Mai 132013
 

Il existe une confusion constante dans l’esprit des gens entre «différence» et «inégalité», de même qu’entre «égalité» et «clonage».

Les êtres humains sont tous fondamentalement différents et simultanément organisés autour des mêmes «briques» psychiques, d’instinctives aux étages inférieurs jusqu’aux «valeurs» communes des étages supérieurs. C’est la qualité de leur auto-organisation conjointement avec le parcours environnemental spécifique à chacun qui produit l’originalité individuelle. Du moins le pensent ceux qui ont abandonné l’idée d’un principe métaphysique quelconque — l’âme restant le plus populaire — déterminant cette originalité, dont on n’a trouvé aucune trace jusqu’à présent, et qui ne semble nécessaire que si l’on n’a pas fait son deuil de la divinité d’Homo sapiens.

Ce qui sépare «inégalité» et «différence» est l’existence de principes moraux. Ils tranchent entre différences «éthiques» et «inacceptables». Nous percevons immédiatement la difficulté de la tâche, surtout avec le caractère multistandard, nous l’avons vu, de la morale. Pour limiter les conflits résultant de l’application de principes qui ne contiennent aucunement l’absolu qu’on leur prête, la solution est de les restreindre à ceux recueillant une relative unanimité parmi les membres d’un groupe. C’est là une des fonctions essentielles du groupe : cloisonner des ensembles capables d’une relation harmonieuse parce que partageant la même morale. Un groupe, comme ses préceptes, n’a aucune vocation à s’étendre — erreur responsable des conflits majeurs de l’humanité — ; un groupe a vocation à entrer en relation avec les autres, de façon à former des sociétés de groupes, échelons successifs, chacun doté de ses propres règles morales spécifiques. Continue reading »

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Mai 252012
 

L’essentiel :
-Dilemme moral : la déontologie et l’utilitarisme sont-ils des choix vraiment contradictoires ? Exemple du dilemme du wagon fou.
-Greene ou l’utilitarisme réducteur.
-L’analogie avec les 3 lois de la robotique d’Isaac Asimov.

L’éthique normative tente de répondre à la question : « Quel est le meilleur comportement moral dans une situation particulière ? ». Deux théories s’opposent : la déontologiste se réfère à une norme éthique dont il ne faut pas dévier — exemple : « tu ne tueras point » —; la conséquentialiste considère des valeurs plus générales que le comportement doit promouvoir — exemple : « tu amélioreras le plus de vies possible » —.
Nous pressentons déjà l’arbitraire de cette distinction : la morale, à déterminants culturels et historiques, n’est pas figée dans une déontologie de l’âge glaciaire, et le conséquentialisme doit tenir compte des repères moraux qui aident à déterminer les limites des aspects bénéfiques d’un comportement.
Ce qui n’empêche pas les partisans de l’une et l’autre théorie de détenir, disent-ils, la vérité exclusive. Certains veulent trouver dans les neurosciences une confirmation indiscutable de leurs dires. Sans doute n’est-ce qu’un enfermement dans ses illusions quand il n’existe pas de théorie démontrée de la conscience et de ses connexions avec la neurophysiologie. Pire, nous en avons discuté dans « l’Homme Polyconscient », il est possible que la conscience puisse fonctionner selon la théorie qu’elle s’est choisie.

Joshua Greene déclare par exemple le conséquentialisme vainqueur à l’aide des données empiriques obtenues sur le dilemme du wagon fou : Continue reading »

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