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	<title>Rhumatologie en Pratique</title>
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	<description>Le blog des maladies des os et des articulations</description>
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		<title>Pourquoi bébé pleure-t-il ?</title>
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		<pubDate>Wed, 22 May 2013 02:27:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce blog vous a habitués aux digressions fort peu rhumatologiques… Voici des extraits de la page &#171;&#160;Trucs de médecine familiale&#160;&#187; sur la section adhérents du site : Pourquoi bébé pleure-t-il ? Est-il souffrant, s’est-il blessé, fait-il juste un « caprice » ? Les parents sont souvent désorientés devant les pleurs de l’enfant quand ils n’ont pas une explication simple, et <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2013/05/22/pourquoi-bebe-pleure-t-il/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ce blog vous a habitués aux digressions fort peu rhumatologiques… Voici des extraits de la page &laquo;&nbsp;Trucs de médecine familiale&nbsp;&raquo; sur la section adhérents du site :</p>
<p>Pourquoi bébé pleure-t-il ?<br />
Est-il souffrant, s’est-il blessé, fait-il juste un « caprice » ? Les parents sont souvent désorientés devant les pleurs de l’enfant quand ils n’ont pas une explication simple, et ceux qui les ignorent devraient peut-être se poser davantage de questions : combien d’enfants font-ils une paracentèse spontanée parce que personne ne se soucie de savoir si leurs cris proviennent d’une otite ?<br />
Un guide simple :<br />
-un bébé qui pleure les yeux fermés, serrés, souffre d’un problème intérieur : la vue ne lui sert à rien ; la fréquence de ses cris et la difficulté à le calmer reflète l’urgence du problème ; certains ont le bon réflexe de se tripoter l’endroit pénible, l’oreille en particulier ; pour les autres il faut examiner les tympans, la bouche, l’abdomen.<br />
-un bébé qui pleure les yeux entrouverts est en colère ; la stratégie tentée pour obtenir l’objet de son désir (une tétée, un jouet…) n’est pas un succès ; il revient à la plus simpliste : le cri ; mais il ne se coupe pas du monde : il veut en apercevoir le résultat.<br />
-un bébé qui pleure les yeux écarquillés a peur ; il a été agressé par une cause extérieure ; la vue est essentielle pour prévenir du retour de l’agression. Vérifiez l’entourage : objets dangereux, autres enfants présents, animaux, etc…</p>
<p>Bébé : pourquoi le câliner, le masser ?<br />
Avant tout parce que c&rsquo;est instinctif et que l&rsquo;instinct a toujours une nécessité ; il est heureusement soutenu par le fait que sa satisfaction nous apporte du plaisir : pas besoin de se forcer !<br />
Plus scientifiquement, bébé a besoin d&rsquo;un grand nombre de stimulations pour se développer, pour faire le tri dans les innombrables possibilités que lui offre son cerveau à la naissance, qu&rsquo;elles soient adéquates ou crétines (d&rsquo;où l&rsquo;adage : &laquo;&nbsp;Nous naissons tous fous, très peu le restent&nbsp;&raquo;). Les stimulations sensorielles sont les plus importantes car elles créent un lien efficace avec l&rsquo;extérieur. La vue est bien sûr un organe essentiel, mais peu discriminant à la naissance  trop de formes et de couleurs ; difficile d&rsquo;y comprendre quelque chose ; la vue &laquo;&nbsp;parle en chinois&nbsp;&raquo; au bébé. Le toucher, dont l&rsquo;importance diminuera par la suite, est un sens très important à ce stade, plus simple à analyser. Il est le premier à se développer pendant la vie foetale, entre la 8ème et la 14ème semaine après la conception. A la naissance, l’enfant est particulièrement réceptif à la stimulation par ce moyen.</p>
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		<title>Que sont les thérapies cognitives dans le modèle polyconscient ?</title>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2013 22:37:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>

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		<description><![CDATA[Leur succès se comprend très bien dans ce cadre puisqu’elles cherchent à modifier les «automatismes» subconscients à partir d’une rééducation consciente. Elles interviennent ainsi sur les vrais ressorts de nos décisions, puisque la conscience n’est pas réellement directrice. Les candidats à la thérapie cognitive se définissent d’après son idée forte : puisque la conscience de l’individu <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2013/05/22/que-sont-les-therapies-cognitives-dans-le-modele-polyconscient/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_1772" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2013/05/deprimer.jpg" alt="Améliorer sa conscience, c&#039;est aussi parfois déprimer…" width="300" height="240" class="size-full wp-image-1772" /><p class="wp-caption-text">Améliorer sa conscience, c&rsquo;est aussi parfois déprimer…</p></div>Leur succès se comprend très bien dans ce cadre puisqu’elles cherchent à modifier les «automatismes» subconscients à partir d’une rééducation consciente. Elles interviennent ainsi sur les vrais ressorts de nos décisions, puisque la conscience n’est pas réellement directrice.<br />
Les candidats à la thérapie cognitive se définissent d’après son idée forte : puisque la conscience de l’individu n’est pas spontanément capable de donner des consignes efficaces aux automatismes subconscients, remplaçons-la par un rétro-contrôle compétent défini d’après les études psychologiques sur le sujet. Votre anxiété est trop envahissante, aboutit à une dévalorisation du Soi ? Vous allez lui apprendre à se calmer, à n’aboyer que si un véritable danger survient.<br />
Les thérapies cognitives sont des outils précieux, auxquels on peut faire deux critiques :<br />
Les «automatismes» n’en sont pas vraiment : les processus subconscients sont certes plus frustres que la personnalité au complet, mais ont néanmoins été bâtis sur des routines neurologiques encore plus simplistes et possèdent une certaine sophistication. Ils <i>ont toujours eu une bonne raison</i> d’avoir été construits ainsi — même si des alternatives auraient pu être meilleures — et il faut avant tout savoir <i>pourquoi</i>, avant de proposer une autre conduite, plus <i>standard</i> et donc moins personnalisée.<br />
La thérapie cognitive n’améliore pas véritablement l’assurance puisqu’elle consiste à substituer des ordres issus de la recherche générale à un rétro-contrôle conscient déclaré incompétent chez l’individu. Son avantage est d’être applicable universellement quelque soit le niveau intellectuel du patient. Il serait préférable cependant que seule la théorie soit enseignée et que le plan des travaux à entreprendre sur le subconscient soit trouvé par le patient lui-même. Cela revient à éduquer le rétro-contrôle conscient, en défaut de maturité, et non à se substituer à lui. A l’évidence la thérapie cognitive montre la voie d’une telle éducation ; mais elle peut être considérée d’une façon trop religieuse et nuire à la diversité psychologique des personnes traitées.</p>
<p>En pratique ces techniques ne sont pas concurrentes de la psychanalyse : elles devraient y conduire. Elles sont davantage thérapeutiques que l’analyse, qui ne permet pas de prendre le contrôle de ses processus subconscients sauf si l’on a déjà un rétro-contrôle conscient compétent. Cependant leur effet secondaire à type de «clonage» comportemental peut être annulé efficacement par la connaissance de sa psychobiographie.</p>
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		<title>Les émotions sous l&#8217;oeil de la science</title>
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		<pubDate>Sat, 18 May 2013 05:56:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blinder Based Medecine]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce blog semble fermement engagé aux côtés des neurosciences pour autopsier l&#8217;esprit humain et établir les plans de son squelette. Jamais cependant la démarche n&#8217;a été, ici, réductrice ; la jonction que nous cherchons à établir entre l&#8217;axone du neurone et le tentacule de la conscience ne participe pas que d&#8217;une recherche biologique ; elle ressemble plutôt <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2013/05/18/les-emotions-sous-loeil-de-la-science/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1766" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><img class="size-full wp-image-1766" alt="« Laissez-moi ! Nous ne sommes pas du même monde… »" src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2013/05/conscience-et-neurone.jpg" width="300" height="182" /><p class="wp-caption-text">« Laissez-moi ! Nous ne sommes pas du même monde… »</p></div>
<p>Ce blog semble fermement engagé aux côtés des neurosciences pour autopsier l&rsquo;esprit humain et établir les plans de son squelette. Jamais cependant la démarche n&rsquo;a été, ici, réductrice ; la jonction que nous cherchons à établir entre l&rsquo;axone du neurone et le tentacule de la conscience ne participe pas que d&rsquo;une recherche biologique ; elle ressemble plutôt à la construction du chemin de fer transcontinental américain : deux compagnies rivales avancent, mais sont bien obligées au final d&rsquo;établir leur connexion.<br />
Pour en témoigner, voici un pamphlet vif sur les effets d&rsquo;un scientisme des émotions :<span id="more-1765"></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Émotions</strong></p>
<p>Elles sont éprouvées par chacun d&rsquo;une façon semblable à la perception des couleurs : très personnelle. Le scientifique pourtant, quand il veut étudier la visualisation des couleurs, a un grand avantage : le stimulus est externe, identique pour tous les individus, chiffrable : la couleur verte par exemple est centrée sur une longueur d&rsquo;onde de 530nm ; si quelqu&rsquo;un dit &laquo;&nbsp;bleu&nbsp;&raquo; à réception de ce stimulus, il est facile de le déclarer déviant. Rien de tel pour les émotions, qui sont endogènes. Chaque corps génère une sensation qui lui est particulière. Ne semble-t-il pas illusoire de chercher à l&rsquo;isoler dans des cases — peur, joie, tristesse, surprise… —, comme le fait le scientifique, et surtout de lui attribuer des propriétés constantes — valence, activation, dominance, imprévisibilité — ?</p>
<p>Heureusement il existe un lecteur relativement fiable des émotions d&rsquo;un individu : un collectif de ses congénères. En effet, l&rsquo;émotion est à la fois un rouage interne et un langage. Elle se construit et s&rsquo;éduque par l&rsquo;échange avec les émotions de l&rsquo;entourage. Si le plan génétique qui la crée est le même dans l&rsquo;espèce et qu&rsquo;elle s&rsquo;affine par mimétisme, on peut subodorer que sa fonction psychique sera la même. Ainsi, s&rsquo;il est impossible au scientifique <i>d&rsquo;éprouver</i> l&rsquo;émotion d&rsquo;un de ses cobayes, il peut la cerner par ses effets dans la personnalité et le comportement.</p>
<p>Ce qui rend le terrain mouvant pour la science est ailleurs : elle attribue des propriétés à des phénomènes endogènes au psychisme sans posséder de plan de l&rsquo;ensemble. Elle ressemble à un mécanicien enfermé dans la salle des machines d&rsquo;un grand voilier : il détermine que l&rsquo;endroit est humide et en fait une propriété intrinsèque à la cale, sans savoir que le navire est au beau milieu de l&rsquo;océan ; ou alors le moteur s&rsquo;arrête, et il conclue qu&rsquo;il existe une sécurité pour le refroidir, alors que le capitaine a trouvé un vent favorable et économise son fuel.</p>
<p>Les repères sont nécessaires à une étude scientifique, mais ils sont toujours entachés d&rsquo;intentions. Que le sujet de l&rsquo;étude ait une existence matérielle indépendante des intentions de l&rsquo;observateur et son &laquo;&nbsp;être&nbsp;&raquo; va dialoguer avec lui pour rectifier les repères erronés.</p>
<p>Mais la correction risque de ne pas s&rsquo;effectuer quand des intentions entreprennent de créer un modèle pour d&rsquo;autres intentions. Les &laquo;&nbsp;étudiées&nbsp;&raquo; risquent tout simplement d&rsquo;être colonisées par les &laquo;&nbsp;enquêtrices&nbsp;&raquo; et se mettre à fonctionner de la même façon.</p>
<p>C&rsquo;est un phénomène que l&rsquo;on peut déjà observer dans les pays où la panconscience est forte et les citoyens très attentifs aux modèles créés par la science : ils inclinent à vivre de la façon décrite, parce qu&rsquo;être sur l&rsquo;équilibre proposé semble le plus valorisant. Et la science peut se vanter de sa performance : elle n&rsquo;a plus de territoires mentaux vierges qui lui résistent, seulement des champs bien alignés et sagement cultivés par des paysans.</p>
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		<title>Fonction et oeuvre</title>
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		<pubDate>Sat, 18 May 2013 03:27:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>

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		<description><![CDATA[L’essentiel : les impasses évolutives du monde du travail ; analyse de la profession médicale. Ce que l’on appelle couramment travail recouvre deux entreprises fort différentes : la fonction et l’oeuvre. La fonction n’amène aucun bouleversement apparent quand nous l’exerçons ; c’est plutôt son interruption qui produit des effets, un défaut dans la continuité d’une tâche : un ouvrier sur <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2013/05/18/fonction-et-oeuvre/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’essentiel</strong> : les impasses évolutives du monde du travail ; analyse de la profession médicale.</p>
<p>Ce que l’on appelle couramment <i>travail</i> recouvre deux entreprises fort différentes : la <i>fonction</i> et <i>l’oeuvre</i>.<br />
La fonction n’amène aucun bouleversement apparent quand nous l’exerçons ; c’est plutôt son interruption qui produit des effets, un défaut dans la continuité d’une tâche : un ouvrier sur chaîne s’interrompt et le nombre de produits finis en sortie baisse ; une maîtresse de maison cesse le ménage et les pièces commencent à se remplir de saletés.<br />
L’oeuvre est une réalisation à valeur symbolique. Ce peut être un objet manufacturé sorti de nos mains propres, une oeuvre d’art, un livre biographique, la mise au point d’équations ou d’un système de pensée original, etc…<br />
Les pôles fonction et oeuvre sont d’attraction opposée ; l’oeuvre possède une forte charge de gratification positive, tandis que la fonction, simple moyen d’arriver à des fins plus valorisantes et assortie de contraintes, est un repoussoir négatif.<br />
La plupart de nos activités habituelles, cependant, sont un mélange de fonction et d’oeuvre. Une sculpture demande de longues heures de travail minutieux et répétitif. Le livre le plus pétillant d’inventivité qui soit nécessite des révisions fastidieuses pour devenir digeste à ses lecteurs. Elever un enfant est une répétition interminable de consignes et de conflits stériles oeuvrant à l’aboutissement d’un être unique.<br />
Pour compliquer encore les choses, nos aspirations individuelles éminemment variables font qu’une fonction pour l’un peut être une oeuvre pour l’autre et vice versa. Garder sa maison étincelante est pour la ménagère une oeuvre véritable, conservant sa motivation pendant des décennies ; tandis que le «monsieur qui écrit» paraît à la même ménagère doté de la simple fonction de remplir les rayonnages des bibliothèques, ce qui a pour elle une médiocre valeur symbolique.<span id="more-1759"></span></p>
<p>Jusqu’au siècle dernier l’identification de la fonction et de l’oeuvre ne posait guère de difficultés. Les métiers étaient bien campés, précis dans leurs objectifs. L’on perfectionnait sa fonction avec dans le collimateur une oeuvre aux formes identifiables, voire généreuses.<br />
Tout a éclaté. La cible proposée change tellement vite que garder la moindre chance de l’atteindre oblige à disposer d’un canon automatique à tir rapide ! La fonction, par entraînement, mute avec la même frénésie. Tous les deux ans, dans certains milieux professionnels, il faut quasiment jeter son expérience dans le fleuve de l’oubli et se dépêcher d’accrocher une autre perche sur le tire-fesses de la nouvelle économie.<br />
Les valeurs ont fondu dans la vaste conviction fusionnelle que rien n’est certain. Plus la science avance, plus nous fronçons le nez devant la crasse de notre ignorance passée, et nous inquiétons de ne pas en voir la fin, d’autant que pas une cervelle n’est désormais capable de contenir tout le savoir nécessaire. Faut-il coopérer avec des congénères ou faire confiance à la technologie pour en stocker le surplus ? Une question angoissante devient parfaitement réaliste : tout ce que nous entreprenons n’a-t-il pas déjà été fait ? Tout ce que nous pensons n’a-t-il pas déjà été pensé ?<br />
Comment, dans ces conditions, garder un peu de faconde à nos oeuvres ? L’illusion devient difficile à tenir. Si les symboles s’effondrent, que reste-t-il ? Seulement la fonction.</p>
<p>Nous voici au coeur de l’explication d’un phénomène étrange : le burn-out touche indifféremment toutes les professions.<br />
Le <i>burn-out</i> est le symptôme d’un effondrement de l’oeuvre au sein du psychisme qui l’a conçue. L’on s’attend logiquement à le voir apparaître parmi ces innombrables métiers issus du <i>processing</i>, auxquels le bon peuple ne parvient pas à déceler la moindre utilité, et qui font voyager l’information en tous sens comme les boules d’un flipper. Certes l’oeuvre, dans ces métiers, prend l’allure d’un fantôme abandonnant des fragments de brume électronique au sein des services qui se l’expédient ; mais sans doute faire une partie de flipper peut-elle devenir une oeuvre en soi ! Observons de plus que les outils de l’information sont tellement envahissants pour les psychismes qui les utilisent, qu’ils parviennent à occulter le désert d’oeuvre (1).<br />
Nous n’avons donc pas l’épidémie attendue de burn-out dans les nouveaux métiers de l’information aux objectifs instables ; au contraire, se mettent à craquer des professionnels auparavant peu exposés : médecins, enseignants, écrivains…<br />
Emettons l’hypothèse que l’explication est un vampirisme de l’oeuvre par la fonction, avec au final une agonie de l’oeuvre, déjà fragilisée par les évolutions rapides de société : elle peut être périmée alors même qu’elle est à peine en construction.</p>
<p>Un autre effet néfaste de la désagrégation de l’oeuvre est qu’elle est un élément majeur de la biographie et donc de la fermeté du Moi. D’après la bidirectionnalité en théorie polyconsciente, si l’évanouissement de l’oeuvre déçoit les attentes du Moi, il va également influencer son évolution pour qu’une telle attente s’éteigne. Elle devient enkystée, une lithiase psychique communément appelée névrose. Même pour notre ménagère qui fait de la fonction une oeuvre — la Maison Éternellement Propre —, la tâche devient difficile si elle change d’emploi tous les semestres.</p>
<p>Ce n’est pas inéluctable. En polyconscience, c’est le début d’un conflit entre les personae représentatives des mythes de l’oeuvre, et les autres, plus pragmatiques, renforcées par les avis du rétro-contrôle conscient : elles signalent que le contexte est trop instable pour parvenir à réaliser le projet initial. Une réaction est possible ; le noyau directeur polyconscient peut préférer s’accrocher fermement à ses objectifs initiaux, d’autant plus souvent que ses succès antérieurs lui ont bâti une assise solide.<br />
Encore faut-il qu’un tel conflit ait une chance d’apparaître. Les générations nouvelles risquent de ne même pas en apprendre l’existence ; elles se construiront sans le fil conducteur de l’oeuvre, ne pouvant percevoir les conséquences de son absence dans la continuité de la trame biographique.</p>
<p>Qu’en est-il des oeuvres coopératives, qui représentent une majorité croissante des entreprises contemporaines ?<br />
La coopération n’est naturelle que par contrainte. Elle masque un véritable échange de pouvoir ; nous l’achetons à ceux qui possèdent les compétences indisponibles, vendons nos propres capacités. Croire participer à une coopération «gracieuse» est en réalité définir un prix très bas, ou caché ; il s’agit par exemple de l’enseignement aux jeunes, ou la délégation à d’autres de tâches que l’on saurait entreprendre, mais l’on manque de disponibilité et il est avantageux de la transmettre sans que cela coûte en pouvoir personnel ; l’on en gagne même en tant que distributeur de la tâche.<br />
La coopération est encore naturelle quand elle concerne des oeuvres indépendantes ; par exemple le compagnon se procure la nourriture, la compagne élève la progéniture.<br />
Par contre, la coopération dans la réussite conjointe d’une oeuvre <i>n’est pas</i> naturelle, bien que les grandes compagnies tentent de reprogrammer génétiquement leurs cadres pour inverser cet état de fait. Les abeilles coopèrent dans l’oeuvre, inféodées au tyran héréditaire qu’est la reine. Les hommes, non. Comme les autres mammifères, ils sont davantage compétiteurs que coopératifs ; même parmi les espèces les plus sociables, la coopération l’emporte seulement quand l’action individuelle serait dramatiquement moins efficace — le guet, la chasse de grosses proies, la défense —.<br />
L’oeuvre coopérative, en effet, a un inconvénient de taille : lorsque le succès est atteint, récompense et gain de pouvoir sont à <i>partager</i>. Aïe ! Matière à conflit. Certains font bonne figure, mais n’en maugréent pas moins ; une promotion concerne l’un plutôt que l’autre pour des différences futiles ou suspectes.<br />
En fait la coopération fonctionne surtout pour des gratifications élevées à probabilité de réalisation faible. Il s’agit d’idéaux quasi-mythiques, objet d’une forte sublimation : libérer un peuple, rendre les gens égaux, sauver la planète d’une catastrophe écologique, répandre universellement la parole divine… Le but existe mais il est hypothétique qu’il se réalise du vivant de l’idéaliste ; le caractère exceptionnel de la tâche rend sa sublimation aisée ; la coopération est facilitée par l’absence de récompense matérielle prochaine : rien à partager ; aucune redistribution de pouvoirs à prévoir ; ils sont pré-établis à l’entrée dans le projet, avec des gains de carrière assez prévisibles. Plus l’objectif est idéalisé, plus la charge de pouvoir espérée semble pouvoir satisfaire tous les appétits ; mais, également, plus l’idéal est hypothétique, moins les négociations du partage sont difficiles.</p>
<p>La fonction serait-elle dénuée d’intérêt ?<br />
Non, le partage de récompense entre fonction et oeuvre est plus nuancé qu’il n’y paraît. Pour le comprendre, rappelons un principe essentiel : la fonction change l’homme. Omniprésent principe de bidirectionnalité. Le travail est aussi un travail sur soi-même. La fonction est donc, initialement, une oeuvre de sculpture du Soi. Peu importe qu’elle ne donne pas de résultats rapides et probants ; c’est la période d’apprentissage, statu quo que nous fait supporter notre faculté d’anticipation ; elle sert à préciser les contours de l’oeuvre future et à conforter l’idée qu’elle nous est accessible, tandis que notre ignorance régresse.<br />
Ce peut être aussi le moment d’un conflit crucial : l’oeuvre qui se dévoile n’est pas, pour l’aspirant, celle espérée. La transition de l’idéal à la réalité débarrassée d’oeillères peut être progressive ou brutale ; certains étudiants ne s’en remettent pas.<br />
Autre impasse, en fin de carrière cette fois : il est fréquent que la fonction soit poursuivie parce qu’elle comporte des avantages matériels significatifs, alors que l’oeuvre dessinée a perdu tout panache. La rigidité du cadre social est le principal responsable, traçant des rails trop directifs aux carrières et les stoppant au rude butoir de la retraite.</p>
<p><div id="attachment_1761" class="wp-caption alignright" style="width: 410px"><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2013/05/MMT.jpg" alt="Médecin Maître Toile" width="400" height="370" class="size-full wp-image-1761" /><p class="wp-caption-text">Médecin Maître Toile</p></div><br />
Examinons la situation de la profession médicale :<br />
L’oeuvre projetée est une mosaïque d’objectifs en relation : faire partie d’une élite intellectuelle authentifiée par un concours, obtenir un statut matériel privilégié, sauver des vies humaines, être parent universel en tant que médecin de famille, être encore en charge de son destin si son propre organisme vient à défaillir… La fonction est extrêmement complexe et suffit à entretenir la motivation pendant de longues années. Cependant l’oeuvre dévoile parfois des côtés inattendus pour certains étudiants : il faut palper les gens, supporter leur odeur, leurs réactions d’humeur, bref être confronté de fort près à tous les genres d’humanité. Quand la surprise est trop forte, l’on se dépêche de bifurquer vers la recherche, la médecine exclusivement technique ou administrative, où jamais un interlocuteur n’aura l’indécence d’exposer l’intégralité de sa surface cutanée ! Pour d’autres, la surprise vient du statut matériel du praticien, pas si élevé qu’annoncé. Transformer les usagers du cabinet en clients rémunérateurs, alors, a la priorité sur en faire des non-malades. Pour d’autres, enfin, l’espoir de voir une file de malheureux souffrants transformée en solide chaîne d’organismes rétablis est déçu ; beaucoup de gens sont davantage intéressés à rester un peu souffrants, parce qu’ils existent mieux ainsi. Les fonctions du médecin sont plus utiles que son oeuvre. De guérisseur, la praticien se retrouve à exercer le métier de conseiller conjugal, de surveillant tensionnel, de placebothérapeute ou même de psy de la relation complexe avec l’animal favori…<br />
Si l’oeuvre est éloignée de celle imaginée, la fin des modifications provoquée sur soi par la fonction peut être la fin de tout intérêt pour l’oeuvre. C’est le blues de nombreux médecins de la maturité, qui s’estiment devenus greffiers d’un carnet de santé davantage que soignants.</p>
<p>Le drame de la profession médicale est celui-ci : elle est l’une de celles qui pourrait le mieux auto-gérer ses carrières, les libérer et les enchanter, parce qu’elle a une position très forte au sein des autres superconsciences. Malheureusement elle est aussi l’une des castes les moins coordonnées et les plus conservatrices, mélange désastreux pour qui veut intervenir sur son destin. Ne s’étant jamais emparée coopérativement des problèmes entachant son oeuvre, elle l’a abandonnée à des technocrates préoccupés de sa seule fonction.</p>
<p>Soyons pragmatiques : si défaut d’oeuvre il y a, il faut s’en construire une autre. Enseignons, écrivons, façonnons… Ce n’est pas le champ qui manque à dériver des fonctions aussi complexes que le diagnostic et la thérapeutique vers des objectifs plus nexialistes.<br />
De quoi s’agit-il ? L’article est déjà long. Un autre traitera de l’introduction du nexialisme dans le monde du travail. Manifestez votre intérêt !</p>
<p>(1) Je me risquerais à un jeu de mots difficile : <i>Au menu Windows, l’écran plat (bourré) de résistances masque le hors d’Oeuvre</i>.</p>
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		<title>Y a-t-il des moyens efficaces d’augmenter ses performances intellectuelles pour un examen ?</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 03:53:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Presse]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>

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		<description><![CDATA[La parution d’un dossier sur le sujet par Science&#038;Avenir me fait ressortir cet article écrit il y a plusieurs années mais que, par distraction, je n’avais pas envoyé sur le blog. Il n’y a rien à y changer et il est plus avancé que son homologue de Science&#038;Avenir, s’appuyant sur des théories neuroscientifiques de l’esprit <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2013/05/15/y-a-t-il-des-moyens-efficaces-daugmenter-ses-performances-intellectuelles-pour-un-examen-2/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2013/05/trouvez-x1.jpg" alt="trouvez-x" width="200" height="134" class="alignright size-full wp-image-1754" />La parution d’un dossier sur le sujet par Science&#038;Avenir me fait ressortir cet article écrit il y a plusieurs années mais que, par distraction, je n’avais pas envoyé sur le blog. Il n’y a rien à y changer et il est plus avancé que son homologue de Science&#038;Avenir, s’appuyant sur des théories neuroscientifiques de l’esprit plus précises, et abordant les techniques non médicamenteuses.</p>
<p>Cette grande question passionne tous les parents d’étudiants&#8230; et les étudiants eux-mêmes, mais ceux qui s’y intéressent trop devraient s’en demander les raisons: ne faut-il pas travailler la confiance en soi plutôt que stimuler son intellect ? Ne voudrait-on pas remplacer les données essentielles à ingurgiter par une gelule qui n’en contient aucune ?</p>
<p>Avant d’aborder les méthodes de stimulation, voici quelques réflexions générales qui sont probablement en vérité tout ce que vous avez besoin de lire de l’article :<span id="more-1748"></span><br />
Les capacités intellectuelles proviennent d’un patient tissage de leur support physique, neuronal. Nous naissons avec un réseau de connexions capable d’établir n’importe quel comportement, adapté ou catastrophique, capable de générer n’importe quelle idée, géniale ou saugrenue. Le test minutieux de toutes les alternatives face à l’environnement spécifique que nous rencontrons est ce qui produit l’individu unique que nous sommes.<br />
Une physiologie normale du système nerveux est nécessaire à une construction correcte du psychisme. La biologie est un ensemble d’équilibres choisi par la nature pour leur performance. Qu’il soit perturbé et la programmation du psychisme se fera dans de moins bonnes conditions. Ceci nous amène à un principe essentiel : il faut corriger des <i>anomalies</i> biologiques, susceptibles de causer des maladies psychiatriques, mais jouer à l’apprenti sorcier sur les équilibres, par exemple en augmentant les neuro-médiateurs les plus stimulants en pensant améliorer la performance intellectuelle, a toutes les chances au contraire de créer un dysfonctionnement global et de diminuer la performance sur le moyen terme même si l’on semble très « éveillé » sur le court terme.<br />
Il n’existe pas de molécule de l’intelligence ; il existe simplement des substances médiant certains aspects du fonctionnement psychique — l’attention, la vigilance, le stress, l’endormissement —. Mais sans théorie conceptuelle claire du fonctionnement de l’ensemble du psychisme, en tripatouillant un aspect on va en dérégler d’autres. Le sommeil a une utilité. La digestion mentale et la génération d’alternatives que représente l’activité cérébrale nocturne est essentielle. Par exemple une étude sur le modafinil — molécule « de l’éveil », stimulant la sécrétion de l’histamine, le neurotransmetteur impliqué dans le système veille/sommeil — montre que ce médicament annule l’aptitude à corriger ses erreurs : l’on ne dort plus mais l’on ne sait plus corriger les décisions péjoratives prises auparavant. Sachant que c’est la drogue des traders, on peut se demander si elle n’a pas été responsable du dernier krach boursier !</p>
<p>La deuxième réflexion générale est que le meilleur stimulant intellectuel est le stress. Il s’agit là de la méthode la plus naturelle pour placer la biologie dans l&rsquo;ordre de marche le plus adapté à répondre à une situation de défi. Le stress, pour un examen écrit, permettra de tirer le maximum des connaissances disponibles. Il ne peut bien sûr les inventer. Inutile donc de prendre des beta-bloquants ou des relaxants dans ce contexte.<br />
C’est fort différent pour un oral. Le trac est capable de désynchroniser totalement la pensée, le langage et l’action. Votre discours est là, parfaitement clair dans l’esprit, et sa communication est pitoyable. Le stress paralyse temporairement vos automatismes <i>parce qu’on ne peut plus leur faire confiance</i>. Votre fluidité s’en ressent nettement. Il faut se tester au préalable dans une telle situation. Si le trac est sévère, il est judicieux, ici, de prendre un beta-bloquant (attention aux contre-indications) ou un anxiolytique léger. Vérifiez toujours le résultat avant d’arriver devant un examinateur ! De nombreuses méthodes non médicamenteuses existent pour gérer son trac. Mais voyez donc que, pour un étudiant, les relaxants sont sans doute plus utiles que les stimulants.</p>
<p>Dans les effets rapportés par les « potes » intervient une part considérable d’auto-suggestion. Le pire est qu’ils n’ont pas l’impression de se mentir : le jugement de l’effet stimulant est établi par un psychisme… lui-même fortement azimuté ! Vous savez fort bien qu’après quelques verres d’alcool tout le monde se sent génial… et est considéré comme génial par… les compagnons de beuverie uniquement. L’atterrissage est difficile, et l’on ne peut persister dans cette voie qu’en occultant soigneusement les détails du merveilleux épisode éthanolisé, ne gardant que la <i>sensation</i> agréable.<br />
C’est la même chose pour tous les psychostimulants, amphétamines, cocaïne, et même l’adrénaline : on se sent très fort, très perceptif… en réalité on n’est pas plus intelligent. C’est essentiellement notre jugement objectif qui est altéré. Or l’examinateur ne sera pas très sensible à notre conviction… à moins qu’il ait sniffé une ligne lui aussi !</p>
<p>Enfin pour en finir avec les réflexions générales, s’il existe un psychostimulant efficace, il s’accompagne forcément d’une dépendance… à l’effet. L’alcool, encore une fois, en est un parfait exemple : nous espérons replonger profondément, dès le prochain soir, dans le bien-être et l’impression de puissance apportée par la drogue. La vie réelle devient terne, dépourvue d’attraits. Idem pour les anxiolytiques, les anti-dépresseurs et tous les psychotropes : si l’humeur qu’ils apportent est séduisante, pourquoi retourner à l’état antérieur. Ils sont un piège, car l’esprit fonctionne sur des contrastes ; l’effet de toutes ces substances devient lassant ; l’on garde une dépendance, parfois devenue véritablement physique, et le bénéfice a disparu. Comme l’on ne s’est guère préoccupé d’améliorer ses compétences réelles, les objectifs sont encore plus difficiles à atteindre qu’auparavant. La cigale constate que la bise glaciale est venue.</p>
<p><b>Méthodes non médicamenteuses</b></p>
<p>Dans un examen comptent les connaissances brutes d’une part, leur mise en forme d’autre part.<br />
La connaissance est, incontournablement, une mémorisation, bien qu’elle puisse devenir une déduction — mais ceux qui en sont capables n’ont pas besoin d’améliorer leurs performances —. Quelques trucs, musicothérapie, dictaphone sous l’oreiller, peuvent faciliter la mémorisation.</p>
<p>La mise en forme est essentielle, particulièrement à l’oral, mais aussi à l’écrit.<br />
Le « par-coeur » devient parfois suspect pour le correcteur, donnant l’impression d’avoir déjà lu ça quelque part, laissant planer le doute d’une tricherie.<br />
Le vrai savoir est une <i>reformulation</i>. C’est pourquoi améliorer son esprit d’analyse est aussi important (et même plus important pour l’avenir) que stocker des connaissances brutes. L’analyse permet quasiment à elle seule de s’en sortir dans des questions à choix multiple, tandis que les questions rédactionnelles laissent franchement transparaître les lacunes de connaissances.<br />
L’esprit d’analyse est moins facile à travailler que la mémoire. Lisez beaucoup de commentaires d’ouvrages, au moins autant que les ouvrages eux-mêmes.</p>
<p>L’autre point essentiel de la mise en forme, manifeste à l’oral, est votre aisance dans votre présentation.<br />
Il est nécessaire de faire un petit travail sur soi-même, pas évident quand on est adolescent : comment les autres me voient-ils ?<br />
Je suis timide ? N’aurais-je pas intérêt à faire une année de théâtre pour me glisser facilement dans la peau d’un personnage un peu plus extraverti ?<br />
Je suis volubile ? Je devrais me filmer pour réaliser à quel point ma cadence est étourdissante et m’obliger à faire des pauses.</p>
<p>La musicothérapie<br />
La musique ne rend pas plus intelligent, mais plus performant si elle est utilisée soit comme fixateur de mémoire, par associations, soit comme stimulus juste avant un examen.<br />
Notons qu’une étude californienne de 1993 disait qu’un groupe de 36 adolescents avait obtenu de meilleurs résultats à des tests de raisonnement après avoir écouté la Sonate pour deux pianos en ré majeur de Mozart que ceux qui avaient écouté autre chose ou étaient simplement restés dans une salle silencieuse. Cette étude a été corrigée par d’autres, qui ont montré sur près de 3000 cas que le type de musique n’a pas d’importance, que ce n’est pas le raisonnement qui est amélioré mais l’ensemble global des performances, par une stimulation de la mémoire et de l’attention.</p>
<p>Le dictaphone sous l’oreiller<br />
Cette méthode d’auto-endoctrinement est très vantée par certains : vous enregistrez vos cours sur un dictaphone et il vous les restitue la nuit pendant une période de profond sommeil. Il n’y a aucun obstacle théorique pour que ça marche. Il y a une partie importante de notre mémoire à laquelle nous n’avons pas accès consciemment. Cet apprentissage deviendra-t-il plus présent à notre réveil ? Vous pouvez le tester sans risque. Pas d’effet secondaire chimique à craindre. Le temps passé à enregistrer les cours est déjà du travail de révision en lui-même.</p>
<p><b>Psychotropes</b></p>
<p>La Ritaline<br />
L’indication médicale officielle est la régulation de l’humeur chez l’enfant hyperactif. Plutôt un calmant alors ?<br />
En fait la Ritaline est une amphétamine, groupe de substances bien plus connues pour leurs effets psychostimulants.<br />
La Ritaline est bien stimulante à petite dose, tandis qu’elle diminue l’énervement à plus forte dose.<br />
Les étudiants anglo-saxons n’ont pas attendu longtemps pour découvrir son intérêt, au point qu’un débat est paru dans le British Medical Journal en 2010, opposant un médecin « sécuritaire », qui met en garde contre les dangers d’une utilisation large de ce médicament sans vision sur le long terme, et un médecin « libéral », qui demande, à l’ère où l’on comprend de mieux en mieux la neurobiologie, s’il faut s’empêcher de bricoler tout ça et d’en faire profiter nos enfants, sous prétexte que ce ne serait pas « naturel ».<br />
Les arguments semblent tenir la route de part et d’autre et vous devez vous faire votre propre opinion. Mais le libéral se fourvoie de deux façons : la connaissance de la physiologie est actuellement bien trop sommaire pour que l’on puisse profiter de ses découvertes ; et comme nous l’avons dit précédemment, aucun médicament ne peut améliorer une construction psychique ; sans doute sont-ils plus utiles pour aider à déconstruire un psychisme boîteux.<br />
Sachez simplement que les effets de la Ritaline, dans ma propre expérience, sont liés à la dose, et qu’il n’y a pas de dépendance physique ; simplement le bénéfice disparaît aussi ; on souhaite le retrouver&#8230; Son utilisation comme psychostimulant occasionnel est sans doute éthiquement moins discutable que comme « camisole chimique » comme le font les parents américains qui n’ont plus le droit de mettre des claques&#8230;, ou comme « égalisateur social » pour les enfants moins performants à l’école, un effet illusoire.</p>
<p>La caféine<br />
Stimulant le plus largement accepté dans notre culture, auquel on cherche des inconvénients depuis longtemps sans en trouver, il doit quand même être utilisé à bon escient, c’est-à-dire quand on en a besoin, sinon les accrocs du café ressentent surtout son absence qu’une stimulation au quotidien.<br />
On peut donc utiliser une des boissons « énergétisantes » dont l’ingrédient essentiel est une forte dose de caféine juste avant un examen, les autres constituants étant des quasi-placebos installés là par le marketing.</p>
<p>A part<br />
La cocaïne a des effets psychostimulants démontrés mais le risque de dépendance ne peut la faire recommander, même si l’on faisait abstraction de son illégalité&#8230; Cf la discussion ci-dessus.<br />
Les amphétamines autres que la Ritaline ont les mêmes effets stimulants ; toutes sont normalement impossibles à se procurer légalement, et c’est justifié par le fait que leur principal intérêt est le traitement de pathologies psychiatriques, et qu’elles sont plutôt des placebos pour les autres, pas dénués d’effets secondaires potentiels, ce qui est un comble pour un placebo.</p>
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		<title>Château d&#8217;Ô</title>
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		<pubDate>Mon, 06 May 2013 20:31:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>

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		<description><![CDATA[Un jour que Dieu se promenait sur la plage, il trouva l’endroit bien désert et monotone. Il dit aux grains de sable : «Faites un concours de châteaux !». Et les grains se juchèrent les uns sur les autres, s’organisant comme ils pouvaient, comme cela venait, avec leur frustre expérience, commençant par construire de vagues éminences, puis <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2013/05/07/chateau-do/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Un jour que Dieu se promenait sur la plage, il trouva l’endroit bien désert et monotone. Il dit aux grains de sable : «Faites un concours de châteaux !». Et les grains se juchèrent les uns sur les autres, s’organisant comme ils pouvaient, comme cela venait, avec leur frustre expérience, commençant par construire de vagues éminences, puis affinant les formes, sculptant, ajoutant des étages et des ornements, jusqu’à établir des milliers d’édifices étonnants.<br />
Tous constitués des mêmes grains de sable, pas un château n’était semblable. Dieu était satisfait. Chaque jour il déambulait à travers la plage paradisiaque constamment transformée par les créatures de sable. Elles percevaient sa présence sans le voir.<br />
Un matin, l’une d’elles termina de fabriquer une extension extraordinairement évoluée. Un <i>oeil</i>. Qui s’ouvrit…</p>
<p><i>Dieu courut mettre un pagne…</i></p>
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		<title>Comment gérer la maladie anxieuse ?</title>
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		<pubDate>Sun, 05 May 2013 05:41:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>

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		<description><![CDATA[Nos premiers cris, peu après avoir ouvert les yeux, ne sont pas le signe d’une dépendance, mais bien au contraire de la première tentative d’établir une maîtrise sur le monde, suggérée par l’instinct, cet ensemble de réflexes déjà remarquablement élaborés mis en place par l’évolution. Si le cri amène la satisfaction d’un besoin — le plus <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2013/05/05/comment-gerer-la-maladie-anxieuse/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Nos premiers cris, peu après avoir ouvert les yeux, ne sont pas le signe d’une dépendance, mais bien au contraire de la <em>première tentative d’établir une maîtrise sur le monde</em>, suggérée par l’instinct, cet ensemble de réflexes déjà remarquablement élaborés mis en place par l’évolution. Si le cri amène la satisfaction d’un besoin — le plus urgent étant la satisfaction d’une fringale —, notre assurance grimpe d’un palier fort important. Le rétro-contrôle conscient va laisser du champ libre à notre initiative. Si par malheur la tentative échoue, que la satisfaction se fait attendre voire qu’une punition survient, c’est au contraire une anxiété exacerbée qui se met définitivement en place.<br />
<img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2013/05/anxiete.jpg" alt="anxiete" width="300" height="304" class="alignleft size-full wp-image-1739" /> Le pire n’est sans doute pas un refus systématique, comme peut le faire une mère colérique : cela nous oblige à un comportement différent, qui menace certainement notre tendresse envers le monde mais pas notre assurance : d’une façon moins adoubée par la morale, nous <em>avons néanmoins trouvé une conduite adaptative</em>. Le pire est un résultat imprévisible de nos tentatives, obtenu auprès d’un parent lui-même incertain et inquiet. Le monde apparaît chaotique ; impossible d’en établir une représentation. Dès lors nous risquons, toute une vie durant, d’avancer à pas comptés.</p>
<p>Quand j’explique cette théorie à un anxieux, ce n’est pas pour l’encourager à cesser de s’inquiéter, <span id="more-1736"></span>mais à créer de l’inquiétude <em>utile</em>. C’est une affaire de réglage de volume. Quand celui de l’anxiété est trop fort, la personne perd la <em>gradation</em> des niveaux d’inquiétude en fonction de la gravité des problèmes rencontrés. Il est bénéfique de revenir à l’anxiété «zéro» (la fameuse <em>détente</em>), mais il faut également reconstruire une échelle d’inquiétude, par exemple en étudiant une variété suffisante d’histoires étrangères à soi et en les chiffrant sur une réglette d’évaluation analogue à celle de la douleur.<br />
Une grande prudence est également nécessaire vis à vis de l’information médiatisée, à laquelle il faut appliquer le même traitement. Cette industrie est en effet la plus grosse usine de production de maladies anxieuses ; ses informations sont utiles aux «stables», tandis que l’anxieux devient vite accroc, halluciné et malade sous un flux d’avertissements bien plus abondant qu’il ne peut digérer.</p>
<p>En pratique, la théorie de la prime enfance est importante à connaître car elle explique que la difficulté à maîtriser son anxiété est <em>biologique</em> et non seulement psychologique. La différence est un tatouage d’une profondeur bien supérieure, sur lequel la meilleure volonté du monde semble avoir du mal à agir, comme si nous tentions de modifier par l’approche psychologique le mécanisme d’un réflexe sphinctérien.<br />
La science rappelle constamment que la biologie trace les sillons de la psychologie. Par exemple, l’anxiété pour un évènement varie énormément selon son contexte et sa distance, selon des modalités évolutives plutôt que rationnelles. 165 étudiants ont été questionnés en 97 sur l&rsquo;administration de traitements médicaux vitaux pour trois groupes de malades promis à une mort certaine. Les groupes étaient de taille différente. Stupeur : les interrogés ont préféré sauver 10 000 vies du premier groupe de 15 000 malades condamnés, plutôt que d&rsquo;épargner 15 000 vies parmi les 160 000 du 2è groupe, ou les 20 000 au milieu des 290 000 mourants du 3è groupe. A mesure qu’une catastrophe prend de l&rsquo;ampleur, inquiétude et compassion s&rsquo;effondrent. «La mort d&rsquo;un homme est une tragédie, celle d&rsquo;un million d&rsquo;hommes est une statistique».</p>
<p>Notre anxiété est une programmation évolutive visant à l’efficience, recentrée sur le présent et l’environnement immédiat. Que celui-ci soit imprévisible à la naissance et apparaît une anxiété exacerbée, inadaptée aux informations calibrées pour des «normo-anxieux», gravée dans les couches les plus profondes de la personnalité.<br />
Cependant les méthodes cognitives permettent de s’insinuer très loin dans ces abysses inconscientes. Certains arrivent bien à contrôler leur rythme cardiaque ou leur température cutanée ; l’anxiété est située nettement plus haut dans l’édifice des processus neuronaux. La simple connaissance de ce tatouage anormal est la voie à un rétro-contrôle efficace par une volonté attentive.</p>
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		<title>Le recul de la mort : l&#8217;immortalité à brève échéance ?</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Mar 2013 04:19:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Santé et société]]></category>

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		<description><![CDATA[Peut-être avez-vous écouté cette conférence de Laurent Alexandre, le fondateur de Doctissimo, qui a fait grand bruit : « Le recul de la mort : l’immortalité à brève échéance? » Rien de nouveau pour les gens bien informés. Nous pourrions même dire les choses plus simplement : l’être humain est programmé génétiquement pour mourir, par le ralentissement des processus <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2013/03/25/le-recul-de-la-mort-limmortalite-a-breve-echeance/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-être avez-vous écouté cette conférence de Laurent Alexandre, le fondateur de Doctissimo, qui a fait grand bruit : <a href="http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&amp;v=KGD-7M7iYzs">« Le recul de la mort : l’immortalité à brève échéance? »</a></p>
<p><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2013/03/Turritopsis-nutricula.jpg" alt="Turritopsis-nutricula" width="300" height="227" class="alignright size-full wp-image-1727" />Rien de nouveau pour les gens bien informés. Nous pourrions même dire les choses plus simplement : l’être humain est programmé génétiquement pour mourir, par le ralentissement des processus de renouvellement, et par le biais du cancer en particulier (L.A. se trompe là-dessus : ce n&rsquo;est pas 1 personne sur 4 qui fera un cancer, mais toutes… si une autre défaillance ne les emporte pas avant). Comme il est probable que nous serons prochainement capables de bricoler nos gènes, nous pourrons inhiber ceux qui nous empêchent de nous réparer. L&rsquo;immortalité est là, et cela fait une quinzaine d&rsquo;années qu’elle est sortie du domaine de l’impossible. Elle existe déjà dans la nature : une méduse caraïbe est capable de contrôler ses gènes pour revenir à l’état de spore si les conditions locales ne sont pas favorables. Imaginez : notre vie est ratée, alors nous décidons de redevenir bébé et de nous faire adopter dans une autre famille !</p>
<p><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2013/03/immortel.jpg" alt="immortel" width="200" height="169" class="alignleft size-full wp-image-1729" /> Autrement intéressante, et non abordée, est la question de savoir ce qu&rsquo;on va faire de l&rsquo;immortalité :<br />
C&rsquo;est une menace : allons-nous barrer la route au processus qui a construit notre humanité : l’auto-organisation ? Nous l’empêcherons de tester, de contourner, de progresser. Nous cherchons bien entendu à améliorer le sort des individus, mais avec déjà en tête une idée précise de ce qu’il devrait être. Nous ne voulons pas de l’avenir mystérieux promis par l’auto-organisation. Car nous avons une trouille terrible de l’inconnu. En témoigne le principe de précaution. Le pouvoir de l’humanité est devenu gériatrique. Son destin va-t-il l’être aussi ? Qui peut croire, dans ces conditions, que l’allongement de la vie fasse le bonheur de nos (futurs) semblables ? Nous nous enfonçons dans un avenir matriciel.</p>
<p>Enfin, en pratique, Alexandre, avec sa grandiloquence naïve, pourrit la vie des soignants et des malades : comment accepter, quand on entend ce genre de choses, de souffrir d&rsquo;un cancer et de ne rien pouvoir y faire, en 2013 ?…</p>
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		<title>Une nouvelle philosophie de l&#8217;inflammation</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Mar 2013 02:34:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouveautés du site]]></category>
		<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce post est, comme tant d’autres ici, iconoclaste et spéculatif. Cependant il s’appuie sur des notions scientifiques bien établies, et s’il s’avère juste… alors le mode de prescription actuel des anti-inflammatoires est largement erroné. L’inflammation, processus diabolique et terriblement pénible dans l’imaginaire des patients, est en fait un mécanisme indispensable de cicatrisation et de réparation. <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2013/03/23/une-nouvelle-philosophie-de-linflammation/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ce post est, comme tant d’autres ici, iconoclaste et spéculatif. Cependant il s’appuie sur des notions scientifiques bien établies, et s’il s’avère juste… alors le mode de prescription actuel des anti-inflammatoires est largement erroné. <span id="more-1721"></span></p>
<p>L’inflammation, processus diabolique et terriblement pénible dans l’imaginaire des patients, est en fait un mécanisme indispensable de cicatrisation et de réparation. Il se décompose en plusieurs phases : résorption des tissus lésés, fabrication d’un tissu cicatriciel de transition riche en fibres dures, réparation finale avec retour de l’élasticité. Une inflammation normale <i>doit</i> voir ces étapes se succéder ; si l’une d’elles perdure, la restauration échoue.</p>
<p>Les causes d’échec sont de deux ordres :<br />
- soit de nouveaux dégâts surviennent, avant que l’intégrité des tissus soit satisfaisante ; généralement il s’agit d’un contexte de fonctionnement défavorable qui persiste,<br />
- soit la réparation n’est pas suffisamment active ; des contraintes normales, largement inférieures à l’agressivité du traumatisme initial, deviennent excessives pour le tissu concerné.<br />
A part, citons les inflammations anormales, rhumatismales, où le processus se dérègle et s’attaque à des tissus sains. Il ne s’arrête pas, puisque sa cible est <i>toujours là</i>.</p>
<p>Pour le profane, inflammation et douleur sont amalgamées indissociablement à la <i>lésion</i>. En réalité ce sont des notions très différentes ; de plus, elles n’ont rien des ennemies que nous redoutons. L’inflammation est le <i>mécanisme éboueur et guérisseur</i>, démarrant avant la douleur et perdurant bien après sa disparition. La douleur est le <i>signal sensoriel</i> indiquant la nécessité de protéger l’endroit. Comme tous les autres sens, c’est un incitateur de comportement extrêmement utile. Prendre conscience de sa valeur permet d’en tolérer bien plus facilement les côtés désagréables. Si la douleur a mauvaise réputation, c’est à cause de son association étroite à l’état de maladie, aux incertitudes qui l’entourent, à l’attaque contre la forteresse sacrée de la « bonne santé », plus vitale encore de nos jours qu’à l’époque où elle s’effondrait plusieurs décennies plus tôt. Nous savons tous, d’ailleurs, qu’une douleur modeste devient vite insupportable quand on s’interroge en vain sur son origine et son devenir. Un violent coup de tibia dans une porte n’entame guère notre entrain, alors que la douleur est vive ; heureusement nous savons qu’elle aura disparu dans quelques jours. Tandis qu’un point vertébral, incompréhensible, persistant sans motif, devient un dard à retirer d’urgence.</p>
<p>La douleur est donc un « conseiller » du processus de guérison. Elle facilite la réussite de l’inflammation : aiguë quand il ne faut pas bouger, décroissante quand la fonction peut reprendre. Encore faut-il le percevoir, et parfois le discours médical outrepasse la sensation correcte que l’on peut faire redémarrer l’activité. L’excès contraire est la reprise de tâches imposées, par une machine, un véhicule, des charges, sans que l’on puisse y adapter notre aptitude encore fragile. Le principe d’un arrêt complet du travail et d’une reprise brutale est une hérésie pour la consolidation des lésions. Les travailleurs au comportement le plus judicieux sont les artisans et les libéraux : non rémunérés, ils restent le moins possible sans activité, mais la reprennent avec prudence pour préserver leur aptitude.</p>
<p>Quand la douleur est mauvaise conseillère, parce qu’elle est trop intense, trop permanente, située au mauvais endroit (douleur « projetée » telle que la sciatique), il faut l’ignorer, à l’aide d’antalgiques purs et non pas d’anti-inflammatoires, puisque c’est la douleur qui est source de pénibilité et non l’inflammation elle-même (1). Cette confusion est à l’origine de multiples prescriptions inadéquates. En réduisant l’inflammation en effet, on gêne le processus de réparation, qui risque de ne pas aboutir. Seuls les antalgiques sont nécessaires, jusqu’au moment où la douleur redevient tolérable et surtout intermittente, c’est-à-dire qu’elle reprend son rôle de conseiller efficace : il s’agit de réfléchir attentivement à ce qui la réveille et tâcher de l’esquiver.</p>
<p>Autant l’inflammation aiguë est l’initiation incontournable d’une cicatrisation efficace, autant l’inflammation qui perdure est une catastrophe locale. La phase aiguë, en effet, est une activité destructrice : des cellules éboueuses arrivent par camions entiers, dispersent des jets acides sur le site. Les enzymes se précipitent sur les débris tissulaires pour un festin glouton. Pour être bénéfique, ce nettoyage doit être le plus bref possible. Les tissus sains, vous le devinez, sont tout sauf ravis. Soumis à la même agression que les ordures, ils sont menacés eux aussi, si ça traîne, de finir à la décharge publique.</p>
<p>C’est bien ce qui survient, par exemple, dans une articulation arthrosique chargée de débris. Si ceux-ci ne sont pas évacués rapidement, les enzymes continuent leur méchant travail et sapent le cartilage restant. Au point que certains voudraient faire de l’arthrose une maladie auto-immune, c’est-à-dire un organisme agressant ses propres tissus. Le cartilage est effectivement totalement résorbé, dans la forme dite « arthrose destructrice rapide », mais parce que l’abondance d’enzymes et de cellules dirigées contre le cartilage ne permet jamais que sa dégradation s’interrompe. La thérapeutique la plus efficace, dans ces conditions, est le lavage articulaire, suivi d’anti-inflammatoires puissants (Hexatrione) de façon à calmer l’emballement.</p>
<p>Un autre exemple est la sciatique, malheureuse racine nerveuse plongée dans le feu d’une inflammation ardente entourant la hernie discale et tentant de la résorber. Le sciatique supplie le chirurgien de le sortir de l’enfer. Certes, son propriétaire n’est pas à la fête. Sachez pourtant que les sciatiques les plus aiguës sont celles qui guérissent le plus complètement ; ces hernies ont disparu du scanner de contrôle quelques mois plus tard. Le problème de ces sciatiques est que la douleur est telle, qu’elle empêche de tolérer l’inflammation efficace capable de venir à bout de la hernie. Du coup les patients sont gavés d’anti-inflammatoires, au lieu de prendre les plus puissants antalgiques disponibles (morphiniques), et cette habitude est probablement responsable d’évolutions plus traînantes.</p>
<p>Evitons de toucher à la bénéfique inflammation aiguë, dans la mesure du possible, et par contre stoppons l’inflammation chronique. Celle-ci ne fait que continuer à détruire, et quand elle répare un peu, la cicatrice est de mauvaise qualité, puis va se trouver fragilisée par une reprise de l’inflammation dès le moindre traumatisme léger. Il est facile de constater, ainsi, que ceux n’ayant pas cicatrisé rapidement ne cicatrisent plus. On accuse principalement des efforts persistants ; pourtant c’est la prise en charge initiale, trop axée sur le confort et les précautions, qui est en majeure partie responsable. Nous excluons bien sûr ici les erreurs de diagnostic.</p>
<p>Notre démarche conclue à ceci : oui aux anti-inflammatoires dans les douleurs chroniques, non dans les douleurs aiguës. L’inverse de ce qui est recommandé actuellement…<br />
Ce discours n’est pas une incitation à redonner des AINS en continu à nos arthrosiques âgés. Les douleurs de l’âge ne sont pas une inflammation chronique. Elles ont peu à voir avec des lésions évolutives. Elles proviennent d’un vieillissement des nerfs, d’un tarissement des informations sensorielles alternatives à la douleur, d’une paresse de la réparation : rien qui puisse être amélioré par les AINS.<br />
Ne considérons pas non plus les AINS comme un traitement suffisant des authentiques inflammations traînantes ; une modification du fonctionnement local est nécessaire. D’une façon générale pour les tissus de soutien, il faut augmenter le mouvement — stimulation des mécano-récepteurs des cellules anabolisantes — et réduire les écrasements et tractions fortes — qui cassent les fibres de structure —.</p>
<p>Dans certaines situations, il faut, étrangement, <i>faire reprendre l’inflammation</i>, parce qu’elle n’a pas été assez vive et efficace. Cela peut aboutir à des conseils sadiques : une personne qui voit sa douleur diminuer nettement, puis stagner, aurait dans certains cas intérêt à la réveiller ! Pardonnez-moi de ne pas donner ici des exemples trop précis : je ne voudrais pas déclencher une vague de masochisme parmi mes lecteurs… Mais voici quelques thérapeutiques ayant fait leurs preuves et reposant plus ou moins sur ce principe :<br />
- La méthode Mac Kenzie dans les lombalgies et sciatiques (modérées) sur protrusions discales : les exercices sont souvent douloureux au départ et doivent être poursuivis sauf si la sciatique s’aggrave trop franchement ; la douleur rediminue par la suite.<br />
- Les ondes de choc sont efficaces sur les tendinites d’insertion : un mini « marteau-piqueur » frappe à cet endroit ; la séance, pour être utile, n’est pas confortable ; mais le fil chronique de la douleur est enfin rompu.<br />
- Les interventions chirurgicales sur tendinites et aponévrosites plantaires : le chirurgien « peigne » les tissus cicatriciels de mauvaise qualité ; le saignement opératoire amène localement les cellules de l’inflammation nécessaires à la reconstruction ; une cicatrice correcte va pouvoir se former, grâce à une immobilisation post-opératoire assez prolongée.</p>
<p>(1) Une exception notable est l’« abcès » inflammatoire, collection stérile de matériaux inflammatoires ayant beaucoup de mal à s’évacuer parce que située dans un espace fermé. Par exemple une arthrite du genou consiste en l’accumulation dans l’espace articulaire d’une quantité importante de liquide chargé de débris, riche en enzymes ; sa résorption par la membrane synoviale sera lente et difficile. Cette « poubelle » de l’inflammation justifie entièrement son vidage par une ponction suivie d’une infiltration anti-inflammatoire, avec un résultat immédiat et remarquable.<br />
La situation caricaturale est la crise goutteuse ou calcique : les débris libérés sont des cristaux d’urate ou de calcium, capables de percer les membranes des cellules de l’inflammation et de déverser dans l’articulation des quantités considérables d’enzymes : l’inflammation est ici anormale, excessive ; il faut aspirer impérativement ce liquide pour rétablir l’équilibre du processus. L’injection d’anti-inflammatoires est rendue obligatoire par l’existence de nombreux cristaux captés par la membrane synoviale, ce qui fera récidiver l’épanchement si l’on se contente d’une ponction simple.</p>
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		<title>Oralité</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Jan 2013 01:21:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>

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		<description><![CDATA[L’oral est une communication faite de compromis. Pas le temps de réfléchir à ses répliques. L’on voudrait croire que le langage parlé est le reflet fidèle de sa pensée, cependant même si c’était le cas, ce serait déjà négliger l’évidence que ce langage n’a pas la même signification à réception par un autre esprit ; nous <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2013/01/05/oralite/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L’oral est une communication faite de compromis. Pas le temps de réfléchir à ses répliques. L’on voudrait croire que le langage parlé est le reflet fidèle de sa pensée, cependant même si c’était le cas, ce serait déjà négliger l’évidence que ce langage n’a pas la même signification à réception par un autre esprit ; nous devons le lui adapter, c’est-à-dire introduire une seconde réflexion par-dessus celle qui a produit la pensée, ce qui rend le processus encore moins instantané.</p>
<p>En pratique dans une conversation, pour rester dans un débit de communication raisonnable, on a affaire, de part et d’autre, à des automatismes pour l’essentiel, et il est merveilleux d’apprécier, chez certains, une bibliothèque si gigantesque d’automatismes, tirés d’une mémoire infaillible, qu’on a l’impression de n’en avoir jamais entendu aucun.</p>
<p>La conversation semble d’autant plus inépuisable que l’on croise une grande variété de répertoires individuels, si bien que le nombre de combinaisons nous semble infini.<br />
Pourtant, si une machine récoltait et classait tout ce qui est dit, elle pourrait sans doute nous annoncer, même au sujet de la plus originale des phrases, qu’elle a été dite ici et là, voire que des blockbusters tels « Quel temps magnifique ! » et ses séquelles ont été énoncés des nombres inconcevables de fois et comportent moins de signification qu’un clignement de paupière.</p>
<p>Ainsi apprécie-t-on sans doute la conversation de façon trop simpliste, comme s’il s’agissait d’un repas plus ou moins gastronomique, alors que sa réussite déclenche des transformations plus profondes et durables dans notre vie que le ravissement des papilles gustatives.</p>
<p><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2013/01/bouche-cousue.jpg" alt="bouche-cousue" width="250" height="210" class="alignright size-full wp-image-1717" />Mais est-elle toujours réussie ? Faut-il converser ?<br />
Aime-t-on tellement peu ses mots qu’on les lâche nus et sans défense, saisis aussitôt par un contradicteur, étripés sans merci, leurs dépouilles défigurées jetées à travers l’assistance, jusqu’à ce qu’ils vous reviennent tellement hideux que vous refusez d’en reconnaître la paternité ?<br />
La peine empêche parfois d’en créer davantage, et les fait garder prudemment à l’abri du vaste garage buccal, les mots dedans à côté des maux de dents, avant de les mettre gentiment au lit… sur la page blanche, toute virginité retrouvée.</p>
<p>Que notre désolation pour les mots saccagés ne nous pousse pas à les retenir ainsi, mais à les envoyer en cohortes mieux organisées, percutantes, polyvalentes, modulables. Equipons-les des béliers du sentiment, qui iront heurter sans merci les murailles de l’indifférence. Parvenons à voir les lèvres s’entrouvrir, les yeux s’éclairer, sur les champs de la conquête.</p>
<p>Parvenu au but, vous pouvez remercier vos braves soldats… et les congédier, car vous vous occuperez seul de l’objectif ultime : quand la langue réussit enfin à communiquer directement avec l’autre langue, les mots ne passent plus.</p>
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		<title>Voeux fraudiens</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Jan 2013 07:23:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humour]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-1712" alt="bonne-annee" src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2013/01/bonne-annee.jpg" width="350" height="226" /></p>
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		<title>Nouveaux aphorismes</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Jan 2013 04:20:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humour]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour goûter l&#8217;impertinence du tome 2 (à venir) du &#171;&#160;Monde Polyconscient&#160;&#187; : Une addiction, c&#8217;est un organe pensant qui sacrifie tous les autres pour s&#8217;évader dans son rêve. * L&#8217;humoriste sait humer le rustre. * L’hygiène intellectuelle impose de changer d&#8217;avis dès qu&#8217;il sent un peu fort. * Le capitalisme est une perversion gériatrique. * <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2013/01/01/nouveaux-aphorismes/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>Pour goûter l&rsquo;impertinence du tome 2 (à venir) du &laquo;&nbsp;Monde Polyconscient&nbsp;&raquo; :</em></p>
<p>Une addiction, c&rsquo;est un organe pensant qui sacrifie tous les autres pour s&rsquo;évader dans son rêve.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>L&rsquo;humoriste sait humer le rustre.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>L’hygiène intellectuelle impose de changer d&rsquo;avis dès qu&rsquo;il sent un peu fort.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>Le capitalisme est une perversion gériatrique.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>Au final, le doute permet d&rsquo;être mieux informé.</p>
<p>Au passage, il fait douter de choses justes.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>Feuilleton : tonnes de feuilles de vie à ajouter à son propre classeur un peu mince.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>Jamais on ne trouve autant de volontaires à se faire ruiner par la fatalité que dans un amour fatal.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>Félicitations : un mot de politesse, que l’on doit précéder de « sincères », de crainte qu’elles n’en soient pas.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>L’aigrefin libéral utilise un procédé vieux comme le monde : le meilleur moyen de dissimuler ses propres turpitudes est de se scandaliser des méthodes des comptables sociaux.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>La plus grosse fumisterie en médecine, particulièrement répandue en spécialité, est de donner des rendez-vous à plus d’un mois pour une première visite. Guérison spontanée, évolution éloquente, succès ou échecs des prises en charge intermédiaires… tout s’éclaircit et tout consultant devient un « crack ».</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>L’oubli est plus tenace que la mémoire.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>Les relations avec partenaires multiples sont réservées aux personnes atteintes d&rsquo;une certaine maturité, et peu touchées par les infections qui trouvent la situation opportuniste.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p><i>Suffisamment</i> d’argent améliore la sincérité. Trop ou pas assez la détériore.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>Que la coopération sociale améliore le bien-être des individus n’a jamais fait de la société un organisme ayant le bonheur comme finalité.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>Le sacré est le seul adversaire crédible de l&rsquo;évidence.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Entraide versus dépistage</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Dec 2012 09:38:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[Presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le milieu des médecins ouverts et méfiants vis à vis des diktats corporatistes, on sait depuis longtemps le dépistage radiologique du cancer du sein, et du cancer de la prostate par dosage des PSA, inutiles en termes statistiques. Bien des vies sont cassées par un test erroné, ou une intervention thérapeutique trop lourde, mastectomie <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/12/27/entraide-versus-depistage/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le milieu des médecins ouverts et méfiants vis à vis des diktats corporatistes, on sait depuis longtemps le dépistage radiologique du cancer du sein, et du cancer de la prostate par dosage des PSA, inutiles en termes statistiques. Bien des vies sont cassées par un test erroné, ou une intervention thérapeutique trop lourde, mastectomie ou prostatectomie.<br />
D&rsquo;un autre côté il existe un phénomène dont les opposants au dépistage omettent de parler : quand l&rsquo;on découvre un cancer du sein chez une femme et qu&rsquo;il est un peu tard pour le guérir, elle demande inévitablement : &laquo;&nbsp;Mais si j&rsquo;avais fait ma mammographie tous les ans, n&rsquo;aurais-je pas eu une meilleure chance d&rsquo;être traitée à temps ?&nbsp;&raquo;. <img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2012/12/pincesse-elfe.jpg" alt="pincesse-elfe" width="200" height="266" class="alignright size-full wp-image-1700" />Sur un cas individuel, il est bien difficile d&rsquo;affirmer que la réponse est négative.<br />
Il faut donc que les gens soient informés des avantages et des risques du dépistage et décident de s&rsquo;y engager ou non, pour limiter tout regret ultérieur.</p>
<p>Personnellement je ne recommande aucun de ces dépistages.<br />
Hommes et femmes doivent s&rsquo;entraider.<br />
Comme il est très difficile pour un homme de pratiquer sur lui-même le toucher rectal, il lui faut trouver une amie assez intime pour l&rsquo;aider dans son dépistage, à charge pour lui de la remercier en cherchant très attentivement tout nodule mammaire suspect…</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le Monde Polyconscient tome 1 (la fin de ce monde?)</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Dec 2012 12:39:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouveautés du site]]></category>
		<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>
		<category><![CDATA[Presse]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>

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		<description><![CDATA[Avez-vous jamais voulu savoir comment l’arborescence de milliards de neurones, à présent illuminée par les IRM comme des sapins de Noël, pouvait faire naître votre pétillante conscience ? Notre expédition, à travers ces pages, n’est pas technologique. Elle poursuit un mythe, le Moi. Nous ne le trouverons pas. C’est toute une société intérieure que nous découvrirons <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/12/21/le-monde-polyconscient-tome-1-la-fin-de-ce-monde/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lulu.com/shop/tom-fringant/le-monde-polyconscient-t1/paperback/product-20589881.html"><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2012/12/Le-Monde-Polyconscient-final.jpg" alt="Le-Monde-Polyconscient-final" width="700" height="482" class="alignnone size-full wp-image-1696" /></a></p>
<p>Avez-vous jamais voulu savoir comment l’arborescence de milliards de neurones, à présent illuminée par les IRM comme des sapins de Noël, pouvait faire naître votre pétillante conscience ?<br />
Notre expédition, à travers ces pages, n’est pas technologique. Elle poursuit un mythe, le Moi. Nous ne le trouverons pas. C’est toute une société intérieure que nous découvrirons à sa place, dans une démarche spéculative, mais bien outillée scientifiquement : évolution, auto-organisation, repères, confrontation avec les théories existantes ; nous vérifierons la congruence de la polyconscience avec le monde que nous fréquentons.<br />
Vous-même risquez d’y perdre votre « Je ». Ce livre n’est point un mets pour tous les esprits. Dotez le vôtre de quelques rations de survie avant de lui faire explorer la jungle polyconsciente…</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Il ne faudrait pas croire que les labos distribuent seulement des stylos aux médecins…</title>
		<link>http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/12/20/il-ne-faudrait-pas-croire-que-les-labos-distribuent-seulement-des-stylos-aux-medecins/</link>
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		<pubDate>Thu, 20 Dec 2012 02:27:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humour]]></category>

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		<description><![CDATA[Ils nous pourvoient également en plaquettes éducatives de première nécessité.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Ils nous pourvoient également en plaquettes éducatives de première nécessité.<br />
<img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2012/12/viagra.jpg" alt="viagra" width="350" height="273" class="alignnone size-full wp-image-1693" /></p>
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		<title>Oui aux O.G.M.</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Dec 2012 12:59:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humour]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2012/12/OGM.jpg" alt="OGM" width="472" height="444" class="alignnone size-full wp-image-1690" /></p>
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		<title>La psychiatrie victime de ses propres étiquettes</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Dec 2012 03:04:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blinder Based Medecine]]></category>
		<category><![CDATA[Presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons vu la difficulté à établir la « normalité » mentale, ce qui n’empêche pas la psychiatrie « scientifique » d’établir des cases pathologiques, sans beaucoup communiquer sur le manque de sûreté de ces enceintes barbelées. L’imposture surgit en 2012 à propos de la mise en examen d&#8217;une psychiatre ayant donné une permission à un patient psychotique stabilisé, <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/12/01/la-psychiatrie-victime-de-ses-propres-etiquettes/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons vu la difficulté à établir la « normalité » mentale, ce qui n’empêche pas la psychiatrie « scientifique » d’établir des cases pathologiques, sans beaucoup communiquer sur le manque de sûreté de ces enceintes barbelées.<br />
L’imposture surgit en 2012 à propos de la mise en examen d&rsquo;une psychiatre ayant donné une permission à un patient psychotique stabilisé, qui s&rsquo;en est servi pour commettre un meurtre.</p>
<p>Une accusation incroyablement stupide. Quand une personne montre un désir d&rsquo;autonomie et que son comportement général laisse à penser qu&rsquo;elle en raisonnablement capable, elle peut acquérir en proportion cette indépendance… et la responsabilité qui l&rsquo;accompagne. C&rsquo;est vrai de tout individu, « normal » ou non.<br />
Les étiquettes psychiatriques, terriblement perverses, interdisent la moindre chance de commencer à devenir autonome. Un tel système de classement transposé à tous les citoyens pourrait faire dire : « Un jeune de 18 ans ne peut prétendre aux mêmes droits qu’un individu de 60 ans parce qu’il ne possède pas la même maturité et est plus susceptible d’avoir un comportement irresponsable. Idem pour l’origine sociale, le niveau de revenu, etc… ».<br />
Un diagnostic n’est qu’un repère. Il n’est pas une carte d’identité psychologique.</p>
<p>Le milieu psychiatrique fonctionne en réalité mieux que la société en général, puisque les droits à l’autonomie n’y sont pas automatiquement distribués en fonction d’un critère aussi aveugle que l’âge civil ; ces droits sont demandés, assumés, mérités par la conduite que le « déviant » a su montrer. Bien sûr les dissimulateurs habiles causent des accidents. Les tribunaux, cependant, n’auraient-ils à juger que des crimes de malades mentaux ? Qui doit-on mettre sur le banc des accusés, aux côtés du criminel non psychiatrique, qui s’est vu offrir sans coup férir sa carte d’ « indépendant » le jour de ses 18 ans ?</p>
<p style="text-align: center;">
<img class="aligncenter size-full wp-image-1684" title="deviance" src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2012/12/deviance.jpg" alt="" width="509" height="276" /> <em>La déviance est-elle toujours à 90° ?</em></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Tactiques et stratégies en diagnostic et rééducation de l&#8217;appareil locomoteur</title>
		<link>http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/11/14/tactiques-et-strategies-en-diagnostic-et-reeducation-de-lappareil-locomoteur/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 Nov 2012 06:54:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ostéopathie]]></category>
		<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>
		<category><![CDATA[Rééducation]]></category>

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		<description><![CDATA[Un topo stratégique sur la rééducation ? Quelle prétention, alors que je fais partie d’une spécialité réputée pour ses procédures raccourcies : « On pique où ça fait mal ». Cependant, un fait étonnant est que les patients ne se découragent pas de revenir assener la plainte de leurs rachialgies chroniques à notre morne figure, à l’évidence fort peu <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/11/14/tactiques-et-strategies-en-diagnostic-et-reeducation-de-lappareil-locomoteur/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Un topo stratégique sur la rééducation ? Quelle prétention, alors que je fais partie d’une spécialité réputée pour ses procédures raccourcies : « On pique où ça fait mal ». Cependant, un fait étonnant est que les patients ne se découragent pas de revenir assener la plainte de leurs rachialgies chroniques à notre morne figure, à l’évidence fort peu intéressée. Voilà qui oblige progressivement à reconsidérer une stratégie défensive plus élaborée que la « sale gueule », et à s’intéresser à la continuité entre le diagnostic anatomo-clinique et la prise en charge physique.</p>
<p>J’ajoute à ma décharge que je n’aurais aucun problème à écouter un topo titré « Comment prescrire la rééducation » par la voix d’un kiné. Certainement, celui qui réalise le traitement physique et analyse finement le fonctionnement du patient peut préciser la physiopathologie du problème et affiner la prescription.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p><strong>Cette présentation s’attache aussi à identifier les causes d’échec d’une prise en charge</strong>.<span id="more-1679"></span></p>
<p>Elle part de la lésion, et s’arrête à l’image du corps personnel, que vous savez intrinsèquement infidèle à la réalité. Au plan de la relation psychologique au corps, nous sommes trop impliqués « dedans ». En termes de physiologie, nous n’avons pas accès en pleine conscience aux informations essentielles que nous en recevons, pour en avoir une image objective. Il existe un nombre inconnu de filtres sous-conscients qui la déforment. En l’interprétant, nous nous éloignons forcément de ce qu’elle est en réalité. La difficulté à effectuer une correction est que la déformation est bien souvent à notre avantage. La subjectivité n’est-elle pas en réalité l’objectivité qui nous arrange ? Existe-t-il en effet <em>une</em> objectivité, en l’occurrence pour notre sujet une seule façon idéale pour le corps de fonctionner ?</p>
<p>Le diagnostic d’une maladie est compliqué par le fait que c’est un autre psychisme, celui du thérapeute, qui s’occupe de l’interprétation des signaux corporels du malade. Non seulement ce psychisme est déconnecté de ces signaux, mais il remplace l’analyse rationnelle du malade par la sienne, normalement plus précise et sophistiquée. Ce faisant, il intercale également ses propres filtres sous-conscients dans l’interprétation des signaux corporels recueillis, ce qui peut poser problème s’ils sont différents de ceux du malade.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>On peut ainsi préciser les étapes du diagnostic ainsi</strong> :</p>
<p>1) Recueil des signaux corporels par des techniques</p>
<p>2) Recueil de l’interprétation du malade par l’interrogatoire</p>
<p>3) Correction de cette interprétation par la connaissance des filtres sous-conscients du malade, éléments de sa personnalité propre</p>
<p>4) Diagnostic analytique par l’intelligence rationnelle du thérapeute. Il est supposé que le thérapeute aie connaissance de ses propres processus sous-conscients et ne les superposent pas à ceux du malade dans l’étape précédente. En pratique c’est rarement le cas et c’est la source de l’essentiel des problèmes traitant-traité. L’issue naturelle de ces troubles est que les thérapeutes finissent par avoir une clientèle relativement à leur image.</p>
<p>Les étapes intermédiaires sont la classification diagnostique, les techniques, la relation traitant-traité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Notre succession d’étapes fait apparaître immédiatement deux erreurs courantes :</p>
<p>—L’interrogatoire détaillé est pratiqué avant l’examen des signes : une interprétation est déjà en place dans l’intelligence du thérapeute avant le recueil des informations primaires. Les écoles médicales nous forment ainsi. Nous ne sommes pas entraînés à voir, chez un patient muet exécutant une marche ou d’autres gestes, quels sont les défauts et les endroits qui souffrent. Nous attendons d’abord de savoir quelle est la plainte du patient. Devons-nous avoir confiance dans la fiabilité de ses propres informations ? Pas toujours. Nous redressons vite l’origine du trouble quand la personne s’attarde sur de riches symptômes dans un territoire radiculaire et allons examiner son rachis. Mais combien de troubles « projetés » ignorons-nous encore dans les maladies d’un appareil locomoteur connecté à un psychisme complexe ?</p>
<p>A contrario, l’inconvénient d’examiner d’abord et d’interroger ensuite est que nous n’avons pas la référence de la démarche en période bien portante. Il n’existe pas de norme posturale. Chacun fonctionne avec ses compensations, parfois très efficaces, permettant de ne pas souffrir d’asymétries ou de courbures inhabituelles. Peut-être le dossier médical inclura-t-il un jour une vidéo de la personne en train de marcher normalement et d’exécuter des gestes courants, voire son modèle numérisé.</p>
<p>Le plus difficile et le plus important dans un bilan postural est de séparer les anomalies « passives », liées à des postures défavorables et généralement à une faible activité physique, donc à des compensations médiocres, des anomalies « actives » en rapport avec des compensations efficaces.</p>
<p>—L’étude des filtres sous-conscients du patient n’est entreprise qu’en cas d’échec thérapeutique : en clair le thérapeute s’intéresse au « fonctionnel » de la personnalité quand sa prise en charge « standard », fondée purement sur les signes corporels, échoue. Tardif ?</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p><strong>Pratique : exemples de stratégies techniques d’après les tableaux anatomo-cliniques de lombalgies et radiculalgies</strong> :</p>
<p>—Discopathie protrusive simple : incarcération de fragments de nucleus dans l’annulus ou migration de faible volume sous le ligament vertébral postérieur. « Pompage » discal (nage du poulpe), étirements et suspension, meilleure indication du McKenzie.</p>
<p>—Lâchage de l’annulus (entorse discale postérieure) : déchirure béante de l’annulus. Tractions lombaires (faire céder la compression par la contracture musculaire permanente) suivies de posture en hyperlordose (McKenzie) et contention forte dès la fin de la séance.</p>
<p>—Hernie étranglée : seule bonne indication du repos ; école du dos, entretien isométrique, physiothérapie antalgique.</p>
<p>—Hernie progressive : nucleus migré sur plusieurs semaines ou mois sans réaction inflammatoire marquée. McKenzie et manipulations en rotation ?</p>
<p>—Hernie exclue, suites de chirurgie discale : Lasègue thérapeutique.</p>
<p>—DIM : amphothérapie, manipulation. Rééducation posturale globale dans les formes récidivantes. La RPG est en fait complémentaire dans toutes les lésions vertébrales, même quand existe une lésion focale ; sauf dans les rares cas de traumatisme unique déclenchant, la lésion n’est pas apparue par hasard à cet endroit ; il existe un surmenage local avec des contraintes que seule la RPG et les écoles gestuelles peuvent reporter ailleurs.</p>
<p>—Rétrécissement foraminal arthrosique : amphothérapie pour désincruster les articulaires postérieures et reprendre une alternance d’appui antéro-postérieure. Ou école du dos pour enraidir définitivement l’étage et reporter le mouvement autour. Intérêt d’une contention <em>centrée</em> et non pas haute.</p>
<p>—Souffrance articulaire postérieure chronique (syndrome trophostatique) : lutte contre l’hyperlordose, tonification des abdos, étirements postérieurs, corset à baleines dégressives horizontales ? (principe : baleine plate et large centrée sur L4-5 étendue jusqu’aux flancs, entourée par des baleines de largeur décroissante au-dessus et en dessous)</p>
<p>—Rachis inflammatoire : à stretcher après les poussées rhumatismales.</p>
<p>—Rachis « refuge » : se rééduque, parce que l’on est toujours parti d’un des tableaux précédents. Mais il faut aider le patient à préciser sa demande. Suggestion facile : maintenir les aptitudes physiques en attendant que la situation sociale s’éclaircisse.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p><strong>Education thérapeutique</strong></p>
<p>Qu’est-ce que retient le patient ? (lui demander de reformuler les conseils donnés).</p>
<p>Le discours de difficulté étagée (ne décourager personne).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Le discours basique sur la sciatique</em></p>
<p>Le sciatique est un nerf. Le nerf informe le cerveau de ce qui se passe dans un territoire, en l’occurrence une partie de la jambe pour le sciatique.</p>
<p>Si le nerf lui-même est irrité, il « raconte » au cerveau qu’il existe un problème dans la jambe, alors que celle-ci est parfaitement saine. Il donne une fausse information. Pour que l’endroit lésé soit correctement identifié, il faudrait un « nerf du nerf », mais il n’en existe pas. Dans le meilleur des cas, il existe une inflammation suffisamment nette sur la vertèbre pour que la personne sente le véritable départ du départ, mais pas toujours. Et la douleur du nerf, beaucoup plus vive, domine la douleur lombaire. Le cerveau, mal informé, doit s’efforcer d’écouter la douleur vertébrale et non celle du nerf.</p>
<p>La force de la douleur du nerf n’est pas proportionnée aux dégâts sur le disque mais au degré d’irritation du nerf.</p>
<p>Une douleur initiale très vive a plus de chances de disparaître rapidement qu’une douleur moins forte et à début progressif.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Le discours basique sur le vieillissement de l’appareil locomoteur</em></p>
<p>Le vieillissement est un ralentissement « normal » du renouvellement de toutes les cellules de l’organisme et de l’architecture de soutien qu’elles fabriquent (fibres des os, tendons, muscles, cartilages).</p>
<p>Les cellules du tissu de soutien (ostéocytes, chondrocytes) sont sensibles aux déformations. Les vibrations, chocs, contraintes, stimulent et orientent leur métabolisme : les fibres osseuses se renforcent dans le sens des pressions qui s’exercent sur l’os. Cette stimulation est essentielle au maintien de l’activité cellulaire. Un vieux qui ne bouge plus ne répare plus.</p>
<p>(A ce propos, pour les kinés : la mécanotransduction, phénomène d’orientation de l’activité métabolique par les contraintes mécaniques, vient d’être démontré sur les cellules musculaires et explique les effets du massage : celui-ci stimule l’expression de gènes dans la cellule musculaire avec diminution des phénomènes inflammatoires et augmentation de l’activité des mitochondries, les « centrales énergétiques » cellulaires).</p>
<p>Les gestes sont plus ou moins efficaces selon le « rodage » du système nerveux. Une attitude aussi banale que rester debout implique une tâche de fond élaborée des automatismes nerveux, qui reçoivent une multitude d’informations sensorielles — capteurs de pression cutanés, sens de position des articulations, tension des muscles et des tendons, équilibre par la vue et l’oreille interne — et renvoient des impulsions motrices, contractant et décontractant les muscles dans les configurations les mieux adaptées. Ces automatismes sont sous-conscients. La volonté ne fait qu’envoyer l’ordre du mouvement, sans le détailler. A partir de la même intention, le mouvement peut être harmonieusement exécuté ou non selon la qualité des automatismes ; la conscience n’y voit aucune différence. Tout au plus la personne reconnaît-elle qu’elle devient « maladroite ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Le discours basique sur l’économie articulaire</em></p>
<p>Chez le vieux c’est le corollaire du précédent :</p>
<p>-diminuer la durée des efforts en charge pour éviter la rupture des fibres du tissu de soutien, qui ont leurs limites,</p>
<p>-ne pas trop réduire l’intensité, et tendre à augmenter la fréquence des efforts pour garder une stimulation efficace de l’activité cellulaire d’entretien,</p>
<p>-garder une mobilité vive, équilibrant les phases sédentaires, pour garder performants les automatismes nerveux des gestes et de la posture.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Le discours basique sur la douleur chronique</em></p>
<p>La douleur n’est pas un signal émis seulement en cas de lésion. Les terminaisons nerveuses de la douleur envoient en permanence des influx au cerveau, plus ou moins puissants selon la stimulation locale (traumatisme). Le cerveau traite ces influx… et bien d’autres en provenance de la même zone. En l’absence de lésion, la perception de la douleur est normalement à zéro. Mais toute stimulation prolongée sensibilise les centres de la douleur au signal douloureux. Simultanément, l’inactivité accompagnant la douleur éteint les autres influx sensoriels. Alors qu’aucun nouveau dégât ne survient, que le précédent est en voie de cicatrisation, la douleur ne revient pas à zéro. Le traitement consiste alors à renforcer les influx sensoriels alternatifs, éteints par la maladie. Ce sont les techniques de contre-stimulation (acupuncture, mésothérapie, physiothérapie, reboutement).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Le discours basique pour l’accidenté du travail</em></p>
<p>L’AT cocoone. A part les indépendants, très peu de travailleurs adorent leur travail au point de refuser quelques semaines de repos tranquille à légumer devant la télé. Cette difficulté à renvoyer l’accidenté au travail impose deux règles :</p>
<p>1) bilanter tôt, pour éviter de laisser planer l’hypothèse qu’il existerait une gravité potentielle de la lésion parce que les douleurs traînent — c’est possible mais l’on peut alors espérer un effet thérapeutique réel du repos —.</p>
<p>2) préciser rapidement les avantages et les inconvénients de l’attentisme : celui-ci arrange médecin comme malade : le premier remplit gaiement ses volets d’AT avec des consultations peu chargées de sens, et un patient qui ne s’en plaint pas puisque le salaire tombe normalement sans s’épuiser à la tâche. Plusieurs inconvénients vont cependant pointer leur nez : un conflit progressif avec l’employeur (si l’employé lui est nécessaire) et avec la caisse (qui attend une évolution quelconque) ; le pire est un désavantage personnel facile à faire partager aux travailleurs physiques : le déconditionnement aux efforts. La musculature perd notablement de son tonus au bout d’à peine deux semaines d’inactivité. Les difficultés de reprise des AT en arrêt prolongé sont bien réelles et dues à une inaptitude séquellaire de ce repos prolongé. Ces arguments influenceront peu, bien entendu, les travailleurs proches de la retraite, en conflit ouvert avec l’employeur, ou si l’entreprise a peu de commandes et préfère voir ses employés payés par la caisse — « Revenez quand vous serez complètement guéri ! » —. Le rôle du médecin du travail, un médiateur incontournable, est essentiel. Il est utile également de faire intervenir la figure peu impressionnable du médecin-conseil. La prise en charge d’un AT est un travail d’équipe, parlant d’une même voix…</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Le malade « carriériste »</em></p>
<p>La carrière de malade ne peut pas être dévalorisée… sauf par un meilleur emploi. Une sortie est l’idée que l’on peut s’occuper des autres grâce à son expérience de la maladie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>La rétention d’informations par le professionnel</em></p>
<p>Inutile si c’est dans une idée commerciale, car ces informations deviennent tôt ou tard, partielles, réductrices, voire périmées.</p>
<p>Ces informations ont à lutter avec beaucoup d’autres, de qualité médiocre, véhiculées par les proches, les médias.</p>
<p>Anecdote de la vieille dame qui avait réduit et arrêté son traitement corticoïde dans un rhumatisme inflammatoire à début aigu, sous la pression de sa fille « anti-cortisone », et qui attribuait les symptômes de sa rechute au fait d’avoir pris cette cortisone…</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p><strong>Qu’est-ce qui fait échouer une rééducation ?</strong></p>
<p>—Erreur diagnostique grave (problème non mécanique) : red flags</p>
<p>—Erreur diagnostique bénigne (mauvaise compréhension physiopathologique du problème mécanique)</p>
<p>—Mauvaise chronologie de la rééducation : exercices actifs en phase trop « chaude » ou au contraire techniques sédatives en phase « froide » (qui n’est pas forcément indolore)</p>
<p>—Mauvaise technique</p>
<p>—Défaut d’engagement du patient</p>
<p>—Défaut d’appropriation du traitement par le patient : mauvaise compréhension des buts recherchés, troubles d’hygiène de vie persistants, pas de suivi des exercices, découragement, image du corps inadaptée, image du Soi incorrecte.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si l’on admet que les erreurs diagnostiques ne sont pas trop fréquentes, que le rééducateur est compétent et le patient disposé à guérir, il s’ensuit qu’une grande part des échecs de rééducation est d’origine psychologique, par différents mécanismes : non accord avec les buts de la rééducation ou non compréhension, paresse (je paye le rééducateur pour qu’il fasse le boulot), réticence aux changements d’hygiène de vie, peur de la douleur, de l’effort, troubles de l’image corporelle.</p>
<p>Une rééducation globale doit faire intervenir le psychisme du patient. Comment le mobiliser ?</p>
<p>La posture directrice courante du thérapeute est celle de l’enseignant, de « l’instit ». Elle est importante. Il existe un « programme » des cours à assimiler. On ne rééduque pas avec le seul renforcement positif. Cependant, tout enseignant « qui fait correctement son travail » est une sorte de <em>gisement d’amélioration</em> pour le patient, encore à l’état passif, brut. Certains patients sont spontanément entreprenants, curieux, <em>capables</em> ; ils sauront exploiter la mine d’information du thérapeute. D’autres sont inquiets, déstabilisés ; ils sont dans une ambiance de maladie, d’incertitude sur l’avenir et parfois de flou diagnostique — combien de malades sont envoyés au kiné parce qu’on ne sait pas quoi en faire ? —. Pour ceux-là, le « cours magistral » sanctionné par l’examen final sera une déception.</p>
<p>Nous savons qu’il existe des profs créateurs de « cancres définitifs », d’autres qui brisent les conduites d’échec. Quels « trucs » ces derniers utilisent-ils ?</p>
<p>Ils ne font pas qu’éviter de prononcer le jugement « Sans espoir ! », ils ne le pensent jamais. « Sans espoir » ne peut concerner que l’espérance de l’enseignant et non celle de l’élève. L’autonomie est fondée sur une anticipation réalisable par l’individu et non sur un objectif standardisé énoncé par l’enseignant. L’autonomie du patient est le seul objectif universel. Cependant le fait qu’il soit aussi un <em>client</em> provoque un conflit.</p>
<p>Notre enseignant briseur d’échec évite les comparaisons. Il met l’accent sur les apprentissages personnels. Il sectionne le programme du cours en marches plus faciles ; telle notion est acquise, puis la suivante. Le principe fondamental est le <em>progrès</em> et non la répétition.</p>
<p>Attention cependant, par ce sectionnement facilitateur, de ne pas perdre de vue la globalité de l’apprentissage, et son objectif final, au risque de s’arrêter en chemin. La finalité est adaptée à l’individu, et demande son engagement. C’est un tel accord global qui est ensuite « échelonné » en marches d’apprentissage, et celles-ci ne seront pas uniformes selon les individus, mais plus basses si l’objectif final est moins ambitieux, sans que <em>l’impression de progression</em> en pâtisse.</p>
<p>C’est la limite du travail en groupe, qu’il s’agisse d’une classe ou d’une salle de rééducation : il est avantageux dans le mode coopératif, pas comparatif.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les mots « empathie » et « soutien psychologique » n’ont pas été prononcés beaucoup jusque là. Nous avons effectivement présupposé que le patient est dans un désir d’autonomie. Ce sera heureusement le cas la plupart du temps en rééducation. Cependant nous savons que la présentation de la maladie peut être la partie émergée de troubles moins physiques. La rééducation, qui s’étale sur une période bien plus longue qu’une consultation diagnostique, semble un endroit très favorable pour décrypter ce qui entoure la maladie.</p>
<p>Mais une erreur par excès est d’interpréter tout discours personnel « convivial » comme une envie de se faire psychanalyser. Le plus simple est de poser systématiquement cette question essentielle, même si elle peut surprendre dans la bouche du professionnel : « Qu’attendez-vous de cette rééducation ? ».</p>
<p>Après tout, le corps du patient n’est pas une voiture que l’on conduit au garage, pour y corriger ses bruits incongrus.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Beaucoup de patients se confient bien au-delà de leurs habitudes gestuelles. Cela peut suffire. Vont-ils pour autant garder cet « observateur », le rééducateur, dans leur (in)conscience ? Deviennent-ils ainsi autonomes ? Quelle est la solidité de ce qui est implanté en eux ? La méthode « sergent-major » est-elle toujours la plus performante ? La méthode « dans le sens du poil » fait-elle autre chose que conforter des malades carriéristes ?</p>
<p>Nous ne prétendons pas ici proposer une technique meilleure que les autres, plutôt un état d’esprit évaluateur de sa relation avec le patient.</p>
<p>Vérifier que l’on n’est pas dans un trouble de la relation thérapeutique lié à une mauvaise appréciation des attentes du patient procure un avantage essentiel : un diagnostic erroné et/ou une mauvaise adaptation de la technique au patient sont probables ; la reprise des examens complémentaires aura une excellente rentabilité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous avons la clientèle qui nous ressemble.</p>
<p>Et si nous souhaitons de la variété <em>il nous faut être plusieurs</em>.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p><strong>Récupération de la fonction mais pas de la responsabilité</strong></p>
<p>L&rsquo;on se préoccupe toujours, à la convalescence d&rsquo;une maladie, de vérifier la récupération de la capacité fonctionnelle, jamais de la récupération de la responsabilité, alors qu&rsquo;elle est presque toujours en cause dans les non-guérisons.</p>
<p>Pourquoi ne veut-on pas reprendre sa responsabilité ?</p>
<p>A priori, parce qu’elle est trop pesante. Identifions pourquoi, et les moyens de la remettre progressivement en charge.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p><strong>Le découragement</strong></p>
<p>Quand nous transmettons les clés de son propre fonctionnement locomoteur à un patient, nous devons évaluer la somme qu&rsquo;il est susceptible de tolérer. L&rsquo;erreur serait d&rsquo;expliquer la même chose à tous. La conscience doit rester confiante dans ses propres capacités, sentir la tâche <em>accessible</em>. Deux conditions garantissent le succès d&rsquo;une rééducation : un objectif compréhensible, et un thérapeute en apparence persuadé que son patient l&rsquo;atteindra tout naturellement. Attention quand même aux erreurs diagnostiques. Remise en question systématique du protocole quand aucune progression n’est enregistrée.</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p><strong>De la rééducation programmée au jeu</strong></p>
<p>Très peu de rééducations s’enchaînent sur des exercices réguliers parce que les patients ne s’approprient pas leur rééducation, volontiers scolaire. Beaucoup de gymnastiques démédicalisées proposent des exercices originaux et stimulants. Les moins « grégaires » des patients en fin de rééducation peuvent investir dans du matériel ludique et peu onéreux, bâton, ballon, wii…</p>
<p style="text-align: center;">*</p>
<p>Ce topo aura-t-il la moindre conséquence sur votre pratique ?</p>
<p><strong>Les points-clés :</strong></p>
<p>Nous avons en général en tête un excellent « Observateur » (modèle) du patient. Cependant la case où nous le situons n’est pas toujours juste ou assez précise. Il est avantageux de se construire un Observateur du couple que nous formons avec le patient pour vérifier qu’il fonctionne de la façon prévue avec ce modèle.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Une prise en charge ne peut pas se rattraper par la psychologie si la fondation anatomo-clinique n’est pas correcte. Il faut affiner ses cases diagnostiques et ne pas hésiter à les remettre en question.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Informer le patient de la physiopathologie de sa lésion et de la méthode correctrice que l’on utilise a deux avantages : Ses perceptions confirment (ou non) que l’on est dans la bonne case. L’on découvre éventuellement que l’image qu’il se fait de son corps et de sa maladie est fausse et il est possible de la corriger.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Même quand l’image du corps était satisfaisante, elle est détériorée par la maladie, facilement longue pour l’appareil locomoteur. La rééducation doit permettre la récupération de la confiance initiale, additionnée même de la satisfaction d’avoir <em>surmonté la maladie</em>. Trop de personnes conservent une impression de fragilité plus importante que les générations précédentes alors que les traitements se sont améliorés. La maladie déséquilibre en fait très souvent une hygiène de vie médiocre, ou un vide d’anticipations, qui expliquent les difficultés de récupération ad integrum. Le patient lui aussi doit construire son Observateur. Nous sommes actuellement aidés par le fait que la station assise commence à être reconnue officiellement aussi morbide que le tabac !</p>
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		<title>Végète à plein</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Nov 2012 01:01:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humour]]></category>

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		<description><![CDATA[Les végétariens ont une conception de la sensibilité qui m’a beaucoup perturbé. Leur hantise de manger un animal mort est tellement contagieuse que je me suis mis à considérer les autres aliments vivants avec une inquiétude exacerbée : ma salade, que j’apprêtais auparavant par une jolie toilette en vue de la dégustation, me semble subitement couverte <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/11/09/vegete-a-plein/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les végétariens ont une conception de la sensibilité qui m’a beaucoup perturbé. Leur hantise de manger un animal mort est tellement contagieuse que je me suis mis à considérer les autres aliments vivants avec une inquiétude exacerbée : ma salade, que j’apprêtais auparavant par une jolie toilette en vue de la dégustation, me semble subitement couverte de sueur, sachant sa dernière heure arrivée.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>La schizophrénie expliquée</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Nov 2012 23:14:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>

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		<description><![CDATA[La compréhension de cet article nécessite celle de son vocabulaire : -polyconscience, société intérieure, psociété, sont des termes grossièrement synonymes et se réfèrent à l&#8217;idée que nos représentations sous-conscientes du monde et des autres sont regroupées en une sorte d&#8217;assemblée intérieure dont les délibérations forment notre comportement. -persona : représentation détaillée et cohérente définissant une tendance de <a href='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/11/04/la-schizophrenie-expliquee/' class='excerpt-more'>[...]</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>La compréhension de cet article nécessite celle de son vocabulaire :<br />
-<em>polyconscience</em>, société intérieure, psociété, sont des termes grossièrement synonymes et se réfèrent à l&rsquo;idée que nos représentations sous-conscientes du monde et des autres sont regroupées en une sorte d&rsquo;assemblée intérieure dont les délibérations forment notre comportement.<br />
-<em>persona</em> : représentation détaillée et cohérente définissant une tendance de comportement, dont la popularité dans la polyconscience dépend de ses succès antérieurs.</p>
<p>La schizophrénie est une maladie dont l&rsquo;explication est remarquablement facile en polyconscience. Les « voix » entendues par le schizophrène sont les personae de la société intérieure, normalement non perçues par la conscience. Que le schizophrène se laisse aller aux comportements suggérés par ces voix ne vient pas d&rsquo;une « faiblesse » de la personnalité. Cette interprétation fausse est fondée sur l&rsquo;idée persistante que la conscience serait un dictateur du comportement. Or elle n&rsquo;en est que l&rsquo;évaluateur. Elle ne peut s&rsquo;opposer directement aux pulsions sous-conscientes — sinon pourquoi qui que ce soit se laisserait-il aller à un acte dont il connaît la dangerosité ? —, elle ne peut que transférer son évaluation « alarmiste » à la psociété et réveiller les personae opposées à celle qui génère la conduite inadaptée.</p>
<p>Le schizophrène semble avoir un problème de réglage du « volume » des ordres dictés par la psociété. Certaines représentations « crient » avec une puissance telle qu&rsquo;une négociation intérieure devient impossible. Le processus d&rsquo;évaluation conscient ne parvient plus à donner une appréciation de la valeur du comportement suggéré, qui normalement en fait selon les cas une « célébrité », fort présente à l&rsquo;esprit parce qu&rsquo;ayant produit des résultats favorables, ou au contraire un « raté » à éviter à tout prix.<br />
La persona « hurlante » s&rsquo;empare des commandes du comportement. Ce n&rsquo;est à vrai dire que la forme caricaturale des conduites impératives voire forcenées chez des gens considérés comme indemnes de maladie mentale, dont la conscience peine à faire entendre son évaluation dans la psociété.</p>
<p>Chez le schizophrène, le volume déréglé semble du à un excès de certains neurotransmetteurs, qui déséquilibre la puissance de processus sous-conscients censés rester simplement « imaginatifs », devenant alors trop « directeurs » du psychisme. <span id="more-1670"></span>Il n&rsquo;existe aucune anomalie de <em>mécanisme</em>. Une pulsion peut être directrice, l&rsquo;exemple le plus éloquent étant la sexualité. Là aussi, la conscience a du mal à placer une évaluation quelconque en plein milieu d&rsquo;un acte érotique. Dans la schizophrénie, cet impératif pulsionnel concerne des représentations moins avantageuses et plus accessoires — sans être <em>inutiles</em> ; il existe toujours un intérêt à <em>imaginer</em> le pire —, qui ne devraient pas gagner une telle puissance, et surtout devraient rester inféodées à la négociation polyconsciente.</p>
<p>Pour traiter une telle pathologie, la médecine utilise actuellement une inondation générale du psychisme par des drogues réduisant la puissance des échanges neurophysiologiques, avec les effets secondaires que l&rsquo;on peut imaginer. Sans doute est-ce une ode à l&rsquo;adaptabilité du cerveau de voir ces patients arriver à reprendre une vie normale. J&rsquo;y vois une réussite identique à l&rsquo;expérience consistant à placer des prismes inverseurs sur les yeux de quelqu&rsquo;un, qui lui font voir le monde radicalement à l&rsquo;envers, et au bout de plusieurs jours le cerveau voit de nouveau à l&rsquo;endroit !<br />
L&rsquo;on peut imaginer que des progrès soit réalisés en ciblant mieux les déséquilibres de neuromédiateurs incriminés, mais <em>aucun médicament ne peut provoquer les « bonnes » pensées</em>. Si une pilule pouvait réellement « ordonner » un comportement, le pharmacologue un peu simplet ayant ce rêve pourrait se voir reprocher, à juste titre, tout acte qui ne serait pas dans la ligne prévue.</p>
<p>Une telle affaire est déjà survenue : procès célèbre du Requip®, un dopaminergique utilisé dans la maladie de Parkinson, ayant provoqué chez des utilisateurs des comportements compulsifs et désinhibés (jeu pathologique, délire, passage à l&rsquo;acte, hallucinations, etc…). Le plaignant principal <a href="http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2011/10/11/sexe-et-addictions-sur-ordonnance-livre-sur-les-effets-inde.html">a été indemnisé</a>. Notons l&rsquo;étonnante proximité des symptômes avec ceux de la schizophrénie, où sont retrouvés des taux élevés spontanés de dopamine.<br />
Cependant nous voyons les problèmes que posent l&rsquo;incrimination du médicament comme <em>générateur de la conduite pathologique</em> : toute responsabilité disparaît ; il suffit d&rsquo;indiquer, en cas de reproche : « Adressez-vous à mes neuromédiateurs ».</p>
<p>Si, dans la schizophrénie, l&rsquo;on avait l&rsquo;ambition de guérir en jouant sur les neuromédiateurs déséquilibrés, il faudrait le faire avant toute désorganisation du psychisme, in utero si ces anomalies sont présentes dès la vie foetale. Autrement il existe déjà une inscription des comportements « déviants » dans la biographie, dont nous connaissons la place essentielle au sein de la personnalité.</p>
<p>Une telle ambition semble pourtant illusoire et dangereuse.<br />
Illusoire parce que le psychisme est un système <em>auto-organisé</em>. Il modifie son propre fonctionnement par rétro-action. Il règle donc lui-même ses concentrations locales de neuro-transmetteurs. Un médicament intervient aveuglément dans ces mécanismes fins d&rsquo;adaptation. Le contrôle, au départ chimique, le devient de moins en moins au fur et à mesure que l&rsquo;on grimpe les niveaux d&rsquo;organisation jusqu&rsquo;à la conscience.<br />
Dangereuse, parce qu&rsquo;elle renferme une possibilité d&rsquo;eugénisme bien plus profonde que les normalisations esthétiques. Il ne s&rsquo;agit plus de craindre que les gens se précipitent massivement vers un idéal de beauté, mais vers un psychisme « normalisé » par un équilibre « idéal » de neuromédiateurs, alors que cette norme est un mythe.</p>
<p>L&rsquo;interventionnisme devient plus acceptable s&rsquo;il cible les gènes impliqués dans le dérèglement des neuromédiateurs, respectant ainsi le développement naturel du psychisme. La génétique est le véritable espoir du traitement des psychoses.<br />
Même ainsi, cependant, nous n&rsquo;avons pas résolu notre problème d&rsquo;eugénisme, ni celui des psychoses déjà constituées.</p>
<p>Quel peut être l&rsquo;avenir, moins spéculatif, du traitement de la schizophrénie, après ces considérations ?</p>
<p>Sans doute faudrait-il que les neuroleptiques, des anti-dopaminergiques palliatifs parce que non ciblés, soient utilisés au strict minimum nécessaire et ajustés au jour le jour par le patient lui-même s&rsquo;il a réussi à se construire un « Observateur » efficace et solide.<br />
Parallèlement le patient devrait avoir un bon modèle représentatif de son organisation sous-consciente et s&rsquo;en servir pour « remonter » le fil de cette construction. Il pourrait ainsi défaire ce qui lui pose problème, ce que j&rsquo;appelle des <em>lithiases psychiques</em>, que tout humain renferme en fait, la plupart du temps sous forme de simples névroses.</p>
<p>Les obstacles à cet avenir sont :<br />
D&rsquo;une part la sensibilité sécuritaire croissante du public accepte de moins en moins les accidents de conduite. Un psychotique qui joue avec son traitement avec un désastre à la clé se retrouve immédiatement enfermé, et n&rsquo;aura plus avant longtemps l&rsquo;occasion « d’alléger » ses pilules. Il manque des environnements de reprise progressive de contrôle et de responsabilité, qui devraient être des milieux sociaux habituels — comment responsabiliser dans un milieu aliénant ? — avec un « parrain » ayant au départ un pouvoir important sur la vie du schizophrène et l&rsquo;aidant à s&rsquo;en affranchir, parce que comme tout bon parent il ne tient pas à le garder.<br />
Le parrain peut prendre plusieurs formes, et en particulier celui d&rsquo;une association de schizophrènes stabilisés.</p>
<p>D&rsquo;autre part il n&rsquo;existe pas encore de modèle satisfaisant de l&rsquo;organisation sous-consciente. <em>Nous ne savons toujours pas ce que nous sommes</em>. La majorité de l&rsquo;humanité fonctionne toujours sur l&rsquo;idée d&rsquo;un <em>homoncule-Moi</em>, matérialisé dans cette vieille maxime grecque : « Deviens ce que tu es ». Alors que notre réalité intime est plus probablement : « Sois ce que tu deviens ».</p>
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