août 242013
 

En morale on oppose les raisons déontologiques (des tabous impossibles à franchir) aux conséquentialistes (promotion du bénéfice pour le plus grand nombre, tout peut être envisagé si l’on maximise le bien ou minimise le mal). Dans les expériences de pensée, les réponses deviennent hésitantes quand ces raisons s’affrontent, et c’est généralement la culture de la personne interrogée qui tranche. Dans les sociétés utilitaristes (anglo-saxonnes, asiatiques) le choix conséquentialiste l’emporte, tandis que c’est la déontologie qui prime dans les individualistes cultures latines.

Par exemple dans le dilemme du wagon fou, où l’on peut sauver 5 ouvriers travaillant sur le chemin du bolide en le déviant sur une autre voie où travaille 1 ouvrier seulement, les utilitaristes choisiront d’actionner l’aiguillage, les déontologistes non.
Mais s’il s’agissait de sauver dix ouvriers, ou cent, ou mille ? Est-ce que les déontologistes ne finiraient pas tous par se rallier à la raison conséquentialiste ? Continue reading »

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juil 302013
 

La difficulté croissante à trouver le bonheur est directement proportionnelle à l’irruption de la panconscience (2) dans les psociétés individuelles. Nos contemporains se sentent de moins en moins propriétaires de l’évaluation de leur bonheur. C’est un affaiblissement des désirs de l’Ego, étouffés par les contraintes mises en oeuvre pour les réaliser, et par leur sublimation quand c’est impossible. On a beau fantasmer, c’est une ombre du plaisir récolté par la pulsion originelle directement satisfaite. On se persuade que l’épaisseur de cette ombre la rend palpable ; l’inconscient est facile à leurrer ; mais s’il ne sait pas reconnaître l’origine directe ou sublimée d’un plaisir, il connaît son intensité. Continue reading »

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juil 162013
 

J’ai moqué il y a un certain temps déjà l’Evidence Based Medecine en la rebaptisant Blinder Based Medecine, littéralement « Médecine Fondée sur les Oeillères ». La situation ne s’arrange guère, comme en témoigne le post précédent. Pourtant l’EBM offre un cadre rationnel séducteur, et ses créateurs se montraient d’une sainte humilité quant à son champ d’application. Nous pouvions y voir la matérialisation d’un fantasme : faire de la médecine une science aussi exacte que les mathématiques, avec des protocoles thérapeutiques aux résultats parfaitement prévisibles. Voilà enfin une armure efficace à opposer à ces patients revendicateurs. « Vous ne vous estimez pas guéri ? Peu importe ; vous avez été pris en charge selon le meilleur protocole validé actuellement ; quelques progrès scientifiques supplémentaires et tout sera fini ; restez en contact ». Et surtout : « Arrangez-vous pour correspondre au profil de patient idéal du protocole, nanti de quelques économies personnelles, sinon nous ne pouvons rien garantir. Nous ne occupons pas des détails… ». Continue reading »

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juil 132013
 

Quand la médecine EBM raconte des âneries, il n’est pas surprenant de les voir relayées en toute honnêteté par la revue Prescrire. Il s’agit ici de l’absence de preuves évidentes en faveur de la viscosupplémentation intra-articulaire par hyaluronates. Notons que Prescrire, revue de bonne probité générale, montre un enthousiasme particulier à crucifier les traitements employés essentiellement par les spécialistes. Les intentions pures n’existent pas, quelle que soit la blancheur de la blouse. Sur le même sujet il n’existe pas à ma connaissance dans Prescrire de revue des anti-arthrosiques de fond, très largement prescrits en médecine générale, remboursés (glucosamine), et n’ayant pas fait la preuve de leur efficacité. Tout juste retrouve-t-on un articulet en 2008 sur l’absence de recommandation à utiliser la glucosamine dans la gonarthrose et la coxarthrose, qui ne semble pas avoir eu beaucoup d’influence sur les habitudes.

On retrouve à la Une du même numéro de 2008, sur les traitements de l’arthrose : « L’injection intra-articulaire d’un corticoïde soulage la douleur du genou arthrosique souvent seulement une semaine environ, mais a des effets indésirables graves, notamment une infection du genou » (!) Le journaliste semble penser que l’ajout de « peut [avoir des effets indésirables] » est une fioriture. La page est en accès libre pour le grand public. La fréquence des infections après injection de corticoïde articulaire était estimée à 1 pour 14.000 à 50.000 gestes dans les années 80, et les conditions d’asepsie ont progressé depuis.

Le paracétamol est présenté comme une panacée, recommandé jusqu’à 4g/24H. Aucune mention, ici, des hépatites par abus de paracétamol, par les personnes qui jugent son effet insuffisant. Elles ne sont pas exceptionnelles, et surtout sous-diagnostiquées. Qui pense à une complication avec le « gentil » paracétamol ? C’est en fait une très mauvaise manière de l’utiliser dans l’arthrose, et c’est la raison pour laquelle peu de médecins voient la figure du patient s’éclairer de contentement quand ils proposent du paracétamol. Son effet est bref et surtout sur la douleur nociceptive, tandis que la douleur arthrosique de fond est surtout une raréfaction des autres informations sensorielles. En clair, donner du paracétamol à un arthrosique qui ne bouge pas ne sert à rien. Il faut l’utiliser juste avant des efforts, pour ignorer la dissuasion des articulations usées qui protestent pour se mettre en branle. Il est un faciliteur d’activités et non une couverture antalgique comme peut l’être un tramadol. Continue reading »

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juil 062013
 

L’histoire la plus célèbre à propos du match entre Ego et Panconscience est le roman « 1984  » d’Orwell. Winston, fonctionnaire gris et terne de l’Oceania, un pays totalitaire en guerre avec ses immenses voisins, commence à tenir un journal, défiant la Police de la Pensée. Pire, il va tomber amoureux de Julia, une cadre du parti unique Angsoc, et découvre les joies du couple. Malheureusement il est surveillé par le zélé et cruel O’Brien, qui l’arrête, le torture, et le rééduque afin d’extirper toute pensée prohibée. Winston finit en zombie panconscient.

La grossière erreur que véhicule « 1984 », cependant, est de croire que l’individu existe indépendamment de la société étouffante qui l’entoure. Continue reading »

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juil 042013
 

Un lieu commun est de dire que nos apprenons seulement de nos erreurs. En poussant le concept, nous pouvons dire que nos agissements manquent systématiquement leur cible. Qui pourrait dire qu’un acte tombe parfaitement juste ? Cela peut sembler être le cas dans l’instant, ne l’est plus quelque temps plus tard, parce notre jugement s’est légèrement déplacé, que notre conscience générale a changé.
Nous sommes donc au mieux, les champions de l’approximation. Dès lors, se morigéner par suite d’erreurs au point de vouloir se terminer prend l’allure d’une boucle infinie, d’un bug du psychisme : au lieu de poursuivre son travail d’auto-organisation, par la mise au point d’embranchements alternatifs, l’esprit considère perpétuellement le même comportement, son échec, et à nouveau le même comportement. Kernel panic !

La tentative de suicide est le reboot. Elle peut réussir de deux façons : l’essai rate (encore un échec!) mais le choc psychique est suffisant pour entreprendre une réorganisation. Ou la mort survient. Pas le même type de réussite, direz-vous à juste titre… Cependant dans l’optique du suicidaire ce n’est pas un problème. Pour lui, la mort est une solution simple ; elle n’est pas dénuée de rationalité puisqu’elle répond à un instinct : si nous ne sommes pas utiles à l’espèce, ou incapables de réaliser les espoirs que la nature a placés en nous, mieux vaut s’auto-sacrifier pour ne pas transmettre des gènes inefficaces et économiser des ressources mieux employées par d’autres. Solution simple… trop ! Elle est étroite, et surtout micro-temporelle ! Au point qu’on peut la dire paresseuse plutôt que courageuse : elle évite tout effort d’anticipation.

Car nous ne sommes jamais terminés, jamais figés ; les erreurs sont notre mode de fonctionnement normal et la seule bévue que l’on peut dire authentique serait de croire qu’il existe une quelconque réussite absolue. C’est dans une telle croyance que se retrouvent les gens les plus ennuyeux, qui sont autant les suicidaires enfermés dans leur boucle morbide, que les personnes avec une cuirasse d’assurance dépourvue de la moindre fissure.

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juin 192013
 

L’installation (inconfortable) d’un lombalgique chronique sur la chaise du visiteur déclenche chez le thérapeute deux tendances diamétralement opposées : soit il pratique des techniques manuelles et il accueille un nouveau pilier de son petit commerce ; soit il a une formation générale et subodore que son apport sera au mieux navrant, ce patient ayant certainement déjà essayé AINS et stages kiné sans y trouver de solution. Dans les deux cas, le lombalgique, lui, se sent otage de sa pathologie : quelque soit l’imagination et les compétences de son thérapeute, il est rare qu’il récupère durablement son indépendance et sa santé virginale. Continue reading »

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juin 182013
 

Nos repères sont appelés en philosophie paradigmes. Selon l’étage à partir duquel on le regarde, un paradigme peut être réduit à une phrase — par exemple en physique «le temps est relatif» — ou scindé en multiples composantes : ensemble de règles formelles — les équations de la relativité générale —, langage qui leur est adapté, mode de pensée, «diplomatie» périphérique dans les relations avec les autres théories présentes ou passées — la mécanique newtonienne fonctionne dans certaines limites d’échelle — et avec le pragmatisme quotidien — la relativité du temps ne doit pas empêcher de se fier à sa montre pour ses rendez-vous —.

Cela révèle une propriété curieuse des repères : ils peuvent sembler à la fois monolithiques et sécables à l’infini selon le point de vue du spectateur. Continue reading »

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juin 012013
 

medito Si nous nous accrochons à nos illusions c’est qu’elles nous sont toujours, dans notre état actuel, bénéfiques. Quand un autre cherche à les détruire, c’est une tentative de prise de pouvoir sur nous de sa part, même quand il est animé des meilleures intentions du monde. La perte de l’illusion ne peut être avantageuse que si nous intégrons sa représentation, amenant l’ensemble de notre polyconscience à changer d’attitude. L’inconvénient est que nous n’avons pas inventé cette représentation et que nous sommes redevables à son propriétaire, s’il nous l’a «vendue» contre une somme de pouvoir sur nous. Nous préférons alors ne pas le voir dans les parages…
Cependant la représentation peut avoir fait l’objet d’un échange plutôt que d’une vente, c’est-à-dire que l’autre s’est également mis à fabriquer une représentation de nous-mêmes et de nos potentialités, ce que l’on appelle l’empathie. Dès lors il nous a acheté quelque chose dont nous sommes l’inventeur ; il existe un équilibre entre les pouvoirs ; personne n’a perdu dans l’échange. Même, l’on s’est enrichi de ces représentations supplémentaires, avec la promesse de nouvelles, séduisantes, à portée de l’esprit de l’autre ou de ses potentialités.
Les illusions sont un marché juteux dont personne ne devrait se couper.

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mai 302013
 

Le terme de « possession » utilisé au Moyen-Âge à propos des pathologies psychiques était bien plus perceptif que celui de « folie » choisi par la suite. L’on décrivait par la possession un phénomène si évident qu’il est négligé : personne n’est fou en permanence. Jamais la déviance n’a constamment la même intensité ; des conduites aberrantes — jugées de l’extérieur — alternent avec des phases plus cohérentes. Tout se passe comme si plusieurs personnages cohabitaient dans la même tête, prenant tour à tour le pouvoir. La possession décrit ainsi parfaitement l’impression d’une invasion par un esprit malin.
augustineSauf qu’à présent nous ne pouvons plus recourir à la métaphysique pour l’expliquer. Il ne s’agit pas de parasites étrangers, démoniaques ; ils sont bien présents dans le psychisme des malades. Seraient-ils leur apanage ? Doit-on croire un esprit sain immunisé contre de tels monstres ? Cet espoir est vain. Tout individu sincère qui approfondit un peu ses motivations découvre un lot de frustrations ressemblant étrangement, en réduction, aux névroses impressionnantes qui conduisent les malades à l’asile. Regardez Charcot lui-même, découvreur de l’hystérie avant Freud : il théâtralisait ses présentations de cas psychiatriques jusqu’à en faire des scènes impudiques. Il hystérisait la belle société parisienne. Son attitude possédait une frontière — une persona commune — avec celle des hystériques qu’il hypnotisait et jetait en pâture aux voyeurs pédants de la fin du XIXè siècle. Sans doute amplifiait-il ainsi l’importance de cette persona dans la psociété de ses patientes, au lieu de les guérir (1). Continue reading »

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mai 302013
 

Essayons de réunir les éléments qui expliquent la grande variété des situations :

Avant l’opération :

Le travail ou le sport est-il responsable des dégâts ayant conduit à la prothèse ?
La médecine est incapable de donner une réponse claire, sauf en cas de traumatisme important au cours de la vie professionnelle ou sportive. Or c’est une question essentielle pour le travailleur destiné à reprendre le même poste par la suite, le sportif qui veut continuer.
Dans la réalité, les lésions proviennent de facteurs multiples, dont les contraintes imposées par le travail (cause extrinsèque) mais aussi la façon dont on s’y adapte (cause intrinsèque). Ainsi, selon l’idée déjà ancrée au départ chez lui, chacun jugera le travail comme responsable ou non ; l’on voit ce que l’on préfère.

Il est conseillé d’éviter de poser une prothèse avant la soixantaine, pour ne pas avoir à la changer plus tard. Les gens concernés par une reprise du travail sont donc jeunes chirurgicalement, mais âgés professionnellement. Continue reading »

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mai 262013
 

Le bouddhisme est un excellent exemple de l’absence de cloisonnement entre religion, philosophie, et techniques de contrôle du Soi. Il contient tout cela. Ses adeptes s’attachent surtout à l’une ou l’autre de ses facettes, selon leur origine culturelle ; les occidentaux s’en servent comme méthode de réalisation personnelle, indépendamment de son support métaphysique ; les philosophes y trouvent une source d’enchantement ; les orientaux ne le conçoivent pas sans son coeur spirituel.
L’originalité du bouddhisme au sein des religions — car originellement c’en est bien une — repose sur son approche positiviste et non punitive. Le fidèle est encouragé à s’améliorer par volonté spontanée et non sous les flagellations de textes sacrés et de leurs séides impitoyables. On y retrouve les racines orientales du refus du pouvoir, tandis que l’occidental est aiguillonné pour le posséder.
contact Dans les composantes du bouddhisme, nous avons donc des croyances peu contraignantes — la plupart des adeptes refusent de tuer un animal, mais si vous préférez les tuer pour les manger, libre à vous —, des techniques d’influence sur le subconscient efficaces, et une conception de la place de l’Homme dans le monde à la fois stimulante et pacifique.
Pourquoi refuser de démembrer le package ? Ceux qui vilipendent la récupération du bouddhisme pour ses techniques de contrôle de soi débarrassées de toute spiritualité tombent dans la religiosité. Les outils seraient détournés à de mauvaises fins ? Mais est-ce très bouddhiste de juger les fins des autres ? Ceux qui s’en préoccupent ont encore du pouvoir à abandonner…
Les techniques en question sont très semblables aux thérapies cognitives. Sur tous les continents, en fait, sont apparues des méthodes de contrôle sur l’inconscient. Elles baignent dans le mystère longtemps attaché aux profondeurs de l’esprit. La spiritualité est certainement un bon guide de ces plongeurs des abîmes. Ceux qui l’ont abandonnée parce que séduits par les lumières crues de la science, gardent leur conscience sociale pour les diriger. Chacun met au point sa recette personnelle d’outils et objectifs. Ce qui définit la religion est l’existence de règles trop strictes, bénéfiques aux âmes incertaines, mais carcérales pour ceux décidés à empoigner leur fragment de divinité et à en faire bon usage.

Le seul danger du bouddhisme réduit à l’outil est, Continue reading »

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mai 222013
 

Ce blog vous a habitués aux digressions fort peu rhumatologiques… Voici des extraits de la page « Trucs de médecine familiale » sur la section adhérents du site :

Pourquoi bébé pleure-t-il ?
Est-il souffrant, s’est-il blessé, fait-il juste un « caprice » ? Les parents sont souvent désorientés devant les pleurs de l’enfant quand ils n’ont pas une explication simple, et ceux qui les ignorent devraient peut-être se poser davantage de questions : combien d’enfants font-ils une paracentèse spontanée parce que personne ne se soucie de savoir si leurs cris proviennent d’une otite ?
Un guide simple :
-un bébé qui pleure les yeux fermés, serrés, souffre d’un problème intérieur : la vue ne lui sert à rien ; la fréquence de ses cris et la difficulté à le calmer reflète l’urgence du problème ; certains ont le bon réflexe de se tripoter l’endroit pénible, l’oreille en particulier ; pour les autres il faut examiner les tympans, la bouche, l’abdomen.
-un bébé qui pleure les yeux entrouverts est en colère ; la stratégie tentée pour obtenir l’objet de son désir (une tétée, un jouet…) n’est pas un succès ; il revient à la plus simpliste : le cri ; mais il ne se coupe pas du monde : il veut en apercevoir le résultat.
-un bébé qui pleure les yeux écarquillés a peur ; il a été agressé par une cause extérieure ; la vue est essentielle pour prévenir du retour de l’agression. Vérifiez l’entourage : objets dangereux, autres enfants présents, animaux, etc…

Bébé : pourquoi le câliner, le masser ?
Avant tout parce que c’est instinctif et que l’instinct a toujours une nécessité ; il est heureusement soutenu par le fait que sa satisfaction nous apporte du plaisir : pas besoin de se forcer !
Plus scientifiquement, bébé a besoin d’un grand nombre de stimulations pour se développer, pour faire le tri dans les innombrables possibilités que lui offre son cerveau à la naissance, qu’elles soient adéquates ou crétines (d’où l’adage : « Nous naissons tous fous, très peu le restent »). Les stimulations sensorielles sont les plus importantes car elles créent un lien efficace avec l’extérieur. La vue est bien sûr un organe essentiel, mais peu discriminant à la naissance  trop de formes et de couleurs ; difficile d’y comprendre quelque chose ; la vue « parle en chinois » au bébé. Le toucher, dont l’importance diminuera par la suite, est un sens très important à ce stade, plus simple à analyser. Il est le premier à se développer pendant la vie foetale, entre la 8ème et la 14ème semaine après la conception. A la naissance, l’enfant est particulièrement réceptif à la stimulation par ce moyen.

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mai 222013
 

Améliorer sa conscience, c'est aussi parfois déprimer…

Améliorer sa conscience, c’est aussi parfois déprimer…

Leur succès se comprend très bien dans ce cadre puisqu’elles cherchent à modifier les «automatismes» subconscients à partir d’une rééducation consciente. Elles interviennent ainsi sur les vrais ressorts de nos décisions, puisque la conscience n’est pas réellement directrice.
Les candidats à la thérapie cognitive se définissent d’après son idée forte : puisque la conscience de l’individu n’est pas spontanément capable de donner des consignes efficaces aux automatismes subconscients, remplaçons-la par un rétro-contrôle compétent défini d’après les études psychologiques sur le sujet. Votre anxiété est trop envahissante, aboutit à une dévalorisation du Soi ? Vous allez lui apprendre à se calmer, à n’aboyer que si un véritable danger survient.
Les thérapies cognitives sont des outils précieux, auxquels on peut faire deux critiques :
Les «automatismes» n’en sont pas vraiment : les processus subconscients sont certes plus frustres que la personnalité au complet, mais ont néanmoins été bâtis sur des routines neurologiques encore plus simplistes et possèdent une certaine sophistication. Ils ont toujours eu une bonne raison d’avoir été construits ainsi — même si des alternatives auraient pu être meilleures — et il faut avant tout savoir pourquoi, avant de proposer une autre conduite, plus standard et donc moins personnalisée.
La thérapie cognitive n’améliore pas véritablement l’assurance puisqu’elle consiste à substituer des ordres issus de la recherche générale à un rétro-contrôle conscient déclaré incompétent chez l’individu. Son avantage est d’être applicable universellement quelque soit le niveau intellectuel du patient. Il serait préférable cependant que seule la théorie soit enseignée et que le plan des travaux à entreprendre sur le subconscient soit trouvé par le patient lui-même. Cela revient à éduquer le rétro-contrôle conscient, en défaut de maturité, et non à se substituer à lui. A l’évidence la thérapie cognitive montre la voie d’une telle éducation ; mais elle peut être considérée d’une façon trop religieuse et nuire à la diversité psychologique des personnes traitées.

En pratique ces techniques ne sont pas concurrentes de la psychanalyse : elles devraient y conduire. Elles sont davantage thérapeutiques que l’analyse, qui ne permet pas de prendre le contrôle de ses processus subconscients sauf si l’on a déjà un rétro-contrôle conscient compétent. Cependant leur effet secondaire à type de «clonage» comportemental peut être annulé efficacement par la connaissance de sa psychobiographie.

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mai 182013
 
« Laissez-moi ! Nous ne sommes pas du même monde… »

« Laissez-moi ! Nous ne sommes pas du même monde… »

Ce blog semble fermement engagé aux côtés des neurosciences pour autopsier l’esprit humain et établir les plans de son squelette. Jamais cependant la démarche n’a été, ici, réductrice ; la jonction que nous cherchons à établir entre l’axone du neurone et le tentacule de la conscience ne participe pas que d’une recherche biologique ; elle ressemble plutôt à la construction du chemin de fer transcontinental américain : deux compagnies rivales avancent, mais sont bien obligées au final d’établir leur connexion.
Pour en témoigner, voici un pamphlet vif sur les effets d’un scientisme des émotions : Continue reading »

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mai 182013
 

L’essentiel : les impasses évolutives du monde du travail ; analyse de la profession médicale.

Ce que l’on appelle couramment travail recouvre deux entreprises fort différentes : la fonction et l’oeuvre.
La fonction n’amène aucun bouleversement apparent quand nous l’exerçons ; c’est plutôt son interruption qui produit des effets, un défaut dans la continuité d’une tâche : un ouvrier sur chaîne s’interrompt et le nombre de produits finis en sortie baisse ; une maîtresse de maison cesse le ménage et les pièces commencent à se remplir de saletés.
L’oeuvre est une réalisation à valeur symbolique. Ce peut être un objet manufacturé sorti de nos mains propres, une oeuvre d’art, un livre biographique, la mise au point d’équations ou d’un système de pensée original, etc…
Les pôles fonction et oeuvre sont d’attraction opposée ; l’oeuvre possède une forte charge de gratification positive, tandis que la fonction, simple moyen d’arriver à des fins plus valorisantes et assortie de contraintes, est un repoussoir négatif.
La plupart de nos activités habituelles, cependant, sont un mélange de fonction et d’oeuvre. Une sculpture demande de longues heures de travail minutieux et répétitif. Le livre le plus pétillant d’inventivité qui soit nécessite des révisions fastidieuses pour devenir digeste à ses lecteurs. Elever un enfant est une répétition interminable de consignes et de conflits stériles oeuvrant à l’aboutissement d’un être unique.
Pour compliquer encore les choses, nos aspirations individuelles éminemment variables font qu’une fonction pour l’un peut être une oeuvre pour l’autre et vice versa. Garder sa maison étincelante est pour la ménagère une oeuvre véritable, conservant sa motivation pendant des décennies ; tandis que le «monsieur qui écrit» paraît à la même ménagère doté de la simple fonction de remplir les rayonnages des bibliothèques, ce qui a pour elle une médiocre valeur symbolique. Continue reading »

 Posted by at 13 h 27 min
mai 152013
 

trouvez-xLa parution d’un dossier sur le sujet par Science&Avenir me fait ressortir cet article écrit il y a plusieurs années mais que, par distraction, je n’avais pas envoyé sur le blog. Il n’y a rien à y changer et il est plus avancé que son homologue de Science&Avenir, s’appuyant sur des théories neuroscientifiques de l’esprit plus précises, et abordant les techniques non médicamenteuses.

Cette grande question passionne tous les parents d’étudiants… et les étudiants eux-mêmes, mais ceux qui s’y intéressent trop devraient s’en demander les raisons: ne faut-il pas travailler la confiance en soi plutôt que stimuler son intellect ? Ne voudrait-on pas remplacer les données essentielles à ingurgiter par une gelule qui n’en contient aucune ?

Avant d’aborder les méthodes de stimulation, voici quelques réflexions générales qui sont probablement en vérité tout ce que vous avez besoin de lire de l’article : Continue reading »

 Posted by at 13 h 53 min
mai 072013
 

Un jour que Dieu se promenait sur la plage, il trouva l’endroit bien désert et monotone. Il dit aux grains de sable : «Faites un concours de châteaux !». Et les grains se juchèrent les uns sur les autres, s’organisant comme ils pouvaient, comme cela venait, avec leur frustre expérience, commençant par construire de vagues éminences, puis affinant les formes, sculptant, ajoutant des étages et des ornements, jusqu’à établir des milliers d’édifices étonnants.
Tous constitués des mêmes grains de sable, pas un château n’était semblable. Dieu était satisfait. Chaque jour il déambulait à travers la plage paradisiaque constamment transformée par les créatures de sable. Elles percevaient sa présence sans le voir.
Un matin, l’une d’elles termina de fabriquer une extension extraordinairement évoluée. Un oeil. Qui s’ouvrit…

Dieu courut mettre un pagne…

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mai 052013
 

Nos premiers cris, peu après avoir ouvert les yeux, ne sont pas le signe d’une dépendance, mais bien au contraire de la première tentative d’établir une maîtrise sur le monde, suggérée par l’instinct, cet ensemble de réflexes déjà remarquablement élaborés mis en place par l’évolution. Si le cri amène la satisfaction d’un besoin — le plus urgent étant la satisfaction d’une fringale —, notre assurance grimpe d’un palier fort important. Le rétro-contrôle conscient va laisser du champ libre à notre initiative. Si par malheur la tentative échoue, que la satisfaction se fait attendre voire qu’une punition survient, c’est au contraire une anxiété exacerbée qui se met définitivement en place.
anxiete Le pire n’est sans doute pas un refus systématique, comme peut le faire une mère colérique : cela nous oblige à un comportement différent, qui menace certainement notre tendresse envers le monde mais pas notre assurance : d’une façon moins adoubée par la morale, nous avons néanmoins trouvé une conduite adaptative. Le pire est un résultat imprévisible de nos tentatives, obtenu auprès d’un parent lui-même incertain et inquiet. Le monde apparaît chaotique ; impossible d’en établir une représentation. Dès lors nous risquons, toute une vie durant, d’avancer à pas comptés.

Quand j’explique cette théorie à un anxieux, ce n’est pas pour l’encourager à cesser de s’inquiéter, Continue reading »

 Posted by at 15 h 41 min