Oct 092014
 

Un point sur cette relation climat / ressenti de l’arthrose, motivé par la publication dans Cerveau & Psycho d’un article taxant cette relation de biais cognitif illusoire. L’allusion aux rhumatismes se niche au milieu d’une charge globalement juste de Richard Wiseman contre la croyance dans le paranormal.

Le besoin d’une explication à tout prix, même en l’absence d’informations suffisantes, crée effectivement un biais cognitif. Malheureusement ceux qui sont au courant souffrent fréquemment du même travers. Ils l’appliquent, de façon tout aussi identitaire qu’un religieux (ici la religion est la science), à tout ce qui n’est pas démontré (mais pas non plus infirmé).

Un exemple éloquent est le dogme de l’ADN inaltérable : il a longtemps enterré dans le mysticisme les théories soutenant un effet sur le génome du vécu de l’individu, ce qu’adoube à présent l’épigénétique.

La relation entre rhumatisme et météo est traitée de la même façon par l’auteur. Certes les études sur notre sujet sont hétérogènes, cependant la seule citée (Redeilmer-Tversky) est l’une des moins contributives : elle n’a concerné que 18 personnes…

Une autre de protocole identique, plus vaste (McAlindon-Formica-Schmid-Fletcher), a montré une corrélation nette avec la pression atmosphérique et la température, pas l’humidité.

Il existe un support physiologique simple pour comprendre l’effet ressenti par les rhumatisants : l’air n’est pas du vide, il appuie avec une certaine force sur les tissus, réduisant leur congestion quand ils sont inflammatoires. Vous utilisez cet effet quand, juste après vous être cogné le tibia contre une chaise, vous comprimez la zone blessée pour réduire la douleur. Vous réduisez l’extravasation vasculaire.

tourbillon-orageuxBien entendu les variations du climat ne créent pas ces douleurs mais les exacerbent, surtout chez les inactifs. L’effet pression atmosphérique explique particulièrement bien les prédictions des changements du temps chez les arthrosiques (la pression diminue un ou deux jours avant l’arrivée des nuages). S’il s’agissait d’un effet purement psychologique (la déprime du ciel gris) on ne comprendrait pas très bien cette anticipation. Les arthrosiques signalent d’ailleurs la même exacerbation lorsque la pression baisse pour d’autres raisons, par exemple dans un avion en vol. Voilà pourtant un contexte qui n’est pas déprimant !

Enfin l’expérience du médecin lui indique que ce sont les arthrosiques qui se plaignent du temps, pas tellement les arthritiques. Les polyarthrites étant des maladies plus dangereuses, elles sont soignées par des thérapeutiques anti-inflammatoires et immuno-suppressives beaucoup plus agressives… et mises généralement en rémission. Tandis que le médecin est plus contemplatif devant l’arthrose, effet du vieillissement et non dérèglement corporel, méritant juste des quasi-placebos. C’est donc l’arthrosique discrètement congestif qui fait le meilleur baromètre.

Ainsi l’effet du climat est certainement réel, mais reste modeste. D’autres facteurs le gomment facilement, par exemple l’activité physique, qui inonde le système nerveux d’informations alternatives à la douleur. Est-ce la raison pour laquelle une autre étude sur les effets du climat, réalisée cette fois chez des seniors embarqués dans un programme de reconditionnement aux exercices physiques (Wilder-Hall-Barrett), n’a rien trouvé ?

Jan 212011
 

Notion très importante à l’heure où l’amalgame entre douleur et peur est responsable de la majeure partie des comportements erronés face à la maladie : La douleur n’est pas considérée comme un signal utile mais comme un méchant avatar du Diable qu’il faut absolument éliminer, par tous les moyens. Or certains de ces moyens sont plus nocifs que bénéfiques, et l’abrogation de la douleur « guide » entraîne souvent la pérennisation des troubles, autant d’ailleurs que le fait de la respecter trop strictement.
Beaucoup d’entre nous n’imaginent pas être capables de se débarrasser de la frayeur qui accompagne presque systématiquement l’approche de la douleur et son souvenir.
Pourtant, les tests fonctionnels sur le cerveau montrent que les sensations douloureuses activent peu l’amygdale, le « noyau de la peur ». Les voies de la douleur centrale sont complexes et dispersées, tout en se concentrant sur des centres spécifiques, comme le font toutes les informations sensorielles. Il n’y a pas de liaison intime, directe, avec les émotions, et la peur en particulier, que nous serions incapables de contourner pour des raisons biologiques. Nous avons la maîtrise de la façon dont nous considérons la douleur, au même titre que nous prêtons attention ou non au chaud et froid, au toucher, sensible ou non, aux sons, harmonieux ou désagréables. Notre hantise de la douleur est culturelle et acquise : Nous apprenons à la craindre. Continuons donc nos leçons pour mieux la cerner
…et ne plus en être les esclaves.

Août 062010
 

Comment expliquer que des patients présentent des examens avec des lésions dégénératives beaucoup plus sévères que d’autres sans s’être plaint davantage au fil des années ?
La 1ère réponse qui vient à l’esprit est qu’ils ont une hérédité différente. Oui, mais pourquoi n’ont-ils pas ressenti cette différence génétique avec les conséquences très visibles en termes de détérioration qu’elle implique ? Continue reading »

Mar 192005
 

Piège: vous pensiez trouver un article plongeant dans les mécanismes chimiques du corps humain? Que nenni! Je traite un sujet tordu et passionnant: Pourquoi telle personne avec des problèmes de santé a-t-elle une vie gâchée, tandis que telle autre, handicapée par les mêmes lésions, vit quasiment normalement? Continue reading »