Jan 042012
 

L’évolution bataille avec nos choix sociaux, parfois d’une façon très sournoise.
Prenons par exemple la sensibilité au stress. Il est probable qu’elle soit un avantage évolutif, et même que l’excès de susceptibilité au stress, rencontré dans le sexe féminin, soit un progrès évolutif.

La différentiation sexuelle fut le starter de la biodiversité. La recombinaison des patrimoines génétiques devint facile et féconde, avec ses ratés, mais aussi ses nouveautés compétitives, sélectionnées par la concurrence dans le milieu.
La différentiation s’est accompagnée d’une spécialisation des sexes. Dans l’espèce humaine, la femme, admirablement conçue pour la fabrication et l’élevage de la progéniture, est moins performante pour guerroyer, courir et chasser la nourriture. Quand un groupe de primates est en situation de danger, les mâles s’interposent, tandis que femelles et petits dégagent le terrain. Les plus sensibles au stress sont ici les plus adaptées. La femelle qui se moquerait du danger ou chercherait à l’affronter directement aurait peu de chances d’y survivre bien longtemps. Sa disparition est plus grave pour le clan que celle d’un mâle, fertilisateur de nombreuses femelles, tandis que celles-ci ne portent qu’un enfant à la fois.
Une femelle particulièrement sensible au stress tient les aptitudes protectrices des mâles en éveil. Elle est un avantage pour le groupe.

La société moderne ayant défini d’autres critères, avec une dédifférentiation des sexes et une égalisation des tâches, la sensibilité exacerbée au stress est devenue un désavantage social. Notons que les femmes ont récupéré beaucoup de contraintes masculines sans s’être débarrassées des leurs. Elles se trouvent dans une situation ambivalente, où la sensibilité et la richesse des émotions restent un avantage pour la progéniture, dont il faut toujours se préoccuper, mais sont aussi un handicap dans une société productiviste, peut-être tout autant génératrice de stress que l’étaient nos anciens prédateurs. La réussite sociale ne peut plus se faire qu’au détriment de l’attention portée à la progéniture, au lieu de passer par elle.

Est-il surprenant dans ces conditions que soient apparues des maladies spécifiques de l’excès de stress féminin ?
Mais plus encore, n’est-il pas dommageable que la société ait transformé en maladie une caractéristique qui ne l’a jamais été, qui fut au contraire une qualité, sans doute encore programmée, d’une façon ou d’une autre, dans notre génome et notre comportement ?

sur une idée de Guy Southwell

Août 062010
 

Comment expliquer que des patients présentent des examens avec des lésions dégénératives beaucoup plus sévères que d’autres sans s’être plaint davantage au fil des années ?
La 1ère réponse qui vient à l’esprit est qu’ils ont une hérédité différente. Oui, mais pourquoi n’ont-ils pas ressenti cette différence génétique avec les conséquences très visibles en termes de détérioration qu’elle implique ? Continue reading »

Juin 142008
 

Malgré le déploiement de moyens considérables pour comprendre cette maladie douloureuse chronique,
la position de la médecine reste ambivalente:
troubles « fonctionnels » -liés au mode de vie et à la personnalité du patient-
ou « organiques » -anomalies physiques indépendantes de la personne- ?
L’article du site date de 6 ans…
et rien n’est venu l’infirmer.
C’est d’ailleurs la page vedette en nombre de visites,
et qui a recueilli le plus de messages de satisfaction. Continue reading »

Avr 262007
 

L’essentiel:
• La reconnaissance évite les agressions médicales
• Elle fait croire qu’on a une maladie incurable
• Elle peut faire rater d’autres diagnostics
• La fibromyalgie est un syndrome, pas une maladie.
• La fibromyalgique n’est pas une handicapée. Même après 10 ans de douleurs, elle est toujours en train de galoper plus vite que les autres! Continue reading »