

Livre tempête Blog au ralenti en vue de finir cet ouvrage, « L’Homme polyconscient », qui paraît aujourd’hui, dont vous avez lu des aperçus ici même, mais restait le travail de tout relier dans une théorie cohérente de la conscience. Sa trame se tient dans les friches qui séparent la neurophysiologie de nos comportements conscients, avec des objectifs précis : rester en contact avec la vraisemblance scientifique mais s’affranchir de ses effets réducteurs ; déconstruire avant de tenter un réenchantement de notre existence ; amener à un palier maximal de conscience — avec nos moyens actuels — appelé la polyconscience.
C’est un creuset capable de refondre certitudes et inquiétudes en une vision véritablement innovante. Un livre difficile, voire dangereux, pour ceux qui se contentent d’éprouver la vie, mais palpitant pour celui qui, en plus d’éprouver, se regarde vivre.
De nombreux domaines sont concernés : philosophie, psychologie et traitement des maladies mentales, sociologie abordée jusque dans les petits conflits du quotidien, justice et moralité, maladie et finitude humaine… tous ces sujets que sécrète notre conscience sans toujours connaître ses propres intentions, et pour cause ! Ce sont celles d’une authentique société intérieure…
Version livre couverture souple, 202 pages
Version eBook format epub (Kobo FNAC, iPad…)
La controverse sur la réalité du monde, déformée par notre conscience, est passée de mystique à neurologique.
Au départ, le monde a été l’oeuvre de Dieu, que nous ne pouvons appréhender complètement par les faibles moyens de notre esprit. Découvrir son essence se ramena à une furieuse bataille de mysticismes.
Nous n’en étions pas sortis qu’un autre front s’est ouvert : Le monde possède sa réalité propre, mais nos sens le déforment. Le décrypter est devenu une patiente enquête neurologique sur la façon dont notre esprit s’y prend pour se tromper.
Toutes ces époques sont unies par une constatation sévère : notre conscience semble un outil d’une terrible indigence…
Le positivisme est le procès intenté par la conscience pour honteuse calomnie de sa personne par tous les penseurs.
Arrêtons-nous sur un point fondamental : Le préalable que nous devons reconnaître et garder en toile de fond dans une théorie de la conscience est qu’elle s’auto-influence. L’organisation graduellement plus complexe de notre psychisme fait progressivement disparaître les paliers, canaux et compartiments délimités par le support biologique. La pensée devient moins contingentée par la contrainte physique, sans pouvoir s’en affranchir complètement, ainsi que le montre le vieillissement et les maladies physiques.
Ici, dans cette évasion du mécanisme biochimique, apparaît la spécificité extraordinaire de la conscience, que l’on aime baptiser « âme ». Ce n’est pas quelque chose d’ajouté à l’écheveau neuronal, comme voudrait le vanter la prétention humaine, mais détaché de lui.
N’entendez pas par détaché la moindre affaire mystique. Il s’agit d’un changement des lois régissant le processus cérébral. A l’échelon neuronal, les lois sont grossièrement celles d’un circuit électrique, avec des modulations et des rétroactions plus complexes que celles actuellement réalisables par l’électronique. A l’échelle de la conscience, les lois sont chaotiques. Une information pénétrant un esprit le modifie comme l’entrebâillement d’une fenêtre perturbe les mouvements d’air dans une pièce. Le résultat final n’est pas défini mais prédictible par des probabilités.
Notons ce détail savoureux : si l’univers avait été soumis à un déterminisme rassurant tel que l’humanité l’espérait jusqu’au siècle dernier, et auquel nous nous accrochons encore dans l’essentiel des aspects de notre vie, nous n’aurions pas été en mesure de réfléchir à tout ceci, et occupés probablement à tourner végétativement notre face stupide vers le soleil pour la réchauffer.
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Tout philosophe qui ambitionne de chercher la vérité devrait au préalable déclarer ses conflits d’intérêt.
Sa pensée est en effet un assemblage d’intentions dont certaines peuvent déphaser ce qu’il comprend de ce qu’il veut faire comprendre, boiterie de la démarche intellectuelle qui n’apparaît pas sous l’habile maquillage qu’est le langage, parlé ou écrit. L’histoire de la philosophie, sous cet angle, apparaît comme une longue file de prophètes ayant proposé un nouveau système de cohérence avec l’étiquette « Vérité », chacun doté d’intentions bien particulières. Freud en est peut-être l’exemple le plus caricatural avec son Oedipe défié dans la théorie psychanalytique, parce qu’il était un noeud cardinal de sa propre histoire.
En l’absence de déclaration publique d’intérêts aux époques révolues, on ne peut que les deviner à travers les psychobiographies de leurs auteurs, et du contexte culturel. C’est un travail supplémentaire, critique, réalisé par le plus faible nombre, tandis que la majorité d’entre nous absorbe le texte sans précautions, généralement parce qu’il se concilie bien avec nos propres intentions. Mais alors les caractéristiques tronquées de la vérité sont absorbées de même, en toute invisibilité.
N’est-il pas inquiétant, à posteriori, que tout notre édifice philosophique ait été élevé dans ces conditions ?
N’est-ce pas l’explication que des contemporains parviennent si facilement à le déconstruire ?
L’essence la plus intime de la question existentielle n’est ni la réponse, ni le questionnement, mais le choix : Dans quelle étendue d’illusionnement souhaite-t-on s’ébattre ? Préfère-t-on barboter dans la sécurité d’une baignoire, ou est-on prêt à affronter les eaux libres et sombres de l’océan, où rôdent de monstrueux concepts matérialistes, prêts à emporter une large portion de notre esprit dans leur gueule barbelée ?
L’illusion est la glu qui permet à l’homme d’unifier vers une direction commune des sentiments tortionnaires qui, s’ils n’en faisaient qu’à leur tête, le mettraient en pièces.
La chose la plus dure qui ait été dite sur le philosophe est celle-ci : Celui qui prétend expliquer le monde est incapable de le corriger. Son besoin d’identifier le Bien et le Mal, le Vrai et le Faux, est un échappatoire pour esquiver continuellement la décision, car la vérité n’est jamais définitive.
Elle est dure et en même temps elle montre à quel point nous faisons trop confiance à la décision. Celle-ci recèle, précise-t-on, davantage d’arbitraire que de vérité solide. La décision génère instantanément un enfant légitime, l’espoir réalisé, et une flopée de bâtards : les petites injustices, qui vont elles aussi grandir. D’autres décisions seront nécessaires pour les corriger. On oscille, à coups de barre brutaux, autour du bon cap, celui de l’équilibre.
C’est la façon humaine. N’existe-t-il pas d’autre méthodologie ? Utiliser les influences plutôt que les décisions ? Canaliser ainsi les intentions ? Créer un courant marin qui mène, sans avoir besoin de toucher la barre, à la bonne destination ?
Par malheur, le psychisme humain ne s’enthousiasme guère à faire de la prévision. Comment pourrait-on satisfaire ainsi notre virilité guerrière et la certitude d’être celui qui fera progresser l’espèce ?
Avez-vous savouré le double-sens du titre, qui indique soit un hésitant soit celui qui avance d’un pas ferme ? On peut désigner ainsi le philosophe, selon l’endroit où il est parvenu de son questionnement.
La liberté de l’individu ne pourrait être que son arbitrage entre les différentes contraintes, intrinsèques et extrinsèques, qu’il subit tout au long de sa vie.
Mais si l’arbitre n’existe pas ? Qu’il est lui-même la résultante de ces contraintes, que l’on tente de personnifier ?
En philosophie est souvent commise une erreur mathématique : l’on peine à définir un concept parce que l’on cherche un objet alors qu’il est une fonction.
Par exemple il est impossible de déterminer les objets de la beauté. La beauté est une fonction à plusieurs inconnues, dont il faut préciser ces variables culturelles pour trouver les (belles) solutions.


Les « croyants » ne sont-ils pas plutôt des incroyants, quand ils refusent de croire à ce qui invalide leur conviction ?
Quand on s’attache opiniâtrement à éliminer toute idée qui menace sa foi, on est en réalité un incroyant, un sceptique de la richesse de la conscience… peut-être la plus authentique des divinités ?
Constant Prurit et Pierre Detaille sont le couple inséparable du Filozophon, un cercueil d’humour sur les thèmes de la médecine et de la philosophie.
Le Pr Schmoutt, mon acolyte préféré, les traite de « vieux pédés ». Il m’inquiète : il n’existe derrière la feuille aucune épaisseur d’inconscient à ces personnages, où pourrait se loger un quelconque refoulement. J’en serais donc le responsable ?
En réalité Constant et Pierre ne peuvent avoir une vie sexuelle normale. Ce sont un curé et un diacre défroqués… Ils se sont fait virer à cause du Christ bicéphale qu’ils avaient confectionné pour attirer les plus jeunes à la messe.
Je me sens obligé à présent de leur trouver de multiples jobs temporaires : scientifique fou, philosophe déconstructeur, médecin pressé, musicien ambitieux… Ils expérimentent tout avec une fraîcheur née de l’absence de tout contrôle. Même si je dessine un tribunal punitif, il y a toutes les chances que ce soient eux qui y siègent. Une utopie merveilleuse ?


On utilise le contrepied d’une illusion pour la déclarer comme telle.
Mais le contrepied nous emmène souvent trop loin, au-delà de la vérité, devenant un jumeau d’illusion.
Nous oscillons autour de la vérité pour l’identifier.