jan 142012
 

Tout philosophe qui ambitionne de chercher la vérité devrait au préalable déclarer ses conflits d’intérêt.
Sa pensée est en effet un assemblage d’intentions dont certaines peuvent déphaser ce qu’il comprend de ce qu’il veut faire comprendre, boiterie de la démarche intellectuelle qui n’apparaît pas sous l’habile maquillage qu’est le langage, parlé ou écrit. L’histoire de la philosophie, sous cet angle, apparaît comme une longue file de prophètes ayant proposé un nouveau système de cohérence avec l’étiquette « Vérité », chacun doté d’intentions bien particulières. Freud en est peut-être l’exemple le plus caricatural avec son Oedipe défié dans la théorie psychanalytique, parce qu’il était un noeud cardinal de sa propre histoire.

En l’absence de déclaration publique d’intérêts aux époques révolues, on ne peut que les deviner à travers les psychobiographies de leurs auteurs, et du contexte culturel. C’est un travail supplémentaire, critique, réalisé par le plus faible nombre, tandis que la majorité d’entre nous absorbe le texte sans précautions, généralement parce qu’il se concilie bien avec nos propres intentions. Mais alors les caractéristiques tronquées de la vérité sont absorbées de même, en toute invisibilité.

N’est-il pas inquiétant, à posteriori, que tout notre édifice philosophique ait été élevé dans ces conditions ?

N’est-ce pas l’explication que des contemporains parviennent si facilement à le déconstruire ?

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