L’essentiel:
Une voyance de Noël sur l’avenir de nos assemblages cellulaires…
Homme soudé à la machine?
Voici un modèle spécialisé dans la réparation sur site des combinaisons de plongée…

La morale évolutionnaire:
L’évolution darwinienne impressionne par sa productivité? Hmmm… quant on voit le temps mis à améliorer l’espèce, c’est un processus à classer dans les forces cosmiques et immuables, imperceptibles pour nos esprits frétillants et éphémères.
Ce fut pourtant la philosophie dominante jusqu’au siècle dernier: le phénotype au pouvoir.
Ses plus belles réussites, en termes de force et d’intelligence émotionnelle, éclipsait tous les autres modèles.
L’autocrate valorisait davantage un magnifique félin ou un étalon exceptionnel, que toute la masse de ses serfs.
Cette morale tenait la route tant qu’elle ne générait que des conflits « limités », interpersonnels et tribaux.
Avec leur progression exponentielle, on ne pouvait plus attendre que la si paresseuse sélection naturelle nous transforme tous en êtres parfaits.
La morale de l’ADN
De durée très brève par rapport à la précédente, elle accorde les mêmes droits, les mêmes chances à tout être humain.
La seule référence est d’avoir le bon ADN. Nous serions les seuls à posséder les facultés de pensée, d’éprouver des émotions, de construire des abstractions, de s’améliorer. Un voile pudique est jeté entre nous et les autres espèces, patchwork de croyances religieuses, philosophiques, pseudo-scientifiques.
Si l’on a la chance de posséder le bon ADN (il faut persuader les foules que même la couleur de peau n’y change rien), les droits dits fondamentaux deviennent identiques.
Inconvénient: « fondamental » est très personnel. La somme des petits pouvoirs obtenus de ces droits en acquiert d’autres, tâche d’huile destinée à s’étendre à l’humanité entière et à nous fabriquer un environnement de plus en plus semblable, même si notre capacité à nous en servir reste différente.
Ce n’est d’ailleurs que provisoire.
Les variations de gènes responsables seront reproduites et proposées à tous, tant que la morale de l’ADN perdure, jusqu’au moment où l’environnement empli de clones beaux et intelligents inquiétera par sa monotonie: il n’est plus aussi intéressant de se maquiller quand tous les autres sont outrancièrement maquillés.
La morale de la diversité de la vie
sera une époque de Frankenstein débridés et tolérants, qui reprendront le travail de la Nature en l’accélérant, qui auront une conscience assez vaste pour ne plus juger en termes de bien et mal mais de différences avantageuses même quand elles ne sont pas belles.
Epoque où « handicap » n’aura plus de signification. Chaque être sera un patchwork des possibilités passées et nouvelles de la vie. On greffera l’odorat d’un chien à un homme, mais l’on donnera aussi au chien les moyens d’une pensée plus sophistiquée.
Et la machine?
L’inanimé ne contiendra jamais que la pensée de la Vie. Pas de fossé de l’un à l’autre. L’un est favorisé parce qu’il est plus facile à manipuler. La difficulté à reproduire le travail de la Nature a provoqué l’essor des machines. On peut produire un bel étalon de course par sélection génétique, mais pas en fabriquer un qui aille aussi vite et contienne autant qu’une voiture. Ce pourrait être différent dans un siècle.
Tandis que les machines deviendront aussi adaptables que des êtres vivants, leurs programmes libérés des boucles toujours identiques.
Mais le Terminator est un épouvantail utopique: une machine évolutive ne sera plus, si l’on s’entend sur la définition, inhumaine.
Sans la révolution de la machine, nous serions toujours des évolutionnaires à allure d’escargot.
Sans l’évolution, nous serions une ruche chaotique mais prévisible comme une météo.
Le Bio
Le mot « bio » est perverti car on l’illumine d’un retour aux valeurs « naturelles » traditionnelles, alors que son avenir est le bio nouveau, ancré et non enfermé dans les réussites du traditionnel.
Mais toutes les perversions sont nécessaires, autant les écologiques que les inféodations à la machine, car elles sont le moteur de ce conflit permanent qui nous fait évoluer, en plus grand nombre et avec de meilleurs outils pour ne pas disparaître.
Sur ce blog qui veut tout changer, la philosophie cachée est: Tout va mal, ne changeons rien.
Au coeur de l’optimisme…