Comment la conscience a créé le Temps…

Réfléchissons plus avant aux paradoxes qui entourent la conscience d’un Soi. Elle naît, nous l’avons vu dans l’Homme Polyconscient, du tronc cérébral, carrefour des influx constants qui proviennent de l’intégralité du milieu interne et témoignant normalement de son bon fonctionnement. Tout cet organisme est en renouvellement perpétuel : il faut quelques jours seulement à la muqueuse intestinale pour être remplacée, et une dizaine d’années à l’os, au métabolisme le plus lent. A ce moment, nous sommes un corps entièrement nouveau, qui génère la « même » conscience d’un Soi permanent, alors que n’existe plus une seule cellule ou fibre de l’organisme précédent.
Une seule population résiste au changement : les neurones. Mais ces braves gaulois poilus ne constituent pourtant que le réceptacle de la conscience de Soi. Ils sont en fait les artisans principaux du changement, de la mode, puisqu’ils fabriquent les représentations et que celles-ci sont, pour la plupart, bien plus éphémères que l’os. Le tableau général du Moi, incluant toute la polyconscience, prend un aspect fort différent d’une décennie à l’autre de la vie. La seule permanence physique que nous possédons est la « toile » vierge du réseau neuronal brut, sur laquelle viennent s’inscrire et s’effacer les représentations — une multitude de liaisons fragiles —.

Notre part permanente ne possède aucune âme, tandis que l’endroit d’où semble provenir notre âme n’a aucune permanence.

Le paradoxe naît dans la perspective. Pour comprendre comment la perspective fabrique la conscience du Soi, il faut faire un peu de physique : Continuer la lecture de Comment la conscience a créé le Temps…

Science et postulat

La science pose ses propres postulats, ce qui la rend peut-être fausse sur tout ou partie. Mais le penser repose également sur une pré-supposition : que la raison humaine soit indépendante du monde qu’elle explore ; qu’elle soit une sorte d’émanation divine, originelle, créatrice de concepts aussi bien illogiques que logiques, parfois sans rapport aucun avec la réalité du monde. Est-ce véritablement possible ? L’esprit humain, fondamentalement un imitateur, un mélangeur et un réassortisseur génial, est-il capable d’imaginer quelque chose qui soit totalement étranger à ce monde ? Ou ne se leurre-t-il pas en trouvant des concepts innovants parce que, surtout, ils n’ont jamais encore été imaginés, à cause d’une vision trop étriquée du monde réel, une vision traditionnelle, c’est-à-dire déjà issue de l’homme et restreinte par la portée de son imagination antérieure ? Les concepts sont-ils une création de l’esprit humain ou sont-ils là de toute éternité, attendant que notre imagination parvienne à les appréhender parce que le langage du monde finit par lui être enfin compréhensible ?

Le doute est lui-même un postulat. Il est possible que chacun de nos concepts ait un sens… parce que nous ne serions pas en mesure d’imaginer l’impossible.

L’Homme Polyconscient

Les blogs tournaient au ralenti ces derniers temps parce que je mettais la dernière main à cet ouvrage, « L’Homme polyconscient », qui paraît aujourd’hui.
La profession médicale apporte ses moments de grand bonheur, ses dépits — généralement liés à notre ignorance, que le travail peut combler —, et aussi ses impostures, qui relèvent par contre d’un aveuglement plus difficile à contourner. Les règles professionnelles tendent de plus en plus à devenir celles d’une science « dure », comme si les patients étaient un matériau métallurgique au comportement toujours identique, ou du moins prédictible. Mais le patient — tout individu en fait — est l’interaction d’un physique accessible dans ses rouages les plus simples à la méthode scientifique, et d’une conscience qui ne l’est pas, car elle s’auto-organise selon ses propres règles. La médecine du quotidien est ainsi devenue un atelier de mécanique où l’on fait une vidange, un réglage de carburation et un changement de plaquettes, sans se préoccuper de l’électronique de commande, extraordinairement complexe sur les modèles contemporains. Tout au plus établit-on un modèle psychologique du conducteur, et s’il est un peu nerveux au volant nous allons lui trouver de quoi se calmer ! Les processus sous-conscients du psychisme, qui relient le comportement aux sensations corporelles et à leurs maladies, sont terra incognita… où l’on entend toutes sortes de prophètes, car il n’existe plus tant de terres inconnues pour attirer inventeurs et aventuriers.
Je me suis équipé pour me lancer à mon tour dans ces friches de la médecine, avec des objectifs précis : rester en contact avec la vraisemblance scientifique mais m’affranchir de ses effets réducteurs ; déconstruire avant de tenter un réenchantement de notre existence ; amener à un palier maximal de conscience — avec nos moyens actuels — que j’ai appelé la polyconscience.
Ce n’est pas un livre de médecine mais une nouvelle théorie de la conscience, aux prolongements étonnants vers la philosophie, la sociologie, l’épistémologie. C’est un creuset capable de refondre nos questions existentielles en solutions véritablement innovantes. Un livre difficile pour ceux qui se contentent d’éprouver la vie ; une échelle pour celui qui veut la contempler ?…
Version livre couverture souple, 202 pages
Version eBook format epub (Kobo FNAC, iPad…)

Science Universelle

Scientifiques, religieux, adeptes de toutes croyances, se rejoignent sur une carence commune : tous sont impuissants ou malhabiles à traiter ce qui échappe à leur foi. La seule issue est généralement de chercher à imposer sa foi.
La foi est, ainsi, source de tous les conflits.
Le scientifique ne fait pas mieux que les autres en ce domaine, même s’il affirme que ses croyances sont bien plus fondées que les autres, et le monde matériel lui apporte presque systématiquement son appui. Mais il n’existe pas de méthode scientifique pour traiter ce qui échappe encore à la vérification scientifique.
Nous attendons la Science Universelle, qui se définit par l’existence d’une méthodologie propre à gérer ce qui relève de sa foi, et d’une autre pour ce qui n’en relève pas.

La théorie de la relativité médicale

La médecine, en matière scientifique, est arrêtée à la théorie de la relativité générale. Elle a identifié des corpuscules-maladies, qu’elle a nommées, mais dont il est impossible de définir la position exacte : Il n’existe pas de cas clinique réel qui puisse être défini comme la référence formelle pour chacune.
Malgré tout la science médicale place la définition de la maladie sur cette case de départ, et analyse ses multiples trajectoires, pour tenter de déterminer la plus probable, et éventuellement la corriger.
La physique quantique, qui s’est imposée au-delà de la relativité générale pour expliquer l’infiniment petit, est capable de prédire l’état final d’un système avec une grande finesse.
L’individu malade au sein du système de santé est – notre amour-propre peut-il s’en remettre ? – proche lui aussi de l’infiniment petit. Las, la médecine, avec ses outils de statistique générale, est bien incapable de déterminer aussi précisément l’état final du patient.

D’autres outils théoriques existent. Malheureusement, à l’instar de la théorie des cordes qui a dévoré pendant vingt ans, en vain, les ressources de la physique théorique, la statistique générale phagocyte tous les moyens de la science médicale,

tandis que le malade-corpuscule, incompris, attend quelques certitudes sur son devenir.

Expert unique VS collectif

L’essentiel : Tentons d’y voir clair dans le match sagesse collective versus avis d’experts. Lire « La sagesse des foules », de James Surowiecki, est un bon départ pour les novices.
La première partie de l’article se penche sur la réalité de la sagesse des foules. La seconde réunit diverses réflexions sur l’expertise. Enfin la dernière traite de l’application à la médecine.
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Médecine ? Au moins 4.0… et toujours pas de liberté

On fixe habituellement le niveau fondamental de fonctionnement de l’esprit à la rationalité. Il en est un plus basique : l’interaction.
La rationalité (1.0) est déjà un langage de programmation de l’interaction de l’esprit avec son environnement. Elle donne des versions plus affinées par la suite : logique (2.0), science (3.0)…
Il existe d’autres langages possibles : Les alternatives à la rationalité sont mal évaluées car regroupées sous le terme piteux d’ « aliénations ». Remarquons qu’il est impossible de tester objectivement leurs bénéfices et inconvénients puisque les essais seraient réalisés dans un environnement modelé par la rationalité. Même « réussite » est un critère gravé dans la rationalité. Difficile de juger les aliénés sur la médiocre posture qu’ils atteignent dans la hiérarchie sociale.
Pourtant, si l’on définit la réussite comme « vivre sans travailler », l’aliénation obtient alors un score remarquable, puisque l’on est nourri logé sans lever le petit doigt. Notons également que certains aliénés semblent avoir acquis un pouvoir exceptionnel, jusqu’à détruire des nations. En réalité cela ne leur fut possible qu’en respectant une logique stricte, après avoir puisé quelques postulats dans l’aliénation, et sans doute encore ces postulats s’enracinent-ils dans une logique évolutive.
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Séquentialité de l’enseignement et de la recherche

Un mathématicien va considérer que l’adage « toute parole est sympathie ou antipathie » ne le concerne pas s’il est en train d’expliquer les équations d’une transformation de symétrie : Il semble exposer sans émotion les éléments d’un concept abstrait.
Pourtant le résultat est fort différent selon qu’il est, selon la formule traditionnelle, « brillant », c’est-à-dire qu’il évolue à des hauteurs telles que même les plus calés ont du mal à le suivre, ou s’il consent à « s’abêtir », soit revenir à l’état plus candide qui est celui de la plupart de ses auditeurs — sinon il ne serait pas sur l’estrade — et les hisser à la compréhension des parties les plus ardues de son exposé.
La première attitude dit aux auditeurs en difficulté : « C’est trop compliqué pour vous ; soyez obligés de me faire confiance ». La seconde : « C’est à votre portée, même si vous avez été lâchés en route ».

Ainsi il n’est pas si difficile de découvrir sympathie et antipathie dans le discours le plus théorique. Pourquoi alors les conférenciers ne prennent-ils pas tous la peine d’être sympathique ? Certaines raisons semblent évidentes : Même les sujets les plus imaginaires ne sont jamais affranchis d’intentions de pouvoir quand ils sont modulés par le langage et la posture d’un homme. Raison moralement meilleure : Les plus imaginatifs se déconcentrent sur les parties trop basiques d’un discours.
Enfin une raison sans morale et moins évidente : La polyconscience n’ayant pas des ressources neurologiques infinies, les efforts qu’elle produit pour fabriquer la représentation du candide pénalisent l’envolée du Géo Trouvetou.

Enseignement — sympathique — et recherche — élitiste et antipathique — sont probablement plus synergiques quand ils sont séquentiels que lorsqu’ils s’associent en permanence.

Les Norns au chômage technique

La physique fondamentale laisse une question insoluble : En quoi le Temps est-il une dimension différente des autres ?
Car à l’évidence il est différent : Nous le parcourons dans un seul sens, sans possibilité de retour en arrière. Nous parvenons simplement à l’étirer et le comprimer, soit par un modelage purement psychologique, soit par une technologie modifiant la vitesse dans des proportions importantes.

Nous pourrions imaginer que les dimensions spatiales se comportent de la même façon : Une vitesse extrême ne semble-t-elle pas les comprimer, tandis qu’une allure lente les étire ? Mais nous sommes alors poètes et non physiciens : La vitesse est une présentation différente du Temps, n’appartient pas aux dimensions spatiales. La poésie cependant, a toujours le considérable intérêt d’extraire l’esprit de ses postulats.

Comme, en physique, il faut se méfier des évidences, annulons la nôtre et partons de l’hypothèse inverse : Le Temps n’est pas une dimension différente des autres.
Il est une jonction d’évènements temporels comme une dimension spatiale unique est une jonction de points. Tous sont reliés par la causalité : Les évènements sont provoqués les uns par les autres. Tous résultent de la moindre interaction temporelle entre les particules fondamentales auxquelles chacun est relié. De même, spatialement, la présence et l’aspect de tout point sont causés par les mêmes interactions entre ces particules. L’univers est une chaîne de points-évènements à 4 dimensions, et sans doute davantage, nous disent les mathématiques.

Revenons au souci de ne pouvoir aller que dans un seul sens du Temps.
En réalité nous pouvons parfaitement aller dans les deux sens, et à n’importe quelle allure, en tant qu’observateurs, sans possibilité de changer quoi que ce soit à la chaîne des évènements. Nous sommes en théorie capables, comme les Norns du destin, de contempler la vaste tapisserie de notre vie, et même l’histoire complète de l’humanité, passée et future. Sauf que contrairement aux Norns, personne ne la tisse. Le concept de tissage n’a plus aucun sens, puisque, en tant qu’observateurs, nous nous sommes extraits du Temps.

Nous pouvons contempler le passé et le futur avec l’oeil du spectateur. Nous sommes également les observateurs de notre propre vie.
Et pourquoi avons-nous cette sensation de déroulement, qui donne l’impression d’un changement de vitesse ou d’une inversion de sens impossibles, sauf, pour le passé, par la bidouille mémorielle que permet notre système nerveux ? Tout simplement parce que l’essentiel de notre capacité d’observateur est enchaîné à des processus biologiques, eux-mêmes une suite de points-évènements. Notre observation est gravée par ce déroulement.

Elle est pourtant capable de s’en détacher. Il existe un moyen théorique d’observer le passé et le futur, sans aucune possibilité d’intervenir sur l’un ou l’autre, puisque l’intervention n’a plus aucun sens pour l’observateur : Tout est déjà intervenu —  « déjà » n’étant qu’une subjectivité de l’observateur —.

Quel est ce moyen théorique ? Il ne s’agit pas du bidouillage sur la vitesse, face alternative du Temps, mais de l’existence d’autres dimensions temporelles, obligatoire si le Temps n’est pas, dit notre hypothèse de départ, une dimension différente des spatiales.
L’observation peut se déplacer dans un autre temps et alors, contempler le nôtre dans toute son étendue.

A moi les supercordes !

L’importance de l’homme a été ébranlée par trois chocs successifs.

Il a appris qu’il n’est qu’un point insignifiant dans l’univers. La Terre elle-même n’est qu’une poussière cosmique, et un aspirateur céleste qui passerait par là n’aurait aucune conscience d’ingurgiter un homme, là, installé personnellement à sa surface.

Il a appris être constitué à 70% d’eau, matériau bon marché et peu facile à saisir. Il est ainsi une espèce d’outre à pattes, dont la forme est vaguement maintenue par un assemblage de fibrilles, et encore faut-il qu’il soit très attentif à ce qu’il met dans son assiette.

Enfin, en ayant la mauvaise idée d’y regarder de plus près, il a appris qu’il recèle, pour l’essentiel, du vide, habité de quelques particules.
Cette fois c’en est trop ! A moi les supercordes ! Venez remplir ce néant de la continuité de vos vibrations spirituelles.
Soyez les dignes héritières des vibrations religieuses, qui ont tenu jusqu’au premier choc, des yin yang et autres chylifications mystérieuses qui ont résisté jusqu’au deuxième.
Supercordes, mettez fin à mon éparpillement.

Organismes génétiquement modifiés… ou par la Nature figés

La génétique est une religion, avec ses fanatiques. Dieu est la diversité génétique naturelle, le Diable est la manipulation du génome par les scientifiques. L’Apocalypse est l’extinction massive d’espèces à cause de la présence humaine.
Difficile de discuter des croyances, comme dans toute église. La diversité génétique est-elle si sacrée ? Les possibilités qu’on lui prête, en particulier dans la lutte contre les maladies, sont idéalisées : Elle est également responsable de la si grande diversité des maladies, et les virus sont de tels mutants qu’ils ne sont plus la même espèce d’une année sur l’autre.
Si l’on attend de l’évolution naturelle de nouvelles productions éblouissantes comme Homo sapiens… il faudra une patience millénaire.
L’homme en fait est ce qui a le plus accentué la pression évolutive sur les autres espèces : Beaucoup se sont transformées pour s’adapter à la vie humaine à une vitesse extraordinaire. L’on s’émeut d’un cacatoès en voie d’extinction alors que la réussite est du côté du cafard ou du rat qui hantent toutes les maisons. Incohérence chez le sympathisant écologiste qui fait désinsectiser sa maison ?
Ainsi, l’avenir de la protection des espèces est-il de sauvegarder leurs conditions d’habitat naturelles, ou de faciliter leur adaptation à la présence humaine, y compris en accélérant éventuellement leur évolution génétique ? L’homme n’a-t-il pas déjà choisi cette voie pour lui-même en sélectionnant certains de ses caractères au détriment d’autres, avec en vue la cuisine génétique de ses propres enfants ?