Quand on analyse la compétition terrifiante que représente la fécondation d’un ovule, le spermatozoïde élu parmi des milliards devrait faire de chacun d’entre nous un spécimen d’élite de l’espèce humaine, affiné au fil des générations et d’une vigueur indestructible. Or, à peine quelques décennies font déjà de nous des êtres à la performance décroissante, tout juste capables de soulever le stylo pour tenter d’en trouver la raison.
En réalité le spermatozoïde élu n’est pas forcément le meilleur. Il arrive quasiment sur la même ligne que tous ses concurrents, et il suffit qu’il ait été projeté par la lance d’arrosage masculine à l’endroit le plus favorable, sur le plus court chemin en ligne droite vers l’ovule, pour qu’il puisse franchir en vainqueur la membrane d’arrivée et tirer la langue aux collègues désespérés.
La conclusion semble évidente : Notre évolution est ralentie par la brièveté des voies génitales féminines.
Imaginez que nos milliards de spermato-coureurs doivent franchir 100 mètres en un temps record : Nul doute que la file des prétendants s’étirerait, et que l’on verrait au final le plus endurant terminer bien avant les autres, le flagelle pendant.
Il faut admettre que cent mètres de vagin serait un peu gênant à déplacer pour ces dames. L’évolution aurait pu transiger à 1 mètre. Déjà, cela aurait mis fin à la stérile compétition masculine de savoir qui a le plus gros engin : Peu importe lequel a plus de centimètres, tous seraient perdus dans l’immense caverne génitale. Les publicitaires d’allongements péniens auraient bien des difficultés à nous vanter des appendices longs d’un mètre, car toute érection imprévue nous rendraient d’une indécence inoubliable, et fuir la queue entre les jambes exposerait à son massacre rapide et à une chute fatale, éliminant cette sous-espèce prétentieuse du paysage masculin.
Notons également que les violeurs se couvriraient de ridicule, la victime restant peu attentive à cet asticot égaré dans son exploration spéléologique, et ne s’intéressant à l’affaire qu’en rapprochant activement ses parois cavernicoles.
Mais attendez… un mètre, cela place les ovules sur le même palier que les amygdales. Il se trouvera des fainéants pour se consacrer exclusivement au plaisir buccal. Ah ! Cher Pape, n’est-ce pas de chercher incessamment à contourner les lois naturelles qui nous fait tomber dans la médiocrité ?