L’assassinat de l’Observateur : une vision originale de l’alcoolisme

L’Observateur est un personnage tardif de la polyconscience, et très encombrant. Autant il est bénéfique et améliore l’assurance quand tout va bien, autant il est extrêmement irritant quand l’entreprise unipersonnelle est en faillite. Malheureusement il est impossible de s’en débarrasser. Tout au plus peut-on l’éteindre provisoirement. L’alcool, et de nombreuses drogues, en viennent à bout facilement. Cela permet de se replonger dans une bienheureuse conscience limitée où l’on se contente d’éprouver et non plus de s’observer. Tous les interdits redeviennent admissibles. Concurrents, les anxiolytiques atténuent les effets de l’Observateur mais ne sont pas assez puissants pour l’occulter, et surtout anesthésient l’ensemble de la société intérieure. Ce calme plat, dépourvu de contraste, n’est pas très gratifiant. Les réajustements de polyconscience par l’alcool, éjectant l’Espion que devient un Observateur un peu trop critique, sont bien plus efficaces pour replonger dans la piscine du bonheur, dont la margelle est un rebord de bar qui en fait le tour complet.

Cette construction tardive de l’Observateur explique l’apparition retardée d’un grand nombre de troubles de la personnalité. N’est-il pas étonnant en effet de voir une dépression, un état algique ou anxieux permanent, survenir dix ou vingt ans après le traumatisme psychique que l’on pense responsable ? Continuer la lecture de L’assassinat de l’Observateur : une vision originale de l’alcoolisme