On mesure la santé mentale
à la flexibilité
(et non à la comparaison à une quelconque norme),
la liberté de s’instruire par l’expérience,
d’être influencé par des arguments raisonnables
et par l’appel aux émotions,
et surtout,
à la liberté de s’arrêter une fois parvenu à saturation.

L’essence de la maladie,
c’est la coagulation du comportement
dans des schémas immuables et insatiables.

Laurence Kubie

Commentaire:
Un psychopathe qui tue dix personnes dépressives
avec une sophistication croissante
puis décide de faire un break,
correspond parfaitement à cette définition de la santé mentale:

Flexibilité dans le déroulement des meurtres (pas de norme),
amélioration par l’expérience,
influence d’arguments raisonnables (la vie de ce dépressif est un enfer, c’est une bonne action),
les émotions ne sont pas en berne,
saturation après dix meurtres -> stop.

A l’inverse, le comportement d’un paysan isolé
peut sembler quelque peu coagulé.

Cette définition de la santé mentale reste excellente,
sa faille étant l’absence de référence à l’environnement de l’individu,
l’hostilité ambiante, son besoin d’adaptation ou de « réparation mentale ».

Notons que des personnes dites aliénées
ne le sont plus dans un environnement différent,
tandis que d’autres en bonne santé mentale,
la perdent sous une agression suffisamment forte (tortures).
La sensibilité individuelle, que Kubie intègre à sa définition,
peut être un handicap dans des environnements misérables.

La santé mentale est au carrefour de l’inné et l’acquis:
Adaptation dépendante de contraintes neuro-biologiques, innées en bonne part.
Si l’environnement/acquis ne déborde pas ces capacités d’adaptation:
Santé!

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