mai 162010
 

L’essentiel:
-La délinquance, produit importé ?
-Au-delà des violences, que sera cette génération devenue adulte ?
-C’est bien l’attitude des Nouméens blanc-sud qui en décidera
…comme celle de la timide bourgeoisie kanak naissante.

Les occidentaux sont venus apprendre aux kanaks
que le communautarisme radical, jusqu’à la mise en commun des biens, c’est couillon.

Dans le monde actuel, c’est réaliste.
Mais sans l’espace de générations pour le digérer
… c’est couillon.
Par cette rupture brutale, les occidentaux ont créé de toutes pièces
la délinquance des jeunes kanaks.

*

Les explosions de violence de la jeunesse kanak ne sont-elles qu’une fosse commune où s’enterrera cette génération?
Ou seront-elles le terreau d’une motivation qui effacera la nonchalance des îles, qui désenclavera les provinces?

En 68, on ne donnait pas cher des chances d’une génération rebelle et aspirant à l’oisiveté.
Elle s’est finalement intégrée dans un monde…
…sans doute encore moins humain que celui contre lequel elle s’était dressée…

La gestion du rejet est l’avenir du territoire.
Les métropolitains auraient tort de camper isolés et imperturbables derrière les murailles de Nouméa sud,
renforcés par des vagues d’immigrants aisés qui ne voient pas leur ghettoïsation sous le bon angle.

Car les métropolitains sont bien confrontés à un phénomène de ghettoïsation.
L’endroit est certes plus sympathique qu’une banlieue parisienne,
mais l’enfermement dans un mode de pensée est le même,
qui le place dans une situation bien différente du broussard blanc,
dont la culture est finalement très proche de celle des kanaks à l’aune des grandes évolutions des sociétés occidentales.

Risquons une double lapalissade: Si le blanc s’isole, le noir n’est pas… blanc comme neige.
Quand seule une frange de la population mélanésienne évacue ses frustrations en affichant un ostracisme radical,
la majorité dénature ses propres valeurs en la regardant passivement.

Comme dans la plupart des conflits binaires, chacun campe sur la routine facile et rassurante du préjugé.
Les freins sont moins souvent dans les convictions que dans la paresse à les reconsidérer.

Noir et blanc font des contrastes violents pour l’oeil et l’esprit.
La Calédonie a besoin de beaucoup de gris.

 Posted by at 15 h 08 min

  2 Responses to “Délinquance de la jeune Kanakie: Parlons du gris, entre noir et blanc”

  1. Ne parlons pas de délinquance aux délinquants.
    Titiller le centre de leur conflit avec la société leur remet en permanence à l’esprit les motifs de leur réaction de défense.
    2 axes de travail:
    -miner les motifs de violence en rendant le conflit plus productif
    -modifier les moyens de défense.
    Ouvrons la conscience par des méthodes sans rapport avec le sujet délinquance: sujets de philo, commentaires de films dédiés, gain d’assurance dans des activités productives ciblées pour chacun.
    Le but est atteint quand ils reconsidèrent leur propre histoire d’une autre façon, à leur initiative personnelle et non pas par l’éducation.
    La sauce ne peut prendre qu’avec d’excellents empathes pour l’épaissir, la carence familiale étant quasi-constante.

    Et gardons à l’esprit en cas d’échec relatif, que cette construction personnelle dans le conflit fait généralement les personnalités les plus affirmées par la suite, une vraie richesse pour une société de plus en plus conformiste et très occupée à la chasse au conflit…
    La finesse du travailleur social n’est ainsi pas d’éteindre le conflit mais de montrer quand il devient destructeur pour soi.
    Il faut être capable de s’arrêter.

  2. Un piège pour l’éducateur est de trop vouloir inculquer. Il y a tellement de choses à dire. Cela devient une conférence.
    Méthode: Lecture d’un ouvrage de réflexion simple avant la réunion, ou, si le niveau littéraire est bas, lecture à haute voix du texte au début de la réunion.
    1er tour de table: questions sur le texte, concernant les points obscurs mais pas encore la validité des assertations.
    2ème tour de table: avis de chacun sur le sujet. Reformulation pour vérifier que chacun est compris (accepté?) et non interprété.
    Méthode d’autant plus incontournable qu’on a affaire à des jeunes peu loquaces.

    Nouvelle génération de travailleurs sociaux motivés

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