Nov 112014
 

Pour fêter la publication officielle aux éditions l’Harmattan de « Stratium »,
le livre qui ne fera rien de moins que révolutionner ce siècle,
voici une nouvelle fournée de bulles pétillantes issues de sa suite, presqu’au terme de son chantier.
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Tenant compte des deux observations que « nos politiciens sont de vrais crétins » et « on a les politiciens que l’on mérite », je m’abstiens d’aller voter…

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Les sites de rencontre pour gens déjà mariés font enfin jurisprudence. Il est désormais légal que le budget conjugal serve à payer les amants…

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Le chemin vers l’intelligence artificielle est raccourci par une tendance parallèle de l’être humain à devenir artificiel.

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Proverbe stratique : Tout adolescent a un bon fond. Le problème chez certains est que pour l’apercevoir, il faut constamment agiter la merde qu’ils ont dans la conscience.
(ce proverbe n’a qu’un seul but : soulager tous les parents qui auraient voulu l’écrire sans s’y résoudre)

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La logique est l’ascèse de la pensée humaine dans son obédience au réel.

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Pour exister, on vendrait tout ce qui existe, et alors on se serait plus rien.

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Que tous les gens puissent adhérer aux mêmes concepts est un progrès social, mais un appauvrissement de l’éco-système intellectuel.

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Je me demande à quoi l’on peut bien s’occuper au Paradis. Déjà qu’on passe sa vieillesse à ne savoir quoi foutre…

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L’Histoire est un lieu où l’on vole du pouvoir,
tandis que l’Inventeur crée le sien.

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L’anatomo-pathologiste est un professeur devant lequel mieux vaut échouer.
A moins de vouloir se faire dire que l’on peut passer en (phase) terminale ?

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La médecine prise en flagrant délit de sale gueule : elle dépiste les pro-trombine et les anti-trombine…

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La profession médicale ne forme plus des ingénieurs en diagnostic individuel mais des techniciens de l’Evidence Based Medecine.

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Au plan social, il est aussi difficile de faire parler les médecins d’une seule voix que faire chanter des coqs dans une chorale.

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Des deux aphorismes précédents concluons que les médecins font tout à l’envers : ils uniformisent le discours dans leur cabinet, siège pourtant dédié à la diversité de la relation médecin-malade, et ne souhaitent aucunement s’unifier en dehors pour décider du destin de leur profession, un acte fondamentalement collectif.
Quelqu’un m’écoute ?
Non. Un cocorico parmi les autres…

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Les faibles sont pitance,
les forts s’en remplissent la panse.

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L’anticipation semble tellement utile. Pourquoi ne sommes-nous pas tous affairés à nos plans d’avenir ?
L’oracle a l’inconvénient de souligner horriblement les défauts d’aujourd’hui, à notre conscience baignant dans ce présent.
Il faut déjà ingurgiter beaucoup d’anticipations pour l’en extraire.

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La question de l’existence d’un Paradis n’offre aucun intérêt propre. En fait elle implique que la vie sur terre est un Enfer. Là est le véritable problème.

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De la difficulté d’être femme
Plus merveilleuse est la beauté avec laquelle elle s’élève comme une fusée dans la société, plus rude est l’alunissage.

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Je pense, sur la fin de ma vie, convertir ma fortune en denrées périssables, pour obliger mes héritiers à se mettre très rapidement d’accord sur le partage…

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 Posted by at 8 h 14 min
Nov 012014
 

L’EBM (Evidence Based Medicine) est fort avare. Face à l’un des symptômes les plus communs, la lombalgie, il n’existe aucune thérapeutique ayant montré un niveau de preuve suffisant pour le médecin rigoureux. Même le repos n’a pas d’efficacité, voire sa dangerosité se confirme. Aucun traitement ? Pour une affection représentant 1 motif de consultation sur 5 en médecine générale ?

Yes !!! C’est l’occasion de mettre en oeuvre un paradigme concerté avec l’EBM, pour lequel j’espérais depuis longtemps un essor fulgurant : la SBM, Sloth Based Medecine, ou médecine fondée sur la flemme.

Voici la technique : vous placez vos jambes étendues sur le bureau. Vous écartez légèrement les pieds en éventail de façon à placer le visage désespéré du patient bien au milieu du ciseau qu’ils dessinent. Vous pouvez jouer à refermer 2-3 fois pour décapiter son image. C’est assez déstabilisant pour lui et vous récupérez immédiatement tout le pouvoir qu’il aurait songé à vous soustraire par ses questions stupides.

Vous aurez pris soin de chausser vos lunettes avec des yeux peints. Ce regard fixe et impératif s’occupera de l’immobiliser sur sa chaise comme une souris prise au piège, tandis que vous ferez une petite sieste pendant l’énoncé toujours excessivement durable de sa souffrance.

Quand il se tait enfin, ouvrez assez largement la bouche, et restez ainsi quelques instants, pour bien souligner l’importance de ce qui va en sortir. Vous pouvez retrousser légèrement les lèvres pour accentuer le côté carnassier de vos paroles. Mobilisez vos glandes salivaires pour accompagner d’un flot de postillons cette parabole inoubliable :

« Ne changez rien ! ».

Si vous manquez encore un peu d’assurance, ajoutez avec de grands moulinets de bras et en déambulant à travers la pièce : « Ne modifiez aucunement votre comportement. Evitez les médicaments. Tenez-vous loin des attouchements érotomanes des ostéos et des kinés. L’évolution nous est spontanément favorable ; elle transforme au fil des âges Homo Doloris en Homo J’menfoutiste, à part quelques Homo Blasphèmens promis à une extinction rapide ».

Mais tout cela est bien fatigant. La pratique la plus pure de la SBM est, après vos 3 mots historiques, de désigner la porte.
Derrière l’attend votre secrétaire, avec un intimidant air militaire, pour lui réclamer le contenu de son portefeuille, vérifier s’il peut éponger sa lourde dette.
L’éthique de la SBM vous autorise alors à émettre un léger gaz de satisfaction.

Rejoignez-nous massivement dans la pratique de la SBM !
Ecrivez-moi pour connaître la date des séminaires.

au-suivant

 Posted by at 5 h 14 min
Oct 182014
 

Tout individu est une collection d’erreurs. Le problème de l’identité est simplement de parvenir à les assembler.

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Une religion est une théorie de Dieu.

Le Jugement Dernier est le plus grand accélérateur de particules jamais conçu, destiné à confirmer la théorie chrétienne de Dieu.

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L’individualisme est un refuge pour les valeurs les plus hautes comme les plus médiocres.

*

L’homme n’a la propriété que de ses concepts, pas de ses mots.

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Notre aversion fondamentale envers l’immigration provient de ce début tout précoce de la vie où, spermatozoïde, nous avons franchi en vainqueur le seuil de l’ovule, essoufflé, le flagelle battant, ne pouvant croire à notre chance extraordinaire, et avons refermé aussitôt la porte, secouée un instant plus tard par les coups de poing rageurs de nos innombrables concurrents.
Nous n’avons jamais ouvert…
… et y avons gagné un éternel fonds de culpabilité.

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Si vous vous cherchez encore, cherchez des dissonances. Trempez-vous dans leurs défis.

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Les croyances sont des paradigmes fusionnés, trop représentatifs de la totalité de leur propriétaire, qui n’est pas encore un contrôle supérieur de ces repères, capable de les démembrer.

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Un placebo n’est dangereux que lorsqu’il exclue un traitement efficace.

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La méditation est une extension du sommeil, quand les nuits ne suffisent pas à se faire changer assez vite à son propre goût.

*orc-pensif

L’ambition doit précéder les moyens.

(c’est aussi le résumé du malheur du monde)

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Plus une idée est candide, plus elle peut cacher une révolution.

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Rire de n’importe quoi
éprouve la force de nos repères.

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Avec le toucher, tout devient cher,

tout devient chair.

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La clairvoyance ? Surcotée.
Ne pas comprendre les choses est le meilleur moyen de vouloir les changer.

 Posted by at 9 h 31 min
Oct 012014
 

evolution

« La m… après la vie », me dit Cathy, une amie.
Tout à fait. La merde, la mort… synonymes.
Dans cet endroit intime il y a un peu de nous qui s’enfuit…
Cependant plutôt qu’un rapprochement de la mort
je préfère y voir l’abandon de promesses de vie,
quand je pense aux milliards de mes compétiteurs flagellés
qui ont fini leur course dans ce tourbillon.
Et toi chère Cathy n’as-tu jamais rêvé du triste destin de tes ovules
ayant survolé une bonne terre utérine sans croiser sperm-âme qui vive
et arrivant finalement dans la fosse septique ?
Existe-t-il un Dieu pour les gamètes ? Je suis sceptique.
Il doit dormir comme une cellule-souche…

 Posted by at 9 h 18 min
Sep 102014
 

Le bouc est un écrivain de type hétérosexuel machiste : il adore baigner au milieu de sa cour de notes élégantes et manuscrites, toutes habillées avec des fantaisies différentes, quêtant son attention pour se faire offrir un luxe supplémentaire, souvent difficiles à faire cohabiter, rivalisant en célébrité, les très érotiques étant les plus attirantes.

La chèvre est un écrivain de type homosexuel aimant se faire contraindre par son clavier dominateur, trônant hiératiquement devant son écran sur le bureau. Impossible de faire l’amour avec sa prose ailleurs. Souvent l’engin émet des bips impératifs qui font accourir son serviteur devant lui, et celui-ci se laisse ligoter passivement par chacune des entraves perverses inventées par son tourmenteur : crocheter ses paupières pour lire les mails, recevoir les chocs électriques de ses alertes, ingurgiter le gros concombre de l’actualité.

Bien sûr je ne pose les doigts sur les touches que pour vous avertir. Et ce sont bien mes pupilles qui vous fixent, et non un quelconque autre trou noir…

 Posted by at 12 h 36 min
Sep 032014
 

cheveu-mabuseLa polyconscience, jamais avare en solutions originales, nous donne l’explication de la chute brutale des cheveux et les moyens de la prévenir.
Il faut la chercher dans le mythe de Sisyphe, ce roi puni par les dieux qui doit pousser jusqu’en haut d’une colline un rocher mais n’atteint jamais son but et voit le rocher rouler éternellement en bas.
La vie du cheveu est exactement identique ; il pousse, pousse, pousse encore, et se fait couper toujours à la même longueur, quelle que soit l’énergie qu’il a mis pour la dépasser. Une damnation éternelle.
Quand le cheveu en prend enfin conscience, après bien des années de labeur inutile, il cesse tout effort, sort de son bulbe, et se laisse tomber au bas du crâne dégarni.
Pour conforter cette hypothèse, il suffirait d’étudier le nombre de génocides capillaires contemporains de la lecture du mythe de Sisyphe. Mon enquête personnelle est éloquente. Désormais quand un bellâtre tourne autour d’une femme que je convoite, je m’empresse de lui offrir le livre…

 Posted by at 20 h 49 min
Août 232014
 

Le racisme est partout. Des échecs, où ce sont toujours les blancs qui démarrent avant les noirs, aux dominos, où les noirs sont des points sagement alignés à leur place au milieu d’un univers blanc.

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« Avant-terrement » : la période où l’on (plato)nique la mort, sans être encore enterré comme tous ses amants.

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Seul le lit possède un cadre où l’homme et la femme vont parfaitement ensemble.
Ailleurs c’est un tragique malentendu.

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Le seul moyen de ne pas vouer une haine inextinguible à la loterie génétique est un amour ineffable pour la diversité.

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N’apprenons-nous pas des clowns autant que des savants, les premiers nous montrant bien plus efficacement les conduites stupides ?
Souvenons-nous en pour un zeste de pitié quand nous voyons s’agiter les politiciens hargneux et les philosophes « agissants ».

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La dernière partenaire de danse qui supporte de se faire marcher dessus et tirer violemment sur les bras est la tondeuse à gazon.

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La psychothérapie est tricher davantage avec son esprit, parce qu’on ne l’a pas assez fait auparavant, puis recommencer à tricher de moins en moins avec lui.

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Toujours est-il besoin d’avoir ses extrémistes
pour se faire indiquer la bonne piste.

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La fibromyalgie n’est pas une pathologie mais un manque.
Elle n’est pas excès de douleur, mais défaut de plaisir.

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Le seul ingrédient indispensable d’une provocation est son brin de vérité.

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Le machisme est un mélange d’hétérosexualité pour la reproduction et d’homosexualité pour la relation sociale.

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Quand les gens ont une mauvaise raison de s’énerver, le plus efficace est de leur en fournir une bonne.

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Le sage est seulement quelqu’un qui s’exhorte davantage à la sagesse que les autres.

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On est suspendu désespérément aux lèvres quand sous ses pieds n’existe qu’un décolleté vertigineux.

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Vous croyez-vous propriétaire d’un livre ? C’est lui qui devient propriétaire de votre esprit.

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La vérité est plus néfaste que l’erreur,
surtout depuis qu’elle a recruté la paresse.

(Il est devenu plus facile de lire la « vérité » plutôt que refaire le difficile chemin des erreurs)

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Les donneurs de leçons sont précieux… non pas pour les élèves, mais pour ceux qui cherchent à en donner à leur tour.

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Une croyance doit être entretenue régulièrement. Une connaissance survit seule.

(bien sûr certaines connaissances peuvent être fausses, et des croyances vraies)

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Le plus merveilleux chez l’homme est certainement qu’il puisse se faire toutes les idées fausses possibles sur lui-même, alors que le Réel n’en a aucune.

 Posted by at 10 h 26 min
Avr 302014
 

Des plantations crânicoles qui produisent désormais plusieurs récoltes annuelles d’aphorismes ? Certains flirtent avec l’énigme. A vos neurones !

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A la plupart des gens, il faut dire « c’est ma faute » pour qu’ils réalisent l’étendue de la leur.

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Infestissement : maladie créée pour vendre un nouveau traitement. « Quand il faut infester pour investir ».

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L’humour est le seul moyen sérieux de juger la condition humaine.

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La terrible impasse de la société contemporaine est qu’elle donne à chacun une place, et non plus une oeuvre.

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Enlevez toutes les illusions, et il reste celle de les avoir abandonnées…

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Mieux vaut se lancer dans la politique que la médecine. Les gens votent pour un politicien qui leur ressemble, querelleur, menteur et parjure ; tandis que leur médecin doit être obsessionnel, infaillible et incorruptible.
Voilà où nous a conduit la paranoïa scientifique de nos maîtres : la politique n’est plus une science et la médecine n’est plus un spectacle.
Avant, les gens s’ennuyaient seulement dans la salle d’attente. Maintenant ils s’emmerdent aussi dans le cabinet, devant le médecin qui tapote inlassablement son clavier, épluche et scanne les examens complémentaires, et ne reconnaît pas son patient quand il le croise le lendemain.

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La part essentielle de la pénibilité du travail physique est qu’il ne soit pas apprécié.

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Il faut abandonner l’idée qu’on puisse trouver du bonheur chez un médecin, puisque la science décourage toute velléité de positivisme.

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La science est la main tendue par le réel à la raison humaine.

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Il existe bien un côté appauvrissant à la science.
C’est quand elle sert de sens à l’existence.

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Je me demande si l’évolution n’a pas mis en place des maxima aux vies individuelles pour éviter que l’espèce entre en dépression. Il semble en effet qu’il existe une limite à la durée pendant laquelle nous pouvons maintenir nos illusions. Il faut régulièrement des esprits vierges pour les reconstruire, éviter ainsi de se retrouver face au grand vide de sens.

Sans doute est-ce, avec cette réflexion, prêter à l’évolution une intelligence qu’elle ne peut posséder.
Et peut-être est-ce chez l’homme, quand il veut s’affranchir de ces maxima, se croire investi d’une prescience qu’il ne possède pas.

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C’est dans le présent qu’il faut travailler à réenchanter son passé.

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A toute époque, il existe une part de Saint Esprit dans la définition de l’esprit sain.

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Coupez-vous régulièrement de l’information, un courant devenu continuel et pléthorique. Permettez-vous une dissection des données accumulées, créez une synthèse personnelle. Échappez ainsi à l’opinion mimétique.

 Posted by at 19 h 50 min
Fév 152014
 

Un addendum au post précédent, aparté impromptu sur la moralité :

Pas besoin de fouiller loin dans le journal quotidien pour trouver une affaire d’enrichissement douteux, de fripouille intouchable par manque de preuves, d’arnaqueur dissimulé dans les méandres du web, de trader ruinant les petits épargnants sans grand dommage personnel, de grand patron vampirisant son entreprise par des primes mirifiques. L’amoralité paie. Le petit délinquant, mauvais élève, n’en comprend pas les règles et l’exerce trop jeune ; dès qu’il atteint sa majorité, le couperet de la répression judiciaire tombe. Tandis que le démagogue corrompu, l’affairiste cynique, le tricheur habile, le parrain généreux, étudient attentivement les rouages de la société, les manipulent intelligemment, et semblent pouvoir déjouer indéfiniment l’emprisonnement que leurs manigances ne devraient pas manquer de leur valoir.
Du coup, cette phrase de Nietzsche, « la vertu est une volonté de déclin », se pare d’une profondeur que nous ne lui aurions pas votée au premier coup d’oeil.

Question intéressante : pourquoi les amoraux profitent-ils d’une telle mansuétude, qui leur permet bien souvent de profiter largement de leurs mauvaises actions ? S’agit-il seulement de manipulation, ou d’inertie et de crainte chez leurs contradicteurs ?

Au fond la morale, comme tout repère, a un côté étriqué, emprisonnant. Elle ne montre qu’une seule façon d’agir. Tandis que s’en écarter plus ou moins offre une multitude d’alternatives. De ce fait, le moralisateur semble pompeux, radoteur, vitupère sans agir quand sa solution unique ne semble pas très pragmatique. Au contraire, celui contournant la morale en appelant d’autres repères trouve toujours la manière la plus efficace d’agir et exerce le pouvoir. Nos congénères constatent que le pouvoir d’action améliore davantage leurs conditions de vie que le suivi d’un principe ; ils le respectent davantage, même quand il est vil. Comment tiendrait, autrement, un pays comme les USA, où les plus riches et les moins scrupuleux voisinent avec les pauvres, ceux-ci contents de vivre dans l’ombre des premiers… dans l’ombre vaste du pouvoir plutôt qu’au faîte très étroit de la morale.

Réécrivons la maxime de Nietzsche : la vertu n’est pas une volonté de déclin, elle est un rétrécissement de la polyconscience. L’idéalisme en général est une oblitération de secteurs entiers de la polyconscience. La fusion du « Je » autour du but principal, de l’idée fixe, noie les parasites qui pourraient lui nuire.

Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Vous trouvez la même multitude d’histoires à l’appui de l’une et l’autre réponse. Dès lors, ne devrions-nous pas être capables de focaliser ou dissoudre nos vertus selon le moment, l’ambition, le désespoir, l’ennui, qui nous élèvent ou nous accablent ? C’est le fondement du comportement polyconscient.

Nous pouvons continuer à nourrir des illusions qui nous dissuadent d’agir… ou suivre une plus nietzschéenne volonté de puissance. Le web est agité par une houle régulière entre les deux, où l’on sent l’influence de l’âge. Non pas en fait que le vieillissement empêche d’exercer sa puissance. Nietzsche s’y est efforcé jusqu’à ses derniers instants de lucidité. Le fait que les femmes à son goût se soient toujours refusées à ce malheureux n’y est-il pas pour quelque chose ? Dès lors, l’âge devient un avantage, car les déconvenues érotiques s’accumulent !

 Posted by at 14 h 20 min
Déc 212013
 

Comme un vinaigrier, mon Observateur produit sa fournée annuelle d’aphorismes acides et parfumés.

La chaussure féminine est une sorte de fouet neural obligeant tout le système postural à tenir un équilibre érotique.
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La santé est le plus beau des produits.
Peut-être parce qu’il est le plus chargé en additifs ?
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Plus la réalité est insupportable, plus on trouve d’énergie à la travestir.
Comment la médecine, traitant du besoin vital, pourrait-elle éviter l’imposture ?
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Mauvais pronostic, dit la mort fine…
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Mettre son patient à l’aise ne doit pas faire du cabinet un lieu d’aisance.
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La médecine des certitudes a été vaincue par la médecine du doute,
qui a malheureusement conservé son principal défaut :
Elle doute avec trop de certitude.
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Quand un médecin rate une injection, il dit que le patient a été mal aiguillé…
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Savoir, c’est se souvenir,
mais inventer, c’est oublier.
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Les gens qui se pensent utiles à la société ne s’arrêtent jamais de travailler.
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Dans les familles se transmettent moins de maladies que de résignations ou d’intérêts pour elles.
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La Cause est l’antidépresseur administré à notre hantise de l’inconnu.
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Comment les grands idéaux auraient-ils pu passer sans un peu de dialectique ?

 Posted by at 6 h 45 min
Mai 072013
 

Un jour que Dieu se promenait sur la plage, il trouva l’endroit bien désert et monotone. Il dit aux grains de sable : «Faites un concours de châteaux !». Et les grains se juchèrent les uns sur les autres, s’organisant comme ils pouvaient, comme cela venait, avec leur frustre expérience, commençant par construire de vagues éminences, puis affinant les formes, sculptant, ajoutant des étages et des ornements, jusqu’à établir des milliers d’édifices étonnants.
Tous constitués des mêmes grains de sable, pas un château n’était semblable. Dieu était satisfait. Chaque jour il déambulait à travers la plage paradisiaque constamment transformée par les créatures de sable. Elles percevaient sa présence sans le voir.
Un matin, l’une d’elles termina de fabriquer une extension extraordinairement évoluée. Un oeil. Qui s’ouvrit…

Dieu courut mettre un pagne…

 Posted by at 6 h 31 min
Jan 012013
 

Pour goûter l’impertinence du tome 2 (à venir) du « Monde Polyconscient » :

Une addiction, c’est un organe pensant qui sacrifie tous les autres pour s’évader dans son rêve.

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L’humoriste sait humer le rustre.

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L’hygiène intellectuelle impose de changer d’avis dès qu’il sent un peu fort.

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Le capitalisme est une perversion gériatrique.

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Au final, le doute permet d’être mieux informé.

Au passage, il fait douter de choses justes.

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Feuilleton : tonnes de feuilles de vie à ajouter à son propre classeur un peu mince.

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Jamais on ne trouve autant de volontaires à se faire ruiner par la fatalité que dans un amour fatal.

*

Félicitations : un mot de politesse, que l’on doit précéder de « sincères », de crainte qu’elles n’en soient pas.

*

L’aigrefin libéral utilise un procédé vieux comme le monde : le meilleur moyen de dissimuler ses propres turpitudes est de se scandaliser des méthodes des comptables sociaux.

*

La plus grosse fumisterie en médecine, particulièrement répandue en spécialité, est de donner des rendez-vous à plus d’un mois pour une première visite. Guérison spontanée, évolution éloquente, succès ou échecs des prises en charge intermédiaires… tout s’éclaircit et tout consultant devient un « crack ».

*

L’oubli est plus tenace que la mémoire.

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Les relations avec partenaires multiples sont réservées aux personnes atteintes d’une certaine maturité, et peu touchées par les infections qui trouvent la situation opportuniste.

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Suffisamment d’argent améliore la sincérité. Trop ou pas assez la détériore.

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Que la coopération sociale améliore le bien-être des individus n’a jamais fait de la société un organisme ayant le bonheur comme finalité.

*

Le sacré est le seul adversaire crédible de l’évidence.

 Posted by at 14 h 20 min
Déc 272012
 

Dans le milieu des médecins ouverts et méfiants vis à vis des diktats corporatistes, on sait depuis longtemps le dépistage radiologique du cancer du sein, et du cancer de la prostate par dosage des PSA, inutiles en termes statistiques. Bien des vies sont cassées par un test erroné, ou une intervention thérapeutique trop lourde, mastectomie ou prostatectomie.
D’un autre côté il existe un phénomène dont les opposants au dépistage omettent de parler : quand l’on découvre un cancer du sein chez une femme et qu’il est un peu tard pour le guérir, elle demande inévitablement : « Mais si j’avais fait ma mammographie tous les ans, n’aurais-je pas eu une meilleure chance d’être traitée à temps ? ». pincesse-elfeSur un cas individuel, il est bien difficile d’affirmer que la réponse est négative.
Il faut donc que les gens soient informés des avantages et des risques du dépistage et décident de s’y engager ou non, pour limiter tout regret ultérieur.

Personnellement je ne recommande aucun de ces dépistages.
Hommes et femmes doivent s’entraider.
Comme il est très difficile pour un homme de pratiquer sur lui-même le toucher rectal, il lui faut trouver une amie assez intime pour l’aider dans son dépistage, à charge pour lui de la remercier en cherchant très attentivement tout nodule mammaire suspect…

 Posted by at 19 h 38 min