Quelle est la forme de média la plus efficace (livres, télévision, radio, etc.) pour obtenir des informations fiables?

Chaque média est élément d’une chaîne de liens.
Chaîne entre le réel et votre esprit. Le premier élément de la chaîne est déjà une approximation. Le réel en soi n’est jamais la représentation de l’esprit qui le regarde. La représentation est la propriété de cet esprit, ses concepts, ses expériences, sa sensibilité.

Comment déclarer “authentique“ la représentation d’un fait réel ?
Il faut la rendre consensuelle dès le premier maillon de la chaîne. Un échantillon suffisant de personnes différentes doivent assister à la scène, confronter leurs déclarations, et parvenir à un consensus. Difficile. En pratique l’authenticité repose sur les enregistrements instrumentaux. Mais ne nous leurrons pas. Seul le premier maillon est ainsi rendu authentique. Bien d’autres dans la chaîne peuvent ensuite le tronquer.

L’allongement de la chaîne introduit systématiquement des biais supplémentaires. Ce n’est pas seulement une vidéo ou un témoignage qui est transmis. C’est leur interprétation par un esprit additionnel, qui en fait sa réalité, animé par l’éthique la plus merveilleuse ou la plus abjecte.

Un premier élément de réponse est donc ceci :
Plus la chaîne de liens est longue, moins l’information est fiable.

Un rétro-contrôle est possible sur la chaîne. Il peut la remonter et corriger des erreurs manifestes. Ce n’est plus une information réellement ascendante, ontologique. C’est un remodelage de l’information par une conscience supérieure qui édicte ce qu’elle devrait être. Mieux que rien.

Un deuxième élément de réponse est :
Plus le rétro-contrôle exercé par le publicateur final est serré, plus l’information est fiable.

Cette conscience supérieure en bout de chaîne, quelles sont ses motivations ? Est-ce véritablement de rendre la chaîne fiable, ou de vendre un produit, un rêve, une opinion ?

Le troisième élément de réponse est :
L’information n’est fiable que la motivation du publicateur est de vendre la réalité du fait et non son désir.

Cela ne laisse plus grand monde en lice.

Les meilleurs magazines d’information, ainsi que les revues scientifiques, ont pour premier objectif de satisfaire leurs lecteurs, pas la réalité ontologique. Un auteur qui ne satisfait pas aux codes de ces publications n’est pas édité. Peu importe la proximité du fait rapporté avec la réalité. Il existe une moyennisation de la représentation du fait par les comités et autres maillons de la chaîne de communication. Cette moyennisation, ou consensus, filtre les faits.

Certainement est-ce nécessaire. Quand l’information esquive ces filtres en empruntant les réseaux sociaux, elle s’engage en fait dans une chaîne encore plus longue d’interprétations, jusqu’à devenir complètement fantaisiste. Aucun rétro-contrôle.

Comment s’en sortir ? Comment déclarer une information fiable ?

Puisque vous aurez toujours affaire à une information interprétée, une solution persiste : reconnaître et comprendre les interprétations. Remonter si possible la chaîne. Mais votre esprit est-il plus fiable que les autres dans cette tâche ? Ne cherchez-vous pas votre propre désir ?

La véritable question devient :

Comment former notre esprit à reconnaître les informations fiables, en dépit de lui-même ?

La tâche semble insurmontable si nous la pensons comme l’acquisition de connaissances exhaustives dans tous les domaines. Impossible, face à l’extension galopante des sujets dans toutes les disciplines. Nous sommes inondés, asphyxiés par les informations. Il faudrait apprendre une nage différente pour remonter chaque courant. Sans espoir, nous préférons supplier les éditorialistes de nous lancer une bouée ! D’autres décident de fermer les yeux et lancer une opinion, qui finit généralement aussi anonyme qu’une molécule d’eau dans le fleuve. Courage ou aveuglement ?

Que font les plus intelligents ?

Ils remarquent tôt que les connaissances sont hiérarchisées. Les manières de les organiser se ressemblent. Équipé de paradigmes bien choisis, il est possible de se promener dans une arborescence de la connaissance, vérifier que les médias sont sur le bon chemin.

Les média peuvent conter une foule d’histoires virtuelles. Beaucoup moins empruntent les arborescences de la réalité ontologique. Il faut donc connaître ces chemins fondamentaux. Plus nous avançons dans cette connaissance, plus nous devenons personnellement un filtre efficace.

Les histoires humaines sont autant concernées que les découvertes scientifiques. Les affaires humaines sont complexes mais ne surgissent jamais du néant. Nous disposons d’un libre-arbitre, mais une fois qu’il a exercé son choix, ses motivations apparaissent.

Quelques recommandations pratiques, enfin !

Puisqu’il s’agit de comprendre une hiérarchie, dirigez-vous vers sa base. Enquêtez sur les concepts fondamentaux. Comment analyser vie et mort sans connaître temps et existence ? Comment être sensible au sort des animaux sans comprendre comment leur sensibilité diffère de la nôtre ?

Ces concepts fondamentaux se trouvent dans les livres les moins populaires. Tous les regards se fixent sur les feuilles rutilantes quotidiennement produites par les média. Peu regardent les racines.

Creusez donc derrière la TV, sous votre journal, à l’autre extrémité du câble. Déplacez ces feuilles et ces écrans qui aplatissent la réalité. Dessous existent des escaliers dissimulés. Leur découverte permet de se déplacer dans la véritable réalité, hiérarchique, des principes simples de la base vers la complexité du sommet.

Vous deviendrez ainsi capable, au milieu de la diversité effrayante de sept milliards de réalités personnelles, de repérer les feuilles fausses et les vraies, parcourues par la sève de la réalité en soi.

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