Ne dites jamais « c’est impossible ». C’est un gros mot, particulièrement dans la bouche d’un scientifique. Impossible ne peut pas « être ». Il est toutefois permis de l’adosser à une définition : l’inverse du possible. Mais nos connaissances limitées ne permettent pas de savoir tout ce qui est possible. Tout est peut-être possible. Voilà le malheureux « impossible » sous le joug potentiel d’une double inexistence : l’impossible n’existe pas, et la définition de l’impossible non plus. Alors par pitié, ne dites pas que l’impossible est égal à quoi que ce soit. Que son non-être le fasse évanouir des dictionnaires !

 

 

Livre tempête Blog au ralenti en vue de finir cet ouvrage, « L’Homme polyconscient », qui paraît aujourd’hui, dont vous avez lu des aperçus ici même, mais restait le travail de tout relier dans une théorie cohérente de la conscience. Sa trame se tient dans les friches qui séparent la neurophysiologie de nos comportements conscients, avec des objectifs précis : rester en contact avec la vraisemblance scientifique mais s’affranchir de ses effets réducteurs ; déconstruire avant de tenter un réenchantement de notre existence ; amener à un palier maximal de conscience — avec nos moyens actuels — appelé la polyconscience.
C’est un creuset capable de refondre certitudes et inquiétudes en une vision véritablement innovante. Un livre difficile, voire dangereux, pour ceux qui se contentent d’éprouver la vie, mais palpitant pour celui qui, en plus d’éprouver, se regarde vivre.
De nombreux domaines sont concernés : philosophie, psychologie et traitement des maladies mentales, sociologie abordée jusque dans les petits conflits du quotidien, justice et moralité, maladie et finitude humaine… tous ces sujets que sécrète notre conscience sans toujours connaître ses propres intentions, et pour cause ! Ce sont celles d’une authentique société intérieure…
Version livre couverture souple, 202 pages
Version eBook format epub (Kobo FNAC, iPad…)

 

La controverse sur la réalité du monde, déformée par notre conscience, est passée de mystique à neurologique.
Au départ, le monde a été l’oeuvre de Dieu, que nous ne pouvons appréhender complètement par les faibles moyens de notre esprit. Découvrir son essence se ramena à une furieuse bataille de mysticismes.
Nous n’en étions pas sortis qu’un autre front s’est ouvert : Le monde possède sa réalité propre, mais nos sens le déforment. Le décrypter est devenu une patiente enquête neurologique sur la façon dont notre esprit s’y prend pour se tromper.
Toutes ces époques sont unies par une constatation sévère : notre conscience semble un outil d’une terrible indigence…

Le positivisme est le procès intenté par la conscience pour honteuse calomnie de sa personne par tous les penseurs.

 

Arrêtons-nous sur un point fondamental : Le préalable que nous devons reconnaître et garder en toile de fond dans une théorie de la conscience est qu’elle s’auto-influence. L’organisation graduellement plus complexe de notre psychisme fait progressivement disparaître les paliers, canaux et compartiments délimités par le support biologique. La pensée devient moins contingentée par la contrainte physique, sans pouvoir s’en affranchir complètement, ainsi que le montre le vieillissement et les maladies physiques.
Ici, dans cette évasion du mécanisme biochimique, apparaît la spécificité extraordinaire de la conscience, que l’on aime baptiser « âme ». Ce n’est pas quelque chose d’ajouté à l’écheveau neuronal, comme voudrait le vanter la prétention humaine, mais détaché de lui.
N’entendez pas par détaché la moindre affaire mystique. Il s’agit d’un changement des lois régissant le processus cérébral. A l’échelon neuronal, les lois sont grossièrement celles d’un circuit électrique, avec des modulations et des rétroactions plus complexes que celles actuellement réalisables par l’électronique. A l’échelle de la conscience, les lois sont chaotiques. Une information pénétrant un esprit le modifie comme l’entrebâillement d’une fenêtre perturbe les mouvements d’air dans une pièce. Le résultat final n’est pas défini mais prédictible par des probabilités.
Notons ce détail savoureux : si l’univers avait été soumis à un déterminisme rassurant tel que l’humanité l’espérait jusqu’au siècle dernier, et auquel nous nous accrochons encore dans l’essentiel des aspects de notre vie, nous n’aurions pas été en mesure de réfléchir à tout ceci, et occupés probablement à tourner végétativement notre face stupide vers le soleil pour la réchauffer.
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Tout philosophe qui ambitionne de chercher la vérité devrait au préalable déclarer ses conflits d’intérêt.
Sa pensée est en effet un assemblage d’intentions dont certaines peuvent déphaser ce qu’il comprend de ce qu’il veut faire comprendre, boiterie de la démarche intellectuelle qui n’apparaît pas sous l’habile maquillage qu’est le langage, parlé ou écrit. L’histoire de la philosophie, sous cet angle, apparaît comme une longue file de prophètes ayant proposé un nouveau système de cohérence avec l’étiquette « Vérité », chacun doté d’intentions bien particulières. Freud en est peut-être l’exemple le plus caricatural avec son Oedipe défié dans la théorie psychanalytique, parce qu’il était un noeud cardinal de sa propre histoire.

En l’absence de déclaration publique d’intérêts aux époques révolues, on ne peut que les deviner à travers les psychobiographies de leurs auteurs, et du contexte culturel. C’est un travail supplémentaire, critique, réalisé par le plus faible nombre, tandis que la majorité d’entre nous absorbe le texte sans précautions, généralement parce qu’il se concilie bien avec nos propres intentions. Mais alors les caractéristiques tronquées de la vérité sont absorbées de même, en toute invisibilité.

N’est-il pas inquiétant, à posteriori, que tout notre édifice philosophique ait été élevé dans ces conditions ?

N’est-ce pas l’explication que des contemporains parviennent si facilement à le déconstruire ?

 

L’essence la plus intime de la question existentielle n’est ni la réponse, ni le questionnement, mais le choix : Dans quelle étendue d’illusionnement souhaite-t-on s’ébattre ? Préfère-t-on barboter dans la sécurité d’une baignoire, ou est-on prêt à affronter les eaux libres et sombres de l’océan, où rôdent de monstrueux concepts matérialistes, prêts à emporter une large portion de notre esprit dans leur gueule barbelée ?

 

Cette oeuvre ultime est sans doute déjà réalisable avec la technologie actuelle. Voici l’idée :

Quand différents lecteurs s’attaquent à un ouvrage, c’est le mode de pensée de l’auteur qui les fait cheminer vers des idées nouvelles, souvent à leur plus grand profit, même si je m’en suis moqué en parlant de fornication de l’écrivain qui répand sa semence étrangère dans nos circon(in)volutions.
Il existe d’autres inconvénients à ce rapport que l’absence de « capote » mentale : L’éjaculat peut arriver en terre stérile, parce que le lecteur n’a pas le langage, l’éducation, le stade de développement personnel, nécessaires pour le recevoir. Le rapport serait peut-être fécondant si les préliminaires étaient détaillés, ou si les idées étaient présentées avec davantage d’images ou de sentiments, qui sont les modes de communication principaux pour nombre d’entre nous.
Ainsi, l’effet d’un livre peut être encore une influence, mais d’effet contraire : son sujet sera dévalorisé parce que la présentation en est inadaptée pour un lecteur particulier. Il s’en détournera durablement, découragé ou révolté par son échec à le maîtriser, ou parce que le livre l’a heurté et ne lui a proposé aucune porte de sortie. Ce rejet n’est pas un libre choix ; il est téléguidé.

Les livres « choc » jouent un rôle important, mais ce n’est pas d’eux dont nous parlons ici. Le Livre Universel est destiné à construire la cohérence de son cheminement intérieur. Il n’en dépeint pas un, mais un pour chacun. Ensuite, les livres-choc, monomaniaques, sont là pour construire un décor personnalisé. On est alors capable de les maîtriser, de ne pas leur enchaîner sa vie. Une tentative de favoriser la diversité sans que quiconque n’en fasse les frais terribles, campé aux extrêmes.

Le support du Livre Universel est un ebook futuriste où l’appareil de lecture est capable de repérer l’intérêt ou la difficulté du propriétaire pour le texte, à divers signes dont la lenteur avec laquelle le regard passe sur certains fragments de phrase, y revient, à la fixité soudaine du regard ou son évasion, qui traduit la cogitation. Les passages concernés prennent un poids supplémentaire dans la structure algorithmique du livre, et la suite du texte en tient compte et se mettrait à défiler automatiquement.

En fait l’ouverture du livre se ferait sur un sommaire d’idées fortes sur lequel le regard pourrait errer avec rapidité, sans forcément respecter une organisation classique de chapitres. Chacune débouche sur un développement de plus en plus détaillé, et personnalisé par le chemin déjà parcouru. La lecture ressemblerait à l’invitation dans une soirée fréquentée par de beaux esprits, où l’on pourrait aller de l’un à l’autre et poser les questions que l’on souhaite ou les laisser prendre l’initiative, en préférer certains à d’autres et même en choisir un pour nous accompagner dans l’écoute des autres et nous les décrypter.
Le texte devrait ainsi être écrit selon des styles différents selon la forme ou la teneur du langage appréciées par chacun. Il contient des « oeufs » divers, signalés par des symboles, que le lecteur peut ouvrir s’il le souhaite : illustrations, exemples, blagues sur le sujet, et pourquoi pas une ambiance sonore, la recette d’un parfum ou d’un cocktail en harmonie avec le reste, jouant un rôle de renforcement et de pastille mémorielle.

Ce Livre serait bien entendu collaboratif. Et jamais terminé. Il serait en quelque sorte l’empreinte, inaltérable mais sans cesse augmentée, de toute une humanité.

 

L’illusion est la glu qui permet à l’homme d’unifier vers une direction commune des sentiments tortionnaires qui, s’ils n’en faisaient qu’à leur tête, le mettraient en pièces.

 

Le langage, et son développement la politique, construisent la réalité.
Cette conviction héritée des grecs est une erreur, mais une erreur fondatrice de la civilisation occidentale.

Nul homme ne met exactement les mêmes intentions et symboles dans les mêmes mots. C’est aisé à comprendre en polyconscience : Chacune de nos sociétés intérieures trouve un compromis différent dans le sens et l’émotion accordés à chaque mot. Ainsi, laisser les mots construire la réalité est amplifier l’incompréhension entre individus, et c’est plutôt les accommoder de mimiques et gestuelles simples qui va rapprocher ces entendements, à l’aide de ces communications plus basiques et universelles.
Les mots sont nécessaires à un langage élaboré mais ils ne contiennent pas de façon explicite les différences de niveau de conscience. Ils sont parfois pauvrement équipés pour traduire la richesse du concept qui nage dans l’esprit qui les prononcent, tandis qu’ailleurs ils sont quelques phonèmes extraits de la mémoire, et de signification, ils n’ont guère, voire ils sont des contresens.
Les mots sont en retard ou en avance sur les progrès de conscience. Un esprit vif manque du vocabulaire adapté et se sent obligé d’en créer. L’esprit immature saisit les mots comme de nouveaux jouets, sans savoir encore comment s’en servir. La culture peut leur accoler un mode d’emploi très différent. Aucun ne peut dépeindre les finesses de la réalité d’un individu, et ainsi les mots ne font que la cloîtrer.

L’incompréhension liée à l’infidélité des mots est une puissante génératrice de conflits. En effet, si les mots devaient servir de médiateurs comme ils le prétendent, il faudrait que ceux qui s’en servent perçoivent leur signification pour l’interlocuteur et non pas simplement les prononcent, et vice versa. Ainsi il faut connaître un deuxième langage qui est lui-même la traduction des mots pour sa propre pensée et pour celle de l’autre. Ce « langage profond » n’ayant pas de règles explicites, est source d’incommunication et de conflit.

C’est, étonnamment, ce qui a fait la force de l’Occident : la parole conflictuelle, la parole valorisée alors qu’elle ne peut être un outil d’échange harmonieux. Dans d’autres civilisations antiques, la communication semble tout bonnement impossible entre dominants et dominés, et n’est pas tentée. Cette « lucidité » a un revers : Elle ignore le rôle constructeur du conflit, nettement supérieur à l’indifférence. Les grecs ont inauguré le principe de la démocratie, c’est-à-dire de la bataille politique permanente, de l’opposition comme mode de gestion de la société, avec son enchaînement d’innovations, de réactions, de contre-réactions, qui l’a conduite à une domination planétaire.
Pourtant sa philosophie, fondamentalement, est le refus de comprendre le monde de l’autre, de tenter de lui imposer le sien… avec les mêmes mots. Ainsi est-il difficile de juger de telles valeurs.

Les mots servent en permanence à s’expliquer eux-mêmes, parce que leur sens ne va pas de soi. Dès lors, faut-il leur confier la réalité, et reposer notre foi sur leurs enquêtes ?

Longtemps, les émotions ont relié les hommes de façon plus fidèle que les mots.
Cela change, parce que les mots sont disponibles partout, que des livres et des spectacles ont été écrits pour chacun d’eux, que ces médias sont lus par tous et débordent les frontières. Les mots commencent à coller à la réalité parce que la réalité humaine s’uniformise. Les mots ont été une propriété individuelle. Ils ne le sont plus. Ils forment une puissance, le langage colonisateur, obligatoire à apprendre, de la panconscience sociale. Ils modèlent désormais, notre réalité intérieure, dans le sens de l’uniformisation.
L’imagination, enfermée par les mots, ne peut plus s’ébattre librement dans ce langage.
Notre adage du début devient vrai… parce que l’on y a cru.

 

La chose la plus dure qui ait été dite sur le philosophe est celle-ci : Celui qui prétend expliquer le monde est incapable de le corriger. Son besoin d’identifier le Bien et le Mal, le Vrai et le Faux, est un échappatoire pour esquiver continuellement la décision, car la vérité n’est jamais définitive.
Elle est dure et en même temps elle montre à quel point nous faisons trop confiance à la décision. Celle-ci recèle, précise-t-on, davantage d’arbitraire que de vérité solide. La décision génère instantanément un enfant légitime, l’espoir réalisé, et une flopée de bâtards : les petites injustices, qui vont elles aussi grandir. D’autres décisions seront nécessaires pour les corriger. On oscille, à coups de barre brutaux, autour du bon cap, celui de l’équilibre.
C’est la façon humaine. N’existe-t-il pas d’autre méthodologie ? Utiliser les influences plutôt que les décisions ? Canaliser ainsi les intentions ? Créer un courant marin qui mène, sans avoir besoin de toucher la barre, à la bonne destination ?
Par malheur, le psychisme humain ne s’enthousiasme guère à faire de la prévision. Comment pourrait-on satisfaire ainsi notre virilité guerrière et la certitude d’être celui qui fera progresser l’espèce ?

Avez-vous savouré le double-sens du titre, qui indique soit un hésitant soit celui qui avance d’un pas ferme ? On peut désigner ainsi le philosophe, selon l’endroit où il est parvenu de son questionnement.

 

La liberté de l’individu ne pourrait être que son arbitrage entre les différentes contraintes, intrinsèques et extrinsèques, qu’il subit tout au long de sa vie.
Mais si l’arbitre n’existe pas ? Qu’il est lui-même la résultante de ces contraintes, que l’on tente de personnifier ?

 

En philosophie est souvent commise une erreur mathématique : l’on peine à définir un concept parce que l’on cherche un objet alors qu’il est une fonction.
Par exemple il est impossible de déterminer les objets de la beauté. La beauté est une fonction à plusieurs inconnues, dont il faut préciser ces variables culturelles pour trouver les (belles) solutions.

déc 172011
 

 

 

Les « croyants » ne sont-ils pas plutôt des incroyants, quand ils refusent de croire à ce qui invalide leur conviction ?
Quand on s’attache opiniâtrement à éliminer toute idée qui menace sa foi, on est en réalité un incroyant, un sceptique de la richesse de la conscience… peut-être la plus authentique des divinités ?

 

Constant Prurit et Pierre Detaille sont le couple inséparable du Filozophon, un cercueil d’humour sur les thèmes de la médecine et de la philosophie.
Le Pr Schmoutt, mon acolyte préféré, les traite de « vieux pédés ». Il m’inquiète : il n’existe derrière la feuille aucune épaisseur d’inconscient à ces personnages, où pourrait se loger un quelconque refoulement. J’en serais donc le responsable ?
En réalité Constant et Pierre ne peuvent avoir une vie sexuelle normale. Ce sont un curé et un diacre défroqués… Ils se sont fait virer à cause du Christ bicéphale qu’ils avaient confectionné pour attirer les plus jeunes à la messe.
Je me sens obligé à présent de leur trouver de multiples jobs temporaires : scientifique fou, philosophe déconstructeur, médecin pressé, musicien ambitieux… Ils expérimentent tout avec une fraîcheur née de l’absence de tout contrôle. Même si je dessine un tribunal punitif, il y a toutes les chances que ce soient eux qui y siègent. Une utopie merveilleuse ?
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oct 172011
 

 

On utilise le contrepied d’une illusion pour la déclarer comme telle.
Mais le contrepied nous emmène souvent trop loin, au-delà de la vérité, devenant un jumeau d’illusion.
Nous oscillons autour de la vérité pour l’identifier.

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