Igitur

Igitur met en ligne des articles d’épistémologie d’excellent niveau. Des articles de ce blog ont commenté récemment deux des plus intéressants, “Ouzilou Olivier – Sociologie cognitive et explication fonctionnelle” et “Réhault Sébastien – Raisons pratiques de croire en esthétique”

Voici rapidement ce que disent les autres :

Marcellesi – L’interventionnisme permet-il la causalité « descendante » ?
Leclercq – En matière d’ontologie l’important ce sont pas les gains mais la participation
2 articles d’épistémologie « fondamentale ». Peu d’intérêt pratique. Il faudrait déjà que l’homme soit un objet mathématico-philosophique connu, ce qu’il n’est toujours pas.

Ces auteurs n’ont visiblement pas lu le mathématicien G.C. Rota, qui a critiqué de façon cinglante la propension excessive de certains philosophes à s’appuyer sur le formalisme et l’axiomatique, et à singer la clarté des mathématiques en adoptant le mode symbolique de discussion. « Mathematics and philosophy : the story of a misunderstanding », Review of Metaphysics, 44, pp259-271, décembre 1990

Livet – La substituabilité comme propriété des êtres sociaux, les conditionnels et la prédication
Epistémologie sociologique, article un peu plus concret que les précédents, mais le langage abscons cache une substance maigre : l’importance est donnée aux représentations virtuelles, renommées ici « substituabilités » en contexte de relations sociales, plus universellement appelées attentes ou anticipations. Ces virtualités ont une importance parfois équivalente ou supérieure à la réalité, dit Livet, pour rendre compte des comportements sociaux. On le croit sans difficulté, si l’on sait que la réalité est elle-même objet de filtrage. Sa représentation n’est différente des virtuelles que par l’étiquette « temps présent », à laquelle les acheteurs accordent une valeur très variable selon leur âge, leur culture et leur degré de conscience.

Rebuschi – Le cogito sans engagement
Réflexions autour du cogito. « Je pense »… le « je » est un point de vue sinon l’être ne peut se définir que par lui-même.

Je garde pour la fin la perle publiée par le site, un article de Peter Van Inwagen : L’esprit et la causalité. Van Inwagen s’attaque au métalangage utilisé par certains philosophes et qui sous couvert de codification épistémologique masque de remarquables bévues, que de méchants critiques pourraient même assimiler à une sorte de masturbation intellectuelle.

Il faut dire à la décharge de ces onanistes que la raison est devenue tellement pointilleuse, adossée à une connaissance de plus en plus fine de nos intentions, qu’il devient fort ardu de réenchanter le monde par une pensée originale. Beaucoup cherchent toujours des failles dans la pensée unique. Le flirt avec la croyance est facile dans les sciences de l’esprit. Rendons hommage à la diversité. Chaque tentative de nous égarer est une consolidation du bon chemin. En philosophie il n’est certes pas unique… sauf quand on s’efforce de mathématiser l’esprit. S’il est impossible de modéliser le résultat de la pensée, c’est une tâche envisageable pour son fonctionnement.

Van Inwagen, se présentant comme ontologiste extrémiste, n’a en fait d’intention terroriste que de vouloir bousculer les idées établies sur la causalité, dont il nie l’existence intrinsèque dans la réalité, tandis qu’il reconnaît l’existence des relations causales que met en place notre esprit.

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