Sep 122012
 

Y’a pas moyen d’être tranquille ?

La catégorie « psychosomatique » des maladies est un terme galvaudé et imprécis qui traduit notre méconnaissance du no man’s land s’étendant entre la physiologie des organes et la conscience. Partant d’une caractérisation aussi floue, les traitements du psychosomatique sont intuitifs, suspects, inféodés à des croyances, objets de désaccord entre traitant et traité. Par ricochet, la médecine esquive soigneusement les rapprochements entre états de conscience et états corporels pathologiques, alors que nous sommes des êtres entièrement connectés, interprétatifs. La psychiatrie elle-même tente de s’affranchir de l’étude de la conscience et de ses processus sous-jacents, se contentant de recueillir auprès d’elle les symptômes, puis ensuite redescendre abruptement au niveau de la chimie cérébrale pour appliquer ses traitements. S’agit-il vraiment d’une codification, ou d’un aveuglement scientifique intentionnel ?

Tentons une classification des maladies selon le « niveau d’éveil » neurologique qu’elles comportent :
Tout en bas nous avons les troubles des effecteurs corporels, organisés en grands appareils, sensori-moteur, circulatoire, épurateur, etc… La conscience qu’en a le malade est réduite à des sensations aussi puissantes que frustres : douleurs, palpitations, parfois simple impression d’être malade… Tout ceci est traduit par l’examen médical, c’est-à-dire par d’autres consciences, avec le risque d’erreur que l’on connaît. Cependant sans l’intervention d’un professionnel il est courant qu’un malade traitant ses propres informations à l’aide d’un livre ou du web arrive à une conclusion totalement fantaisiste, ce qui montre la distance entre la conscience et les impressions qu’elle reçoit en direct.

Un étage au-dessus, toujours largement enterrés dans les processus sous-conscients, sont situés les troubles de l’intégration des automatismes corporels. La spécialité la mieux connue est la posturologie. Sans surprise, cette discipline, flirtant déjà avec le psychosomatique, prend bien soin de ne s’intéresser nullement à la personnalité de ses sujets, au risque de voir déteindre sur elle l’anti-scientifisme accroché au ténébreux inconscient. L’on y prend donc en charge les automatismes de patients décervelés, corrigeant les entrées sensorielles plantaires, visuelles, temporo-mandibulaires. L’on s’y occupe de posture globale, abandonnant le bon sens populaire qui prétend que la façon de se tenir reflète le caractère. Continue reading »