comme un épisode de guerre et de l’éthique particulière à celle-ci : le droit de tuer est acquis, la vengeance va de soi, tout est bon pour prendre l’avantage tant que l’on respecte les conventions internationales.
Le drame d’Ouvéa est que le hasard de communications incertaines a fait de cette affaire un débordement isolé dans une action du FLNKS qui se voulait symbolique. Tjibaou ne désirait pas une guerre ouverte avec toutes les souffrances qu’elle impliquait. La prise d’otage devenait, dans ce contexte, un acte terroriste, et justifiait une réponse musclée plutôt qu’une négociation.
Malheureusement le groupe de kanaks concerné n’avait rien de fanatiques religieux. C’étaient des têtes faciles à enflammer menées par un intellectuel kanak, Alphonse, loin d’être un jusqu’au-boutiste et vite catastrophé par la conscience du guêpier où il s’était fourré. Dès lors une issue négociée était certainement possible, et le film montre bien l’abrutissement des décideurs par des codes de conduite, des nécessités politiques, et surtout la méconnaissance de la mentalité kanak, qui a mené à la décision d’un assaut inutile.
Peut-être le film insiste-t-il trop sur cet aspect de l’affaire pour certains, mais il n’a pas passé sous silence les violences initiales, qui ont conduit au décès lui aussi inutile de 4 gendarmes. Quiconque connaît les îles sait bien comment le plus placide des locaux peut se transformer en brute stupide sous l’effet de l’alcool, de l’herbe et de l’excitation, ce qui n’en fait pas un barbare en permanence.

Les assassinats de Tjibaou et de Yeiwene, directement liés au refus de tout soutien du FLNKS aux preneurs d’otages, étaient-ils justifiés ?
Tjibaou a certainement hésité à torpiller ses chances de trouver une solution négociée pour l’ensemble de la kanakie en apportant son soutien à ce qui était à l’évidence une bavure kanak. D’ailleurs les accords de Matignon signés immédiatement après après semblent lui avoir donné raison. Mais pouvait-il se décharger de toute responsabilité ? L’idée d’une occupation « pacifique » des gendarmeries de la côte Est pouvait-il vraiment se faire sans incident ? Sans doute est-ce pour cette raison que toute l’opération a été annulée… sauf à Ouvéa, pas prévenue à temps. Dès lors, ne fallait-il pas être présent dans la médiation, aux côtés des vieux d’Ouvéa, plutôt que jouer les abonnés absents ? L’hésitation lui aura été fatale.

Ouvéa est à classer dans ces évènements de l’Histoire, fort nombreux, qui ne sont qu’une accumulation d’erreurs bien humaines dont il est impossible d’extraire un ordre ou une morale quelconque. Aurait-on pris deux chapeaux, l’un avec les noms des protagonistes, l’autre avec les épithètes — « héros », « pourri », « manipulateur », « sincère », etc… — et aurait-on fait tirer au hasard les petits papiers pour les associer avec le plus abyssal vide d’intentions, on aurait dans chaque tirage abouti à une configuration acceptable pour les uns et grossièrement erronée pour les autres…

L’absence de grand méchant et de super gentil fait de ce film une réussite pour les calédoniens, qu’il soudera plutôt qu’il ne radicalisera.
Par contre je ne suis pas certain qu’il intéresse beaucoup le reste du monde, car très descriptif, et donnant peu d’ouverture sur des réflexions philosophiques comme nous le faisons ici. La réalisation pêche au niveau de la progression de l’histoire : elle devient lassante alors que la tension devrait monter progressivement jusqu’à l’assaut final. Si j’avais été aux commandes, j’aurais traité simultanément à la fin, en flash-back, l’attaque initiale de la gendarmerie et l’assaut de la grotte. Un bon moyen de mettre en parallèle la brutalité inutile des deux actes… ou leur justification respective, selon le point de vue.

 

Le racisme est une erreur sans couleur
qui est de prendre l’affirmation de la race
comme une affirmation de soi.
Tome Fringant

Je préfère m’imaginer que c’est le diable qui a édifié le monde européen,
et que Dieu a voulu permettre à son concurrent de montrer ce qu’il pouvait faire !
Robert Musil

 

Il serait bien cynique de dire que la tuerie fratricide de Maré profite à la position des blancs, seuls médiateurs assez musclés, grâce à leurs gendarmes, pour éviter que cela dégénère.
Maré révèle en réalité le décalage entre les clans traditionnels et la bourgeoisie kanak naissante, qui ne peut plus accepter ces débordements. Continue reading »

 

Terminons cette série d’articles sur la politique calédonienne par un point sur ses perspectives. Motivation : la perte d’un collègue inquiété par les messages alarmistes qui circulent régulièrement sur le web nouméen. Il déménage à la Réunion. C’est un professionnel très compétent dont le travail ne pourra être exercé par aucun remplaçant local, au détriment des nombreuses personnes dont il s’occupait. Dommage, quand c’est à cause d’une information tronquée. Les épouvantails ? Indépendance sanglante, dévaluation du franc pacifique, effondrement de l’immobilier, goudron et plumes… Continue reading »

 

Une société primitive reste conservatrice essentiellement pour cause d’isolement. Deux circonstances y concourent :
-Soit elle occupe un milieu difficile, qui ne lui est guère disputé. Un tel milieu n’encourage pas l’originalité. La meilleure adaptation a été affinée au fil des générations. Trop de risques pointent à laisser les jeunes la redécouvrir ou la modifier : de nombreuses pertes surviendraient et mettraient la société en danger. La tradition est forte et vitale.
-Soit elle est géographiquement isolée — une île — et malgré l’environnement favorable il existe peu de communications, de conflits, de brassage génétique. La société est conservatrice par défaut. Il n’y a pas grand moteur pour la rendre moins statique.
-Une dernière circonstance est sans doute favorisante : l’absence de saisons dans la zone comprise entre les tropiques, qui réduit la perception du temps qui s’écoule, favorisant un éternel présent au détriment d’une conscience du futur et son anticipation.

L’intégration exceptionnelle d’une société primitive dans son milieu la rend admirable à ceux qui sacralisent la Nature. Elle perturbe en effet très peu l’écologie locale, voire participe à son équilibre, comme les autres espèces animales. Ainsi, pour l’idéaliste, l’homme primitif vit en harmonie avec la Nature. Pour le cynique, le milieu contrôle cette peuplade primitive et lui interdit toute évolution…
Les sociétés occidentales sont au contraire hyper-évolutives, produits de la communication, du conflit, de la prévision. Une invasion de fourmis rouges, toutes étroitement connectées, au cerveau collectif terriblement efficient.
Seul espoir : le projet SETI : Arrivera-t-on à leur trouver un prédateur ?

 

Il me faut parler un peu, bien malgré moi, de la politique calédonienne, car circulent régulièrement dans la belle société blanche des pamphlets dévastateurs pour l’avenir commun. La dernière de ce qu’il faut bien nommer des « masturbations intellectuelles » s’appelle L’enterrement de la démocratie calédonienne.
A chaque fois que vous entendez parler des Accords, n’avez-vous pas l’impression d’entendre se quereller des théologiens sur l’interprétation de la Bible ?
Avec un peu d’altitude, on s’aperçoit qu’il n’y a pas ce clivage entre indépendantistes et loyalistes, mais un besoin de justifier son existence politique.

Pour que les leaders kanaks abandonnent l’étendard indépendantiste, ce que la plupart ont hâte de faire — pour le discours d’interdépendance sans sacrifier à l’autodétermination —, il faut que leurs électeurs se soient suffisamment embourgeoisés pour comprendre le pragmatisme d’une telle position. Ce n’est pas encore le cas… mais on y vient, beaucoup de signes le montrent. La Nouvelle-Calédonie réussit à fonctionner tant bien que mal depuis des années avec un gouvernement collégial, ce qu’aucun grand pays occidental n’est capable de faire ! Et on dit qu’il y a des clivages d’une profondeur croissante ? Je suis d’un avis parfaitement contraire. Où sont passés les grands mouvements sociaux de ces dernières années ? A quand remonte le dernier blocage d’un rond-point ? Les extrémistes sont maintenant bien rangés derrière la bannière de leur parti travailliste, respectueusement démocrates comme tout le monde. Il existe bien sûr quelques paranoïaques pour penser qu’ils profitent du relâchement des tensions pour constituer leur armée décolonisatrice… Je comprends les gens qui n’ont pas vu arriver les Evènements : Ils anticipent la prochaine fois où le ciel va leur tomber sur la tête.
Ce serait dénigrer toute faculté d’évolution aux kanaks et à leurs dirigeants. « La démocratie est bien enterrée en Nouvelle-Calédonie » est une imposture. Les gens n’ont jamais parlé aussi librement, bien davantage qu’à l’époque des accords. Rien ne vaut la communication pour éteindre les ardeurs guerrières.

Le seul intérêt de ce genre de pamphlet partisan et pessimiste est qu’il pourrait faire baisser les prix de l’immobilier dans Nouméa sud…
Si vous voulez vendre votre maison, contactez-moi ;-)

Je vais d’ailleurs m’occuper du département média de la tendance loyaliste extrémiste, qui gagnerait à alléger ses textes de quelques illustrations. Voici Le colonisateur blanc accouchant difficilement du Démon de l’Indépendance

 

La société française va mal. Mixité sociale anémique. Personne n’en veut. Un programme avait tenté de l’imposer : le 10% de logements sociaux dans toute construction d’immeuble neuf. Malheureusement, mettre des gens sur le même palier ne suffit pas à les faire communiquer. Ils ont préféré le rassemblement par qui se ressemble. Une ghettoïsation des cultures s’est installée. Les plus pauvres n’ont pas les moyens de voyager pour assimiler et ressentir les autres cultures et leur mode de vie. En l’absence d’échanges physiques, ils se radicalisent dans leurs références privatives encore davantage que les plus riches, qui font du tourisme. Continue reading »

 

La tribu est une polyconscience (1) implantée dans un corps multiple. L’interdépendance est étroite. Chacun de ses membres est atome d’une vaste molécule clanique, dont les méandres s’étendent aussi bien sur les terres tribales que dans le Temps, reliant la procession des ancêtres.
Le magnifique avantage de cette structure est que personne n’est abandonné, isolé. Ni le vieux, ni le simple d’esprit, ni le blessé. Il n’est pas nécessaire de gagner son importance pour exister.
L’inconvénient est la lenteur des échanges au sein de cette polyconscience trop éclatée, produisant une société d’apparence statique, vulnérable aux agressions des plus conquérantes : Celles qui favorisent les consciences indépendantes forment des êtres compétitifs, prompts à bousculer les codes sociaux, à s’emparer des terres et des biens.
La tribu est menacée de décomposition par l’éloignement de ses membres. Le bain des jeunes esprits dans l’éducation occidentale libère des atomes libres, réactifs, dont les charges positives séduisent - leur compétence à s’emparer du mode de pensée occidental -, les négatives inquiètent - scindés de la tribu, ils pensent et décident indépendamment, au point d’apparaître étrangers -.
Alors, la kanakie traditionnelle ne devrait-elle pas militer pour le maintien de la dépendance ?
La présence occidentale, elle, assure l’essor de… l’indépendance.

(1) Cf Sous acide filozophique

 

Un diplomate israélien a récemment fait sourire la communauté diplomate aux Nations Unies :
Il s’est avancé pour débuter son intervention :
« Avant de commencer mon discours, je désire vous raconter une histoire à propos de Moïse : Lorsqu’il frappa le rocher et que l’eau se mit a jaillir, Moïse pensa « Quelle belle occasion de prendre un bain ! ». Il se déshabilla, posa avec soin ses vêtements sur un rocher puis entra dans l’eau. Lorsqu’il en ressortit, ses vêtements avaient disparu, volés par un palestinien. »
Le représentant palestinien à l’ONU, estomaqué et furieux, interrompt brutalement ce discours en s’écriant : « Que racontez-vous donc ? Les palestiniens n’étaient pas là à cette époque ! »
Le diplomate israélien sourit puis dit : « Maintenant que ce fait est clairement établi, je peux commencer mon discours… »

Le palestinien a malheureusement raté la plus belle des répliques à cette blague stupide, qui aurait été de se tourner vers le représentant américain et dire : « A l’époque de Moïse, qui vivait aux USA ? Des peaux-rouges… »

 

Affichez vos désirs et non pas seulement votre différence,
car cette affiche est votre C.V.

La discrimination raciale dans la recherche d’emploi est un fait avéré. Mais n’est-il pas simpliste de la réduire à un rejet de couleur ? Les signes identitaires sont essentiels à la construction de l’adolescent. Doivent-ils pour autant faire obstacle à la réalisation de ses désirs ?
Un français bon teint qui adopte le look bonnet-survet’-claquettes n’a pas davantage de chances de décrocher un job qu’un mélanésien dans la même tenue. Pourquoi affirmer également qu’il serait plus « naturel » pour un jeune français des beaux quartiers d’endosser pour la première fois costume et col blanc ?
Le look professionnel est une rupture avec l’adolescence, pas avec sa culture. Partir à la recherche d’un travail avec l’allure d’un drapeau identitaire est se faire obstacle, parce qu’on affiche un reliquat de puérilité : C’est l’attitude de l’enfant qui se rend odieux envers ses parents, tentant ainsi de vérifier qu’il est aimé tel qu’il est, et non pas tel qu’on voudrait qu’il soit,
ce que peu de parents comprennent… mais encore moins d’employeurs !
Faites preuve de finesse : Nuancez habilement le look qu’espère votre futur patron, avec quelques signes identitaires : C’est, alors, démontrer votre inventivité. Voici un C.V. qui sortira de l’anonymat. A vous ensuite de vous hausser à l’altitude de ces prétentions…

 

J’avais titré, dans une première parole sur l’émancipation féminine aux mélanésiens : « L’émancipation féminine doit venir des hommes ». L’idée contenue dans un tel début provocateur était celle-ci : Le « combat » des femmes pour leur place souffre d’un côté « masculinisant » pour les femmes, et surtout castrateur pour les hommes. Mieux vaut que ceux-ci proposent spontanément une place différente aux femmes, quand elles en émettent le désir, et ceci dès la plus tendre enfance, pour la petite fille, de façon à éviter l’accusation d’un formatage social obligeant la femme à rester à une place que certaines voient comme « sous-membre » de l’espèce.

Mais le titre ultime de cette affaire reste bien : « L’émancipation féminine doit venir des femmes ». En effet, le changement de condition nécessite un préalable : La femme doit cesser de se considérer comme un objet de désir.
Le mâle suit son instinct de couvrir les femelles. Son besoin de pouvoir sur elles est surtout un besoin de les soustraire au pouvoir des autres mâles. La femelle suit son propre instinct : éveiller désir et protection dans le cerveau reptilien de son partenaire élu. Voici un besoin qui s’affiche publiquement dans la société quotidienne bien davantage que la vilaine pornographie masculine, et soutient un large pan de l’économie mondiale.
La culture a sublimé les méthodes, l’intention est toujours la même. Nous avons vu les dangers qui entourent le rejet de l’animalité. Certaines femmes sont prêtes à courir le risque, confiantes dans les plaisirs étourdissants que leur procure leur intellect. Mais elles ont placé beaucoup de consoeurs, par militantisme, dans une situation difficile. Effets secondaires de l’idéalisme, toujours. Beaucoup n’ont pas décidé de renoncer à être objet de désir.

« L’émancipation féminine doit venir des femmes » : Voyez, ainsi, dans cette prophétie, non pas un combat, madame, mais un choix. L’homme doit offrir la place, la femme ne doit pas être contrainte de l’occuper.

 

L’essentiel:
Le chemin kanak face à l’assimilation. Continue reading »

 

Pourquoi ne m’intéressé-je guère à la politique ?

La politique n’est ni ridicule ni inintéressante. Ce ne sont pas des mots assez forts. Elle est le résultat d’une amputation de la société. Pas d’un simple orteil, mais de sa tête.

La société est un immense corps, que l’on a décapité lors d’une grande intervention esthétique, la chirurgie démocratique, à l’applaudissement de tous ses membres, mains et pieds, les seconds étant moins habiles mais les plus nombreux. On a juché pudiquement sur la gorge tranchée, une grande tête de clown découpée dans du carton, baptisée en grande cérémonie Paul Itticien 1er, nouveau césar… sans épaisseur.

Pour faire plus vrai, on lui a placé des yeux qui bougent, des sourcils qui haussent le ton. Sa bouche est un théâtre : plein de petits personnages viennent s’y produire, se maquillent, s’invectivent, s’arrachent la palme de la grandiloquence ou de la sincérité… affichée, puis regagnent l’hémicycle où ils sont reprogrammés et recyclés.

Personne, dans le corps de la société, ne croit à leur sincérité. Trop évident. « Factice ! » se moquent-ils. « Marionnette ! » invectivent-ils. Et de barbouiller la tête en carton de bombe à tags, de lancer sur les figurines du théâtre des insultes bien faisandées.

Le corps de la société avance, aveugle - ses yeux sont perdus - et indécis - ne cherchez pas derrière la tête en carton une perspective d’avenir, il faudrait un cerveau pour y penser -.
Car les personnages du théâtre ne cherchent qu’à vous faire rire ou pleurer. C’est pour cela qu’on les a engagées. Pas pour vous faire réfléchir, ça risquerait de rendre la plupart moroses. Le théâtre moderne ne vit pas de sa qualité, mais de son audimat.

La démocratie n’est pas un système où chacun peut participer à la décision, mais où chacun a le même poids dans la décision. Son rejeton économique, le capitalisme, a corrigé le poids décisionnel d’un critère unique, pas l’intelligence, pas le degré de conscience, mais l’argent.
Le corps de la société est celui d’un enfant immature et obèse, qui, décérébré, n’est attiré que par sa nourriture, le plaisir facile, armé de sa fourchette aux dents les plus longues, l’argent.

Peut-être les déviants et les ermites sont-ils les derniers philosophes lucides, ayant préféré se faire chier par le grand corps social… et s’ébattre sereinement dans sa merde.

Groupe de politiciens en séminaire de communication

Groupe de politiciens apprenant à parler sous l’eau pour séduire les petits poissons

 

Le capitalisme est fondé sur la notion d’échange.
Sa moralité est de donner davantage qu’on ne prend.
C’est la base du véritable enrichissement personnel.
Je vous ai saisi ? Continue reading »

 

L’approche ethno-culturelle de la maladie peut être vexante pour celui qui se voit attribuer des concepts traditionnels alors qu’il a élargi ou cherche à élargir son assise de connaissances.
Demandons plutôt que préjugeons, comment le patient lui-même voit sa maladie… à condition que cette question ne le déroute pas davantage qu’elle le rassure : Nombreux sont encore ceux qui transfèrent au médecin tout pouvoir sur leur santé.

Pour ceux très attachés aux conceptions traditionnelles, le discours du médecin occidental est rendu suspect surtout par l’ignorance affichée des autres concepts.
Ce n’est pas un phénomène exclusif au voisinage d’une médecine traditionnelle : Le médecin qui déconseille une médecine alternative en donnant l’impression de la connaître voire de la pratiquer lui-même, est bien plus convaincant que celui qui évacue prestement cette opportunité.

Ainsi, avant de faire une approche ethnique de la maladie, il importe d’une part d’indiquer qu’on la connaît, d’autre part de savoir si le patient la souhaite, ce qui est contenu dans cette simple question :

« Voulez-vous que je vous parle de la maladie telle que vous la voyez ou telle que je la vois ? »

 

L’essentiel:
-La délinquance, produit importé ?
-Au-delà des violences, que sera cette génération devenue adulte ?
-C’est bien l’attitude des Nouméens blanc-sud qui en décidera
…comme celle de la timide bourgeoisie kanak naissante.
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Songez à cette mesure très simple pour accélérer la bonne entente:
L’enquête personnelle de voisinage, avant l’achat ou la location d’un logement.

Tout vous soucie: surface, emplacement, transports, équipement de la cuisine,
tout…
sauf les gens d’ici.

La présence des voisins avec qui vous pourriez tenter une intégration
n’est-elle pas plus importante que la présence de placards intégrés?

La qualité d’un immeuble ne mesure pas au nombre de ses ascenseurs,
mais à l’harmonie de ses habitants.
Chaleureux ou haineux, quel pâté de béton habitez-vous?
Avez-vous gagné à cette loterie?

 

Pronostic pas très risqué.
L’ethnie majoritaire fournira tôt au tard le président calédonien,
tôt si elle convainc les autres portions qu’elle marche pour le Camembert Commun,
tard si elle insiste sur les droits du Premier Arrivant…

Son sexe ne sera pas une surprise (pour vous, chers lecteurs)…
Quand le mâle mélanésien joue les cigales, tagguant, rappant, tchatchant,
la laborieuse fourmi mélanésienne femelle étudie, range, réfléchit,
ouvre sa conscience au monde en intégrant des grandes écoles étrangères.

Formée à la rigueur et cachant des trésors de diplomatie
apprise au contact du sexe « fort »,
que demande-t-on d’autre à un dirigeant?


(la base de ce visage féérique est celui d’une habitante de l’île des Pins. Si elle se reconnaît, qu’elle n’hésite pas à être candidate !)

 

Un village surgit à une vitesse impressionnante au coeur de Nouméa sud: les 634 logements SIC de Tuband forment une flotte massive regroupée autour du nouveau collège. Les quartiers voisins s’inquiètent de l’irruption de cette population défavorisée, et commence à pointer du doigt les nouveaux cambriolages.

Quelle est la meilleure politique pour l’intégration de populations si différentes?
-Le mitage de l’habitat normal par les logements sociaux, comme l’avaient fait les socialistes dans les années 90?
-La colonie implantée dans un beau quartier, tel que cet ensemble SIC?
-Ou la séparation géographique franche, centre et banlieue?

Voisins harmonieux?

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Les signes identitaires?
Une étape importante.
Mais la Calédonie manque de citoyens du Monde plus que d’identité.

Nord-Sud: Le fossé se creuse, par ES
nord-sud

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