L’univers de l’entreprise a mis au point un procédé extraordinairement efficace contre les protestations : il s’agit d’intercaler toute une hiérarchie entre le protestataire et le responsable de l’objet de la protestation.
Le protestataire réfrène ainsi l’ardeur de sa protestation, puisque qu’il n’a pas affaire au responsable mais à une fraction déléguée de responsabilité, qui contient également de la sympathie et même souvent un peu d’adhésion à la protestation. Il en résulte une dilution remarquable de la protestation concentrée par le protestataire, qui perd toute salinité.

Dans le monde de la santé, ce procédé est par exemple utilisé dans l’interaction médecins-laboratoires. Les laboratoires communiquent avec les médecins par de charmantes déléguées, emphatiques et capables d’aller jusqu’à épouser les protestations des médecins à qui l’on vend des médicaments moins parfaits qu’annoncé. Les déléguées font ainsi « remonter l’information », c’est-à-dire que la protestation, un torrent fougueux, s’écoule dans la hiérarchie comme au milieu d’un désert baigné par le rude soleil de l’intérêt industriel, et finit par s’assécher misérablement, avant d’avoir atteint la moindre oasis de responsabilité.

Les pharmaciens calédoniens viennent d’adopter une proche version de ce procédé : Face aux mesures gouvernementales iniques — baisse de 9% de leur marge bénéficiaire — ils intercalent leurs salariés. Ceux-ci descendent dans la rue pour défendre les emplois, tandis que les pharmaciens s’affichent victimes impuissantes : ils n’auront d’autre choix que les supprimer.
Par rapport aux exemples précédents, les positions des petits et du gros semblent inversées. L’on peut cependant considérer le gouvernement comme le représentant du peuple, protestataire parce que les dépenses de santé sont trop fortes. Les pharmaciens présentent alors leurs employés en première ligne, avec les pancartes des « jobs menacés », et éviter ainsi de montrer, en toute sincérité, leur propre déclaration de revenus.

Le meilleur argument des pharmaciens est la défense des petites pharmacies, en particulier broussardes, dont la disparition serait malheureuse pour les communautés locales. L’habitude est de songer à leur accorder des subventions spécifiques. Mais si cela commence à coûter très cher, il existe des alternatives :

-La propharmacien : le médecin du dispensaire ou le privé, s’il existe, distribue lui-même ses médicaments. Cela a l’avantage de cumuler deux bénéfices financiers quand l’activité est faible et d’inciter à des installations. Le village peut perdre une pharmacie mais gagner un médecin permanent, sans nécessité d’aller chercher les médicaments plus loin qu’auparavant.

-L’extension des compétences du pharmacien : il est parfaitement envisageable, en sens inverse, à une époque où l’espèce médicale est menacée, d’attribuer au pharmacien de village des rôles supplémentaires, rémunérés. Ne fait-il pas déjà officieusement de la consultation au comptoir ? On pourrait l’imaginer se déplaçant chez les patients — pour un peu d’intimité — et effectuant des consultations de débrouillage, des vaccinations, les traitements des petites pathologies, la surveillance des traitements au long cours, comme on songe également à le proposer à l’infirmière et la sage-femme.

Là encore, c’est le cumul des compétences qui permet de préserver les implantations, et non leur mise sous perfusion par une subvention, psychologiquement dévalorisante et à l’avenir incertain.

 

Le vrai titre à retenir du film de Kassovitz est « l’Ordre et les morales ». Pourquoi ?
Deux morales tout aussi « légitimes » sont dépeintes : celle de la guerre et celle de la vie civile. Si la prise d’otages d’Ouvéa s’était déroulée dans le cadre d’une insurrection kanak pour l’indépendance, elle aurait été considérée comme un épisode de guerre et de l’éthique particulière à celle-ci : le droit de tuer est acquis, la vengeance va de soi, tout est bon pour prendre l’avantage tant que l’on respecte les conventions internationales.
Le drame d’Ouvéa est que le hasard de communications incertaines a fait de cette affaire un débordement isolé dans une action du FLNKS qui se voulait symbolique. Tjibaou ne désirait pas une guerre ouverte avec toutes les souffrances qu’elle impliquait. La prise d’otage devenait, dans ce contexte, un acte terroriste, et justifiait une réponse musclée plutôt qu’une négociation.
Malheureusement le groupe de kanaks concerné n’avait rien de fanatiques religieux. C’étaient des têtes faciles à enflammer menées par un intellectuel kanak, Alphonse, loin d’être un jusqu’au-boutiste et vite catastrophé par la conscience du guêpier où il s’était fourré. Dès lors une issue négociée était certainement possible, et le film montre bien l’abrutissement des décideurs par des codes de conduite, des nécessités politiques, et surtout la méconnaissance de la mentalité kanak, qui a mené à la décision d’un assaut inutile.
Peut-être le film insiste-t-il trop sur cet aspect de l’affaire pour certains, mais il n’a pas passé sous silence les violences initiales, qui ont conduit au décès lui aussi inutile de 4 gendarmes. Quiconque connaît les îles sait bien comment le plus placide des locaux peut se transformer en brute stupide sous l’effet de l’alcool, de l’herbe et de l’excitation, ce qui n’en fait pas un barbare en permanence.

Les assassinats de Tjibaou et de Yeiwene, directement liés au refus de tout soutien du FLNKS aux preneurs d’otages, étaient-ils justifiés ?
Tjibaou a certainement hésité à torpiller ses chances de trouver une solution négociée pour l’ensemble de la kanakie en apportant son soutien à ce qui était à l’évidence une bavure kanak. D’ailleurs les accords de Matignon signés immédiatement après après semblent lui avoir donné raison. Mais pouvait-il se décharger de toute responsabilité ? L’idée d’une occupation « pacifique » des gendarmeries de la côte Est pouvait-il vraiment se faire sans incident ? Sans doute est-ce pour cette raison que toute l’opération a été annulée… sauf à Ouvéa, pas prévenue à temps. Dès lors, ne fallait-il pas être présent dans la médiation, aux côtés des vieux d’Ouvéa, plutôt que jouer les abonnés absents ? L’hésitation lui aura été fatale.

Ouvéa est à classer dans ces évènements de l’Histoire, fort nombreux, qui ne sont qu’une accumulation d’erreurs bien humaines dont il est impossible d’extraire un ordre ou une morale quelconque. Aurait-on pris deux chapeaux, l’un avec les noms des protagonistes, l’autre avec les épithètes — « héros », « pourri », « manipulateur », « sincère », etc… — et aurait-on fait tirer au hasard les petits papiers pour les associer avec le plus abyssal vide d’intentions, on aurait dans chaque tirage abouti à une configuration acceptable pour les uns et grossièrement erronée pour les autres…

L’absence de grand méchant et de super gentil fait de ce film une réussite pour les calédoniens, qu’il soudera plutôt qu’il ne radicalisera.
Par contre je ne suis pas certain qu’il intéresse beaucoup le reste du monde, car très descriptif, et donnant peu d’ouverture sur des réflexions philosophiques comme nous le faisons ici. La réalisation pêche au niveau de la progression de l’histoire : elle devient lassante alors que la tension devrait monter progressivement jusqu’à l’assaut final. Si j’avais été aux commandes, j’aurais traité simultanément à la fin, en flash-back, l’attaque initiale de la gendarmerie et l’assaut de la grotte. Un bon moyen de mettre en parallèle la brutalité inutile des deux actes… ou leur justification respective, selon le point de vue.

 

Réflexion sur l’extension des prisons appliquée à la Nouvelle-Calédonie.

Les calédoniens souhaitent-ils l’augmentation du nombre des prisonniers sans changement des règles judiciaires jusqu’à atteindre, comme aux USA, 10% de la population derrière des barreaux ? Les progrès d’une civilisation ne se mesurent-ils pas au fait que les prisons se vident plutôt qu’elles ne se remplissent ?
Le Camp Est n’a pas besoin d’être agrandi pour deux raisons :
-Une bonne proportion de ses pensionnaires devrait être soumis à un suivi psychiatrique plutôt qu’à un enfermement classique.
-Le reste est formé d’irresponsables plutôt que de responsables. Quand on saisit un responsable à Nouméa, il est rare qu’il finisse au Camp Est. C’était même inconcevable il y a une dizaine d’années.

Vider la prison alors que la Justice a un nombre croissant d’affaires à traiter ne laisse qu’une solution : graduer les peines et développer les alternatives à l’emprisonnement. Une prison bondée indique accessoirement qu’elle n’a pas l’effet dissuasif espéré. Un comble pour cette ultime étape du Châtiment.
Les pistes sont connues mais timidement utilisées en Nouvelle-Calédonie : travaux d’intérêt généraux, structures associatives en externat ou internat, périodes probatoires avec entretiens rapprochés, entreprises de resocialisation fournissant du travail aux ex-condamnés.

Le Camp Est devrait avoir un rôle d’isolement et non d’entassement au milieu de ses semblables, qui le transforme en un HLM d’un genre particulier d’où on ne peut sortir et dont les loisirs sont un peu limités.
La véritable punition est de ne plus pouvoir communiquer avec ses semblables, plutôt que renforcer une sensation d’être dans son bon droit en se mélangeant avec des congénères ayant le même déficit de morale. L’isolement provoque une dissolution inquiétante de la personnalité, inquiétante pour l’isolé en premier lieu : S’il n’est pas atteint de trouble psychiatrique, cette perte du soi rend l’endroit bien plus dissuasif que le « salon où l’on cause » entre délinquants.

La prison ainsi mélange sans discernement des personnalités désagrégées qui nécessitent une reconstruction dans un encadrement quasi-militaire, et des rebelles cohérents dans leurs motivations, qui ne peuvent les abandonner que si elles font le vide autour d’eux.

La Camp Est n’est pas en manque de cellules, mais d’une plateforme de tri.

 

2010, année de records d’attaques de requins, les plus dangereux restant nombreux dans des océans qui se dépeuplent de leur nourriture habituelle.
Le surfeur n’est pas d’une anxiété maladive, mais certains commencent à regarder différemment ces profondeurs invisibles d’où pourrait sortir l’aileron d’une roulette russe marine.

Une mesure simple et facile est de sortir en groupe avec une moto marine. Avez-vous déjà entendu parler d’une agression de squale avec une moto à proximité ? Le boucan de sa turbine terrifie la faune et s’entend à bonne distance sous la surface. La moto sert également à déposer sur le site, à remorquer, à ramener un blessé ou un fatigué ; elle est source de fun supplémentaire si l’on sait jouer avec les vagues. L’absence d’hélice la rend peu dangereuse pour les nageurs. Les surfeurs peuvent se relayer pour patrouiller autour du site. Une précaution la plupart du temps inutile… mais une excellente armure psychologique.

 

Pénurie de médecins en brousse. Ce titre malheureux des Nouvelles masque la présence de nombreux médecins parfaitement adaptés à la brousse et implantés depuis bien des années, peut-être les derniers vrais généralistes, dotés de la polyvalence du médecin de famille et récompensé par la reconnaissance qui accompagne ses efforts constants en ce domaine.
C’est le regard des patients qui fait se hisser le médecin à la hauteur de ses prétentions, et ce regard, dans les grandes villes, devient trop souvent fixé sur les écrans du web, favorisant l’émergence d’un petit fonctionnariat de la médecine.

Puisque nos décideurs ont du mal à faire une publicité suffisante au destin unique du médecin de brousse, voici quelques mesures suggérées : Continue reading »

 

 

Il serait bien cynique de dire que la tuerie fratricide de Maré profite à la position des blancs, seuls médiateurs assez musclés, grâce à leurs gendarmes, pour éviter que cela dégénère.
Maré révèle en réalité le décalage entre les clans traditionnels et la bourgeoisie kanak naissante, qui ne peut plus accepter ces débordements. Continue reading »

 

Protester contre la vie chère masque une autre revendication, moins sociale celle-ci : pouvoir consommer sans frein. L’argent est bien entendu une limitation à la consommation qui n’a aucune moralité, mais la moralité qui fait acheter ce qui est réellement nécessaire est aussi inégalement partagée, et n’est pas corrélée à la fortune.
Les Nouvelles pointent un inconvénient de la lutte contre la vie chère réclamée aux grands distributeurs : L’écart des prix avec les petits commerces va s’amplifier et ceux-ci vont disparaîre. La métropole en a fait l’expérience, avec comme conséquence des achats largement débridés — nous savons tous de quelle séduction sont capables les hypermarchés avec leurs promotions, leurs têtes de gondole attractives, et tous les rayons chargés de produits « indispensables » —.

La politique juste contre la vie chère pourrait être une modulation des taxes en fonction du caractère irremplaçable des produits : Aliments de base, hygiène et vêtements 1er prix, fournitures scolaires, voiture basique… méritent une exonération de taxes voire des subventions — indépendamment du caractère local de la production —, tandis que les produits de luxe ou reconnus désastreux pour la santé — boissons sucrées, alcool, plats riches en graisses, pâtisseries — seront lourdement taxés, restant chers qu’ils soient vendus en grande surface ou en petit commerce.

D’autres voies sont possibles selon les catégories de biens de consommation : Par exemple grouper et subventionner des achats de matériel sportif par le biais d’associations pour des jeunes de milieux défavorisés, favoriser des filières de recyclage en supprimant la patente sur des ateliers de réparation pour des articles qui partent habituellement au rebut… inscrivez en commentaire vos propres idées.

 

Terminons cette série d’articles sur la politique calédonienne par un point sur ses perspectives. Motivation : la perte d’un collègue inquiété par les messages alarmistes qui circulent régulièrement sur le web nouméen. Il déménage à la Réunion. C’est un professionnel très compétent dont le travail ne pourra être exercé par aucun remplaçant local, au détriment des nombreuses personnes dont il s’occupait. Dommage, quand c’est à cause d’une information tronquée. Les épouvantails ? Indépendance sanglante, dévaluation du franc pacifique, effondrement de l’immobilier, goudron et plumes… Continue reading »

 

Il me faut parler un peu, bien malgré moi, de la politique calédonienne, car circulent régulièrement dans la belle société blanche des pamphlets dévastateurs pour l’avenir commun. La dernière de ce qu’il faut bien nommer des « masturbations intellectuelles » s’appelle L’enterrement de la démocratie calédonienne.
A chaque fois que vous entendez parler des Accords, n’avez-vous pas l’impression d’entendre se quereller des théologiens sur l’interprétation de la Bible ?
Avec un peu d’altitude, on s’aperçoit qu’il n’y a pas ce clivage entre indépendantistes et loyalistes, mais un besoin de justifier son existence politique.

Pour que les leaders kanaks abandonnent l’étendard indépendantiste, ce que la plupart ont hâte de faire — pour le discours d’interdépendance sans sacrifier à l’autodétermination —, il faut que leurs électeurs se soient suffisamment embourgeoisés pour comprendre le pragmatisme d’une telle position. Ce n’est pas encore le cas… mais on y vient, beaucoup de signes le montrent. La Nouvelle-Calédonie réussit à fonctionner tant bien que mal depuis des années avec un gouvernement collégial, ce qu’aucun grand pays occidental n’est capable de faire ! Et on dit qu’il y a des clivages d’une profondeur croissante ? Je suis d’un avis parfaitement contraire. Où sont passés les grands mouvements sociaux de ces dernières années ? A quand remonte le dernier blocage d’un rond-point ? Les extrémistes sont maintenant bien rangés derrière la bannière de leur parti travailliste, respectueusement démocrates comme tout le monde. Il existe bien sûr quelques paranoïaques pour penser qu’ils profitent du relâchement des tensions pour constituer leur armée décolonisatrice… Je comprends les gens qui n’ont pas vu arriver les Evènements : Ils anticipent la prochaine fois où le ciel va leur tomber sur la tête.
Ce serait dénigrer toute faculté d’évolution aux kanaks et à leurs dirigeants. « La démocratie est bien enterrée en Nouvelle-Calédonie » est une imposture. Les gens n’ont jamais parlé aussi librement, bien davantage qu’à l’époque des accords. Rien ne vaut la communication pour éteindre les ardeurs guerrières.

Le seul intérêt de ce genre de pamphlet partisan et pessimiste est qu’il pourrait faire baisser les prix de l’immobilier dans Nouméa sud…
Si vous voulez vendre votre maison, contactez-moi ;-)

Je vais d’ailleurs m’occuper du département média de la tendance loyaliste extrémiste, qui gagnerait à alléger ses textes de quelques illustrations. Voici Le colonisateur blanc accouchant difficilement du Démon de l’Indépendance

 

Jean-Paul Delevoye, médiateur de la république, a rendu son rapport sur l’état de la France en 2010. Vous en trouverez ci-dessous l’éditorial.
Son diagnostic est bon mais la grandiloquence masque mal une absence totale de solutions nouvelles, voire une grosse erreur d’appréciation : Les français n’ont pas perdu le chemin des valeurs. Ils sont déçus que les respecter n’ait fait que les enfoncer davantage, si bien qu’ils se demandent aujourd’hui s’il est bien judicieux de toujours les sacraliser, comme le propose Delevoye dans ce discours un peu passéiste.
La radicalisation du dialogue social annonce une évolution vers le pragmatisme anglo-saxon, et, quand la France sera sortie de cette crise, son « exception » sera bien réduite. Continue reading »

 

La société française va mal. Mixité sociale anémique. Personne n’en veut. Un programme avait tenté de l’imposer : le 10% de logements sociaux dans toute construction d’immeuble neuf. Malheureusement, mettre des gens sur le même palier ne suffit pas à les faire communiquer. Ils ont préféré le rassemblement par qui se ressemble. Une ghettoïsation des cultures s’est installée. Les plus pauvres n’ont pas les moyens de voyager pour assimiler et ressentir les autres cultures et leur mode de vie. En l’absence d’échanges physiques, ils se radicalisent dans leurs références privatives encore davantage que les plus riches, qui font du tourisme. Continue reading »

 

Les journaux d’infos sont comme la notice d’un médicament : Ils annoncent les effets indésirables de la société sans préciser leur fréquence par rapport au nombre de personnes qui la consomment. Quand un meurtre crapuleux survient chaque semaine, l’on peut se croire entouré de psychopathes, et tout étranger devient suspect. Pourtant, si les infos couvrent un pays de 300.000 habitants comme la Nouvelle-Calédonie ou de 65 millions comme la France, la fréquence des crimes est loin d’avoir la même signification. Dans le premier, la rareté des évènements graves obligera le journal à remplir ses pages avec une actualité positive voire banale : « Tout va bien ». Dans le second, la pléthore d’affaires de moeurs donnera l’embarras du choix au reporter en quête de sensationnalisme.
Les infos amplifient ainsi exponentiellement la peur des citoyens au fur et à mesure que leur nombre grandit, favorisant des ostracismes à grande échelle, qui prennent le pas sur l’opinion que l’on peut se faire personnellement sur son voisin.
Si vous ne pouvez vous sevrer du journal-médicament, consommez plutôt l’édition locale : C’est la moins toxique.

 

Un diplomate israélien a récemment fait sourire la communauté diplomate aux Nations Unies :
Il s’est avancé pour débuter son intervention :
« Avant de commencer mon discours, je désire vous raconter une histoire à propos de Moïse : Lorsqu’il frappa le rocher et que l’eau se mit a jaillir, Moïse pensa « Quelle belle occasion de prendre un bain ! ». Il se déshabilla, posa avec soin ses vêtements sur un rocher puis entra dans l’eau. Lorsqu’il en ressortit, ses vêtements avaient disparu, volés par un palestinien. »
Le représentant palestinien à l’ONU, estomaqué et furieux, interrompt brutalement ce discours en s’écriant : « Que racontez-vous donc ? Les palestiniens n’étaient pas là à cette époque ! »
Le diplomate israélien sourit puis dit : « Maintenant que ce fait est clairement établi, je peux commencer mon discours… »

Le palestinien a malheureusement raté la plus belle des répliques à cette blague stupide, qui aurait été de se tourner vers le représentant américain et dire : « A l’époque de Moïse, qui vivait aux USA ? Des peaux-rouges… »

 

Robe de mariée pour la grenouille de mon jardin. N’a-t-elle pas de jolies couleurs ?
Cette photo ne participera pas. Grosse flemme pour l’envoyer.

 

Pourquoi ne m’intéressé-je guère à la politique ?

La politique n’est ni ridicule ni inintéressante. Ce ne sont pas des mots assez forts. Elle est le résultat d’une amputation de la société. Pas d’un simple orteil, mais de sa tête.

La société est un immense corps, que l’on a décapité lors d’une grande intervention esthétique, la chirurgie démocratique, à l’applaudissement de tous ses membres, mains et pieds, les seconds étant moins habiles mais les plus nombreux. On a juché pudiquement sur la gorge tranchée, une grande tête de clown découpée dans du carton, baptisée en grande cérémonie Paul Itticien 1er, nouveau césar… sans épaisseur.

Pour faire plus vrai, on lui a placé des yeux qui bougent, des sourcils qui haussent le ton. Sa bouche est un théâtre : plein de petits personnages viennent s’y produire, se maquillent, s’invectivent, s’arrachent la palme de la grandiloquence ou de la sincérité… affichée, puis regagnent l’hémicycle où ils sont reprogrammés et recyclés.

Personne, dans le corps de la société, ne croit à leur sincérité. Trop évident. « Factice ! » se moquent-ils. « Marionnette ! » invectivent-ils. Et de barbouiller la tête en carton de bombe à tags, de lancer sur les figurines du théâtre des insultes bien faisandées.

Le corps de la société avance, aveugle - ses yeux sont perdus - et indécis - ne cherchez pas derrière la tête en carton une perspective d’avenir, il faudrait un cerveau pour y penser -.
Car les personnages du théâtre ne cherchent qu’à vous faire rire ou pleurer. C’est pour cela qu’on les a engagées. Pas pour vous faire réfléchir, ça risquerait de rendre la plupart moroses. Le théâtre moderne ne vit pas de sa qualité, mais de son audimat.

La démocratie n’est pas un système où chacun peut participer à la décision, mais où chacun a le même poids dans la décision. Son rejeton économique, le capitalisme, a corrigé le poids décisionnel d’un critère unique, pas l’intelligence, pas le degré de conscience, mais l’argent.
Le corps de la société est celui d’un enfant immature et obèse, qui, décérébré, n’est attiré que par sa nourriture, le plaisir facile, armé de sa fourchette aux dents les plus longues, l’argent.

Peut-être les déviants et les ermites sont-ils les derniers philosophes lucides, ayant préféré se faire chier par le grand corps social… et s’ébattre sereinement dans sa merde.

Groupe de politiciens en séminaire de communication

Groupe de politiciens apprenant à parler sous l’eau pour séduire les petits poissons

 

 

Trop fort :
Les bordelais ont dépensé des centaines de millions d’euros pour refaire les bords de la Garonne
et l’inscrire au Patrimoine Mondial de l’Humanité.
Les calédoniens ont réussi à y inscrire le lagon tout entier
en changeant quelques plaques de pelouse sur l’Anse Vata.

Trop nul :
Le nouveau drapeau calédonien a déjà un parfum de cendres

 

Le journal ne me renseigne pas sur la marche du monde.
On y trouve peu d’articles fondamentaux sur la vie,
seulement des déclarations de bonne politique,
une pensée maquillée de leurs auteurs,
qui sont en bien petit nombre par rapport à la masse de mes congénères.

Le Gratuit, hebdo d’annonces, est bien plus instructif !
Tous s’y expriment, vantent avec ferveur les petites illusions du quotidien, révèlent bien davantage d’eux-mêmes que lors de la plus subtile des interviews.

Ici, on n’a pas l’air d’être en vue…
alors on montre gaiement les dessous !

Je regarde ainsi la page de la culture :
C’est le nombre d’annonces de voyance et de médiumminie qui m’apprend son niveau général.
La répartition ethnique est bien définie :
A gauche les devins génétiquement qualifiés par une ascendance préhistorique (notre patrimoine de voyance est clairement d’origine africaine),
à droite la page des coachs, hypno-magnétiseurs et naturopathes pour ceux qui préfèrent voir plus clair (sur le visage du gourou ;-)

Ça continue à batailler ferme au fil des pages :
Les grossistes tentent d’empiéter sur l’espace des amincisseurs,
dont le régime révolutionnaire n’existait pas avant
donc vous ne pouviez imaginer que vous seriez ainsi après.

Une constipation opiniâtre paralysait tout fonctionnement dans cette entreprise,
merci au Gratuit de nous apprendre que la circulation est rétablie…


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La compagnie du « Tour du Monde en 80 jours » revient !
avec « Mission Florimont » du 9 au 11 septembre à la FOL
nominée meilleure pièce comique aux Molières 2010, belle unanimité de la critique : Encore un bijou de Sébastien Azzopardi & Co :

L’histoire de France version déjantée : 1534. Le roi de France est acculé de toute part. Son seul espoir : Florimont de la Courneuve, le meilleur de ses agents… enfin de ceux qui lui restent…
… enfin, le seul qui lui reste.
Ses adversaires : des mercenaires plus terrifiants que des compagnies d’assurances, des espions plus sales que des Espagnols et même une femme au bonnet M. Une mission au péril de la vie des autres.
Florimont évitera-t-il tous les dangers ? Réussira-t-il sa mission ?
Pour toute autre demande, ne quittez pas, un opérateur va vous répondre. Un voyage au coeur de la Renaissance. Une mission au péril de la vie des autres. Et surtout, le premier spectacle qui s’est fait flashé à 240. Source

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