Recherche: Le M.B.I., Medical Bureau of Investigation

Le boulet de la médecine fondée sur les preuves: La médecine, contrairement à la physique, ne privilégie pas les idées mais les faits. Discipline de l’approximation, elle cherche à rejoindre le cercle des « belles » sciences, où tout semble mis en équations. Elle ne fait pas que flirter avec Miss Statistique: elle est carrément collante. Elle utilise les dernières avancées de la physique dans ses examens et ses traitements. Mais elle ne favorise pas les théoriciens. Plutôt les laborieux assembleurs de faits. Inspecteurs du M.B.I. Continuer la lecture de Recherche: Le M.B.I., Medical Bureau of Investigation

Généraliste ou spécialiste?

Lettre reçue: « Je n’ai toujours pas compris comment la sécurité sociale peut faire des économies… en exigeant le parcours de santé… J’ai 74 ans, j’ai trois spécialistes: rhumato, endocrinologue, cardiologue. Je ne vois pas comment un généraliste peut se substituer à ces trois médecins… Lorsque je souffre de mon genou… je ne vois pas l’intérêt de porter 21€ à mon généraliste pour qu’il me donne son accord pour aller chez mon rhumato… car il me semble bien que les spécialistes n’ont pas fait des études supplémentaires pour des prunes. Quant aux recyclages périodiques des généralistes je serai curieux de savoir combien d’entre eux s’y rendent?… »

Opinion suffisamment répandue pour y répondre en détail: Continuer la lecture de Généraliste ou spécialiste?

Déremboursement des médicaments: Une catastrophe?

Pas de panique. Les médicaments déremboursés n’ont jamais démontré avoir sauvé la moindre vie.
Même en tant que médicament de confort, leur effet propre est difficile à démontrer. Bien souvent leur évaluation n’a pas été faite de façon sincère et indépendante. Il existe une grosse machine marketing qui pousse à faire venir ces noms sous la plume des médecins.
Ces produits ont un effet pharmacologique peu puissant.. et un effet placebo (effet réel, lisez ceci sur le sujet). Très variable selon l’affection cible. Le déremboursement va tuer l’effet placebo, c’est sûr. Qui va continuer à prendre avec conviction un médicament dont on annonce « qu’il n’est pas assez efficace pour être remboursé »??
Mais ce n’est pas ainsi qu’on fabrique un bon placebo. De multiples produits sont achetés et avalés avec conviction alors qu’ils ont un dossier scientifique bien plus mince que ceux en cours de déremboursement. Ils sont pourtant souvent plus chers. Ils n’ont jamais fait l’objet d’une demande de remboursement. Les utilisateurs ont l’impression d’avoir découvert un produit mystère, peu connu et réservé aux mieux informés, vanté par des gens qu’ils connaissent bien et pas par ces laquais de l’industrie! L’effet suit la Foi.
L’homéopathie est une belle invention mais n’aurait jamais du être remboursée. C’est la faute qui pourrait l’envoyer aux oubliettes.

Quelle tolérance peut-on avoir vis à vis des patamédecines?

Les patamédecines ont une efficacité, c’est certain. Mais est-elle différente de la simple suggestion?

Quand on teste un médicament contre un placebo, ce dernier a parfois des effets impressionnants: 1/3 des testeurs dorment mieux avec un faux somnifère. D’autres se déclenchent un ulcère en avalant de la fausse aspirine. Nous classons donc comme patamédecine une thérapeutique éventuellement efficace, mais pas supérieure à un placebo. Continuer la lecture de Quelle tolérance peut-on avoir vis à vis des patamédecines?

Sécu: Où est passée la solidarité?

La sécu a été créée dans une période de dénuement, l’après-guerre, toujours propice à la philosophie communautaire: quand on a connu le pire et qu’il n’y a pas grand-chose à partager, c’est facile de répartir.

Notre société actuelle de riches rentiers est moins partageuse. Surveiller son magot est une activité qui fabrique des Harpagons à la chaîne. Même les jeunes semblent étonnament attachés à la couette familiale. Beaucoup s’accrochent à leur première rente, parentale, comme s’ils n’avaient guère d’espoir de trouver mieux. Inquiétant univers fermé que leur ont fabriqué les adultes.

Comment faire le bonheur des autres?

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Principe de précaution, sécuritite aiguë: le boom du cocooning…

Les français ne supportent plus le moindre risque.

Sont-ils déjà tellement heureux qu’ils ne souhaitent pas la moindre bousculade de leur train-train quotidien? Beaucoup ont toujours des désirs secrets, un besoin d’originalité et d’inattendu, d’une poussée d’adrénaline qui va casser les routines. Mais cela nécessite le sel d’une certaine dose de risque.

Or on assiste à la dictature du risque zéro.


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Douleurs et calmants. Mauvais usage, mauvais ménage?

Cet article prétend apporter un éclairage sur deux protestations fréquentes (et compréhensibles) dans les maladies douloureuses: « Je ne supporte pas les calmants » et « Il n’est pas normal de souffrir. La douleur peut être vaincue. » Continuer la lecture de Douleurs et calmants. Mauvais usage, mauvais ménage?

Pourquoi le syndicalisme médical actuel ne peut faire progresser la politique de santé?

Le syndicalisme médical est d’une grande faiblesse (commençons par enfoncer les portes ouvertes, mais celle-ci est une trappe béante pour la profession).

Les syndicats ne sont pas représentatifs, une très petite partie des médecins étant syndiquée. Ils sont ainsi encouragés à radicaliser leur discours. On y entend les opinions les plus vociférantes. Les extrêmes ayant du mal à s’entendre, nous avons vu s’accentuer l’émiettement du paysage syndical: d’un ancien poids lourd comme la CSMF nous sommes passés à des syndicats de généralistes, de spécialistes libéraux, d’hospitaliers, de chirurgiens, et maintenant de spécialités: ophtalmo, rhumato, gynéco, pédiatres…, qui se font le plus entendre à présent. On est passé d’une Blanche-Neige, un peu trop sympa, aux 7 nains, plutôt bougons et agitateurs, mais que l’on écrase sans faire attention tellement ils sont petits. Continuer la lecture de Pourquoi le syndicalisme médical actuel ne peut faire progresser la politique de santé?

Déficit de la sécu (2)

Identifions d’abord les sources de dysfonctionnement du système de santé:

1) Les abus volontaires des médecins:

Certains considèrent la sécu comme une vache à lait. Qu’elle soit en grosse difficulté n’en raisonne pas du tout l’utilisation, au contraire: « Profitons-en tant que c’est possible, car tout va bientôt se casser la figure ». Il n’y a aucune incitation individuelle pour un médecin à bien se servir de la sécu quand il voit des collègues en abuser quotidiennement sans aucune mesure de rétorsion. Continuer la lecture de Déficit de la sécu (2)

La mort des spécialistes + déficit de la sécu

Il n’a jamais existé dans notre pays de politique générale de santé. Sujet beaucoup plus épineux encore que celui des retraites, aucun gouvernement n’a voulu s’y frotter.

Et cela ne date pas d’hier: dans les années qui ont suivi la révolution française, les communards ont voulu réformer le système de santé, organisé à l’époque essentiellement dans les hospices religieux. L’anti-cléricalisme des révolutionnaires les a poussés à mettre à bas ce système, sans proposer une alternative crédible: on n’improvise pas des soignants du jour au lendemain, même pour exercer la frustre médecine de l’époque. La colère fut telle dans la population que les dirigeants firent rapidement marche arrière et n’osèrent plus jamais toucher à la santé. Cette démission fait toute l’histoire de la médecine moderne, jusqu’aux mandarins, au monopole de l’Assistance Publique, des Centres Hospitaliers Universitaires dans l’enseignement, et l’auto-gestion de la Sécurité Sociale. Continuer la lecture de La mort des spécialistes + déficit de la sécu

Paroles de réassurance du médecin: simple empathie ou véritable traitement?

L’effet Pygmalion est l’influence que la prédiction d’un évènement chez une personne exerce sur sa réalisation. Des expériences le mettent en évidence:
2 groupes de rats identiques sont confiés à des étudiants pour dressage. On leur dit que les animaux du 1er groupe sont particulièrement doués, et ceux du 2ème groupe pas très malins. Les résultats du dressage confirment cette annonce fantaisiste.
La prédiction d’une simple possibilité d’évènement peut suffire à le faire survenir:
On administre à des étudiants en médecine une substance inerte en leur annonçant que c’est de l’aspirine et que l’on va étudier sur eux tous les effets indésirables de cette administration. Certains font d’authentiques ulcères à l’estomac. L’annonce d’une éventualité de complication a suffit à la déclencher.


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