Avr 272018
 

Tous les esprits hébergent les mêmes concepts. Ils se transmettent comme des virus. Comment, alors, arrive-t-on à se radicaliser ? Bien entendu, le tempérament est incriminé. Un hyper-individualiste cherche une posture spécifique. La radicalisation la lui fournit. Mais ce n’est pas le seul facteur. Un autre est plus commun, fonctionne en tant qu’a priori : certains croient que face à un extrémisme il en faut un autre pour l’équilibrer. L’apparition d’une idée qui leur semble extrême, même si elle ne l’est pas vraiment, génère leur propre extrémisme ou l’amplifie. Nécessité d’extérioriser ce conflit. Toute la personnalité doit participer à la radicalisation du discours. Toutes les cohortes de concepts propriétaires sont mobilisées en ce sens. Tandis que d’autres personnes internalisent le même débat. Ils exercent le conflit entre les idées à l’intérieur de leur assemblée conceptuelle. La personnalité, les actes, le discours, véhiculent le compromis qui en résulte.

Il est facile de transposer ces observations à la politique. Nous trouvons aux extrémités de l’hémicycle, radicalisées, la première catégorie de ces personnes, persuadées qu’il faut un extrémisme pour en équilibrer un autre. Nous trouvons au centre les personnes ayant déjà fait avancer les débats en interne, pour trouver leurs solutions. Ils espèrent que les autres vont faire de même et les rejoindre.

Conséquence sans doute désagréable à entendre pour les radicaux : les extrémistes existent les uns grâce aux autres, grâce à ceux du bord opposé, davantage que par la grâce de leurs idées, comme ils se plaisent à le penser.

 Posted by at 12 h 58 min

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