Oct 212012
 

Deux façons d’aborder les pages d’un essai : vous entamez le livre persuadé que c’est un tissu d’inepties, et vous laissez difficilement convaincre par ses assertions, sauf pour les plus indubitables. Ou vous vous épanouissez déjà devant le quatrième de couverture comme un amant en chaleur parfaitement lubrifié.
La première façon vous fait ressembler à une vieille fille affolée à l’idée d’un viol qui ne risque pas d’arriver. Dans la seconde la pénétration est parfaitement consentante.

Après l’acte, dans le premier cas vous continuerez votre vie de vieux célibataire mental, égayé d’un nouveau fantasme. Dans le second cas, peut-être devriez-vous vous préoccuper du pedigree du penseur dont vous allez enfanter ?

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En lisant, on absorbe une information, mais on ne met pas en route le mécanisme qui a permis à l’auteur de créer le contenu de ce livre. Un stockage mémoriel n’est pas un processus analytique. C’est parfois criant chez l’enfant, quand il apprend ses leçons par-coeur avec une facilité étonnante, mais ne peut en faire aucune reformulation dans un contexte un peu différent.

Sur un sujet neuf, nous devrions toujours commencer devant une page blanche, y écrire ce que nous en comprenons, peu importe qu’il s’agisse des idées les plus élémentaires ou les plus erronées. Ceci déclenche notre moteur d’alternatives. A partir de cette analyse de base, qui nous permet de nous approprier le sujet, de le tatouer dans nos circuits rationnels intrinsèques, nous pouvons enrichir le schéma de nombreuses alternatives, dont les livres sont riches.

 Posted by at 3 h 34 min

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