juil 292011
 

De la nécessité des illusions

Sans illusions, personne ne vivrait en couple. Le duo est la meilleure façon de créer une opposition irréductible, 50-50, qui rappelle la constructive vie politique française. Il ne tenait véritablement la route que grâce à la position féminine inférieure, l’homme disposant en permanence de 70% des voix. Avec la normalisation croissante du vote féminin, de moins en moins de couples tiennent la distance.

Si le couple n’est pas la structure sociale de base idéale, quelle peut-elle être ?
Considérons le trio : Celui qui se trompe seul ne peut pas imposer son pouvoir aux deux autres.
La sexualité étant la caractéristique la plus forte qui puisse faire dysfonctionner un trio, la meilleure structure sociale serait sans doute des trios d’hommes associés à des trios de femmes.

Ne vous sentez-vous pas frémir d’une excitation soudaine, à l’idée de choisir deux partenaires du même sexe — pas trop velus — et surtout trois du sexe opposé ?

  2 Responses to “3+3”

  1. Les réactions au concept 3+3 sont pour l’instant celles qui m’auront le plus plié de rire :
    Chaque fois que j’ai exposé cette révolution sociale à un nouvel interlocuteur, il restait sans voix, me regardant d’un air navré, visiblement sans la moindre contradiction pas plus que justification à proposer à mon discours, me signifiant ainsi que le couple est certainement inscrit dans le code génétique de l’espèce, et que je suis à l’évidence un double trisomique !

  2. Un soutien à 3+3 chez Henri Laborit :

    Le plaisir sexuel et l’imaginaire amoureux sont deux choses différentes qui n’ont pas à priori de raison de dépendre l’une de l’autre. Malheureusement l’être biologique qui nous gratifie sexuellement et que l’on tient à conserver exclusivement de façon à « réenforcer » notre gratification par sa « possession », coïncide généralement avec celui qui est à l’origine de l’imaginaire heureux. L’amoureux est un artiste qui ne peut plus se passer de son modèle, un artiste qui se réjouit tant de son oeuvre qu’il veut conserver la matière qui l’a engendrée. Supprimer l’oeuvre, il ne reste plus qu’un homme et une femme, supprimer ceux-là, il n’y a plus d’oeuvre. L’oeuvre, quand elle a pris naissance, acquiert sa vie propre, une vie qui est du domaine de l’imaginaire, une vie qui ne vieillit pas, une vie en dehors du temps et qui a de plus en plus de peine à cohabiter avec l’être de chair, inscrit dans le temps et dans l’espace, qui nous a gratifiés biologiquement. C’est pourquoi il ne peut pas y avoir d’amour heureux, si l’on veut à toute force identifier l’oeuvre et le modèle.

    Cependant, lorsque l’amour passe d’un rapport interindividuel unique à celui d’un groupe humain, il est probable qu’il pourrait s’humaniser, en ce sens qu’il devient plus l’amour d’un concept que celui de l’objet gratifiant.

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