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	<title>Rhumatologie en Pratique</title>
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	<description>Le blog des maladies des os et des articulations</description>
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		<title>Manipulations et accidents neurologiques</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 20:44:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ostéopathie]]></category>
		<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>
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		<description><![CDATA[Le Figaro reprend une étude anglaise (Ernst, Exeter) sur la sous-déclaration des accidents provoqués par la chiropractie, méthode de manipulation de brève amplitude peu répandue en France mais bien installée chez les anglo-saxons. Elle n’apporte guère de nouveauté. Les manipulations &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/05/16/manipulations-et-accidents-neurologiques/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Figaro reprend une étude anglaise (Ernst, Exeter) sur la sous-déclaration des accidents provoqués par la chiropractie, méthode de manipulation de brève amplitude peu répandue en France mais bien installée chez les anglo-saxons. Elle n’apporte guère de nouveauté. Les manipulations provoquent d’assez fréquents incidents — exacerbation des douleurs quand le geste n’a pas résolu le trouble mécanique : la zone irritable n’aime pas être chahutée en vain — et de rares accidents : le plus grave est la dissection de l’artère vertébrale avec des accidents neurologiques sévères ; grave également mais plus exceptionnel est la manipulation d’une vertèbre pathologique (angiome, métastase, spondylite infectieuse) ; enfin plus bénigne est la radiculalgie par mobilisation d’une hernie discale.<br />
Ces complications ne sont pas très différentes de celles des traitements classiques. Les médicaments, d’efficacité piteuse dans les indications des techniques manuelles, montrent plutôt la couleur de leurs effets secondaires. Ceux-ci peuvent être graves : le nombre de décès provoqués par les AINS dépasse largement, statistiquement, celui des accidents neurologiques liés aux manipulations. Si le patient court-circuite facilement le médecin classique pour l’ostéopathe ou le chiropracteur dans les douleurs vertébrales, c’est qu’il trouve chez les seconds un meilleur rapport bénéfice/risque. Les complications, certes, ne sont pas inexistantes, mais le bénéfice est nettement plus spectaculaire. Nous savons que, dans un tel domaine, tout est affaire d’engagement éclairé du patient.</p>
<p>Ernst m’évoque un professeur connu de rhumatologie qui enseignait avec ardeur à ses étudiants de proscrire toute forme de manipulation… et se précipitait chez l’ostéopathe de son quartier quand il éprouvait une douleur vertébrale insupportable. Chaque militant de la médecine enjolive sa pratique et déverse sa bile sur ceux qui lui disputent le pouvoir. Certainement que les chiropracteurs n’insistent pas lourdement sur les exceptionnels accidents neurologiques à chaque fois qu’ils proposent une manipulation, comme le médecin évite par exemple de raconter en détail le léthal syndrome DRESS susceptible de survenir avec une prescription aussi banale que l’ibuprofène.</p>
<p>La bonne règle de pratique, quand on est médecin « conseilleur » sur la médecine manuelle, n’est pas tant d’exiger la pratique systématique de radios avant manipulation, qui ne met pas à l’abri des dissections vertébrales, que de recommander les techniques manuelles non forcées en première intention. Pour le néophyte, la médecine physique se réduit aux manipulations. En réalité l’univers de ces techniques est extraordinairement varié, cible tantôt l’articulation — chiropractie et manipulateurs classiques —, tantôt le muscle ou des points « gâchette » participant à un arc douloureux réflexe. Même si l’on s’attaque directement à la mobilité articulaire, structure initiatrice de presque tous les conflits durables, il n’est pas obligatoire d’effectuer un geste forcé, c’est-à-dire poussant l’articulation au-delà de ses limites habituelles. Des techniques très fines, par exemple l’<a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2009/12/12/osteopathie-orthopedique-techniques-non-forcees-amphotherapie/">amphothérapie de Jean-Marie Soulier</a>, utilisent dans le « silence articulaire » des micro-mouvements parfaitement physiologiques : un genre de magie qui, bien réalisée, provoque sans aucune pression douloureuse… des impressions miraculeuses.</p>
<p>Aucune technique, cependant, n’a de prétention à l’universalité, quoi qu’en disent ses promoteurs. Si plusieurs tentatives de traitement non forcé ont échoué, il est licite de proposer une manipulation, en ayant cité les risques et demandé au patient de confirmer son engagement… et en espérant qu’il aura la force de rester détendu malgré tout.</p>
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		<title>Pourquoi l’évolution ne nous a-t-elle pas permis de prendre le contrôle conscient de notre fonctionnement viscéral interne ?</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 10:19:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Questions en suspens]]></category>

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		<description><![CDATA[Par contrôle conscient j’entends en fait des automatismes identiques à ceux de la posture, qui nous tiennent debout sans que la volonté rentre dans le détail des informations neurologiques à distribuer. Ces automatismes s’améliorent au fur et à mesure de &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/05/15/pourquoi-levolution-ne-nous-a-t-elle-pas-permis-de-prendre-le-controle-conscient-de-notre-fonctionnement-visceral-interne/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par contrôle conscient j’entends en fait des automatismes identiques à ceux de la posture, qui nous tiennent debout sans que la volonté rentre dans le détail des informations neurologiques à distribuer. Ces automatismes s’améliorent au fur et à mesure de la croissance et du temps passé à améliorer nos talents physiques. Pourquoi cet affinage serait-il inconcevable au niveau de nos rouages intimes qui, nous l’expérimentons tous en vieillissant, sont loin d’être invulnérables ? Imaginons que nous puissions réveiller notre système immunitaire, en train de faire la sieste comme un abruti devant cette tumeur infiltrante, que nous puissions régler notre performance optimale à l’effort tout en bénéficiant d’avertisseurs précis quand nous allons trop loin, que nous ayons conscience d’un anneau discal fragilisé dans un effort, à laisser en paix le temps de consolider, que les taux de métabolites nous indiquent exactement de quels aliments nous avons besoin. Tout ceci constituerait un avantage évolutif certain, que nous avons effectivement réalisé dans l’appareil sensitivo-moteur, capable d’améliorer nos gestes et nos équilibres jusqu’à une finesse extraordinaire. Pourquoi le reste de l’organisme est-il resté à la traîne ?<br />
<span id="more-1411"></span><br />
3 hypothèses :<br />
-Le système nerveux en charge du milieu interne est archaïque. Il n’était pas aussi fin que le cortex. Quand ce dernier s’est développé, il a pris en charge de nouvelles aptitudes et de nouveaux comportements, mais pas ce dont s’occupait déjà le cerveau primitif.<br />
-Les équilibres du milieu interne sont trop complexes pour que la raison corticale fasse mieux que les automatismes primitifs. Contrairement aux changements de comportement, très efficaces sous la pression évolutive, il existait peu d’intérêt à changer volontairement ses équilibres internes.<br />
-L’évolution nous a laissé incapables de nous prolonger, par une modulation du fonctionnement interne, pour que le renouvellement des générations reste assuré. Le remplacement des individus par de nouveaux modèles génétiques était plus performant que l’auto-amélioration des individus existants.</p>
<p>Enfin il semble que le contrôle sur notre homéostasie ne soit pas entièrement inaccessible à la volonté. Il s’agit de processus tellement sous-conscients et archaïques que nous ne parvenons pas, sans entraînement spécifique, à en prendre le contrôle. Ce n’est pas impossible pour autant, comme en témoigne le réglage du rythme cardiaque et respiratoire, à l’aide de techniques méditatives, qui facilitent la « plongée » dans l’échelle des consciences.</p>
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		<title>Méthode infaillible contre l&#8217;erreur médicale</title>
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		<pubDate>Sat, 12 May 2012 08:15:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>
		<category><![CDATA[Presse]]></category>
		<category><![CDATA[Santé et société]]></category>

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		<description><![CDATA[Le fascicule annuel de la MACSF sur la responsabilité médicale, florilège d’affaires censé sensibiliser la profession sur les fautes médicales évitables, est sans doute en fait la propagande la plus aboutie pour faire abandonner ce métier. Non pas que les &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/05/12/methode-infaillible-contre-lerreur-medicale/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le fascicule annuel de la MACSF sur la responsabilité médicale, florilège d’affaires censé sensibiliser la profession sur les fautes médicales évitables, est sans doute en fait la propagande la plus aboutie pour faire abandonner ce métier. Non pas que les décisions des juges semblent injustes, mais les erreurs rapportées apparaissent tellement humaines, capables de se glisser aisément dans une journée de travail surchargée, que l’on ressent sourdement la présence de l’épée encore oubliée sur notre tête par cet étourdi de Damoclès, sauf à congédier la moitié de notre clientèle pour s’occuper de l’autre avec une attention obsessionnelle.</p>
<p>La seule bonne façon de travailler m’a été enseignée par mon patron, en consultation externe : sa célébrité était telle que le délai de rendez-vous pour le voir se situait entre 4 et 5 mois. Les patients avaient bien entendu vu plusieurs médecins entretemps si le problème était sérieux, et le diagnostic était déjà correctement balisé. Si le problème était mineur, il avait généralement guéri de lui-même, et la consultation — de politesse — consistait à le confirmer au patient, ce qui rehaussait encore la réputation du professeur.<br />
Je n’ai pas encore mis en pratique, à ma grande honte, la méthode de mon mentor. Je continue à voir des patients malades, parfois en urgence le jour-même, et ils compliquent terriblement le bel ordonnancement des rendez-vous pris à l’avance. Qu’est-ce qui me prend de courir de pareils risques ? Comme il semble impossible d’appliquer l’Evidence Based Medecine aux imprévus du quotidien, dois-je plutôt donner systématiquement les rendez-vous dans 4 mois pour faire de la Médecine Évidente de Base ? <span id="more-1407"></span></p>
<p>Ce que la MACSF ne liste pas, ce sont les innombrables plaintes, motivées par un accident thérapeutique imprévisible, qui n’aboutissent pas en une responsabilité du médecin, mais font quand même l’objet d’une procédure. Doivent-elles se présenter d’emblée devant le juge, déjà symbole d’une mise en accusation ? Voici une tendance propre à décourager ou à écourter, près de la retraite, bien des carrières. Une autre conséquence est la robotisation d’une profession qui va établir des check-lists d’après les « bonnes » pratiques, et ne se préoccupera plus de relation humaine ni de fournir d’autre information que les fiches standardisées fournies par les agences de santé. Les services empathiques deviendront « annexes » car ils risqueront d’empiéter sur le temps incompressible attribué à la check-list, même s’ils semblent plus utiles aux deux parties.</p>
<p>Quelles mesures pourraient éviter cette perspective orwellienne ? La création des CRCI (Commissions Régionales de Conciliation et d’Indemnisation des accidents médicaux) semblait prometteuse mais sont des structures trop lourdes et trop lentes pour la réalité quotidienne. 9 mois pour un avis, qui indique éventuellement la direction du tribunal : temps perdu. Une administration supplémentaire inutile, à remplacer par des médiations plus simples et suffisamment réactives pour qu’elles deviennent obligatoires avant recevabilité de la plainte.<br />
La commission comprendrait 3 membres : un médecin <em>pratiquant</em>, un membre d’association de patients, et un juriste qui ne soit pas l’avocat de la victime. L’avocat a en effet des intérêts professionnels dans l’affaire, en sus de l’intérêt de son client, et n’est pas indépendant dans son jugement.<br />
Ce genre de commission à trois fonctionne très bien, par exemple dans les litiges pour maladie professionnelle, quand la responsabilité du métier n’est pas avérée. Elle se compose d’un médecin du travail — qui soutient la position du malade —, un médecin de caisse — qui défend les règles administratives —, et un spécialiste de la maladie concernée — qui améliore l’éclairage physio-pathologique —. Le vote du trio, après discussion, permet toujours une décision, jamais imputable à la tyrannie d’un seul juge.</p>
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		<title>Que sera l’homme du futur, ou les intelligences artificielles qu’il aura créé ?</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 22:17:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Questions en suspens]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour l’instant ce que nous en lisons consiste grossièrement à rajouter des couches de mémoire et d’analyse rationnelle. Cela produira-t-il un être différent, ou seulement doté d’un Q.I. plus élevé ? Fera-t-il d’ailleurs mieux que des groupes humains de mieux en &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/05/12/que-sera-lhomme-du-futur-ou-les-intelligences-artificielles-quil-aura-cree/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour l’instant ce que nous en lisons consiste grossièrement à rajouter des couches de mémoire et d’analyse rationnelle. Cela produira-t-il un être différent, ou seulement doté d’un Q.I. plus élevé ? Fera-t-il d’ailleurs mieux que des groupes humains de mieux en mieux spécialisés et coordonnés, réunissant leurs compétences en une sorte de super-cerveau ? Les anticipations se préoccupent peu des intentions d’un être supérieur. Nous avons déjà du mal à considérer objectivement les nôtres, par peur d’un réductionnisme. Les auteurs d’histoires de surhommes se contentent de projeter les leurs, plus ou moins sublimées, ou radicalisées s’ils veulent faire peur, mais toujours <em>imitées</em>.</p>
<p>Un fil conducteur existe pourtant pour jouer à l’oracle. <span id="more-1403"></span><br />
Ce n’est pas le cortex qui fait de l’homme ce qu’il est, intimement. Quand n’importe laquelle des fonctions corticales disparaît, par accident neurologique, la conscience survit et nous savons encore reconnaître dans le sujet une personne humaine. Tandis que toute lésion du tronc cérébral, où siègent les centres essentiels de la conscience primitive, fait disparaître la personnalité et laisse une coquille vide encore animée par des automatismes.<br />
En quelque sorte, le primate, en nous, reste le noyau de notre être. Pas facile à encaisser pour l’espèce évoluée que nous sommes devenus, mais c’est physiologiquement une évidence : nous correspondons parfaitement à la définition du « singe savant ». L’intégralité du moteur de notre esprit, ce qui nous fait lever le matin, est le même que celui d’un chien. Les couches corticales sont un grand apparat qui transforme nos intentions instinctives en ce miracle de variétés cognitives et artistiques dont plus un seul individu ne peut avoir une vue d’ensemble ; seuls d’immenses champs de serveurs informatiques sont capables d’en entreprendre le stockage.<br />
Ce qui nous intéresse est ceci : pour le primate ou pour le chien, nous <em>sommes</em> l’homme du futur. Or qu’est-ce qui a changé par rapport à sa propre position ? L’homme moderne l’impressionne de façon magistrale ; l’animal sera bien en peine de le comprendre. Pourtant, de son point de vue, pourrait-on dire que l’homme est devenue une « bonne » personne ? Le cortex nous aurait-il apporté de nouvelles intentions, d’une moralité parfaitement universelle, ou a-t-il simplement « encagé » les anciennes d’une façon à faire tourner le monde d’une façon plus efficace, sans conflits trop destructeurs ? Est-ce que le primate ne serait pas totalement effaré par certaines actions entreprises par nos contemporains, en toute « bonne » conscience ?</p>
<p>La société humaine continue à reposer sur le principe de domination ; rien n’a changé depuis que des couches de neurones sont venus complexifier les voies par lesquelles il nous fait avancer dans l’existence. Pourquoi le fait d’en rajouter d’autres changerait-il fondamentalement quelque chose à l’être qui en résultera ?<br />
Nous pouvons créer des intelligences supérieures, qui nous mimerons dans des existences plus complexes. Pour créer une intelligence <em>différente</em>, il faut lui inventer d’autres <em>intentions</em>. A moins qu’elles n’existent déjà dans l’univers…</p>
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		<title>Le conflit, une compétence évolutive</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 22:08:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>
		<category><![CDATA[Santé et société]]></category>

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		<description><![CDATA[Une polyconscience efficace, « fluide », ne veut pas dire paisible. L’intérêt évolutif pour la conscience de s’être organisée ainsi est d’avoir créé des oppositions. Il s’agissait de créer des solutions, des comportements, qui diffèrent de la moyenne sur laquelle se seraient &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/05/12/le-conflit-une-competence-evolutive/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une polyconscience efficace, « fluide », ne veut pas dire paisible. L’intérêt évolutif pour la conscience de s’être organisée ainsi est d’avoir créé des <em>oppositions</em>. Il s’agissait de créer des solutions, des comportements, qui diffèrent de la moyenne sur laquelle se seraient alignés tous les représentants de l’espèce, réduisant beaucoup les chances de progrès. <em>La dissension est une qualité évolutive</em>. Nous n’en avons pas suffisamment conscience à l’heure des discours positivistes qui voudraient réduire et contrôler tous les conflits. <span id="more-1401"></span>Les idéalistes ont une question simple à se poser : pourquoi leurs congénères n’écoutent-ils pas le conseil de mettre fin à toute espèce de domination, qui ne fait que dégénérer en malheurs, rancoeurs et guerres ? Soit la race est handicapée par un crétinisme indéracinable, concluront certains, soit elle perçoit subconsciemment les avantages ataviques de l’antagonisme.</p>
<p>La discorde est vilipendée outrancièrement comme peut l’être l’anxiété. A tort. Il existe une anxiété utile, qui facilite nos choix et notre survie. L’anxiété est pathologique quand elle n’est plus proportionnée à son sujet, qu’elle est uniformément intense pour une affaire bénigne ou vitale. Idem pour la querelle : monter sur ses grands chevaux pour une vexation insignifiante crée une opposition non constructive, de même que refuser d’entrer dans un conflit quand c’est nécessaire nous fragilise. L’une comme l’autre de ces attitudes sont pathologiques, tandis que l’opposition proportionnée à l’agression est un gage d’efficacité mentale.<br />
Dans une discussion passionnée par exemple, c’est le soutien de ses arguments jusqu’au bout du raisonnable qui fait progresser le débat, obligeant l’interlocuteur à justifier et à détailler ses propres assertions jusqu’à les doter d’une solidité qu’elles ne possédaient pas au départ. Si vous vous étiez rendu dès les premières paroles sans opposition, vous auriez éventuellement absorbé une « vérité » fumeuse et branlante. Aller au conflit vous évite cette colonisation intellectuelle par des discours sommaires. Bien sûr, si votre interlocuteur possède une science et des capacités d’analyse dont vous avez régulièrement vérifié le bien-fondé, vous développerez une « confiance » évitant les accrochages inutiles, pour ne pas le décourager de vous rencontrer, mais ce sera toujours un défi stimulant de chercher la faille bien cachée qui existe constamment chez ceux « qui ont toujours raison ».</p>
<p>Vous avez peut-être repéré justement une faiblesse de ma propre argumentation : le conflit devient vocifération stérile quand les débatteurs n’ont pas les mêmes références sur un sujet. Les différences d’échelon social ou de culture font des consciences terriblement étrangères. Typiquement un décideur va tenter de dialoguer avec ses administrés alors que leurs objectifs respectifs sont contradictoires, inacceptables pour la partie adverse. Un patron doit maintenir son entreprise à flot, des ouvriers veulent améliorer leur niveau de vie.<br />
Ces contentieux sont difficiles, conduisent facilement à la violence, mais n’ont rien de <em>pathologique</em>. Ils sont un rouage essentiel du fonctionnement de la société. C’est ici que se constituent les polyconsciences, par l’interaction avec des attitudes diamétralement opposées, mais <em>expliquées</em>, ce qui empêche leur enterrement dans les limbes. Le conflit ne devient stérile qu’entre consciences rigoureusement étanches, qui refusent de s’ouvrir à la persona adverse et la diabolisent. Même alors, les relations grimpent en rudesse, et parviennent à un niveau de tension qui finit par provoquer un évènement libérateur. Le degré de violence atteint est proportionnel à la sensibilité des deux parties, mais il existe alors, d’une façon ou d’une autre, une reconfiguration des rapports qui permet une issue. C’est souvent la loi du plus fort qui prévaut, mais nous ne faisons ici qu’examiner un fonctionnement social, et non porter un jugement moral.<br />
La moralité intervient plutôt sur le niveau de sensibilité, en l’élevant, ce qui abaisse le niveau de violence du litige. Elle ne change aucunement son <em>déroulement</em>, son caractère de procédure <em>nécessaire</em>.</p>
<p>Les conflits sont donc les artisans du développement des polyconsciences. Dans les cultures où ils sont rares, les personnes sont organisées en castes étanches qui se comprennent très mal les unes avec les autres. C’est le cas des Etats-Unis par exemple, où la discipline sociale est sévère, ce qui autorise des écarts considérables entre les couches hautes et basses de la société. Le français, à contrario, est un adepte enthousiaste du conflit ; il ne laisse pas son élite dans l’ignorance des soucis des démunis ; les écarts sont bien moindres, au prix d’une vie sociale nettement plus houleuse.</p>
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		<title>César et Brutus</title>
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		<pubDate>Sat, 05 May 2012 06:27:03 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2012/05/cesar-et-brutus.jpg" alt="" title="cesar-et-brutus" width="500" height="537" class="alignnone size-full wp-image-1398" /></p>
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		<title>Principe anthropique fort</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 22:42:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Science]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2012/05/principe-anthropique.jpg" alt="" title="principe-anthropique" width="600" height="535" class="alignnone size-full wp-image-1395" /></p>
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		<title>La science est chouette, mais aussi effraie…</title>
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		<pubDate>Wed, 02 May 2012 06:14:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Science]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce jeu de mots connu introduit un article sur les raisons intimes du profane à s&#8217;accrocher à des convictions pseudo-scientifiques, avec une vigueur incompréhensible pour les professionnels de la connaissance. L’être vivant a besoin de références. Il les substitue aux &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/05/02/la-science-est-chouette-mais-aussi-effraie/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce jeu de mots connu introduit un article sur les raisons intimes du profane à s&#8217;accrocher à des convictions pseudo-scientifiques, avec une vigueur incompréhensible pour les professionnels de la connaissance. <span id="more-1390"></span></p>
<p>L’être vivant a besoin de références. Il les substitue aux probabilités. Il place des phares dans l’océan des incertitudes. Chez certains l’ampoule est faiblarde, seule l’île du phare est éclairée et l’individu se croît environné de concepts solides. Quand la lumière est puissante par contre, on n’aperçoit plus que du vague.<br />
Cherchez en effet quelque chose de certain, de vraiment inattaquable. Le rouge est une couleur précise ? Placez côte à côte une centaine de nuances entre le rose et le rouge, et dites « précisément » où commence le rouge… Un objet est présent ou absent ? Absent d’où, de votre regard ? S’il est de l’autre côté de la planète et que vous le regardez par caméra interposée, est-il absent ou présent ? S’il est à l’intérieur d’une boîte fermée, invisible, dans la même pièce que vous, présent ou absent ? Un tas de sable commence à partir de combien de grains ? Tous les concepts les plus solides de notre quotidien renferment une énorme quantité de <em>vague</em>, dont nous ne sommes pas conscients.</p>
<p>« Sans doute » cela nous est-il obligatoire pour être efficace. Nos expérimentations nécessitent de réduire l’improbabilité, de la tronquer, sinon nous n’agirions toujours que de façon parfaitement prévisible, et jamais n’existerait la possibilité de voir se réaliser une issue surprenante, parce qu’elle n’était pas la plus probable, et néanmoins dotée d’avantages intéressants. Car l’être vivant n’a pas les capacités nécessaires pour prévoir toutes les conséquences. Même son intuition, qui en calcule beaucoup, a ses limites. Nous sommes, de par l’évolution, des algorithmes intelligents d’analyse des possibilités par l’empirisme, qui nous rapprochent de la meilleure solution, sans que nous ayons jamais l’espoir d’une certitude car nous n’avons aucun moyen de vérifier notre omnipotence quant aux paramètres en jeu.<br />
<em>L’homme est un nieur du probable et un adorateur de sa certitude, tout en espérant les faire coïncider</em>.<br />
C’est la principale raison pour laquelle nous n’aurons jamais une vie calme…</p>
<p>Le joueur serait-il une personnalité plus adaptée aux probabilités ? C’est le contraire : il a foi en sa « chance », qui est une négation irrationnelle des probabilités. Tous les joueurs savent qu’il entre plus d’argent dans un casino qu’il n’en sort ; cela ne les empêche pas d’y entrer aussi, confiants dans leur chance. C’est une façon particulière, nous l’avons vu dans un autre article, de sublimer le désir de voir le monde se plier à sa volonté.<br />
Notre « inaptitude naturelle » à gérer les probabilités se manifeste dans l’attitude du joueur spontané quand dix numéros noirs sortent successivement à la roulette : il se met à jouer les rouges, qui devraient surgir « pour rétablir l’équilibre ». Or la probabilité d’avoir un numéro rouge au onzième tirage est toujours de 50%, chaque tirage étant indépendant des autres.</p>
<p>L’importance des références dans le bon fonctionnement de l’esprit est attestée par une vieille expérience de Pavlov : il entraîna un chien à associer l’arrivée du repas avec la vue d’un cercle, tandis qu’une ellipse ne provoquait rien d’intéressant. Il réduisit progressivement la différence entre les deux formes jusqu’au moment où le chien fut incapable de les distinguer l’une de l’autre. La malheureuse bête devint amorphe et dépressive.<br />
Probablement est-ce ce qui nous arriverait si nous n’avions plus de références pour maîtriser un monde finalement entièrement probabiliste, où rien n’est tranché, donc susceptible de déclencher une action. Il nous faut des <em>seuils</em>. Ceux-ci sont formalisés par des langages, plus ou moins fidèles ; leur instabilité transparaît dans les <em>paradoxes</em>, qui remplissent des livres entiers. Les langages de la science ont fini par obtenir les meilleures performances, mais sont loin d’avoir éteint tous les paradoxes.</p>
<p>Elle n’a pas encore trouvé le langage qui peut dépeindre l’esprit humain, et c’est peut-être ses tentatives en ce sens qui sont en train de la perdre. Les scientifiques ne comprennent pas la défiance et même l’hostilité que génère la puissance croissante de leurs modèles théoriques. Quelle peut en être la raison, alors qu’ils ne font qu’accroître nos certitudes ? Les dérapages, comme la bombe atomique, sont le fait de l’homme ; ils ne sont pas une raison juste pour condamner la connaissance…<br />
L’explication réside dans nos remarques précédentes : au-delà des progrès apparents, la science détruit davantage de références qu’elle n’en crée de solides. Le processus d’annihilation entrepris jette le doute sur toutes les notions nouvelles. Même si elles semblent plus fiables à quelques cerveaux pointus, elles n’ont pas d’ancienneté pour impressionner les autres. La plupart du temps, elles révèlent notre ignorance plutôt qu’elles la comblent. Pire, les idées nouvelles nous montrent un monde chaotique, en perpétuelle recomposition, d’une reproductibilité bien moins assurée qu’on l’imaginait. Il existe jusqu’à la possibilité qu’un être vivant puisse, sans aucun artifice, traverser un mur ! Elle est infime, mais non nulle.</p>
<p>C’est jusqu’au <em>temps</em> lui-même, <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/04/26/comment-la-conscience-a-cree-le-temps/">dit l’impertinent auteur de ces lignes</a>, qui pourrait être l’une de nos références et non pas une dimension fondamentale de l’univers. Le temps nous servirait à quantifier la succession d’interactions du monde matériel que nous ne pouvons percevoir. On peut vérifier son manque de solidité intrinsèque en disant qu’il est la plus <em>ancienne</em> de nos références… c’est-à-dire qu’il ne peut se définir que par lui-même.</p>
<p>Comment, dans ces conditions, devant le génocide de nos références orchestré par la science, ne pas prendre le maquis ? C’est l’équilibre d’esprit d’une majorité de population qui se trouve menacé, y compris et surtout dans les pays les plus développés où les références ne sont plus soutenues par une foi d’un autre Ordre, et deviennent les plus fragiles.<br />
La Connaissance ne s’en sortira qu’à l’aide d’une excellente politique : elle devra, comme toute superconscience menacée par la vindicte populaire, trouver la meilleure des campagnes de communication, créer ses sectes et ses missionnaires…</p>
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		<title>Comment la conscience a créé le Temps…</title>
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		<pubDate>Thu, 26 Apr 2012 11:25:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Questions en suspens]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>

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		<description><![CDATA[Réfléchissons plus avant aux paradoxes qui entourent la conscience d’un Soi. Elle naît, nous l’avons vu dans l&#8217;Homme Polyconscient, du tronc cérébral, carrefour des influx constants qui proviennent de l’intégralité du milieu interne et témoignant normalement de son bon fonctionnement. &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/04/26/comment-la-conscience-a-cree-le-temps/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Réfléchissons plus avant aux paradoxes qui entourent la conscience d’un Soi. Elle naît, nous l’avons vu dans <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/04/16/lhomme-polyconscient/">l&#8217;Homme Polyconscient</a>, du tronc cérébral, carrefour des influx constants qui proviennent de l’intégralité du milieu interne et témoignant normalement de son bon fonctionnement. Tout cet organisme est en renouvellement perpétuel : il faut quelques jours seulement à la muqueuse intestinale pour être remplacée, et une dizaine d’années à l’os, au métabolisme le plus lent. A ce moment, nous sommes un corps entièrement nouveau, qui génère la « même » conscience d’un Soi permanent, alors que n’existe plus une seule cellule ou fibre de l’organisme précédent.<br />
Une seule population résiste au changement : les neurones. Mais ces braves gaulois poilus ne constituent pourtant que le réceptacle de la conscience de Soi. Ils sont en fait les artisans principaux du changement, de la mode, puisqu’ils fabriquent les représentations et que celles-ci sont, pour la plupart, bien plus éphémères que l’os. Le tableau général du Moi, incluant toute la polyconscience, prend un aspect fort différent d’une décennie à l’autre de la vie. La seule permanence physique que nous possédons est la « toile » vierge du réseau neuronal brut, sur laquelle viennent s’inscrire et s’effacer les représentations — une multitude de liaisons fragiles —.</p>
<p><em>Notre part permanente ne possède aucune âme, tandis que l’endroit d’où semble provenir notre âme n’a aucune permanence</em>.</p>
<p>Le paradoxe naît dans la perspective. Pour comprendre comment la perspective fabrique la conscience du Soi, il faut faire un peu de physique :<span id="more-1388"></span><br />
L’homme moderne est disposé à reconnaître que ses sens le trompent. Quelques expériences d’illusions optiques suffisent à l’en convaincre. Il sait également ne percevoir qu’une fraction infime du spectre électro-magnétique, que le gigantesque et l’infime échappent à ses capacités biologiques. Il fait ainsi davantage confiance à ses instruments qu’à ses propres sens quand les premiers contredisent les seconds.<br />
Intuitivement, nous pourrions deviner que nos informations internes obéissent également à des règles adaptatives plutôt que réalistes. Pourtant, personne ne se fait la réflexion que la conscience de Soi, directement issue des influx organiques, <em>puisse être elle aussi faussée</em>, selon la perspective.</p>
<p>Cela est manifeste dans le mode d’éducation scolaire : alors que nous savons depuis un siècle que le monde n’est pas tel que nous le ressentons, l’enseignement reste classique et adapté à la conscience de Soi traditionnelle. L’univers matériel, en effet, est perçu comme remarquablement stable et aux propriétés reproductibles : le soleil se lève tous les matins, un mur ne peut pas être traversé, la pomme tombe toujours vers le bas… En physique, quelques-unes seulement de ces propriétés restent stables — la gravitation qui fait chuter la pomme —, tandis que toutes les autres sont bouleversées : le monde apparaît soudain en perpétuelle évolution, n’a d’apparence stable que <em>temporaire</em> pour nos sens humains. L’eau est liquide seulement dans une minuscule fourchette de température ; la permanence de l’océan liquide ne tient que parce que nous vivons nous-mêmes dans une fourchette identique. Le mur deviendrait meuble ou gazeux dans d’autres conditions physiques. Le soleil n’est qu’un rassemblement d’hydrogène allumé par des conditions astronomiques favorables. Les atomes eux-mêmes n’ont pas toujours existé ; ils sont issus d’une soupe particulaire refroidie, et ne sont pas éternels. Rien n’est définitif.</p>
<p>Difficile de s’organiser au milieu d’un pareil chaos. L’auto-évolution naturelle a conduit vers un socle d’assurance : nous avons délimité un périmètre de sécurité, couvert par nos sens, où les lois du monde ont semblé prévisibles. Nous avons pu raisonner de façon inductive, accéder à l’anticipation, et poursuivre notre auto-organisation. Cette vision nous fut absolument nécessaire. Mais elle reste <em>adaptative</em>.<br />
Jusqu’à un point que nous commençons seulement à effleurer : le Temps lui-même serait un artifice adaptatif.</p>
<p>Peut-être savez-vous que l’une des théories candidates à la compréhension de l’univers, unifiant la relativité et le micro-monde quantique, <em>la théorie des boucles</em>, fait une totale impasse sur le facteur temps ? Ses équations fondamentales n’ont pas besoin du petit <em>t</em>. Il est possible de l’introduire, mais il ne fait que reformuler l’enchaînement des interactions entre les boucles élémentaires qui sont au coeur de la théorie. Il n’est pas une dimension en lui-même. Ces équations débouchent sur un modèle remarquablement cohérent — sa démonstration expérimentale n’est pas faite — d’où le temps a disparu. Pour expliquer cet effet stupéfiant, <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2012/04/05/rovelli-carlo-et-si-le-temps-nexistait-pas/">Carlo Rovelli</a> suggère que le temps pourrait être une perspective purement humaine et non une loi physique. Audacieux ! Nous pouvons concevoir que le temps subjectif soit propre à chaque individu, mais le temps universel auquel nous nous référons pour se rendre au travail tous les matins ?</p>
<p>Einstein avait déjà mis à mal l’universalité du Temps. Serait-il possible qu’il soit une loi humaine adaptative et non une loi physique « constitutive » à l’instar de la gravitation, parce que notre conscience de Soi serait trompeuse et que nous n’avons jamais imaginé qu’elle puisse nous insuffler des concepts erronés de la même façon que le fait notre vision.<br />
La conscience de Soi, la plus ancienne, aurait été en effet bien incapable de comprendre comment un objet évolue en un autre, comment la glace devient liquide, comment un bourgeon devient fleur. Elle n’a jamais eu, tout simplement, le niveau de perception lui permettant de <em>sentir</em> les interactions particulaires qui sous-tendent les transformations macroscopiques. De la même façon, elle ne peut compter tous les points de la droite suivie par un objet en déplacement. Elle aurait donc « inventé » le temps. Sans doute le plus élémentaire des outils de la conscience. Une dimension qui permet de relier l’empilement des réactions qui mènent du bourgeon à la fleur, la position d’un animal d’un endroit à un autre à l’issue de sa course, le remplacement d’un congénère par son rejeton, etc… Une sensation tellement fondamentale qu’elle est incapable de s’en abstraire — jusque récemment — pour construire une théorie de l’univers.</p>
<p>Remarquez alors la saveur du mot « temporaire » dans notre phrase sus-jacente — le monde n’a d’apparence stable que temporaire pour nos sens humains —. C’est la création du temps, contenu dans le <em>temporaire</em> — même s’il n’est pas éternel — qui procure un ancrage à notre compréhension du monde matériel. Il est à la fois une échelle de mesure, et une dimension de <em>mouvement</em>, qui autorise des actes, et surtout des actes <em>anticipés</em>. Sans cet artifice, nous serions en train de subir chaque interaction du monde matériel sans aucune possibilité de les influencer. C’est ainsi d’ailleurs qu’a commencé la vie préconsciente. Elle a été portée par un fleuve d’enchaînements chimiques aveugles. Le temps a commencé avec la conscience primitive. Pour organiser la suite d’échanges, il fallait qu’apparaisse le concept d’<em>à-venir</em>. Comme la conscience primitive a été le produit d’une <em>succession</em>, elle est entièrement conçue autour de la non-réversibilité. Son support physique même l’empêche de fonctionner autrement. Si nos neurones inversaient la construction de leurs liaisons, en admettant que les processus biologiques puissent fonctionner à l’envers, nous redeviendrions un foetus stupide, certainement incapable de transmettre le savoir accumulé à notre aïeul. Le temps subjectif se déroule dans un sens parce que c’est dans ce sens que l’univers s’organise, et que notre conscience est un phénomène d’organisation. Le terme « sens » est utilisé ici comme le serait « à droite » et « à gauche » sur une ligne droite mathématique.<br />
Il est sans doute possible, néanmoins, de faire une dimension de la juxtaposition des évènements ; mais est-ce une dimension différente des autres, impliquant la notion propriétaire d’un « déroulement » ? Elle ne semble pas obligatoire, si la théorie des boucles est exacte, pour décrire les lois fondamentales de l’univers. Elle ne serait la propriété, en réalité, que de notre conscience.</p>
<p>Que faut-il changer ? Les funérailles du Temps n’ayant pas encore été célébrées expérimentalement, il est sans doute prématuré de le supprimer de la scolarité et de transformer la classe en une suite d’interactions professeur-élève sans horaire défini… Qui veut affronter les syndicats ? Notons cependant que l’enseignement secondaire, celui qui formate la majorité des futurs adultes, compte jusqu’à deux siècles de retard sur la science fondamentale. C’est beaucoup quand cette dernière, en physique et en mathématique, a subi des bouleversements aussi majeurs. Le modèle standard a une validation expérimentale très solide, mais les élèves apprennent toujours une conception antique du monde et de ses lois. Celles-ci deviendront les fondamentaux de leur conscience, ils les transmettront à leurs propres enfants : se creuse l’écart entre une science sans entraves et des mentalités toujours ligotées.</p>
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		<title>Moïse, en vieillissant, a ajouté trois commandements</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 02:57:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouveautés du site]]></category>

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		<description><![CDATA[Trois principes physiologiques à connaître pour découvrir les secrets du meilleur des vieillissements : -Le vieillissement est un ralentissement « normal » des processus de renouvellement des tissus ; le maintien de leurs fonctions devient plus difficile, particulièrement en cas d’agression, avec une intervention &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/04/25/moise-en-vieillissant-a-ajoute-trois-commandements/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Trois principes physiologiques à connaître pour découvrir les secrets du meilleur des vieillissements :<span id="more-1384"></span></p>
<p>-Le vieillissement est un ralentissement « normal » des processus de renouvellement des tissus ; le maintien de leurs fonctions devient plus difficile, particulièrement en cas d’agression, avec une intervention moins rapide de la régénération cellulaire, qui peut laisser des cicatrices, en termes de diminution du rôle homéostasique assuré par un organe, d’une sécrétion hormonale, ou fragilisation d’une structure de soutien.</p>
<p>-Les contraintes mécaniques sont le stimulant essentiel de l’activité des cellules des tissus de soutien ; les cellules, malgré la paresse liée à l’âge, gardent jusqu’au bout une capacité adaptative aux besoins. Ostéocytes, chondrocytes, sont sensibles aux déformations. Les pressions mécaniques stimulent et orientent leur métabolisme (mécanotransduction). L’architecture osseuse reflète ainsi fidèlement les lignes de force qui s’exercent sur l’os. Le cartilage — jeune — est capable de s’épaissir si les contraintes de pression sont inhabituellement importantes à cet endroit.<br />
La mécanotransduction vient d’être étendue aux cellules musculaires et explique les effets du massage : celui-ci stimule l’expression de gènes dans la cellule musculaire avec diminution des phénomènes inflammatoires et augmentation de l’activité des mitochondries, les centrales énergétiques cellulaires (Tarnopolsky, université MacMaster, Canada, 2012)</p>
<p>-Les gestes et les postures sont exécutés de façon plus ou moins efficaces selon leur fréquence, selon le « rodage » du système nerveux. Une attitude aussi banale que rester debout implique une tâche de fond élaborée des automatismes nerveux, qui reçoivent une multitude d’informations sensorielles — capteurs de pression cutanés, sens de position des articulations, tension des muscles et des tendons, équilibre par la vue et l’oreille interne — et renvoient des impulsions motrices, contractant et décontractant les muscles dans les configurations les mieux adaptées. Ces automatismes sont sous-conscients. La volonté ne fait qu’envoyer l’ordre du mouvement, sans le détailler. A partir de la même intention, le mouvement peut être harmonieusement exécuté ou non selon la qualité des automatismes, et la conscience ne fera aucune différence. Un individu peut croire faire le même geste pour marcher que quelques mois auparavant alors que, pour raison d’inactivité ou d’autre problème de santé l’ayant perturbé, le mouvement est devenu médiocre : l’information sensitive est moins fine, les muscles peu réactifs et mal coordonnés, de manière invisible pour l’utilisateur. Les plus perceptifs se font la réflexion « qu’ils deviennent maladroits », mais ne s’en inquiètent pas davantage que de leurs premiers trous de mémoire, alors qu’il existe par derrière des mécanismes neurologiques sophistiqués en voie de détérioration et qu’il faut réentraîner.<br />
Nous avons tendance, à l’âge adulte, à considérer les aptitudes physiques et le savoir comme acquis. Ils ne sont pas gravés, mais facilités, et se reperdent si l’on ne s’en sert pas. De la même façon qu’un souvenir perdu n’affole guère quand la connaissance de la perte n’arrive pas à la conscience, l’étiolement des automatismes physiques ne peut inquiéter si l’on s’en sert rarement.</p>
<p>En possession de ces trois principes, nous pouvons trouver les règles que doit suivre l’évolution de l’activité physique avec l’âge :<br />
-diminuer la durée des efforts en charge pour éviter la rupture des fibres du tissu de soutien, qui ont leurs limites,<br />
-ne pas trop réduire l’intensité, et tendre à augmenter la fréquence des efforts pour garder une stimulation efficace de l’activité cellulaire d’entretien,<br />
-garder une mobilité vive, équilibrant les phases sédentaires, pour garder performants les automatismes nerveux des gestes et de la posture.</p>
<p>Un dernier principe physiologique s’étend au fonctionnement de la conscience, avec des conséquences psychologiques :<br />
Le jeune est en pleine maturation corticale ; sa curiosité le pousse naturellement vers les activités physiques pour peu qu’elles recèlent quelques défis ludiques. Une grande partie de son <em>attention</em>, mobilisant ses ressources mentales, est consacrée au physique — du moins traditionnellement car les loisirs virtuels sont en train de fabriquer une génération en besoin d’un ostéopathe personnel, comme la précédente aura été en besoin d’un psy personnel pour l’accompagner dans son changement de civilisation —. L’adulte vieillissant, quand il a baigné dans la culture de l’information, n’a plus de projets physiques enthousiasmants. Le corps devient un carcan gênant, imparfait, plaintif ; on se met à pester contre lui comme si c’était un chien qui a pissé sur le tapis. On n’éprouve plus de <em>plaisir</em> à s’en servir et à améliorer ses capacités. On le fait sortir pour marcher un peu, par devoir, par instinct de conservation. Toute l’attention est consacrée à la sauvegarde des tâches intellectuelles qui ont fait notre succès à la maturité — pas pour tout le monde, ainsi malgré l’état dégénératif objectivement plus avancé des vieux qui ont eu les métiers les plus physiques, ceux-ci restent les plus actifs et performants dans les tâches manuelles —.</p>
<p>Corollaire : alors que la présentation ludique des activités physiques devrait être réhaussée au fur et à mesure du vieillissement — pour y garder notre attention —, elle devient négligée. <em>Le vieux ne joue plus</em>, souvent parce qu’il a été éduqué dans une présentation trop élitiste du loisir physique, et se sent incapable de tenir la <em>comparaison</em>. Pourtant, de la même façon que l’on peut redécouvrir avec plaisir la littérature ou les mathématiques longtemps après avoir été fâché avec pour tyrannie scolaire, il est possible de retrouver l’esprit du jeu physique, avec des très jeunes ou des personnes de son âge, en remplaçant le joug de la compétition par le ravissement de l’émulation.<br />
Le maintien de la fraîcheur intellectuelle n’en est que plus facile ; l’esprit est en paix, plus si occupé à récriminer contre une représentation du corps fort négative, ou à replâtrer une image mensongère.</p>
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		<title>Science et postulat</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Apr 2012 02:41:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Science]]></category>

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		<description><![CDATA[La science pose ses propres postulats, ce qui la rend peut-être fausse sur tout ou partie. Mais le penser repose également sur une pré-supposition : que la raison humaine soit indépendante du monde qu’elle explore ; qu’elle soit une sorte d’émanation divine, &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/04/24/science-et-postulat/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La science pose ses propres postulats, ce qui la rend peut-être fausse sur tout ou partie. Mais le penser repose également sur une pré-supposition : que la raison humaine soit indépendante du monde qu’elle explore ; qu’elle soit une sorte d’émanation divine, originelle, créatrice de concepts aussi bien illogiques que logiques, parfois sans rapport aucun avec la réalité du monde. Est-ce véritablement possible ? L’esprit humain, fondamentalement un imitateur, un mélangeur et un réassortisseur génial, est-il capable d’imaginer quelque chose qui soit totalement étranger à ce monde ? Ou ne se leurre-t-il pas en trouvant des concepts innovants parce que, surtout, ils n’ont jamais encore été imaginés, à cause d’une vision trop étriquée du monde réel, une vision <em>traditionnelle</em>, c’est-à-dire déjà issue de l’homme et restreinte par la portée de son imagination antérieure ? Les concepts sont-ils une création de l’esprit humain ou sont-ils là de toute éternité, attendant que notre imagination parvienne à les appréhender parce que le langage du monde finit par lui être enfin compréhensible ?</p>
<p>Le doute est lui-même un postulat. Il est possible que chacun de nos concepts ait un sens… parce que nous ne serions pas en mesure d’imaginer l’impossible.</p>
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		<title>SarkHomme</title>
		<link>http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/04/21/sarkhomme/</link>
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		<pubDate>Sat, 21 Apr 2012 00:03:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Quel regard apolitique peut-on porter sur l’élection en cours, très passionnée, et qui va produire, merveilleux effet de la démocratie, son éternelle moitié d’insatisfaits — c’est à cela que l’on reconnaît une vraie démocratie ! et si l’on pense encore qu’un tel &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/04/21/sarkhomme/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quel regard apolitique peut-on porter sur l’élection en cours, très passionnée, et qui va produire, merveilleux effet de la démocratie, son éternelle moitié d’insatisfaits — c’est à cela que l’on reconnaît une vraie démocratie ! et si l’on pense encore qu’un tel régime met fin aux conflits, c’est que l’on n’a pas saisi leur nécessité impérative — ? Les sarkozystes sont si désespérés qu’ils se scandalisent de <a href="http://www.youtube.com/watch?v=GIX8IejCdQE">cette vidéo sur Hollande</a>, avec en sous-titre qu’un candidat ne pourrait jamais gagner une présidentielle aux USA après une pareille affaire. La mystification politique en question fait plutôt potache ; en réalité elle bouscule presque de façon sympathique l’image de terne fonctionnaire de la politique que véhicule Hollande.</p>
<p>Cette anecdote n’a aucune chance d’influencer l’élection car il n’existe pas de « pro-Hollande », seulement des anti-Sarkozistes. La droite aurait-elle présenté n’importe lequel de ses poulains prometteurs, il gagnait, en se prévalant du bilan gestionnaire de Sarko sans récupérer l’image dictatoriale. Mais les urnes vont choisir un traitement radical : un flash de radiothérapie contre le « SarkHomme ». <span id="more-1373"></span>La présidence socialiste, à l’évidence, va coûter cher à la France, non pas à cause du vide d’idées novatrices à gauche, mais parce qu’une nation est devenue un grand magasin, dans lequel les économies étrangères font leur marché, et sont attentives avant tout à la réputation du PDG. Ce critère influence bien davantage l’enrichissement d’un pays que la répartition des richesses en interne par la politique sociale, seule réelle liberté d’un gouvernement.</p>
<p>Les français peuvent se consoler en affirmant être toujours les hérauts de la diversité. Si l’on reprend la comparaison avec les USA, on ne peut que s’éponger le front de soulagement de ne pas vivre au milieu de l’étouffant conformisme de la middle class américaine. Les français écoutent encore leurs intellectuels — un luxe ! —, les américains sont pendus aux lèvres de leurs prêcheurs. Ils ont remercié un Clinton pour une pipe ; les merci français pourraient aller, comme un pied de nez, à un Hollande tentant de mystifier le théâtre politique.<br />
Cette scène étant l’exact reflet de la diversité d’un peuple, la réduction du paysage américain à un parti de droite et un d’extrême-droite donne la mesure des mentalités locales : l’excentricité n’y est qu’un fantasme véhiculé par quelques artistes indépendants. La scène française n’est pas beaucoup plus riche, avec des acteurs principaux identiques depuis des décennies, malgré qu’ils aient tous déçu, et il n’existe pas d’imagination assez forte pour <em>refuser d’aller voter</em>.</p>
<p>Le souci du français est que pour vendre sa préoccupation sociale, il devrait la rendre séduisante aux cultures utilitaristes qui dominent la planète. Mais comment rendre attractive cette insatisfaction qu’il est seul à adorer ?</p>
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		<title>Infiltrations à répétition, anticipation médicale forcée</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Apr 2012 22:45:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>

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		<description><![CDATA[Chez un rhumatologue existe un contingent de personnes atteintes d’affections dégénératives, gonarthrose et lombarthrose en premier lieu, qui réclament régulièrement une infiltration palliative de corticoïdes. La répétitivité de ces injections fait parfois frémir certains confrères, quand les mêmes patients sont &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/04/20/infiltrations-a-repetition-anticipation-medicale-forcee/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chez un rhumatologue existe un contingent de personnes atteintes d’affections dégénératives, gonarthrose et lombarthrose en premier lieu, qui réclament régulièrement une infiltration palliative de corticoïdes. La répétitivité de ces injections fait parfois frémir certains confrères, quand les mêmes patients sont atteints de troubles métaboliques, potentiellement accentués par le corticoïde. La chirurgie prothétique du genou montrait encore récemment de nombreux insatisfaits ; elle a fait des progrès suffisants pour qu’il soit à présent possible de la conseiller facilement ; mais il existe toujours une tranche d’âge idéale, que faire des trop jeunes et trop vieux ? Dans certaines ethnies, la gonarthrose est banale à la cinquantaine. Quant à la lombarthrose, on ne dispose pas des pièces neuves, ni de viscosupplémentation comme au genou.<br />
Une fois le médecin au terme de ses messages quant à l’hygiène de vie, comment doit-il se comporter face à la demande de soulagement ?</p>
<p>Un profil de patient rétrécit visiblement sa conscience à un besoin d’antalgie immédiate, sans trop se soucier des conséquences. Un autre profil est au contraire très attentif, au moins autant que le médecin, aux risques, et hésite à s’engager dans toute thérapeutique. Les premiers vaquent normalement à leurs occupations, une fois le soulagement obtenu, pendant un nombre d’années sans doute inférieur, du fait qu’ils négligent les risques, aux seconds, si experts dans la précaution qu’elle devient un élément cardinal de leur existence, au point <em>qu’ils ne semblent vivre que pour gagner quelques années de vie</em>.</p>
<p>Sous cet angle, pourrait-on dire que réduire son niveau de conscience par rapport à ce que souhaite l’autorité médicale ait, quelque part, un effet de protection sur la liberté du destin choisi par chacun ?<br />
Hypothèse provocante, qui met en lumière le décalage entre le degré d’anticipation propre au malade et celui du médecin. <span id="more-1370"></span> Il est en général proportionnel au temps « libre », de chaque côté : le patient qui passe un temps considérable à s’informer sur les risques développe une anticipation de type « himalayenne » : des chaînes de complications montagneuses s’étendent dans toutes les directions et il devient difficile de trouver un passage pour permettre à une fragile existence de les franchir. Au contraire, le patient très occupé vous dépose son bilan en vitesse et absorbe toutes les recommandations avec une parfaite compliance. De l’autre côté du bureau, le médecin surchargé pare au plus pressé, tandis que celui dont la salle d’attente est moins bruyante s’appesantit sur le pronostic de vos trente prochaines années… pleine de risques incalculables !… au sens propre comme au figuré : l’anticipation reste une statistique construite sur des critères plus ou moins pertinents, et il est normalement de la responsabilité du patient de « jouer » avec les résultats, ou de ne pas s’y intéresser, pour éviter que l’existence soit étranglée en vue de se conformer à ce pronostic, alors qu’elle aurait pu prendre d’autres chemins satisfaisants.</p>
<p>La frontière éthique est franchie quand le médecin <em>impose son anticipation</em> au patient. Il y est encouragé par la société, à travers le principe de précaution — un grand pervers — et les organismes de protection sociale qui visent une efficience sur des cohortes au meilleur prix. Mais le médecin, lui, a en ligne de mire l’intérêt de l’individu. Il peut s’autoriser cette colonisation intellectuelle que nous pratiquons constamment, partager sa vision anticipatrice avec son patient et espérer l’y faire adhérer. Mais nous savons les dangers que cette attitude recèle : le médecin n’est pas devin ; il peut survenir un aléa thérapeutique. Adopter la conduite la plus judicieuse d’un point de vue scientifique et réglementaire s’avère encore bien précaire au vu de l’évolution de certains destins.</p>
<p><em>Que sont finalement les « guidelines », sinon une protection pour le médecin vis à vis des récriminations d’un patient qui ne l’a pas suivi dans son anticipation ?</em></p>
<div><em></p>
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		<title>L&#8217;Homme Polyconscient</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Apr 2012 02:03:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>

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		<description><![CDATA[Les blogs tournaient au ralenti ces derniers temps parce que je mettais la dernière main à cet ouvrage, « L’Homme polyconscient », qui paraît aujourd’hui. La profession médicale apporte ses moments de grand bonheur, ses dépits — généralement liés à notre ignorance, que &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/04/16/lhomme-polyconscient/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lulu.com/shop/tome-fringant/lhomme-polyconscient/paperback/product-20061332.html"><img src="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/files/2012/04/homme-polyconscient.jpg" alt="" title="homme-polyconscient" width="300" height="479" class="alignright size-full wp-image-1366" /></a> Les blogs tournaient au ralenti ces derniers temps parce que je mettais la dernière main à cet ouvrage, <a href="http://www.lulu.com/shop/tome-fringant/lhomme-polyconscient/paperback/product-20061332.html">« L’Homme polyconscient »</a>, qui paraît aujourd’hui.<br />
La profession médicale apporte ses moments de grand bonheur, ses dépits — généralement liés à notre ignorance, que le travail peut combler —, et aussi ses impostures, qui relèvent par contre d’un aveuglement plus difficile à contourner. Les règles professionnelles tendent de plus en plus à devenir celles d’une science « dure », comme si les patients étaient un matériau métallurgique au comportement toujours identique, ou du moins prédictible. Mais le patient — tout individu en fait — est l’interaction d’un physique accessible dans ses rouages les plus simples à la méthode scientifique, et d’une conscience qui ne l’est pas, car elle s’auto-organise selon ses propres règles. La médecine du quotidien est ainsi devenue un atelier de mécanique où l’on fait une vidange, un réglage de carburation et un changement de plaquettes, sans se préoccuper de l’électronique de commande, extraordinairement complexe sur les modèles contemporains. Tout au plus établit-on un modèle psychologique du conducteur, et s’il est un peu nerveux au volant nous allons lui trouver de quoi se calmer ! Les processus sous-conscients du psychisme, qui relient le comportement aux sensations corporelles et à leurs maladies, sont terra incognita… où l’on entend toutes sortes de prophètes, car il n’existe plus tant de terres inconnues pour attirer inventeurs et aventuriers.<br />
Je me suis équipé pour me lancer à mon tour dans ces friches de la médecine, avec des objectifs précis : rester en contact avec la vraisemblance scientifique mais m’affranchir de ses effets réducteurs ; déconstruire avant de tenter un réenchantement de notre existence ; amener à un palier maximal de conscience — avec nos moyens actuels — que j’ai appelé la polyconscience.<br />
Ce n’est pas un livre de médecine mais une nouvelle théorie de la conscience, aux prolongements étonnants vers la philosophie, la sociologie, l’épistémologie. C’est un creuset capable de refondre nos questions existentielles en solutions véritablement innovantes. Un livre difficile pour ceux qui se contentent d’éprouver la vie ; une échelle pour celui qui veut la contempler ?…<br />
<a href="http://www.lulu.com/shop/tome-fringant/lhomme-polyconscient/paperback/product-20061332.html">Version livre couverture souple, 202 pages</a><br />
<a href="http://www.lulu.com/shop/tome-fringant/lhomme-polyconscient/ebook/product-20062541.html">Version eBook format epub (Kobo FNAC, iPad…)</a></p>
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		<title>Science Universelle</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Mar 2012 23:45:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blinder Based Medecine]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>

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		<description><![CDATA[Scientifiques, religieux, adeptes de toutes croyances, se rejoignent sur une carence commune : tous sont impuissants ou malhabiles à traiter ce qui échappe à leur foi. La seule issue est généralement de chercher à imposer sa foi. La foi est, ainsi, &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/03/03/science-universelle/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Scientifiques, religieux, adeptes de toutes croyances, se rejoignent sur une carence commune : tous sont impuissants ou malhabiles à traiter ce qui échappe à leur foi. La seule issue est généralement de chercher à imposer sa foi.<br />
La foi est, ainsi, source de tous les conflits.<br />
Le scientifique ne fait pas mieux que les autres en ce domaine, même s’il affirme que ses croyances sont bien plus fondées que les autres, et le monde matériel lui apporte presque systématiquement son appui. Mais il n’existe pas de méthode scientifique pour traiter ce qui échappe encore à la vérification scientifique.<br />
Nous attendons la Science Universelle, qui se définit par l’existence d’une méthodologie propre à gérer ce qui relève de sa foi, et d’une autre pour ce qui n’en relève pas.</p>
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		<title>Face à la protestation</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jan 2012 05:08:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>

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		<description><![CDATA[Pharmaciens en grève : un post calédonien, mais qui intéressera tous ceux confrontés à la désertification médicale.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/vincre/2012/01/15/la-greve-des-pharmaciens/">Pharmaciens en grève</a> : un post calédonien, mais qui intéressera tous ceux confrontés à la désertification médicale.</p>
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		<title>Errance libérale</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jan 2012 04:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>

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		<description><![CDATA[Le monde libéral est caractérisé, avant toute autre chose, par une foi inébranlable en l’existence de liberté. La croyance en des qualités intrinsèques à chaque être humain, propriétaires, débouche sur la conviction que nous sommes aux commandes de la conduite &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/01/15/errance-liberale/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le monde libéral est caractérisé, avant toute autre chose, par une foi inébranlable en <em>l’existence</em> de liberté. La croyance en des qualités intrinsèques à chaque être humain, <em>propriétaires</em>, débouche sur la conviction que nous sommes aux commandes de la conduite de notre vie, capables de gagner ou de perdre selon notre habileté, comme si l’on passait chez un concessionnaire s’offrir une superbe voiture de course, dont les potentialités autorisent toutes les ambitions, et d’ailleurs l’attirance du monde libéral pour les belles bagnoles n’est certainement pas un hasard <img src='http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>C’est à la fois la plus grossière, et la plus efficace, des illusions qui propulsent l’homme dans sa réalisation personnelle.</p>
<p>Si nous remontons cette grosse ficelle vers le début de chaque destin, banal ou exceptionnel, nous tombons sur une loterie génétique et ses lots d’aptitudes innées, dont il est difficile de tirer une réelle fierté : c’est comme si le lot lui-même se réjouissait d’être une récompense… Vous n’existez pas encore pour porter un tel jugement. C’est la société qui le porte. Et donc, en quelque sorte, la fierté envers nos capacités est un sentiment que nous empruntons plus tard à la société, avec des critères de jugement qui auraient pu être tout différents dans une autre.<br />
<span id="more-1354"></span></p>
<p>L’environnement va ensuite pétrir cette pâte génétique pour y sculpter notre personnalité. Là encore, nous n’avons pas vraiment les outils en main. Ce sont nos parents, nos éducateurs, des acteurs plus temporaires et d’autres eux-mêmes immatures, qui tiennent burins et marteaux. Les sculpteurs ne font pas réellement preuve d’initiative. Ils reproduisent le plan inscrit dans leur propre tête.<br />
En fait, les seules orientations inattendues de notre vie sont les évènements liés au hasard.<br />
Nous arrivons ainsi à une conclusion étonnante : S’il peut exister une liberté véritable, serait-ce de s’exposer volontairement à l’aléa ?<br />
Voici qui détache radicalement la liberté de nos qualités intrinsèques, n’est-ce pas ?</p>
<p>N’attachez cependant pas trop d’importance à ce discours de coupe-jarrets. Il faut en effet vider l’illusionnement de toute sa charge péjorative. Il est la définition la plus intime et pertinente de notre humanité, nous détachant de la condition, vide de sens, de machinerie biologique. En m’attaquant à l’illusion de liberté, je la détruis pour renforcer <em>l’impression</em> de liberté, plus sincère et moins fragile, et dont il est impossible de se blaser car on la perd et on la retrouve, comme une effloraison de printemps.<br />
Je peux recréer mes illusions, cette fois comme des chevaux fougueux que je place en attelage, capable de l’arrêter et de descendre de sa course folle, au lieu d’être moi-même ce jeune étalon fougueux qu’engloutira un jour un précipice. Pessimisme ? Non, nous affrontons tous un accident final. S’arrêter pendant cette folle épopée permet de prendre des photographies du monde et de les distribuer. Chacune contient une partie du monde et une partie de nous. Ces représentations, ou personae, sont les moyens les plus vraisemblables de notre survivance.</p>
<p>Mais là encore, n’hésitons pas à tresser de belles illusions. Inventons des paradis et des univers alternatifs.<br />
Nous finirons tous au contact du multi…ver.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Comment différencier une spondylarthrite inflammatoire d&#8217;une lombalgie mécanique banale ?</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Jan 2012 07:50:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Pratique médicale]]></category>
		<category><![CDATA[Presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Situation très courante, vu la fréquence des lombalgies chroniques, et gênante quand est finalement porté un diagnostic de rhumatisme inflammatoire alors que l’on a houspillé le patient sur son hygiène de vie depuis des mois ou années, voire entamé sa &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/01/14/comment-differencier-une-spondylarthrite-inflammatoire-dune-lombalgie-mecanique-banale/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Situation très courante, vu la fréquence des lombalgies chroniques, et gênante quand est finalement porté un diagnostic de rhumatisme inflammatoire alors que l’on a houspillé le patient sur son hygiène de vie depuis des mois ou années, voire entamé sa réorientation professionnelle.<br />
Les conséquences d’un retard diagnostique ne sont heureusement pas dramatiques, car les anti-inflammatoires sont toujours au moins partiellement efficaces, et souvent spectaculaires. C’est plutôt que le médecin et le patient sont gênés de respectivement en prescrire et en consommer autant, sans obtenir de guérison définitive. L’affirmation d’une spondylarthrite va au moins déculpabiliser cette situation car, contrairement aux lombalgies banales, l’utilisation au long cours des AINS est parfaitement conseillée, contre une inflammation « maladie », agressive, et non pas contre une inflammation bénéfique, tentative de réparation physiologique dans les discopathies par excès de contraintes mécaniques. <span id="more-1350"></span></p>
<p>Le diagnostic différentiel repose depuis plus de 20 ans sur les très efficaces critères d’Amor (1), auxquels il faut adjoindre maintenant un critère IRM (présence de multiples hypersignaux discrets sur les insertions ligamentaires vertébrales) si le score atteint une valeur litigieuse, à la limite de la significativité.</p>
<p>Plus simplement pour la pratique courante, une étude prospective allemande (2) a déterminé 5 items comme étant les plus vraisemblables en faveur du diagnostic de spondylarthropathie :<br />
-âge de début ≤ 35 ans<br />
-réveils douloureux en seconde partie de nuit<br />
-fessalgies à bascule<br />
-amélioration par les AINS dans les 48 heures<br />
-amélioration par l’exercice et non par le repos</p>
<p>__________________________________________________</p>
<p>(1) Critères de spondylarthropathie d’Amor<br />
Sensibilité 92% spécificité 98%. Le score doit atteindre 6 points :<br />
Clinique :<br />
1. douleurs nocturnes lombaires ou dorsales ou raideur matinale lombaire ou dorsale (1 point)<br />
2. oligoarthrite asymétrique (2 points)<br />
3. douleur fessière sans précision (1 point), douleur fessière à bascule (2 points)<br />
4. doigt ou orteil en saucisse (2 points)<br />
5. talalgie ou toute autre entésopathie (2 points)<br />
6. iritis (2 points)<br />
7. urétrite non gonococcique ou cervicite moins d’un mois avant le début d’une arthrite (1 point)<br />
8. diarrhée moins d’un mois avant une arthrite (1 point)<br />
9. présence ou antécédent de psoriasis, ou de balanite, ou d’entérocolopathie chronique (2 points)<br />
Radiologie :<br />
10. Sacro-iliite (stade&gt;2) (2 points)<br />
Terrain génétique :<br />
11. présence de l’antigène HLA-B27 ou antécédents familiaux de spondylarthrite, de syndrome de Reiter, de psoriasis, d’entérocolopathie chronique (2 points)<br />
Sensibilité au traitement :<br />
12. amélioration en 48 heures des douleurs par anti-inflammatoires non stéroidiens ou rechute rapide (</p>
<p>(2) Identifying patients with axial spondyloarthritis in primary care: how useful are items indicative of inflammatory back pain? Braun A. et coll, Ann Rheum Dis 20111;70:1782-7</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Une garde-robe de personnalités</title>
		<link>http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/01/14/une-garde-robe-de-personnalites/</link>
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		<pubDate>Sat, 14 Jan 2012 05:43:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>

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		<description><![CDATA[(Extrait de &#171;&#160;l&#8217;Homme polyconscient&#160;&#187;, à paraître) Comment se comporte la polyconscience au quotidien ? On pourrait dire qu’elle chausse une personnalité. Chaque individu joue un rôle choisi. Si on compare la polyconscience à un orchestre, elle dévide une partition de base, &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/01/14/une-garde-robe-de-personnalites/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>(Extrait de &laquo;&nbsp;l&#8217;Homme polyconscient&nbsp;&raquo;, à paraître)<br />
</em><br />
Comment se comporte la polyconscience au quotidien ?</p>
<p>On pourrait dire qu’elle <em>chausse une personnalité</em>. Chaque individu joue un rôle choisi. Si on compare la polyconscience à un orchestre, elle dévide une partition de base, qui varie selon l’environnement. Un personnage peut être affable et poli avec ses clients, emphatique et vulgaire au bistrot parmi ses amis, irritable, indifférent ou violent à son domicile. C’est pourtant la même personne, n’est-ce pas stupéfiant ?<br />
Cet individu peut, de surcroît, se regarder dans un miroir et ne se reconnaître pleinement dans aucune des différentes personnalités qu’il endosse. Il se rassure en se disant que c’est son « caractère ». Mais que se cache-t-il derrière cette simplification grossière ? Qu’est-ce que le « caractère », ses « sautes d’humeur », et pourquoi semble-t-il que nous ayons sur lui si peu de contrôle alors que tant de fonctions corporelles nous sont accessibles ?<br />
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Ces personnalités, l’individu les contient toutes, et en même temps aucune ne suffit à le définir. Elles sont des combinaisons de ses personae. Il ne faut pas reconnaître dans celles-ci des personnes au sens où on l’entend habituellement ; il s’agit de leurs rouages, acquis par mimétisme, et dont nous avons analysé les recombinaisons et leurs aptitudes à satisfaire nos instincts fondamentaux.</p>
<p>Quand l’habillage de personnalité laisse un courant de malaise dans la polyconscience, parce que nos intentions ne sont pas satisfaites, il faudrait théoriquement choisir une autre tenue. Deux obstacles se dressent :</p>
<p>La garde-robe n’est pas étoffée de la même façon chez tous et à tout âge. Nous démarrons avec une personnalité-layette, qui ne tiendrait guère la route s’il n’y avait nos parents pour s’en émouvoir. Nous empruntons ensuite au gré de nos relations sociales et utilisons des greffons pour présenter finalement au monde ce patchwork qui fait de nous un individu unique.<br />
Les pièces, cependant, sont les mêmes. Ce qui nous différencie les uns des autres est davantage notre capacité de « créateur de mode », c’est-à-dire de concevoir des assemblages différents et d’en repérer les avantages.<br />
Nous pouvons ainsi patiemment remplir un vaste dressing tout au long de notre vie, bien que nous constations que, pour des raisons biologiques, beaucoup de vêtements s’éliment ; nous perdons les moyens d’entretenir une telle richesse au grand âge et tendons à sortir tous les jours affublé de la même personnalité, blasée à force d’être utilisée.</p>
<p>Deuxième obstacle : changer de personnalité comporte des risques. L’enfant essaye tout ; puis des fessées ou autres mésaventures douloureuses guident ses adjonctions de schémas de comportement. Les frustrations rendent cette construction de plus en plus prudente. Un adulte ne change pas facilement cet édifice, pas toujours très stable, mais seule entreprise qui lui est bien connue et qui lui permet d’échanger des services avec l’environnement.<br />
S’il décide de prendre un nouveau chemin, il est préférable que sa base arrière soit sûre, et qu’il connaisse au moins grossièrement les plans de la ville que les autres ont construite autour de lui.<br />
Ainsi, l’assurance préalable est un élément essentiel de l’aptitude à endosser de nouveaux habits de personnalité. Le bébé possède une assurance intégrale, puisqu’il <em>est l’univers</em>. Il est capable d’entreprendre ce qu’aucun adulte n’oserait faire, à tort, ou à raison quand c’est passer par la fenêtre d’un 3ème étage…<br />
La sensibilité à l’environnement est un avantage si celui-ci est sécurisé : elle permet une intégration rapide de nouvelles fonctions mentales sans retour défavorable. Par contre, dans un environnement agressif, la sensibilité devient un handicap, car le gain d’assurance est très ardu.</p>
<p>Un autre élément contribue à différencier encore davantage les individus dans leur gestion du risque : c’est la confiance dans leur anticipation. Ici l’avantage va, paradoxalement, à la réflexion rudimentaire. En effet, passer outre les résultats décevants, quand on tente ses premières expériences, demande de ne pas les analyser avec trop de précision. Sinon, un comportement avéré défavorable ne serait plus jamais tenté, alors que son issue a été liée peut-être à un hasard malheureux.<br />
Cette puérilité qui consiste à retenter opiniâtrement, stupidement en apparence, une expérience ratée, est donc essentielle à notre développement. L’instinct, ce bourrin, est une brique fondamentale. C’est lui qui est la source de notre confiance, bien placée ou non, mais toujours indispensable. C’est lui probablement qui favorise l’oubli, en empêchant notre mémoire de créer des circuits inhibiteurs systématiques lors des épisodes désastreux de notre quotidien. Ses influx outrepassent les verrous mémoriels.<br />
C’est tout l’avantage de la jeunesse, au phénotype si pétulant, et son inconvénient, par les gamelles que lui vaut son enthousiasme et les casseroles qu’elle traîne parfois longtemps à cause de cette effarante absence de contrôle. Cependant, sans la tyrannie bénéfique de l’instinct, qui déborde la réflexion, nous ne prendrions sans doute même pas la peine de nous lever le matin, ne serait-ce que pour assurer la survie en cherchant un peu de pitance.</p>
<p>Notre psychisme est ainsi un mécanisme complexe où chaque élément est indispensable. L’idée longtemps populaire qu’il faut « lutter contre ses instincts » est pure bêtise. Ce qui est nécessaire est de comprendre comment ils participent à la construction de nos personae et les intégrer dans de nouveaux modèles, mieux adaptés aux situations rencontrées.<br />
Quelle tristesse, quand cet effort n’est pas entrepris, de voir l’instinct désigné comme unique et grossier coupable. L’on se contente alors de couper la carburation qu’il génère, par la chimie des psychotropes, l’isolement dans une cellule, une psychothérapie comportementale castratrice. Certes, ces mesures peuvent transitoirement annuler des symptômes, permettre une reconfiguration de la personnalité par sa déconstruction temporaire. Mais elles ne peuvent remplacer, en traitement de fond, un enrichissement de la polyconscience, qui s’effectue par la multiplication de nouvelles expériences sécurisées, au contraire de l’enfermement physique et psychique habituellement pratiqué qui ne fait que radicaliser la monoconscience existante.</p>
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		<title>Le génie de la foule</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 00:55:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychologie de bazar]]></category>

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		<description><![CDATA[La sagesse de la foule contient un aspect décevant : Un groupe suffisamment grand devient parfaitement prévisible dans ses conclusions communes. Même s’il semble aboutir à l’option la plus juste, cela reste attaché à certains critères de jugement. La diversité s’efface &#8230; <a href="http://www.rhumatopratique.com/wp/rp/2012/01/13/le-genie-de-la-foule/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La sagesse de la foule contient un aspect décevant : Un groupe suffisamment grand devient parfaitement prévisible dans ses conclusions communes. Même s’il semble aboutir à l’option la plus juste, cela reste attaché à certains critères de jugement. La diversité s’efface à l’échelle de la foule, au profit d’un conformisme absolu.</p>
<p>Cela provient du fait que ses membres se comportent comme des monoconsciences. Ils se conforment à leur opinion principale, effaçant les alternatives parasites. En un certain sens, c’est un gage d’efficacité de la sagesse collective ; impossible de s’y fier si les individus étaient imprévisibles.<br />
Pourtant, un groupe fait d’une somme de polyconscients, et mélangeant toutes ses tendances, pourrait voir celles qui sont réprimées s’additionner de façon inattendue. C’est-à-dire qu’une seconde opinion, moins gagnante chez la plupart des individus, mais présente chez un plus grand nombre, ferait au final un score plus élevé si elle ne restait pas dans l’ombre.</p>
<p>Nous aurions ainsi, avec une foule polyconsciente, un organisme beaucoup moins prévisible, qui donnerait de temps à autre des résultats différents d’un expert, parce qu’elle exhume la « petite idée », parfois en réalité la plus universelle, et que seul sait reconnaître celui qu’on baptise « génie ».</p>
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