Mai 132010
 

Le rapport médecin-malade tremble sur ses bases.
On est passé d’une relation expert-candide, où le second affichait clairement son ignorance, à une relation de groupe, physiquement réduit à 2, souvent avec un 3ème larron s’il y a source à polémique…

Mais derrière se profile un groupe bien plus important, parents, amis, et foule grandissante de sites et doctinautes amateurs…
sans parler des contraintes occultes des organismes sociaux.

Le candide, fort de cet appui, est-il moins ignorant? Sans doute.
Mais l’introduction du groupe a quelques revers:
-Certains ont pris beaucoup d’avance sur l’abandon de la conscience de leur ignorance…
-L’empathie, qui fait du médecin et du patient des membres du groupe pas comme les autres, en est réduite.
-Les solutions du groupe sont-elles fiables quand il s’agit de sauver un de ses membres, principal décisionnaire?
Probablement le seraient-elles si le patient ne donnait que des informations, sans participer à la discussion.
Mais lequel d’entre nous est prêt à utiliser la sagesse du groupe de cette façon?
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Avr 242008
 

Epouvantail effrayant pour l’Ordre des Médecins: la consultation par internet.
Des réticences justifiées: Sans examen clinique, sans contact étroit avec le patient, bien des erreurs sont possibles (n’existeraient-elles pas dans un cabinet médical?).
Rhumatologie en Pratique n’en fait pas la promotion.
Des réticences moins avouables: Conservation d’un monopole… souci essentiellement des incompétents.

Pourtant la consultation virtuelle n’a aucune chance de sortir de la marginalité.
La majorité des demandeurs souhaite un avis spécialisé.
Le spécialiste gagne 30 € pour 15 à 30 mn de consultation en moyenne, en réalité davantage avec les actes techniques engendrés.
Les médecins ne cherchant guère de travail supplémentaire (sauf les moins compétents),
Seule une rémunération au moins équivalente les motiverait pour internet.
Répondre à un mail détaillé demande du temps, presqu’autant qu’une consultation.

Combien accepteront de payer 30€ au minimum pour un avis ponctuel, non remboursé?
Le monopole a encore de beaux jours devant lui, grâce à Madame Sécu.

Fév 052008
 

Journées des sages-femmes: Les professionnelles constatent une explosion des questions et inquiétudes de femmes enceintes, glanées sur sites et forums internet: Informations fausses ou incomplètes, parfois tronquées dans un but commercial…

Solution retenue: La création d’un site aux informations scientifiquement validées, référence pour les futures mères.

Elle remet en exergue le peu de solutions médicales en ce domaine.
Les hôpitaux mettent en ligne une information scientifique sérieuse mais peu utile aux profanes parce que trop générale.
Les sites financés par l’industrie font du merchandising autour de la santé: entame la confiance, primordiale en cette matière.
L’Ordre des médecins est hostile aux médecins webmasters: Il traque l’auto-publicité, c’est sa mission. Il protège aussi le monopole…
Et surtout la Sécu, qui aurait du s’engouffrer dans le créneau depuis longtemps, pour rationaliser les conduites des assurés, reste incompréhensiblement inexistante sur le net. Continue reading »

Déc 042007
 

ReP se veut un site scientifique sans oeillères: Pour nos conseils et informations, nous utilisons le niveau de preuve: de quasi-certain (rien ne l’est  tout à fait) à très improbable. Principe de l’EBM (Evidence-Based Medecine).
L’EBM n’est possible que s’il existe une littérature abondante sur le sujet.
Faut-il jeter tout le reste aux orties?
Non. Mais nous sommes dans les friches de la médecine,
où voyagent des pèlerins fervents mais dans l’erreur, et d’authentiques aigrefins. Continue reading »

Oct 222007
 

L’essentiel:
-Où se renseigner sans se faire manipuler?
-L’information déformée n’est pas inutile: Elle est dangereuse.
-Que valent les labels qualité?
-Servez-vous de l’info pour diminuer vos doutes, pas pour une certitude.
-Un service indépendant coûte cher.
-Voulez-vous, en matière de santé, que la pub finance vos renseignements?

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Mai 232006
 

Un exemple arrivé à l’une de mes patientes: sa radio cervicale indiquait une « rupture du mur vertébral postérieur ». Tapant ces termes sur Google, la malheureuse s’est retrouvée sur des sites de chirurgie orthopédique où on lui indique l’intérêt de remplir sa vertèbre de ciment! En fait sa vertèbre n’était aucunement fracturée. Le radiologue voulait dire « rupture de l’alignement des murs postérieurs vertébraux », qui témoigne d’une usure du disque ou d’une petite entorse cervicale. 48 heures de sueurs froides avant que je lui explique la différence…


Vous mangez trop de fibres