déc 272011
 

La chose la plus dure qui ait été dite sur le philosophe est celle-ci : Celui qui prétend expliquer le monde est incapable de le corriger. Son besoin d’identifier le Bien et le Mal, le Vrai et le Faux, est un échappatoire pour esquiver continuellement la décision, car la vérité n’est jamais définitive.
Elle est dure et en même temps elle montre à quel point nous faisons trop confiance à la décision. Celle-ci recèle, précise-t-on, davantage d’arbitraire que de vérité solide. La décision génère instantanément un enfant légitime, l’espoir réalisé, et une flopée de bâtards : les petites injustices, qui vont elles aussi grandir. D’autres décisions seront nécessaires pour les corriger. On oscille, à coups de barre brutaux, autour du bon cap, celui de l’équilibre.
C’est la façon humaine. N’existe-t-il pas d’autre méthodologie ? Utiliser les influences plutôt que les décisions ? Canaliser ainsi les intentions ? Créer un courant marin qui mène, sans avoir besoin de toucher la barre, à la bonne destination ?
Par malheur, le psychisme humain ne s’enthousiasme guère à faire de la prévision. Comment pourrait-on satisfaire ainsi notre virilité guerrière et la certitude d’être celui qui fera progresser l’espèce ?

Avez-vous savouré le double-sens du titre, qui indique soit un hésitant soit celui qui avance d’un pas ferme ? On peut désigner ainsi le philosophe, selon l’endroit où il est parvenu de son questionnement.

 Posted by at 2 h 31 min

 Leave a Reply

(required)

(required)

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>