Symbiotisme

L’une des raisons pour laquelle le langage humain semble si supérieur à celui des autres espèces est que nous ne comparons que des langages parlés. L’homme a effectivement spécialisé magistralement son audition et son tractus vocal pour une communication complexe et polyvalente, capable de transmettre jusqu’aux abstractions. Le langage relègue du coup dans l’inconscience des moyens plus frustres et ataviques que sont les mimiques faciales, les phéromones, la gestuelle.

Leur influence est grande, pourtant. N’est-il pas paradoxal de voir des orateurs réapprendre des gestes stéréotypés, peu naturels, parce qu’ils ne savent où chercher la connaissance instinctive qu’ils en ont, ou qu’ils veulent outrepasser leur langage non verbal spontané, créant une discordance flagrante ? Ainsi ne vous est-il pas arrivé de ne voir que les gestes d’un présentateur, sans faire attention à son discours, parce qu’ils étaient trop affectés, trop joués ?

Nous pouvons raisonnablement supposer que les espèces n’ayant pas tout misé sur le langage oral, elles, se servent remarquablement des autres modes de communication. Le chien parvient, grâce à son odorat, à comprendre mieux que nous les messages de notre corps malade — il est capable de prévenir un diabétique des variations de sa glycémie —. Nous découvrons, chez tellement d’espèces, des langages ignorés, qu’il faut plutôt se mettre à les chercher si on ne leur en connaît pas.

En utilisant les sens particuliers des animaux et leur langage associé, nous serons peut-être un jour en sécurité, mieux qu’à l’intérieur d’un scanner, simplement en étant entouré d’animaux familiers.