Avons-nous atteint la liberté des moeurs ?

sexeProfiter du sexe ? Y réfléchir de près n’est pas une bonne idée. Mieux vaut laisser s’ébattre son inconscient, et mettre l’Observateur (1) en veilleuse. Le lit est étroit : à la fois piste de danse pour les instincts et nid de sommeil pour la conscience… pas toujours facile pour cette dernière ; devrait-elle s’offrir un caisson d’isolation sensorielle ? Plus souvent, on lui propose un verre…
Mais si l’Observateur est congédié, ce qu’il laisse se réveiller est-il acceptable ? La bête va-t-elle plaire ? On n’aime ni les trop agressives ni les trop gentilles. A Dieu va…

Il existe avantages et inconvénients à la diversité de notre espèce. Le bénéfice est que peu importe l’individu, un compagnon (une compagne), quelque part, lui est adapté. La difficulté est de le rencontrer. Deux méthodes tentent de contourner ce problème : la liberté des moeurs d’une part, vaste ensemble de cabines d’essayage où les gens peuvent s’enfiler et vérifier si le résultat est plaisant ; d’autre part le code social, qui définit le comportement du partenaire idéal, tente ainsi de nous transformer en rangées de Barbie et Ken.
Tandis que la panconscience (2) insiste à nous vendre ces jouets, l’instinct nous pousse vers les cabines d’essayage. Malheureusement, jusqu’à présent, on ne leur a pas découvert un mode d’organisation efficace. Il se trouve toujours quelqu’un pour dire que le voisin s’est emparé d’un modèle que l’on désirait par dessus tout. Ça ne plaisante pas ! Certains ont été jusqu’à chercher des armées pour le récupérer. Un véritable foutoir… Continuer la lecture de Avons-nous atteint la liberté des moeurs ?

Eden parthénogénétique

Pourquoi pleurons-nous l’Eden, où Adam vivait solitaire, et dont il s’est fait expulser après la création d’Eve ? Pourquoi regrettons-nous un paradis où le sexe n’existait même pas ? Est-ce parce que assouvir le désir sexuel à satiété est si difficile, si compétitif ? Regrettons-nous que le plaisir n’afflue qu’après tant de complications ? Rêvons-nous d’une vie amibienne, où la production d’un nouveau soi-même ne réclame qu’un milieu nutritif généreux ?

Par prudence, n’investissez plus dans les maisons closes, et misez sur la biogénétique. La parthénogenèse nous ramènera bientôt dans l’Eden.

Platon-nique

Ce qui m’a toujours secoué d’un fou rire que je contiens à grand peine, au milieu de mes voisines en larmes, est ce moment d’un film dramatique où deux amoureux ont tellement sublimé leur passion respective, dans une communauté spirituelle hallucinante, que leurs instincts trépignent en s’arrachant les poils pubiens, n’arrivant pas à injecter dans cet orgasme des âmes le moindre fragment de leur message simpliste : « Mais saute-la ! Saute-la ! ».
Quand le couple se sépare sans avoir copulé autrement que du regard, je vois derrière eux les instincts personnifiés hausser les épaules de dépit, shooter méchamment dans un caillou, et décider d’une grève générale, qui place leurs hôtes dans un état de rêverie stupide pendant des jours entiers.

L’humanité traîne sur le chemin de l’intelligence car ses intellectuels ont des difficultés terribles à se reproduire autrement qu’avec du papier
…et une imprimante rotative.

Fantasme sur le jeune

L’homme mûr fantasme sur les femmes jeunes.
Cela n’indique pas qu’il soit resté adolescent. Simplement le membre de sa polyconscience encore dressé à l’idée de copuler est toujours l’adolescent.
L’attrait d’un homme mûr pour une femme de son âge n’est plus restreint au sexe.
Il serait bien pauvrement représenté par un fantasme.

Cachez cet objet sexuel

La copulation est un instinct. L’instinct a un objet. L’objet sexuel lui est adapté.
Tout ceci n’a rien à voir avec la sexualité, qui est une construction magique et complexe de la conscience autour de l’instinct, pleine d’émotions, de sensibilités pointues, de préliminaires, d’intentions et d’espérances, capable d’irrespect total envers les préceptes « naturels », et y trouvant même ses plus grands plaisirs.
Mais l’instinct n’est pas un reliquat évolutif. Il est toujours notre fondation. S’en débarrasser serait une aliénation.
Le puritain, en cachant l’instinct et en fustigeant l’objet sexuel qui permet de le sublimer, s’inflige une double mutilation.
Ne vous étonnez pas s’il retient ses sourires…