Replacer la colonisation dans son contexte historique
de moeurs et sensibilités différentes
n’atténuent pas toutes les rancoeurs,
même alors que la vie moderne
n’est devenue qu’une suite de petites colonisations
de parcelles de pouvoir
par des clans, des groupements d’intérêt, des administrations,
chez les ex-colonisés.
La réparation par l’ancienne puissance coloniale peut-elle faire mieux?
Retire-toi! Retire-toi! Tu as piqué dans une subvention!

Ses effets semblent plutôt déconcertants:
Plus l’état français a injecté d’aides financières dans une colonie ou un territoire
sur lequel il gardait un certain contrôle,
moins il en tire de reconnaissance.
Ce constat se vérifie aussi bien dans les territoires quasi-indépendants
que dans les départements d’outre-mer,
voire pas loin des côtes françaises…
Plus d’argent facile est distribué, plus il génère une hostilité latente.
Les avantages sont clairs pour le subventionné,
mais le statut d’assisté l’est tout autant.
Difficile de repousser la main chargée de billets,
quand des pans de l’économie locale
s’étioleraient ou s’effondreraient en l’absence des subventions.
Pas facile à gérer, surtout pour la jeune génération,
qui voit multipliée la difficulté d’émancipation:
Il y a celle que nous affrontons tous, adolescents:
Ce besoin de reconnaissance parentale de notre compétence
et de notre autonomie, qui exige,
que les parents s’abstiennent d’intervenir.
Et voilà en plus le sentiment de l’ex-colonisé toujours assisté,
ressenti à des degrés divers
selon l’évolution personnelle de chacun.
Si la France faisait plancher ses psychiatres sur la décolonisation,
devrait-elle abandonner toute assistance?…
Même au risque de hérisser la culpabilité pathologique
d’une fraction de ses intellectuels,
ne serait-ce pas la voie la plus rapide
pour rendre fierté et responsabilité à ses anciens administrés?
Difficile d’abandonner ses prétentions parentales.
Les nombreux exemples de sociétés îliennes post-coloniales
violentes et inégalitaires sont une excuse
et une réalité.
Devant l’opinion française, abandon ne doit pas sembler démission.
Parents et rejetons kanaks tendent à mettre les difficultés
de l’émancipation adolescente, alcool, drogue,
tous les interdits et freins à s’éclater dignement,
sur le dos du colonisateur, censeur pénible.
Le préjudice colonial finalement, 200 ans plus tard,
ne serait-il pas devenu résurgence de l’inépuisable excuse infantile:
« C’est pas moi, c’est l’autre »?