Toujours stupéfiant de voir certains se scandaliser des conditions de vie dans une prison,
et prendre l’avis de ceux qui y logent comme référence…

Le respect de la personne humaine est la mise en échec de la violence gratuite,
tandis que l’absence de tout confort fait partie de la peine.
Considère-t-on comme humaine une prison ultra-moderne
où l’on se fait massacrer tant la tête que la rondelle?

Le problème n’est pas à l’intérieur de Nouville, mais à l’extérieur,
parce que la prison est trop seule: manquent des alternatives graduées,
parce le vrai scandale est de voir un ex-taulard solitaire devant la porte,
à l’issue de son temps,
bientôt récupéré par ses potes,
bientôt repris par le cadre de vie qui l’a conduit entre ces murs…

Quel gardien pour la société?
gardien

  4 Responses to “Une prison humaine a-t-elle un sens?”

  1. Je ne saisis pas trop votre post, mais la prison doit être certes à la fois un lieu de sanction pour la faute commise vis à vis de la Société mais aussi une étape ultime dans la vie d’un condamné, de prise de conscience de l’état et la gravité des faits reprochées et lui donner les moyens de se ou d’être recadré sur un plan comportemental mais aussi la chance ultime de lui donner une formation non pas seulement lui apprendre un métier mais lui donner les clés que bien souvent pour des raisons personnelles voire sociologiques il n’a pas eu.Vous pouvez vous retrouver en prison pour de simples voies de faits comme pour un crime crapuleux!. L’objectivité commande le constat suivant qu’une majorité de Kanak sont concernés par ce problème. Mais c’est aussi dans l’intérêt de la Société que de se poser le problème en amont car tôt ou tard, cet être humain parce qu’elle le reste avant tout ressortira un jour, et ça peut-être votre voisin, votre fils, un ami voire vous… Donc ne jetons pas la pierre trop facilement, la vie nous réserve parfois de bien mauvaises surprises et personne n’est à l’abri d’une faute, d’une erreur. De cet approche philosophique ou pas, découle un certain nombre de moyens à mettre en oeuvre, tant au plan humain que matériel, et la question des conditions de vie à travers déjà l’habitat, la nourriture, les soins, etc…est de l’ordre des besoins primaires de l’homme et le Camp-Est si la référence de votre intervention était celle là, eh bien est la démonstration de tout ce qu’il ne faut plus faire à moins que… Maintenant je reste d’accord avec G. JODAR quand il constate qu’il faut que des parlementaires fussent-ils européens viennent et osent rentrer au Camp-Est quand des parlementaires locaux et même la classe politique locale n’y passe même pas. Ce jmenfoutisme local est bien le reflet aussi d’une classe politique repue qui joue à à la politique de l’autruche. Ce n’est pas que de la responsabilité de l’Etat Français, c’est aussi de leur responsabilité, ils peuvent aussi participer à toute cette politique de réinsertion à travers des financements.

    • La prison est une punition, pas un organisme de réinsertion.
      Les missions ne sont pas les mêmes, et les mélanger rend le message moins clair pour le condamné.

      Le séjour en prison proprement dit devrait être bref (selon la nature du délit) et comporter un isolement sévère, pas dans le sens d’un espace exigu (l’ancien mitard) mais dans le sens de ne voir personne. Message: « Tu t’affranchis des règles sociales, tu te retrouves véritablement en dehors de la société, réalises-tu si c’est bien ce que tu désires? »

      La réinsertion devrait être l’étape suivante, dans un endroit différent.
      Elle comporte une formation et un travail pendant une durée beaucoup plus longue que l’incarcération « dure ». Le travail est effectué contre salaire, mais qui n’est pas perçu par le condamné. Il va pour moitié au remboursement du préjudice social, pour moitié aux ayant-droits du condamné: il faut une motivation.

      Que le Camp Est soit rempli de kanaks n’a rien de péjoratif pour la population mélanésienne, si l’on prend du recul:
      -La France n’exporte pas sa population marginalisée par le système, plutôt ceux qui souhaitent refonder leur vie, et ceux qui refusent le système, et se débrouillent plutôt bien sans… Normal qu’ils ne remplissent pas la prison.
      -Les kanaks sont éblouis par les avantages matériels du système occidental, et n’ont pas encore de moyens de défense. Ils sont exposés à tous les dérapages.
      -Parmi les kanaks existent de nombreux problèmes neuro-psychiatriques non diagnostiqués et non pris en charge: alcool et drogues décompensent ces troubles avec une facilité déconcertante. C’est même étonnant qu’il n’y en ait pas plus qui pètent les plombs. Il faut se garder d’en faire un problème inhérent à l’ethnie. C’est plutôt un problème îlien, prolongation de soucis anciens de consanguinité.

      Cette mission des députés français et l’avis de Jodar sont fondamentalement ridicules: C’est toujours imposer le point de vue d’une sensibilité élitiste à la place de ceux qui éprouvent les choses en réalité: les prisonniers. C’est exactement le même genre de dictature stupide de la pensée qui a fait imposer l’abolition de la peine de mort à un peuple français qui était contre: il aurait mieux valu écouter l’avis de ceux dont les rangs fournissent les candidats à ce genre de peine (rarement l’élite intellectuelle).

      Les critiques justifiées sur le Camp Est sont:
      -Les kanaks y sont incarcérés par une justice qu’ils ne reconnaissent pas forcément: il faudrait associer plus étroitement la société mélanésienne aux procédures tout en gardant leur indépendance.
      -La prison sert aussi d’asile psychiatrique sans aucun moyen pour cela, et il n’existe pas de réinsertion.

      En réalité ce n’est pas le Camp Est qu’il faut faire disparaître. C’est l’établissement pénitentiaire de formation et de réinsertion qu’il faut créer… avec une section psy…
      Enfin il faudrait mettre sur l’alcool une pression supérieure à celle sur le cannabis et le tabac, car des 3, c’est lui le plus dangereux.

  2. Suite à votre réponse je me permets d’y revenir et pour une bonne compréhension et digestion je le ferai par paragraphe.
    Le 1er. Si la prison est effectivement un lieu de sanction par la privation de liberté en un temps dépendant du type de faute, là ou vous ne lui reconnaissait pas un lieu de réinsertion sociale, vous êtes complétement à contre courant de toutes les sociétés démocratiques modernes. En effet il y a bien longtemps que ces Pays ont compris que le « traitement » de ces cas associaux, petits ou grands délinquants ne peuvent dans l’intérêt de la Société, c’est à dire vous et moi, être traité uniquement sous l’approche répressif.
    Le 2ème. Justement cela pose la question des infrastructures, sans lui donner le confort d’une chambre d’hôtel, mais avec un minimum tout de même, respect des normes de vie dans un local, prise en compte de l’intimité en particulier des sanitaires, tout ce qui concoure au respect de l’être humain. D’accord avec le message.
    Le 3ème. Il faut donner du sens à la sanction mais aussi redonner aux concernés la prise de conscience qu’ils peuvent aussi trouver la rédemption à travers une démarche de « soins », de restructuration comportementale, de lui redonner la motivation d’acquérir les bases d’un métier si nécessaire, de préparer son retour un jour dans la Société.
    Au 4ème. Je fais le procès d’intention de personne, je dis simplement un constat donc objectif, maintenant je ne partage pas du tout votre explication lorsque vous dites que cela est la résultante de problèmes neuro- psy à la base et que l’alcool et la drogue viennent exacerber, que cela est dût à des questions de consanguinité consécutif à l’insularité. Vous m’excuserez de vous le dire mais c’est du délire total!. L’objectivité commande de reconnaitre l’impact de la colonisation sur la *société Kanak depuis 150 ans particulièrement sur la Grande Terre, avec les déplacements des populations, la remise en question des structures coutumières, de ses propres valeurs sociétales, l’influence d’un nouveau mode de vie, de pensée sur cette jeunesse confronté à ce rouleau compresseur de la modernité avec le développement industriel des 60 à nos jours, l’arrivée de la télévision, d’internet etc… Le monde Kanak n’a pas eu le temps ou ne se donne pas le temps de se poser les bonnes questions sur sa propre Société, à l’heure ou beaucoup de jeunes Kanak utilisent FaceBook. Aujourd’hui, une partie de cette jeunesse qui se marginalisent de plus en plus doit justement interpeler nos responsables politiques, sociaux, coutumiers quelque soit l’ethnie d’ailleurs mais avant tout les parents que nous sommes tous.
    Le 5ème. Peu importe qui dénoncent cette situation mais à ce que je sache, les syndicats l’ont faits à grand renfort de missions, le ministère de la Justice était au courant depuis longtemps, les prisonniers aussi même si leurs voix n’ont pas toujours pas été pris en compte parce que ignorés, et votre préférence de la peine de mort est d’un autre temps. Vous ne vivez pas avec votre temps, toutes les sociétés modernes, démocratiques, l’ont abolies ou imposent un moratoire pour sa non application à l’exemple de la Mongolie.
    Sur le dernier paragraphe je n’ai pas de commentaires particuliers sauf que vous ne devez pas beaucoup aller vers le Camp-Est pour voir dans quel état il est, on pourrait y tourner Papillon sans forcer sur l’état des locaux. Il faut reconstruire un établissement neuf aux normes, lieu de sanction mais aussi de rédemption…

  3. Aïe! Me voici avec l’étiquette d’un pro-répressif alors que c’est le contraire.
    J’insiste en fait sur la séparation des rôles: punition/réinsertion, ne pas les remplacer par un mélange inefficace.
    Comment faites-vous avec vos enfants?
    Les miens se sont pris 2 ou 3 corrections dans leur vie, pas plus. Par contre, ils ont clairement senti qu’ils avaient franchi les limites. Ils ont accepté la punition et ne m’en ont voulu… que quelques heures. Le reste du temps, ils savent qu’ils peuvent compter sur moi dans toutes les facettes de leur insertion dans la société.

    Sur les problèmes neuro-psy: Croyez-moi, je sais de quoi je parle, même si ce n’est pas du tout discuté publiquement, alors que tous les soignants sont parfaitement au courant. C’est un meilleur motif de se scandaliser que l’état de la prison.
    Certains sujets sont encore tabous en Calédonie. C’est du même ordre que les ascendances bagnardes des Calédoniens. Cela repose sur l’idée étrange que l’on serait responsable de ses ascendances, alors qu’on peut difficilement trouver plus aléatoire que ce que chacun récupère à la grande loterie génétique !

    Enfin je connais parfaitement l’état du Camp Est. Je ne sais pas d’ailleurs qui n’est pas au courant à présent en Calédonie. Mon post en tenait bien sûr compte. Je suis persuadé qu’isoler complètement un prisonnier dans une cellule tout confort (mais sans TV…) peut être beaucoup plus dur que les entasser dans une promiscuité étouffante.

    Cela devrait faire l’objet d’un débat sur le fond (quelle politique carcérale?) avant de s’énerver sur les moyens.

    Voir aussi ces posts anciens:

    Le système carcéral

    Pénalement responsable ou irresponsable

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