Fév 272014
 

La déviance positiviste de l’esprit humain apparaît de façon caractéristique dans le pari de Pascal. Voilà une argumentation en apparence purement logique en faveur de la croyance en Dieu. Pourtant ce n’est pas une conclusion de notre cerveau rationnel. Celui-ci dirait : comme il n’existe aucune preuve de l’existence de Dieu, je dois gérer ma vie au mieux sans donner de réponse à cette question.
Le pari est celui du cerveau émotionnel. Je mise ma croyance, ce qui ne me coûte pas grand-chose (mais cela ne coûte pas rien, c’est une organisation de sa vie qui n’est pas forcément la plus judicieuse), et peut me rapporter gros (si Dieu existe, mais l’on ne sait rien de la récompense en fait, les gens racontent peut-être n’importe quoi). Comme l’on ne rencontre jamais la preuve de l’existence de Dieu, sa probabilité est excessivement faible, tout de même, face à tous les autres critères de comportement que nous avons sous les yeux. Dès lors, avec une récompense qui a fort peu de chances de se réaliser, et une stratégie choisie par les croyants qui n’est pas forcément la meilleure à suivre, on se retrouve avec un très grand nombre de perdants. Petits perdants, certes, mais perdants quand même. Comme au casino. Sauf que le gagnant, celui qui a tiré le jack-pot, n’existe même pas. En fait le pari de croire en Dieu serait enfin séduisant si un gagnant revenait du Paradis et nous disait « C’est fantastique ! », avec preuves indubitables à l’appui.

Cela n’empêche pas nos cerveaux émotionnels d’être joueurs, d’attendre de l’univers qu’il se conforme à nos espérances, tandis que le cerveau rationnel hausse les épaules, et voit son discours coloré malgré lui par les envies de l’autre.

Ce texte ne critique en rien les valeurs associées à la croyance en Dieu. Chacun peut décider qu’elles sont la meilleure stratégie à suivre pour conduire sa vie, indépendamment de l’existence de Dieu. C’est le cas sous de nombreux climats sociaux, et c’est au final la principale motivation des croyants « éclairés », qui voient la confirmation finale de la présence de Dieu comme un bonus, et non une consécration obligatoire.

D’où cette conclusion polyconsciente, parce que très à contre-courant de ce que vous avez commencé à lire : croire n’est peut-être pas un pari.

 Posted by at 2 h 24 min

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