déc 162013
 

L’échographie semble pour certains un outil parfait voire obligatoire afin d’assurer la réalisation technique correcte d’une infiltration.
Voyons dans l’azur idyllique du « pour » s’il n’existe pas quelques nuages de « contre ».
Avant de les énumérer, détaillons le contexte :

Il est exact qu’un nombre non négligeable d’infiltrations échouent parce qu’elles sont mal faites. Les conséquences sont différentes selon le produit et l’endroit injecté. Continue reading »

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déc 112013
 

progenitureQu’est-ce que l’ADN dans notre théorie auto-organisationnelle du vivant ?

La chimie considère les interactions moléculaires comme un vaste ensemble chaotique, auquel on peut trouver des règles, des tendances, mais avec une difficulté à prédire l’exact résultat final qui croit avec la complexité du système. D’une façon surprenante, la biologie, elle, a longtemps considéré l’ADN comme un message moléculaire stable, inaltérable, transmissible par des lois strictes et reproductibles. Les plus prudents parmi les chercheurs se gardaient en fait d’amalgamer « gène » et « segment d’ADN », car si l’existence du gène comme « signalétique » de la transmission génétique était avérée, le détail de ce langage ne pouvait être réduit avec certitude à des suites de ribonucléotides. Bien leur en prit. La structure tridimensionnelle de l’ADN fait partie de ce langage ; les conditions métaboliques dans lesquelles évolue la cellule sont susceptibles de modifier la façon dont elle interprète son information génétique, voire sans doute est-elle capable de la modifier. L’individu n’est pas l’esclave impuissant de son génome mais peut le moduler par ses choix d’interaction avec l’environnement, transmettre les modifications à sa descendance d’une manière plus complète que pour lui-même puisque le rejeton se construira à partir de ces nouvelles données. Le principe de bidirectionnalité, à nouveau, est à l’oeuvre.

Mesurons notre enthousiasme cependant : si l’individu pouvait changer profondément son propre génome, nous serions devenus rapidement une multitude d’espèces à représentant unique, incapables de se comprendre et même de se reproduire avec ses semblables, devenus dissemblables… Continue reading »

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déc 112013
 

songe-bob Les jeunes restent de moins en moins seuls avec eux-mêmes. L’environnement les sollicite en permanence. L’isolement social n’existe plus vraiment ; enfermé dans sa chambre ou perdu dans un bois avec un portable, on est connecté à un cercle de proches et moins proches, s’étendant comme des vagues dans un océan sans limites. La frontière du Moi devient imprécise. L’esprit adolescent est une éponge s’imbibant de tout ce qui l’entoure, se construisant sur des mimétismes.

Le moment où nous créons véritablement notre singularité, c’est lorsque l’on est seul avec soi-même, ou avec une personne si semblable à soi qu’elle nous place dans un état fusionnel, sorte de Grand Moi. Ces instants en boucle, coupés de l’afflux de données, stimulent la digestion et la reformulation de celles accumulées. C’est une « polymérisation » du psychisme, une cuisson à petit feu, qui en stabilise la structure au lieu de la chahuter à grands coups d’évènements impératifs.

Certes le processus se déroule également pendant le sommeil, mais il est moins directif ; il fournit nombre d’alternatives mais n’analyse pas le plan de vie comme le fait l’Observateur conscient. Certes des gens nous conseillent sur les synthèses à faire, mais elles ne sont pas personnelles ; nous ne voulons pas être le clone de nos maîtres, nous voulons être leur image enluminée.

Le manque d’aptitude d’un esprit jeune à enclencher cette maturation est facile à dépister : laissez-le une demi-journée isolé de ses routines habituelles, seul avec ses pensées. L’ennui le rend rapidement mal à l’aise, agressif. Il cherche anxieusement à établir un contact urgent avec ses amis. Ou il supplie de lui donner quelque chose à faire. Il a vu son esprit menacer de « caler », le réservoir à sec, parce qu’il est entièrement dédié au traitement des données externes.

Même un ermite enfermé dans sa bibliothèque peut souffrir d’un défaut en ce domaine. Les livres sont une société ; si l’on ingurgite, ingurgite les mots des autres sans jamais les reformuler, n’est-on pas également une éponge dont la couleur change avec celle des concepts assimilés ?

Ménageons-nous des espaces véritablement intimes pour penser. C’est ainsi que nous nous moquerons de ce que les autres peuvent penser de notre intimité…

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déc 092013
 

anatomieLa première, et la plus terrifiante, maladie de notre société est la recherche de santé.
Diable ! Comment expliquer autrement que malgré une offre de soins pléthorique et des traitements qui n’ont jamais autant amélioré et prolongé l’existence, jamais non plus n’ont été si répandues les plaintes, recours, soins factices, psychothérapies et hantise de la maladie ?

1) Les médecins

Les médecins, bien sûr, ne sont pas étrangers à cette obsession de la santé idéale. Devrait-on les féliciter pour leurs talents commerciaux ? Ils ont fait de chaque être remuant un client fidèle. Pourtant il n’a jamais existé une telle volonté d’hégémonie dans le corps médical, à présent dépassé par sa propre omniprésence dans le destin des gens. Les médecins ont perdu le contrôle de l’art qu’ils professent en se spécialisant. Qu’est-ce que cela signifie ? Continue reading »

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déc 092013
 

Devant la profusion et la facilité d’emploi des jeux de gymnastique cérébrale sur tablette tactile, je me suis demandé s’ils n’étaient pas les rééducateurs désignés des fonctions mentales devenues paresseuses avec l’âge. Je projetais ainsi de remplacer, sur mes ordonnances, les cache-misères du vieillissement (antalgiques, anti-arthrosiques de fond, massages de complaisance) par une série de niveaux à battre sur l’un des nombreux logiciels gratuits disponibles.
J’ai fouillé la question et commencé à expérimenter moi-même le procédé. Quel effet cela pouvait-il avoir sur les discrets abandons de mémoire que je n’aurais pas eu à trente ans ? La conclusion fut claire… Continue reading »

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déc 062013
 

femme-hommeUne nouvelle étude neuro-scientifique a relancé la polémique entre idéologies sexiste et unisexe. Le web bruisse de vitupérations. L’étude montre des schémas de connectivité neurale différents entre hommes et femmes ; les connexions entre hémisphères sont plus nombreuses qu’à l’intérieur des hémisphères dans les cerveaux féminins ; c’est le contraire dans les cerveaux masculins. Elle suggère que ces derniers sont plus aptes à une coordination entre perception et action, tandis que les cerveaux féminins facilitent la communication entre processus analytiques (hémisphère gauche) et intuitifs (hémisphère droit). Dans un climat tendu sur le sujet, la directrice de l’étude, Ragini Verma, tire une conclusion nuancée : de quoi expliquer pourquoi les hommes excellent dans certaines tâches et les femmes dans d’autres.

Les réactions sont pourtant vives. L’une des plus complètes est celle de Catherine Vidal dans le Monde. Malheureusement ses arguments principaux ne sont pas recevables : Continue reading »

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déc 012013
 

Pas-de-vieux-droguesTrès bon article de Cerveau & Psycho sur les addictions, dont voici les points essentiels :
— La consommation de drogues altère la plasticité cérébrale, rendant difficile tout changement d’habitude.
— Plus en détail, la communication neuronale est altérée par des anomalies de la machinerie moléculaire synaptique.
— On pourrait sans doute réparer cette machinerie avec des traitements pharmacologiques restaurant la plasticité.
— Les toxicomanes pourraient alors abandonner les rituels de consommation de drogue qui les figent dans leur dépendance.
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août 242013
 

En morale on oppose les raisons déontologiques (des tabous impossibles à franchir) aux conséquentialistes (promotion du bénéfice pour le plus grand nombre, tout peut être envisagé si l’on maximise le bien ou minimise le mal). Dans les expériences de pensée, les réponses deviennent hésitantes quand ces raisons s’affrontent, et c’est généralement la culture de la personne interrogée qui tranche. Dans les sociétés utilitaristes (anglo-saxonnes, asiatiques) le choix conséquentialiste l’emporte, tandis que c’est la déontologie qui prime dans les individualistes cultures latines.

Par exemple dans le dilemme du wagon fou, où l’on peut sauver 5 ouvriers travaillant sur le chemin du bolide en le déviant sur une autre voie où travaille 1 ouvrier seulement, les utilitaristes choisiront d’actionner l’aiguillage, les déontologistes non.
Mais s’il s’agissait de sauver dix ouvriers, ou cent, ou mille ? Est-ce que les déontologistes ne finiraient pas tous par se rallier à la raison conséquentialiste ? Continue reading »

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juil 302013
 

La difficulté croissante à trouver le bonheur est directement proportionnelle à l’irruption de la panconscience (2) dans les psociétés individuelles. Nos contemporains se sentent de moins en moins propriétaires de l’évaluation de leur bonheur. C’est un affaiblissement des désirs de l’Ego, étouffés par les contraintes mises en oeuvre pour les réaliser, et par leur sublimation quand c’est impossible. On a beau fantasmer, c’est une ombre du plaisir récolté par la pulsion originelle directement satisfaite. On se persuade que l’épaisseur de cette ombre la rend palpable ; l’inconscient est facile à leurrer ; mais s’il ne sait pas reconnaître l’origine directe ou sublimée d’un plaisir, il connaît son intensité. Continue reading »

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juil 162013
 

J’ai moqué il y a un certain temps déjà l’Evidence Based Medecine en la rebaptisant Blinder Based Medecine, littéralement « Médecine Fondée sur les Oeillères ». La situation ne s’arrange guère, comme en témoigne le post précédent. Pourtant l’EBM offre un cadre rationnel séducteur, et ses créateurs se montraient d’une sainte humilité quant à son champ d’application. Nous pouvions y voir la matérialisation d’un fantasme : faire de la médecine une science aussi exacte que les mathématiques, avec des protocoles thérapeutiques aux résultats parfaitement prévisibles. Voilà enfin une armure efficace à opposer à ces patients revendicateurs. « Vous ne vous estimez pas guéri ? Peu importe ; vous avez été pris en charge selon le meilleur protocole validé actuellement ; quelques progrès scientifiques supplémentaires et tout sera fini ; restez en contact ». Et surtout : « Arrangez-vous pour correspondre au profil de patient idéal du protocole, nanti de quelques économies personnelles, sinon nous ne pouvons rien garantir. Nous ne occupons pas des détails… ». Continue reading »

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juil 132013
 

Quand la médecine EBM raconte des âneries, il n’est pas surprenant de les voir relayées en toute honnêteté par la revue Prescrire. Il s’agit ici de l’absence de preuves évidentes en faveur de la viscosupplémentation intra-articulaire par hyaluronates. Notons que Prescrire, revue de bonne probité générale, montre un enthousiasme particulier à crucifier les traitements employés essentiellement par les spécialistes. Les intentions pures n’existent pas, quelle que soit la blancheur de la blouse. Sur le même sujet il n’existe pas à ma connaissance dans Prescrire de revue des anti-arthrosiques de fond, très largement prescrits en médecine générale, remboursés (glucosamine), et n’ayant pas fait la preuve de leur efficacité. Tout juste retrouve-t-on un articulet en 2008 sur l’absence de recommandation à utiliser la glucosamine dans la gonarthrose et la coxarthrose, qui ne semble pas avoir eu beaucoup d’influence sur les habitudes.

On retrouve à la Une du même numéro de 2008, sur les traitements de l’arthrose : « L’injection intra-articulaire d’un corticoïde soulage la douleur du genou arthrosique souvent seulement une semaine environ, mais a des effets indésirables graves, notamment une infection du genou » (!) Le journaliste semble penser que l’ajout de « peut [avoir des effets indésirables] » est une fioriture. La page est en accès libre pour le grand public. La fréquence des infections après injection de corticoïde articulaire était estimée à 1 pour 14.000 à 50.000 gestes dans les années 80, et les conditions d’asepsie ont progressé depuis.

Le paracétamol est présenté comme une panacée, recommandé jusqu’à 4g/24H. Aucune mention, ici, des hépatites par abus de paracétamol, par les personnes qui jugent son effet insuffisant. Elles ne sont pas exceptionnelles, et surtout sous-diagnostiquées. Qui pense à une complication avec le « gentil » paracétamol ? C’est en fait une très mauvaise manière de l’utiliser dans l’arthrose, et c’est la raison pour laquelle peu de médecins voient la figure du patient s’éclairer de contentement quand ils proposent du paracétamol. Son effet est bref et surtout sur la douleur nociceptive, tandis que la douleur arthrosique de fond est surtout une raréfaction des autres informations sensorielles. En clair, donner du paracétamol à un arthrosique qui ne bouge pas ne sert à rien. Il faut l’utiliser juste avant des efforts, pour ignorer la dissuasion des articulations usées qui protestent pour se mettre en branle. Il est un faciliteur d’activités et non une couverture antalgique comme peut l’être un tramadol. Continue reading »

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juil 062013
 

L’histoire la plus célèbre à propos du match entre Ego et Panconscience est le roman « 1984  » d’Orwell. Winston, fonctionnaire gris et terne de l’Oceania, un pays totalitaire en guerre avec ses immenses voisins, commence à tenir un journal, défiant la Police de la Pensée. Pire, il va tomber amoureux de Julia, une cadre du parti unique Angsoc, et découvre les joies du couple. Malheureusement il est surveillé par le zélé et cruel O’Brien, qui l’arrête, le torture, et le rééduque afin d’extirper toute pensée prohibée. Winston finit en zombie panconscient.

La grossière erreur que véhicule « 1984 », cependant, est de croire que l’individu existe indépendamment de la société étouffante qui l’entoure. Continue reading »

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juil 042013
 

Un lieu commun est de dire que nos apprenons seulement de nos erreurs. En poussant le concept, nous pouvons dire que nos agissements manquent systématiquement leur cible. Qui pourrait dire qu’un acte tombe parfaitement juste ? Cela peut sembler être le cas dans l’instant, ne l’est plus quelque temps plus tard, parce notre jugement s’est légèrement déplacé, que notre conscience générale a changé.
Nous sommes donc au mieux, les champions de l’approximation. Dès lors, se morigéner par suite d’erreurs au point de vouloir se terminer prend l’allure d’une boucle infinie, d’un bug du psychisme : au lieu de poursuivre son travail d’auto-organisation, par la mise au point d’embranchements alternatifs, l’esprit considère perpétuellement le même comportement, son échec, et à nouveau le même comportement. Kernel panic !

La tentative de suicide est le reboot. Elle peut réussir de deux façons : l’essai rate (encore un échec!) mais le choc psychique est suffisant pour entreprendre une réorganisation. Ou la mort survient. Pas le même type de réussite, direz-vous à juste titre… Cependant dans l’optique du suicidaire ce n’est pas un problème. Pour lui, la mort est une solution simple ; elle n’est pas dénuée de rationalité puisqu’elle répond à un instinct : si nous ne sommes pas utiles à l’espèce, ou incapables de réaliser les espoirs que la nature a placés en nous, mieux vaut s’auto-sacrifier pour ne pas transmettre des gènes inefficaces et économiser des ressources mieux employées par d’autres. Solution simple… trop ! Elle est étroite, et surtout micro-temporelle ! Au point qu’on peut la dire paresseuse plutôt que courageuse : elle évite tout effort d’anticipation.

Car nous ne sommes jamais terminés, jamais figés ; les erreurs sont notre mode de fonctionnement normal et la seule bévue que l’on peut dire authentique serait de croire qu’il existe une quelconque réussite absolue. C’est dans une telle croyance que se retrouvent les gens les plus ennuyeux, qui sont autant les suicidaires enfermés dans leur boucle morbide, que les personnes avec une cuirasse d’assurance dépourvue de la moindre fissure.

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juin 192013
 

L’installation (inconfortable) d’un lombalgique chronique sur la chaise du visiteur déclenche chez le thérapeute deux tendances diamétralement opposées : soit il pratique des techniques manuelles et il accueille un nouveau pilier de son petit commerce ; soit il a une formation générale et subodore que son apport sera au mieux navrant, ce patient ayant certainement déjà essayé AINS et stages kiné sans y trouver de solution. Dans les deux cas, le lombalgique, lui, se sent otage de sa pathologie : quelque soit l’imagination et les compétences de son thérapeute, il est rare qu’il récupère durablement son indépendance et sa santé virginale. Continue reading »

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juin 182013
 

Nos repères sont appelés en philosophie paradigmes. Selon l’étage à partir duquel on le regarde, un paradigme peut être réduit à une phrase — par exemple en physique «le temps est relatif» — ou scindé en multiples composantes : ensemble de règles formelles — les équations de la relativité générale —, langage qui leur est adapté, mode de pensée, «diplomatie» périphérique dans les relations avec les autres théories présentes ou passées — la mécanique newtonienne fonctionne dans certaines limites d’échelle — et avec le pragmatisme quotidien — la relativité du temps ne doit pas empêcher de se fier à sa montre pour ses rendez-vous —.

Cela révèle une propriété curieuse des repères : ils peuvent sembler à la fois monolithiques et sécables à l’infini selon le point de vue du spectateur. Continue reading »

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juin 012013
 

medito Si nous nous accrochons à nos illusions c’est qu’elles nous sont toujours, dans notre état actuel, bénéfiques. Quand un autre cherche à les détruire, c’est une tentative de prise de pouvoir sur nous de sa part, même quand il est animé des meilleures intentions du monde. La perte de l’illusion ne peut être avantageuse que si nous intégrons sa représentation, amenant l’ensemble de notre polyconscience à changer d’attitude. L’inconvénient est que nous n’avons pas inventé cette représentation et que nous sommes redevables à son propriétaire, s’il nous l’a «vendue» contre une somme de pouvoir sur nous. Nous préférons alors ne pas le voir dans les parages…
Cependant la représentation peut avoir fait l’objet d’un échange plutôt que d’une vente, c’est-à-dire que l’autre s’est également mis à fabriquer une représentation de nous-mêmes et de nos potentialités, ce que l’on appelle l’empathie. Dès lors il nous a acheté quelque chose dont nous sommes l’inventeur ; il existe un équilibre entre les pouvoirs ; personne n’a perdu dans l’échange. Même, l’on s’est enrichi de ces représentations supplémentaires, avec la promesse de nouvelles, séduisantes, à portée de l’esprit de l’autre ou de ses potentialités.
Les illusions sont un marché juteux dont personne ne devrait se couper.

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mai 302013
 

Le terme de « possession » utilisé au Moyen-Âge à propos des pathologies psychiques était bien plus perceptif que celui de « folie » choisi par la suite. L’on décrivait par la possession un phénomène si évident qu’il est négligé : personne n’est fou en permanence. Jamais la déviance n’a constamment la même intensité ; des conduites aberrantes — jugées de l’extérieur — alternent avec des phases plus cohérentes. Tout se passe comme si plusieurs personnages cohabitaient dans la même tête, prenant tour à tour le pouvoir. La possession décrit ainsi parfaitement l’impression d’une invasion par un esprit malin.
augustineSauf qu’à présent nous ne pouvons plus recourir à la métaphysique pour l’expliquer. Il ne s’agit pas de parasites étrangers, démoniaques ; ils sont bien présents dans le psychisme des malades. Seraient-ils leur apanage ? Doit-on croire un esprit sain immunisé contre de tels monstres ? Cet espoir est vain. Tout individu sincère qui approfondit un peu ses motivations découvre un lot de frustrations ressemblant étrangement, en réduction, aux névroses impressionnantes qui conduisent les malades à l’asile. Regardez Charcot lui-même, découvreur de l’hystérie avant Freud : il théâtralisait ses présentations de cas psychiatriques jusqu’à en faire des scènes impudiques. Il hystérisait la belle société parisienne. Son attitude possédait une frontière — une persona commune — avec celle des hystériques qu’il hypnotisait et jetait en pâture aux voyeurs pédants de la fin du XIXè siècle. Sans doute amplifiait-il ainsi l’importance de cette persona dans la psociété de ses patientes, au lieu de les guérir (1). Continue reading »

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mai 302013
 

Essayons de réunir les éléments qui expliquent la grande variété des situations :

Avant l’opération :

Le travail ou le sport est-il responsable des dégâts ayant conduit à la prothèse ?
La médecine est incapable de donner une réponse claire, sauf en cas de traumatisme important au cours de la vie professionnelle ou sportive. Or c’est une question essentielle pour le travailleur destiné à reprendre le même poste par la suite, le sportif qui veut continuer.
Dans la réalité, les lésions proviennent de facteurs multiples, dont les contraintes imposées par le travail (cause extrinsèque) mais aussi la façon dont on s’y adapte (cause intrinsèque). Ainsi, selon l’idée déjà ancrée au départ chez lui, chacun jugera le travail comme responsable ou non ; l’on voit ce que l’on préfère.

Il est conseillé d’éviter de poser une prothèse avant la soixantaine, pour ne pas avoir à la changer plus tard. Les gens concernés par une reprise du travail sont donc jeunes chirurgicalement, mais âgés professionnellement. Continue reading »

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mai 262013
 

Le bouddhisme est un excellent exemple de l’absence de cloisonnement entre religion, philosophie, et techniques de contrôle du Soi. Il contient tout cela. Ses adeptes s’attachent surtout à l’une ou l’autre de ses facettes, selon leur origine culturelle ; les occidentaux s’en servent comme méthode de réalisation personnelle, indépendamment de son support métaphysique ; les philosophes y trouvent une source d’enchantement ; les orientaux ne le conçoivent pas sans son coeur spirituel.
L’originalité du bouddhisme au sein des religions — car originellement c’en est bien une — repose sur son approche positiviste et non punitive. Le fidèle est encouragé à s’améliorer par volonté spontanée et non sous les flagellations de textes sacrés et de leurs séides impitoyables. On y retrouve les racines orientales du refus du pouvoir, tandis que l’occidental est aiguillonné pour le posséder.
contact Dans les composantes du bouddhisme, nous avons donc des croyances peu contraignantes — la plupart des adeptes refusent de tuer un animal, mais si vous préférez les tuer pour les manger, libre à vous —, des techniques d’influence sur le subconscient efficaces, et une conception de la place de l’Homme dans le monde à la fois stimulante et pacifique.
Pourquoi refuser de démembrer le package ? Ceux qui vilipendent la récupération du bouddhisme pour ses techniques de contrôle de soi débarrassées de toute spiritualité tombent dans la religiosité. Les outils seraient détournés à de mauvaises fins ? Mais est-ce très bouddhiste de juger les fins des autres ? Ceux qui s’en préoccupent ont encore du pouvoir à abandonner…
Les techniques en question sont très semblables aux thérapies cognitives. Sur tous les continents, en fait, sont apparues des méthodes de contrôle sur l’inconscient. Elles baignent dans le mystère longtemps attaché aux profondeurs de l’esprit. La spiritualité est certainement un bon guide de ces plongeurs des abîmes. Ceux qui l’ont abandonnée parce que séduits par les lumières crues de la science, gardent leur conscience sociale pour les diriger. Chacun met au point sa recette personnelle d’outils et objectifs. Ce qui définit la religion est l’existence de règles trop strictes, bénéfiques aux âmes incertaines, mais carcérales pour ceux décidés à empoigner leur fragment de divinité et à en faire bon usage.

Le seul danger du bouddhisme réduit à l’outil est, Continue reading »

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