Le cynique est un chercheur d’or

En constante recherche de minerai pour exercer son cynisme, il épuise rapidement les filons autour de lui. Réfugié dans un no man’s land duquel l’entourage se tient à distance prudente, la seule mine restante, accessible et intarissable, est la presse. Quelle fantastique source de mensonges ! Quelle veine d’illusions ! Chaque feuille du chou est un trésor de saveurs nouvelles pour le goût cynique.

Car chacune de ces nouvelles est une mise en scène. Le lecteur réclame-t-il une information dépersonnalisée, ou de l’émotion ? Ce serait faire un mauvais procès au journaliste que lui reprocher de produire ce que son lecteur souhaite acheter, même si les intentions sont masquées. Le cynique y trouve lui aussi son compte. Comme le rapport maître-esclave se joue à deux, le rapport journaliste-lecteur également. Il faut bien nourrir son cynisme. Le journal qui prétend à l’objectivité tend la joue : Cet idéal n’existe pas, et fait du titre une cible de choix pour le cynique, tandis que d’autres affichent ingénument leur délinquance journalistique et se montrent en réalité plus honnêtes.

Chaque mise en scène d’un évènement parfois anodin est appréciée de ceux qui recherchent une diabolisation du malheur, parce que les petits malheurs n’offrent pas suffisamment de contraste aux maigres bonheurs de leur vie ? Aïe, le cynisme est une maladie terriblement contagieuse…

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