Phobie double

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Un enfant devant l’écran-vampire

Plus l’outil est complexe, plus il s’imprime dans le cerveau, le modelant à ses besoins. Devant la sophistication d’un outil comme l’ordinateur, nous pouvons être effrayés : Ne bouleverse-t-il pas profondément l’organisation même de nos schémas de pensée ? Certainement à un point qui nous ferait jeter l’engin avec terreur si ses programmateurs n’étaient pas, eux aussi, des humains — peu fréquentables quand même : des gens qui pensent avec leurs bits… —.
Sans doute ses effets sont-ils plus modestes sur un adulte que sur un enfant. Nous mettons, à l’âge mûr, plus longtemps pour apprendre à s’en servir. Mais nos enfants ? Avons-nous fait entrer Skynet et ses Terminators dans la bergerie des esprits nubiles ?
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Rachialgies et anticipation

Les douleurs vertébrales et dérivées sont la caricature de la maladie d’anticipation. Il s’agit de névralgies fulgurantes, extrêmement pénibles et imprévisibles, pour deux raisons :
—Elles sont déclenchées dans des mouvements de faible amplitude et combinant différents axes, si bien que la personne a des difficultés considérables à repérer les contextes déclenchants précis et à s’en prémunir.
—La plupart du temps elles sont ressenties à distance de la réelle source du problème (douleur projetée), car elles sont localisées par la personne à la terminaison du nerf et non à l’endroit où il se fait irriter. Le rôle normal du nerf est de transmettre l’information d’une lésion de la zone qu’il prend en charge ; s’il est lui-même irrité, il raconte la même chose, trompant son propriétaire. Même avertis, la plupart des gens continuent de se fourvoyer, car habitués à faire une confiance aveugle aux signaux de leur organisme. En voulant protéger l’endroit qui fait mal, par des compensations sur les articulations voisines, ils aggravent le problème au rachis.

Le rachialgique se trouve ainsi engagé malgré lui dans un film d’anticipation version gore, où un tortionnaire hideux et sadique, la douleur, le guette dans un labyrinthe de mouvements, sans aucune idée de l’endroit d’où il surgira. Doit-on être étonné que la conduite de cette personne devienne rapidement précautionneuse et inefficace ? Toute coordination est perdue. Le moindre départ de geste est une aventure dangereuse. Les antalgiques ne font que gommer légèrement la douleur, inopérants au plan mécanique.
Ce n’est plus un trouble en rapport avec des lésions vertébrales, mais une maladie d’anticipation.
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Winckler VS Borée : Enfin le début du conflit médical ?

Tandis que le milieu social général progresse régulièrement à coups de conflits résolus, les professions les plus indépendantes sont malades de leur unité apparente.
La médecine en fait partie. Une institution, l’Ordre, a été mise en place pour éviter soigneusement tout conflit : une papauté de la médecine tout aussi conservatrice que la religieuse… La désynchronisation des évolutions sociales et des mentalités médicales est devenue évidente quand les premières ont terriblement accéléré. Continue reading

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Expert unique VS collectif

L’essentiel : Tentons d’y voir clair dans le match sagesse collective versus avis d’experts. Lire « La sagesse des foules », de James Surowiecki, est un bon départ pour les novices.
La première partie de l’article se penche sur la réalité de la sagesse des foules. La seconde réunit diverses réflexions sur l’expertise. Enfin la dernière traite de l’application à la médecine.
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Pour mieux vieillir, une stratégie gagnante

5/10
Parmi les nombreux livres pour accompagner le vieillissement, celui-ci est un catalogue complet et consensuel, de lecture facile pour le grand public. Se gardant à tout moment d’être trop personnel, il ne servira pas à la personne vieillissante à se construire une philosophie de fin de vie. Il cible plutôt les familles soucieuses de leurs aînés.
La section ostéo-articulaire est un peu simplette. Beaucoup plus intéressants sont les sujets psychologiques : dépendance, dépression, sexualité… Le plan « Bien vieillir » 2009 y est détaillé. On y repère une des meilleures mesures pratiques : l’habitat inter-générationnel, par exemple un vieux qui préfère rester à son domicile et loue bon marché une chambre à un étudiant.
Se procurer ce livre

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Assez d’impostures !

Le Protelos est un cas d’école pour faire apparaître les incohérences qui touchent une grande partie des procédures médicales.

Les « recommandations » reposent sur des raisons essentiellement psychologiques, et fort peu scientifiques. Il est ainsi « acceptable » globalement que des décès surviennent en relation avec un traitement quand davantage de vies sont sauvées, alors que si l’on descend à l’échelon individuel certains des décédés auraient fait partie des survivants. La sensibilité populaire accepte facilement des morts « cachés » parce que la statistique n’est pas capable de les nommer, alors qu’elle supporte mal les injustices évidentes comme les patientes décédées d’un DRESS en étant traitées pour un risque tardivement et non inéluctablement mortel. Ces morts-là sont faciles à identifier.

Quand aux effets bénéfiques versus indésirables non mortels, c’est la bouteille à l’encre. S’il est assez facile de se focaliser sur des nombres de décès en raison du caractère sacré de la vie, comment chiffrer le poids de tel avantage ou de tel inconvénient ? Que vaut une éruption cutanée, plus cher ou moins cher qu’une douleur soulagée ? L’importance est-elle la même pour tous ? Un urticaire ou une diarrhée est facile à noter, mais qu’en est-il de toutes les perturbations moins apparentes ? Comment évaluer précisément les conséquences d’une abstention thérapeutique ? Comment chiffrer l’effet du confort sur le bonheur et l’autonomie future ? La médecine scientifique manipule son boulier avec un bandeau sur les yeux. L’intuition du médecin de famille expérimenté lui donne souvent des indications plus précises.

En fait les recommandations peuvent changer radicalement selon qu’elles s’adressent à l’esprit de ruche ou à l’individualiste. Continue reading

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Un mètre pour l’espèce

Quand on analyse la compétition terrifiante que représente la fécondation d’un ovule, le spermatozoïde élu parmi des milliards devrait faire de chacun d’entre nous un spécimen d’élite de l’espèce humaine, affiné au fil des générations et d’une vigueur indestructible. Or, à peine quelques décennies font déjà de nous des êtres à la performance décroissante, tout juste capables de soulever le stylo pour tenter d’en trouver la raison.

En réalité le spermatozoïde élu n’est pas forcément le meilleur. Il arrive quasiment sur la même ligne que tous ses concurrents, et il suffit qu’il ait été projeté par la lance d’arrosage masculine à l’endroit le plus favorable, sur le plus court chemin en ligne droite vers l’ovule, pour qu’il puisse franchir en vainqueur la membrane d’arrivée et tirer la langue aux collègues désespérés.

La conclusion semble évidente : Notre évolution est ralentie par la brièveté des voies génitales féminines.

Imaginez que nos milliards de spermato-coureurs doivent franchir 100 mètres en un temps record : Nul doute que la file des prétendants s’étirerait, et que l’on verrait au final le plus endurant terminer bien avant les autres, le flagelle pendant.
Il faut admettre que cent mètres de vagin serait un peu gênant à déplacer pour ces dames. L’évolution aurait pu transiger à 1 mètre. Déjà, cela aurait mis fin à la stérile compétition masculine de savoir qui a le plus gros engin : Peu importe lequel a plus de centimètres, tous seraient perdus dans l’immense caverne génitale. Les publicitaires d’allongements péniens auraient bien des difficultés à nous vanter des appendices longs d’un mètre, car toute érection imprévue nous rendraient d’une indécence inoubliable, et fuir la queue entre les jambes exposerait à son massacre rapide et à une chute fatale, éliminant cette sous-espèce prétentieuse du paysage masculin.

Notons également que les violeurs se couvriraient de ridicule, la victime restant peu attentive à cet asticot égaré dans son exploration spéléologique, et ne s’intéressant à l’affaire qu’en rapprochant activement ses parois cavernicoles.

Mais attendez… un mètre, cela place les ovules sur le même palier que les amygdales. Il se trouvera des fainéants pour se consacrer exclusivement au plaisir buccal. Ah ! Cher Pape, n’est-ce pas de chercher incessamment à contourner les lois naturelles qui nous fait tomber dans la médiocrité ?

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Protelos : Faut-il continuer à se poudrer les os ?

Séparons d’emblée Protelos et ranelate de strontium, le principe actif. Protelos pâtit des vilenies de Servier. Coup de projecteur. Mais lobbying et petits arrangements ne sont-ils pas profondément incrustés dans toute l’industrie ? Peut-on simplement boycotter un médicament et moraliser quelques procédures ? N’est-ce pas une rustine du type appliqué au gouffre de la sécu, qui donne bonne conscience et évite de s’attaquer aux ressorts fondamentaux du système de santé ?
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Complication d’un siège

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Prostator

par un Eric Schmidt décidément très en forme

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Terrible témoignage

ReP laisse parler les victimes oubliées

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Médecine ? Au moins 4.0… et toujours pas de liberté

On fixe habituellement le niveau fondamental de fonctionnement de l’esprit à la rationalité. Il en est un plus basique : l’interaction.
La rationalité (1.0) est déjà un langage de programmation de l’interaction de l’esprit avec son environnement. Elle donne des versions plus affinées par la suite : logique (2.0), science (3.0)…
Il existe d’autres langages possibles : Les alternatives à la rationalité sont mal évaluées car regroupées sous le terme piteux d’ « aliénations ». Remarquons qu’il est impossible de tester objectivement leurs bénéfices et inconvénients puisque les essais seraient réalisés dans un environnement modelé par la rationalité. Même « réussite » est un critère gravé dans la rationalité. Difficile de juger les aliénés sur la médiocre posture qu’ils atteignent dans la hiérarchie sociale.
Pourtant, si l’on définit la réussite comme « vivre sans travailler », l’aliénation obtient alors un score remarquable, puisque l’on est nourri logé sans lever le petit doigt. Notons également que certains aliénés semblent avoir acquis un pouvoir exceptionnel, jusqu’à détruire des nations. En réalité cela ne leur fut possible qu’en respectant une logique stricte, après avoir puisé quelques postulats dans l’aliénation, et sans doute encore ces postulats s’enracinent-ils dans une logique évolutive.
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Séquentialité de l’enseignement et de la recherche

Un mathématicien va considérer que l’adage « toute parole est sympathie ou antipathie » ne le concerne pas s’il est en train d’expliquer les équations d’une transformation de symétrie : Il semble exposer sans émotion les éléments d’un concept abstrait.
Pourtant le résultat est fort différent selon qu’il est, selon la formule traditionnelle, « brillant », c’est-à-dire qu’il évolue à des hauteurs telles que même les plus calés ont du mal à le suivre, ou s’il consent à « s’abêtir », soit revenir à l’état plus candide qui est celui de la plupart de ses auditeurs — sinon il ne serait pas sur l’estrade — et les hisser à la compréhension des parties les plus ardues de son exposé.
La première attitude dit aux auditeurs en difficulté : « C’est trop compliqué pour vous ; soyez obligés de me faire confiance ». La seconde : « C’est à votre portée, même si vous avez été lâchés en route ».

Ainsi il n’est pas si difficile de découvrir sympathie et antipathie dans le discours le plus théorique. Pourquoi alors les conférenciers ne prennent-ils pas tous la peine d’être sympathique ? Certaines raisons semblent évidentes : Même les sujets les plus imaginaires ne sont jamais affranchis d’intentions de pouvoir quand ils sont modulés par le langage et la posture d’un homme. Raison moralement meilleure : Les plus imaginatifs se déconcentrent sur les parties trop basiques d’un discours.
Enfin une raison sans morale et moins évidente : La polyconscience n’ayant pas des ressources neurologiques infinies, les efforts qu’elle produit pour fabriquer la représentation du candide pénalisent l’envolée du Géo Trouvetou.

Enseignement — sympathique — et recherche — élitiste et antipathique — sont probablement plus synergiques quand ils sont séquentiels que lorsqu’ils s’associent en permanence.

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Plainte inhabituelle contre le Médiator

par Eric Schmidt

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Faust est médecin

L’essentiel : est de ne surtout pas lire pour conserver ses illusions.

Affranchir le médecin du Diable ne peut être qu’un affranchissement des considérations de pouvoir que l’industrie diabolique manipule avec beaucoup plus d’expertise que le médecin.
Plutôt que sacrifier à la mode d’énoncer de multiples réglementations, voyons quelles sont les racines de la nécessité de pouvoir particulières au médecin — car elles sont universelles à l’humanité — et les pistes pour éviter d’en faire un talon d’Achille facile à viser.
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Mise au point sur le Celebrex

La discussion motivée par la thèse de L.A. Delarue à propos de la controverse sur le celecoxib est intéressante, mais longue et pas toujours productive. J’ai repris le dossier, dans la mesure du possible, car il faut rester humble en face d’une telle jungle d’études, et constater des malversations ne suffit pas à déterminer la vérité — ce sera le sujet d’un autre article —. Voici les points essentiels que l’on peut retenir sur ce médicament :
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Preuve de niveau A

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Blinder Based Medecine : Genou et locus de contrôle interne

Je crée une nouvelle catégorie de billets : « Blinder Based Medecine (dérapages EBM) », non pas pour remettre en question la médecine fondée sur le doute, mais pour pointer les errements nés du remplacement de « doute » par « preuve », qui l’éloignent parfois de façon inquiétante de son esprit original.
Nous lutterons contre les religions d’inspiration BBM, et en particulier contre le « randomisme », version appliquée à l’EBM du scientisme qui pollue la science.
Les principales critiques faites sur le blog à l’encontre de la pratique actuelle de l’EBM sont résumées dans la première partie de cet article, avec des orientations sur les moyens d’y remédier.

Cette rubrique servira accessoirement à colliger les études remarquablement stupides qui se réclament de l’EBM, mais surtout à discuter les méthodologies employées : En effet le coeur du problème est le moyen utilisé pour transformer « doute » en « preuve », qui bouleverse la décision, passant d’une conduite libérale à l’interventionnisme. Or, catastrophe ! La recherche méthodologique semble moins active en volume que la production alimentaire d’études randomisées en double aveugle dont une énorme partie a une utilité discutable, n’étant pas suffisamment puissantes pour tirer la moindre conclusion pratique.

N’hésitez pas à soumettre vos trouvailles et vos questions.
Voici un premier cas savoureux à se mettre sous la dent.

Le succès des arthroplasties du genou dépend aussi du locus de contrôle interne !
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Blinder Based Medecine : Le point sur les critiques de l’utilisation actuelle de l’EBM

A côté de l’efficace médecine fondée sur le doute (DBM devenue EBM) existe une médecine fondée sur les oeillères, qui fait religion de la première. Cette Blinder Based Medecine (BBM) ne fait pas que douter des faits non démontrés mais les classe activement comme fumisteries. Elle représente la base de l’enseignement fait aux jeunes médecins. Son succès repose sur deux éléments :
— Les étudiants confrontés à un univers vaste et difficile de nouvelles connaissances ont une tendance naturelle à les classer de façon manichéenne en fiables et en affabulations, impulsion confortée par des professeurs qui confondent parfois le doute et la certitude de l’erreur.
— Tandis que certains gagnent le monde libéral pour exercer leur art et en découvrir quelques impostures, isolés avec des patients rarement conformes aux standards de leur formation, d’autres restent à l’hôpital et deviendront à leur tour professeurs. Comme dans toute entreprise dotée d’une hiérarchie, il n’est pas bon de remettre en question les fondamentaux de la science hospitalière. La carrière en souffrira. Les publications seront refusées, gardant le délinquant dans l’ombre. L’évolution spontanée du médecin hospitalier vers la remise en question de ses certitudes en est inhibée ; elle n’a guère de chances de se manifester avant la fin de carrière. Abandonnons le cynisme pour noter que celle-ci produit des transformations et des ouvrages remarquables.
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