V.I.N.C.R.E à Nouméa

Vie en Nouvelle-Calédonie, Recherche et Enseignement

La société calédonienne sous acide filozofique !
Suivez notre flux RSS pour ne rien rater...

Révolution politique

Travers fondamental de la démocratie:
Pour assurer une gouvernance que désire la majorité,
il faut qu’une minorité, souvent forte, soit gouvernée
par des idées qu’elle réprouve.

Le côté lapalissade n’enlève rien à la profondeur du problème:
Il est sans doute encore plus mal vécu de subir un régime réprouvé
à l’heure où l’on fait miroiter la souveraineté individuelle
qu’à l’époque où aucun choix n’était proposé.

L’avenir de la politique est une révolution dans sa conception:

L‘union fait la force?… ou la variété fait la force?

En extraire les domaines comme l’économie,
sur lesquels elle n’a pas réellement de pouvoir,
dont les tentatives de maîtrise lui donnent l’allure d’une marionnette de théâtre,
et dont la gestion est engorgée par l’avis des clients avides des bénéfices,
aveugles aux effets secondaires de leurs désirs
sur leur vie quotidienne.

Recentrer la représentation politique sur le projet de vie:
Quel genre de vie souhaitez-vous mener?
Quels en sont les conditions de base, en matière de confort, de sécurité?
Quels sont les accessoires, technologiques, culturels?
Qu’êtes-vous prêt à donner de vous-même pour satisfaire ces désirs?

Créer enfin des groupes de population épousant des projets différents,
disséminés en petites communautés pour éviter de massifs déménagements
(mais le pli est déjà pris dans la plupart des endroits),
chaque groupe achetant les produits dont elle a besoin
et vendant ses services selon des critères économiques universels,
pour en gérer l’utilisation finale selon le modèle social que chacun se sera choisi.

La médecine est un petit écosystème assez réussi de ce type de fonctionnement, qui pourrait être utilisé à beaucoup plus grande échelle:
Une partie des médecins est salariée, dans un hôpital, un organisme social, une industrie ou un laboratoire de recherche: Ils sont dans un fonctionnement de village-entreprise, que beaucoup d’entre vous connaissent bien… sans forcément avoir souhaité la formule.
Une autre partie des médecins fonctionne en petits groupes, indépendants mais mettant leurs ressources en commun et s’unissant pour obtenir de meilleurs avantages économiques.
Une catégorie encore à part est celle des SEL (sociétés d’exercice libéral), où les revenus eux-mêmes sont mis en commun, et un salaire identique distribué à tout le monde: mélange original de libéralisme et de communautarisme, où l’ambiance se rapproche de celle d’une famille.
Enfin la dernière partie regroupe les médecins installés individuellement, à la fois entrepreneurs et travailleurs uniques de leur entreprise, avec pour les généralistes une intégration particulière dans le tissu social, qui en fait l’oncle sage des familles.

Vous percevez dans cette énumération d’importantes différences de personnalités, qui ne s’accommoderaient pas du même choix de vie.
Voici une profession dont l’organisation permet ce choix.
Elle est nantie, certes, puisqu’il faut parler d’argent,
mais s’il est bien une chose méconnue chez les médecins,
ce sont les écarts considérables de revenus entre ses membres,
plutôt bien tolérés, malgré leurs justifications fort critiquables,
parce qu’ils résultent d’un choix volontaire.

Pourquoi restreindre un tel système à une profession?
Mais surtout pourquoi le centrer sur l’angle professionnel?
L’ouvrier est-il mieux défendu par un syndicat d’ouvriers,
en guerre perpétuelle contre des intérêts étrangers,
ou, par exemple, la communauté locale qu’il se sera choisie,
son épicier, ses employés, son médecin, son instituteur…
tous voyant en lui une existence humaine bien réelle
plutôt qu’un numéro de cotisant?

Cette communauté locale n’est qu’un exemple,
car le fond du propos n’est pas de remplacer un système de groupes sociaux par un autre,
mais au contraire de redéfinir les groupes… sans définition,
sans autre définition que celle sur laquelle voudront bien s’accorder ses membres.

 

Vous pouvez laisser une réponse, ou un trackback depuis votre site web.

Laisser une réponse