Cycle de la Culture, de Iain M. Banks

Posted mai 21st, 2011 by admin

La Culture est une incroyable société multiforme et décentralisée, étendue sur la galaxie entière, associant dans une parfaite tolérance machines, humains et extra-terrestres. Banks lui a consacré 6 romans indépendants les uns des autres et un recueil de nouvelles. Les ambiances sont variées : Jeux, guerre, hard science, intelligence artificielle, fantasy médiévale pour « Inversions ». « Une forme de guerre » est le meilleur et « Le sens du vent » le moins bon.
L’homme des Jeux

Dans l’empire d’Azad, le pouvoir se conquiert à travers un jeu multiforme. Jeu de stratégie, jeu de rôle, jeu de hasard, le prix en est le trône de l’Empereur. Gurgeh est le champion de la Culture, une vaste société galactique, pacifique, multiforme, anarchiste, tolérante, éthique et cynique où le jeu est considéré comme un art majeur. S’il gagne, la paix sera sauvée entre la Culture et Azad. S’il perd…

L’usage des armes
La fin et des moyens – en matière politique – ont toujours entretenu des rapports difficiles. La Culture, société galactique d’un futur lointain, a résolu le dilemme en séparant totalement les deux termes de l’équation ! Dans L’Usage des armes, la main droite ignore ce que fait la main gauche, à l’exception de la Présidente Sma, chargée d’assumer sans faiblesse les basses oeuvres, assurées – morale oblige -, par un service spécialisé. Lorsque des impératifs vitaux nécessitent le recours au mensonge, à la trahison ou parfois à la violence la plus extrême, la Culture confie ses intérêts aux mercenaires de « Circonstances spéciales », recrutés à cet effet.
Cheradenine Zakalwe est l’un des agents les plus efficaces de la Culture, cette immense société galactique, pacifiste et redoutable, anarchiste, tolérante, éthique et cynique. Partout où la Culture entend faire régner sa bienveillance, c’est-à-dire son ordre, Zakalwe se montre un chien de guerre irremplaçable. Mais est-il seulement celui qu’il croit être ?

Une forme de guerre
Horza est un Métamorphe, un des derniers survivants de cette variété de l’espèce humaine qui peut modifier sa forme à sa guise. Et il est engagé dans une croisade personnelle contre la Culture. Son combat, comme celui de Balveda, l’envoyée de la section Circonstances Spéciales de la Culture, n’est qu’une escarmouche insignifiante sur la toile de fond de la guerre qui oppose la Culture et les Idirans. Une guerre qui embrase la Galaxie. Une guerre inexpiable comme toute guerre de Religion. Une guerre où aucun compromis n’est possible, qui se soldera par la victoire d’un seul camp. Celui des Idirans, qui veulent soumettre à leur divinité tous les peuples de la Galaxie. Ou bien celui de la Culture, qui est parfaitement tolérante et qui, à ce titre, ne peut accepter aucune intolérance.

Excession
Au plus profond de l’espace interstellaire, loin des volumes ordinairement fréquentés par la Culture, vient de surgir une Excession, objet extraordinaire qui semble défier toutes les lois connues de la physique, déborder la raison, et provenir d’un univers supérieur, transcendant. La Culture, cette société galactique, décentralisée, hédoniste, altruiste, cynique, anarchiste, prodigieusement riche et efficace – composée d’humains et autres intelligences biologiques, mais aussi et peut-être surtout d’Intelligences Artificielles – ne peut ignorer ce défi. D’autant qu’une espèce cruelle et belliqueuse, les Affronteurs, tente de profiter de la situation.

Inversions
Un monde engagé dans le difficile passage de la féodalité à la Renaissance, de la théocratie à la science. Un monde ravagé par des guerres et par des ambitions. Mais qui n’est pas notre Terre. Cette planète connaît une autre histoire. Tout aussi barbare. Et sur ce monde étranger, éloigné dans le temps et dans l’espace, qui ne sait rien d’autres civilisations essaimées dans l’espace, deux étrangers se croisent, s’effleurent à peine. Un médecin, Vossll, qui est aussi une femme, et un guerrier, Dewar. Ils n’ont apparemment rien en commun, sauf de surprenants savoirs. Au jeu de la compassion et de la cruauté, ils vont échanger leurs rôles. Avant peut-être de retourner vers leur véritable univers.

Le sens du vent
La Culture, cette société galactique tolérante, cynique et par-dessus tout hédoniste attache évidemment une grande importance à l’art. Et c’est pourquoi le compositeur chelgrien (non humain) Ziller, de réputation galactique, a été prié par l’I.A. du monde artificiel orbital Masaq’ de créer une symphonie lorsque la lumière d’une ancienne nova, résultat de la destruction d’une étoile dans une guerre, huit siècles plus tôt, atteindrait enfin ce monde. Ziller, le Chelgrien, a abandonné sa planète d’origine et son peuple dont la violence lui répugne. Cette même violence a provoqué une guerre entre la Culture et les Chelgriens. La Culture l’a emporté mais un noyau de fanatiques Chelgriens envisagent toujours d’en découdre.
Et lorsque Ziller apprend qu’un Chelgrien est envoyé sur Masaq pour le rencontrer et en principe pour lui demander de revenir sur son monde d’origine, il flaire un piège et refuse de recevoir l’ambassadeur, malgré les pressions des services de la Culture.

L’essence de l’Art
Chacune des huit nouvelles constitutives du présent recueil se trouve illustrée par une planche inédite signée Olivier Jubo. Une longue préface introduit l’ensemble des textes et le Cycle de la Culture en général, tandis qu une bibliographie exhaustive achève de compléter un ouvrage attendu par tous les lecteurs francophones de la « Culture » depuis près de vingt ans

2 Responses to “Cycle de la Culture, de Iain M. Banks”

  1. Yoda

    Et, ce qui ne gâche rien, c’est que le cycle de la Culture peut ouvrir aussi vers des réflexions plus philosophico-politiques : http://www.actusf.com/spip/Quelques-notes-techno-politiques.html

  2. admin

    Malgré l’originalité de la société humaine décrite dans le Cycle de la Culture, Ian M. Banks ne fait pas avancer le problème difficile de l’intelligence artificielle. Ses « mentaux » semblent un compromis réussi entre des capacités d’analyse avancées et des personnalités à couleur humaine, mais il s’agit peut-être de caractéristiques contradictoires : nous ne réalisons pas à quel point il est complexe de réaliser un être hyper-évolué tant en intelligence qu’en conscience et qu’il ait encore quelque chose à voir avec l’homme, ou simplement qu’il fonctionne.

    L’Homme ne connaît pas grand-chose de son propre fonctionnement, et il est probable que cette ignorance lui permet d’agir comme il le fait, sans se poser de questions pour l’essentiel de ses actes. Il possède en effet une « assurance » de la valeur de tels actes, une certitude suffisamment correcte de leurs effets. Ceci intègre donc la dissimulation des effets indésirables potentiels, possible seulement au prix d’un rétrécissement de conscience.
    L’Homme se cache également la source de ses intentions. Les instincts, racines incontournables de nos désirs sous les sublimations magnifiques que nous avons imaginées au fil de la civilisation, restent un moteur stupide, piteux, fragile quand on en a pris conscience. Est-ce cette propulsion que nous voudrions implanter dans nos intelligences supérieures ? Quelle assurance aurions-nous que les IA ne referaient pas toutes les bêtises de l’homme ? Comment pourrions-nous savoir si les Mentaux seront « bienveillants », puisque la moralité s’est construite sur une longue histoire de souffrance de l’humanité, et que chaque nouvel individu incruste cette histoire dans son esprit et sa chair par le ressenti des douleurs, frustrations, déceptions, un contraste nécessaire à éprouver joies et plaisirs intenses ? Comment imprimer cette humanité dans les machines ? Dotées d’une hyperconscience, ne verront-elles pas une terrible inanité dans ce théâtre humain agité par le besoin bassement biologique de se multiplier ?

    Si nous examinons les penseurs qui ont atteint les plus hautes marches de conscience parmi les « biologiques », leurs destins ne sont pas, en moyenne, enthousiasmants : ne parlons même pas des difficultés qu’ils ont rencontrées du fait de leur différence ; beaucoup d’eux ont fini aliénés, suicidés, ermites, nihilistes, déconstructeurs aigris, infréquentables, désabusés… Les plus stables ont été les obsessionnels… pas de grands sentimentaux… peut-être les plus proches des Mentaux, mais déjà moins humains. Les quelques personnages fort gais l’étaient souvent de façon outrancière, comme s’ils cherchaient à s’étourdir des joies de l’existence pour ne pas penser à son vide de signification profonde, qu’ils avaient côtoyé de trop près.

    Il reste, de ce fait, avant de concevoir des intelligences supérieures à l’homme, à déterminer des intentions qui résistent à une prise de conscience proportionnelle à cette intelligence : une invention que ceux ayant approché le problème n’ont pas encore su trouver, et peut-être au-delà de notre imagination, si celle-ci reste entièrement le produit de nos actuelles intentions, mieux comprises au fil des siècles, mais strictement inchangées sur le fond.

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